De la part d’une truie gauloise, en réponse au texte d’Ivan Rioufol dans la Figaro

 

Qu’un prétendu journaliste employé dans un des plus grands quotidiens de l’hexagone ose mélanger un sursaut masculiniste et un machisme primitif à des relents islamophobes en faisant passer Le Monde pour une Pravda locale à la solde des Khmers rouges ne m’étonne même pas.

Car somme toute, la solidarité masculine n’a pas attendu le scandale Weinstein et la parole féminine –  j’insiste sur cet adjectif, sans avoir écrit « féministe » – ni l’écriture inclusive pour dominer le globe, de tous temps et dans toutes les civilisations, religions, politiques…

Oui, chers mâles blancs, je sais, ça fait mal.

D’ailleurs, étant pour ma part bien moins bornée que mon confrère du Fig, j’irai même jusqu’à écrire « chers mâles du monde entier »…

Oui, parce que quand on connaît les chiffres des violences sexuelles faites aux femmes en Inde, au Maroc ou dans d’autres pays où ne sévit pas le « mâle blanc », il est évident que les accusations de Monsieur Rioufol paraissent ridicules…

Oui, ça fait mal, je sais, de se sentir soudain avili, rabaissé, soumis à l’opprobre de toute une partie de l’humanité, à savoir des femmes ; je ne parle pas seulement des féministes, mais des femmes, de toutes les femmes, solidaires enfin, qui, sororalement, osent (même si mon correcteur d’orthographe me souligne ce mot…), prendre la parole ENSEMBLE.

Donc, le seul fait de dénoncer des actes de harcèlement ferait donc de nous des truies ?

Et alors même que cette parole s’est libérée dans le monde entier, et bien entendu aussi dans les pays arabes, nous, truies de garde, ne mettrions en cause que de vilains mâles blancs ? Ce pauvre Monsieur Rioufol doit décidément vivre en zone blanche, puisqu’il fait mine de pas avoir eu vent du succès mondial du hashtag #balancetonporc…

http://www.slate.fr/story/152684/mouvements-balancetonporc-metoo-exportent

Sachez, cher confère, que ce mouvement n’en est qu’à ses balbutiements. La révolution est en marche, et j’ose espérer que d’autres libérations verront le jour. La langue est, par exemple, en train de se libérer de la gangue masculiniste où l’avaient bâillonnée les savants et les censeurs de l’Académie. Les artistes, un jour, prendront leur vraie place dans la société, car comme le démontrent les chiffres de la SACD et du mouvement www.ousontlesfemmes.org, la parité est loin d’être acquise. La politique a commencé sa mue, les femmes conduisent depuis peu en Arabie saoudite, et, qui sait, peut-être verrons-nous un jour une papesse ?

Je fais comme vous, cher Ivan, je mélange tout, les mâles blancs et les Khmers rouge, les viols de Cologne et les gauloiseries…

Parce que vous avez raison, de l’oïkos du foyer dans lequel le mari bat sa femme comme plâtre avant de la violer, quand il ne l’égorge pas avant d’étouffer aussi leurs enfants, à l’agora du show biz où un gros porc de producteur tout puissant pelote et viole tout pan de chair fraiche passant à sa portée, il n’y a qu’un pas, celui des suprématistes blancs, mais aussi celui des Indiens spécialistes des viols de masse, ou encore des Marocains harcelant une jeune fille handicapée dans l’espace public…

Non, les hommes ne sont pas « tous des porcs », comme vous l’écrivez en vous gaussant de votre propre phrase. Mais il se trouve que pour un film avec Glenn Close décrivant un harcèlement d’une boss envers son employé, il y a des millions de femmes harcelées dans le monde.

Mais il se trouve aussi que partout, depuis la nuit des temps, dans toutes les civilisations, nous, les femmes, avons subi vos dominations, et ce dans tous les domaines.

Pour une Aliénor d’Aquitaine, combien de rois et d’empereurs ? Pour une Pythie, combien de grands prêtres ? Pour une Louise Labé, combiens de poètes ? Et si nous parlions aussi des mutilations sexuelles, des petites filles excisées et infibulées, des femmes girafes, des pieds mutilés des Chinoises ? Et si nous rajoutions la charge mentale permanente et le plafond de verre, et l’inégalité des chances à l’école ?

Oui, cher confrère, la vérité blesse et fait mal. Votre orgueil, vos fiertés de mâles -blancs, noirs, jaunes, rouges…- dominants en prennent un sacré coup. Oui, ils la ramènent moins, soudain, les mâles glorieux qui, levant le coude au bistrot, n’hésitaient à pincer les fesses de la petite serveuse, mais aussi ceux qui, depuis les bancs de l’Assemblée, se vantaient devant les micros ouverts de leurs multiples conquêtes…

Alors au lieu de venir nous servir vos cojones sur un plateau d’argent, mâtinées d’un indigeste et hors-propos gloubi boulga islamophobe qui n’a rien à voir avec la choucroute, mettez un peu votre fierté de côté et venez vous retrousser les manches pour construire, avec les femmes, vos égales, vos semblables, une nouvelle humanité !

Et relisez donc ce texte que j’avais écrit après l’affaire DSK et qui m’avait valu des torrents d’insultes sur Rue 89.

Un matin, le « French lover » disparut. Quelque part, entre la Grande pomme et Paris, comme un vol transatlantique qui soudain disparaîtrait des radars. Pourtant, il avait bonne presse, le French lover. Les femmes se l’arrachaient.

Le French lover, cette indescriptible particularité, cette « delikatesse » à la française, ce parfum subtil, à mi-chemin entre un défilé Dior et la baguette, croisement éternel entre l’Estaque et Les Champs, entre Les Planches et La Croisette. Le French lover, « kéké » des plages ou Président, PDG ou stagiaire, régnait en maître incontesté de ces dames…

C’est qu’on le voyait partout, et ce depuis des siècles. De la Montespan à Mazarine, il avait été de toutes les cours. Il arpentait le globe, sûr de sa superbe, Rolex au poignet et PSG au cœur. Les campings, aussi, et puis les chantiers, et même les commissariats…

« Ici, on baise français. » Et pourtant… Que de souffrances derrière cette appétence toujours renouvelée… C’est que le French lover cachait, en fait, des arrière-cours sordides ; la façade sentait bon les croisées d’hortensias et les apéritifs entre amis : s’y croisaient Brice de Nice et l’Ami Ricoré, au hasard de petits matins volés, de cinq à sept tendance ou de nuits parfumées au Numéro 5.

Mais au fin fond des jardinets ou des caves, derrière les marqueteries et les mondanités, caché par des étals ou des cartons, persistait le souffle rauque des violeurs de province, des maris violents, des oncles graveleux et des grands-pères incestueux.

Car le French lover vivait au pays où l’on n’arrive jamais sans se faire mettre la main aux fesses ou siffler devant un chantier, quand on ne terminait pas abattue comme un lapin devant une gendarmerie ou brûlée vive.

Oui : le French lover, avouons-le, ne pensait qu’au Q, au sien, à celui de sa femme, à ceux de toutes les femmes, et, si possible, sans entrave aucune.

Vous allez dire qu’encore une fois, je mélange tout, le machisme, les femmes battues et assassinées, le viol, l’inceste, la drague… Mais tout est lié, tout s’enchaîne, de ces cours de maternelle où des « grands » miment des actes sexuels aux fellations que l’on subit dans des cours de collège (mon propre fils, en CM1 dans une école catho tout ce qu’il y a de prude, est revenu il y a quelques années en me parlant du « Bâton de berger », explicité par l’instit elle-même. « Mais maman, tu ne connais pas la sodomie ? » Vous m’excuserez, ce n’est pas ma vision de « l’éducation sexuelle »…), des tournantes et des vitriolages des cités à la prostitution de luxe, des pervers narcissiques devenus monnaie courante aux blagues sordides que l’on se raconte à la machine à café ou dans les mariages, entre deux « Danse des canards ».

Car le French lover se confond avec « La Danse des connards », avec tous ces types franchouillards qui se baladent, sans arrêt, avec une bite à la place du cerveau, qu’ils soient dans un Sofitel ou au Aldi, à la plage ou sur un stade, au concert ou au bureau. (Voir le sketch de « La Drague » de Guy Bedos et Sophie Daumier)

David Vincent les a vus, ces envahisseurs à la quéquette volante, et moi aussi : ce sont les Français. Persuadés d’être les meilleurs amants du monde et les rois de la baise. Leur slogan ?

« Nous sommes tous des Rocco Siffredi. »

Et nous, les femmes, nous sommes leur joujou, leur bijou, leur doudou. On a l’impression qu’ils en sont tous encore au stade de l’oralité : ils mettent tout à la bouche, et leurs doigts dans toutes les prises.

Alors voilà : l’un d’entre eux, là, il y a quelques jours, a pris le jus. C’était couru d’avance. Et qu’il y ait eu court-circuit ou pas – l’Histoire nous le dira – le fait est là : le French lover a été pris la main dans le sac.

Alors on pourra crier, tempêter, s’énerver, pester contre les NY Cops que l’on adulait pourtant la veille dans « Les Experts » ou « NYPD Blues », on pourra se gausser du puritanisme US à grands coup d’anti-américanisme primaire et ourdir toutes les théories du complot que l’on veut – les forums sur le net sont EDIFIANTS de débilité à ce sujet… –, ce scandale politico-médiatique fera date pour les femmes de tous les pays.

Car le French lover en a pris pour son grade. Si tout cela n’est effectivement qu’une terrible méprise et/ou une affabulation, nous retiendrons que le moment est venu pour le monde de reconnaître la parole des femmes.

Femmes violées d’Afrique, femmes lapidées d’Afghanistan, femmes humiliées d’Europe, femmes asservies de France, emprisonnées, torturées, ennuyées, harcelées, femmes-objets, femmes souffre-douleur, relevez-vous : DSK vous a libérées.

Le French lover est mort. Il a disparu, remplacé par l’air hagard d’une présomption d’innocence qui semble malgré tout bien affectée.

Vive notre liberté. Vive les femmes. Vive l’amour. Et que naisse, enfin, le respect. Que l’on puisse enfin porter des jupes en banlieue et rentrer seule du cinéma, que nos enfants apprennent enfin que le sexe se vit à deux, et, si possible, pas avant un certain âge, ni attachée dans de grandes salles sombres pleines de bruit et de fureur et/ou vissé derrière un écran tout collant. C’est pas mal, un lit, pour faire l’amour. Entre personnes consentantes, et si possible post-pubères. Qu’advienne l’égalité des chances, l’égalité des sexes.

 

J’avais tort…Il a fallu attendre l’affaire Weinstein pour enfin libérer la parole.

Mais gageons que malgré des discours franchouillards et gaulois de pseudo journalistes réactionnaires, les femmes sont bel et bien en marche…

 

Une dernière chose : pour aller plus loin, n’hésitez pas à jeter un œil à ce petit roman :

https://www.thebookedition.com/fr/free-d-hommes-p-122971.html

https://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK/ref=asap_bc?ie=UTF8

-quant à mes textes sur les violences faites aux femmes, vous les trouverez entre autres dans la partie centrale de

www.sabine-aussenac.com

Article de Rioufol :

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/10/26/31003-20171026ARTFIG00253-ivan-rioufol-le-male-blanc-l-ennemi-de-ces-dames.php

Cette terreur féministe, soutenue par une presse toujours prête à traquer la bête, est d’autant plus incommodante qu’elle épargne le sexisme importé en Europe par la culture musulmane.

Les hommes? Tous des cochons. C’est du moins ce qu’affirment les féministes, dans une victimisation communicative. Harvey Weinstein, le magnat de Hollywood heureusement éreinté pour ses agressions contre de nombreuses actrices, est devenu le symbole de l’impunité masculine. Au prétexte de dénoncer la domination misogyne dans le show-biz, longtemps étouffée par la gauche morale américaine, une misandrie s’exprime en retour, sans retenue. Le philosophe Pierre-André Taguieff avait, dès juin 2016 (Revue des deux mondes), perçu l’ampleur de ce mouvement qui explose aujourd’hui: «Les ayatollettes de l’antisexisme androphobe (…) ne peuvent penser la libération de la femme qu’à l’aune de la criminalisation de l’homme», écrivait-il. Ce qui s’exprime ces jours-ci sur Twitter, relayé par les médias, est un amas de dénonciations, mais aussi de haines, de vengeances, de règlements de comptes, d’exhibitions intimes. Dans cette dialectique de lutte des sexes, tout doit disparaître du peu qu’il reste de patriarcat.

La pensée progressiste, toujours prête au pire pour soutenir de prétendues luttes émancipatrices, se pâme devant le tout-à-l’égout. Il inonde les réseaux sociaux, grâce aux mouchards anonymes: ils croient, cette fois, être dans le sens de l’histoire. «La parole libérée», a titré «Le Monde» sur sa une, lundi, sans s’arrêter aux lynchages que subissent des personnalités jetées en pâture. En 1975, le même quotidien avait salué «Phnom Penh libérée» en applaudissant les Khmers rouges. Toutes proportions gardées, bien sûr, une même fascination pour les idéologies éradicatrices se laisse voir: dans la nouvelle pensée unique qui s’abat, le mâle blanc est un prédateur à éliminer. Juliette Binoche, qui dit n’avoir jamais rien subi de Weinstein, explique néanmoins: «Le masculin doit sortir de son côté animal pour aller vers son humanité (…) Le chemin c’est le féminin, c’est une force qui doit descendre en lui. Il doit se laisser gagner, comme une bête après avoir trop couru.» Les hommes? Tous des sous-hommes.

Faut-il rappeler à ces femmes en guerre contre les hommes que la grande majorité d’entre eux ne sont pas des porcs, à moins qu’elles ne soient dès lors des truies ?

Cette terreur féministe, soutenue par une presse toujours prête à traquer la bête, est d’autant plus incommodante qu’elle épargne le sexisme importé en Europe par la culture musulmane. Hormis Tariq Ramadan, l’idéologue islamiste accusé de viol par une ancienne salafiste devenue féministe, seul l’homme occidental est forcément coupable, en vertu d’un essentialisme qui ne fait pas de quartiers. Une même filiation revancharde unit la sociologue Irène Théry, qui se réjouit de voir « la honte peu à peu changer de camp», à Delphine Ernotte, la patronne de France Télévision. Quand celle-ci déclarait en 2015: «On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que ça change», elle exprimait, en effet, une détestation raciale qui s’épanouit depuis lors tous azimuts. Seules les minorités immigrées, et singulièrement celles venues d’Afrique et du Maghreb, restent à l’abri des foudres du nouvel ordre moral. La parole libérée, cette foutaise, n’est pas pour les femmes soumises des cités.

Dans la nuit du Nouvel An 2016, les 1200 agressions sexuelles commises en Allemagne (notamment à Hambourg et Cologne) par 2000 jeunes Maghrébins furent excusées par de nombreuses néoféministes, au nom d’un antiracisme vidé de son sens. Pour avoir reconnu, dans ces actes, «le rapport malade à la femme» du monde arabo-musulman, l’écrivain algérien Kamel Daoud fut accusé d’islamophobie par un collectif de sociologues et d’historiens français. L’actuel projet du gouvernement, qui vise à verbaliser le harcèlement de rue dont des femmes sont victimes dans les quartiers d’immigration, est critiqué par ces mêmes militantes de la délation. Elles estiment que ce texte pénaliserait «les hommes des classes populaires et racisées» (comprendre: non blanches). Impossible dès lors de prendre au sérieux ces furies de la castration. Elles voient dans la moindre gaudriole un prétexte à s’ériger en victimes permanentes. Non, désolé : les hommes ne sont pas ce qu’en disent ces harpies qui les déshumanisent.

Hommage à 1968?

Faut-il rappeler à ces femmes en guerre contre les hommes que la grande majorité d’entre eux ne sont pas des porcs, à moins qu’elles ne soient dès lors des truies? Beaucoup de celles qui se disent humiliées et harcelées en font autant: elles usent de Twitter comme d’un tribunal, sans juges, ni avocats. Dans sa littérale chasse à l’homme, la pensée «progressiste» s’épargne de s’arrêter sur ses propres turpitudes. C’est elle qui s’enchantait de la vulgarité du plug anal érigé place Vendôme, ou du «vagin de la reine», à Versailles. Ces jours-ci, le «Domestikator» trône devant Beaubourg, à Paris: l’«œuvre» suggère un acte zoophile, qui n’indigne que la SPA. Les tenants des bonnes mœurs préfèrent s’acharner sur le réalisateur Roman Polanski, coupable de relations sexuelles avec une mineure dans les années 1970. Mais l’apologie de la pédophilie était alors défendue par l’idéologie soixante-huitarde. «Le Monde», «Le Nouvel Observateur», «Libération» – ces tragiques dames patronnesses d’aujourd’hui – hébergeaient les pétitionnaires de la libération sexuelle des enfants.

C’est d’ailleurs le cinquantenaire de la « révolution» de 1968, qui prônait de «jouir sans entraves» et invitait à se laisser aller à ses pulsions, qu’Emmanuel Macron compte célébrer l’année prochaine. Daniel Cohn-Bendit, qui vantait la « fantastique sexualité d’un gosse», devrait être appelé par le chef de l’État à travailler à cette commémoration de la libération des mœurs. Or ceux de 68 ont leur part dans l’irrespect de la femme, devenue ce corps consommable. Si le mouvement apporta une joyeuse impertinence, cette révolte des enfants gâtés du baby-boom atteint surtout des sommets dans le manichéisme, le jeunisme, le relativisme, ces caractéristiques qui se retrouvent dans le macronisme, qui est tout sauf une rupture. Le slogan phare du «CRS=SS» se décline désormais en «Balance ton porc». Ce sectarisme est protégé par le pouvoir. Ce n’est pas de son côté que viendront les résistances au robespierrisme des redresseuses de torts.

La gauloiserie, pas la violence

Que les choses soient claires : le respect de la femme, infantilisée et malmenée dans la culture coranique, structure la civilisation européenne. La culture française accepte la gauloiserie, mais certainement pas la violence, physique ou morale. Dans ces cas, seules la loi et la justice ont le pouvoir de sanctionner les violeurs et les agresseurs. » Ivan Rioufol

Je vous souhaite un torrent et des oiseaux sauvages #vœux 2017

 Je vous souhaite un torrent et des oiseaux sauvages

 

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Je vous souhaite un torrent et des oiseaux sauvages, et ces grues qui s’envolent vers leurs pays lointains, et aussi des enfants aux yeux gourmands et sages, dévorant des bonbons comme au premier matin.

Je vous souhaite la joie, qui crépite et qui chante, surprenante parfois et allégresse enfin, la joie des collégiennes qui pouffent et qui pépient, oiselles folles dansant à l’orée de leurs vies.

Je vous souhaite du pain fleurant bon la campagne, le pain d’avant les villes, tout gonflé de levain, avec mies ondulantes, le pain aux belles tranches toutes ornées de saindoux.

Je vous souhaite du temps, celui qu’on apprivoise, le temps de ces horloges au balancier serein, le temps qui goutte à goutte nous ramène au silence, à tous ces autrefois qui nous voulaient du bien, le temps des diligences, des voyages en bateau, du transsibérien et des péniches lentes.

Je vous souhaite printemps débordant de jonquilles, avec des prés si verts qu’on en oublie la nuit, et puis mille clairières où palpite une biche, ses grands yeux vous offrant la confiance et la paix.

Je vous souhaite la mer, une plage au matin qui se donne au soleil, quand vaguelettes tendres sont caresses à nos âmes, et puis ce sable blanc, tout ourlé de destin.

Je vous souhaite des livres, des romans incroyables, et tant de nuits passées à en suivre la vie, et puis de vrais poètes, qui vous offrent en un mot l’univers paradis.

Je vous souhaite la foule qui ondule aux gradins, et puis les ballons ronds comme autant de sourires, mais aussi l’Ovalie, que chacun soit heureux.

Je vous souhaite ce ventre nubile et jaillissant qui soudain portera de doux rires à venir, et aussi les mains douces de cette aïeule folle, acceptons de l’aimer quand elle ne se sait plus.

Je vous souhaite l’été tout brûlant de cigales, le ressac qui murmure et les cheveux au vent, la montagne à gravir, le marché qui bourdonne, et mille mirabelles au panier rebondi.

Je vous souhaite la paix qui fait de nos déserts cette rose éclatante quand l’arme est déposée, la paix des lendemains, la paix dans les familles, la paix qui fraternise au Noël des tranchées.

Je vous souhaite un automne aux couleurs de vendanges, quand cette guêpe tangue d’avoir tant butiné, quand les grappes sont lourdes comme ventre de femme portant cette promesse comme on chante un secret.

Je vous souhaite l’amour, celui qui nous élève en calcinant joyeux tous nos doutes apaisés, celui des océans devenus des cours d’eau, quand le delta est source et la pluie fécondée, l’amour qui envahit, tourneboule et chavire, l’amour immaculé des amants de toujours.

Je vous souhaite des noces, des tablées de cousins, des épousailles folles, farandoles et festins, quand sous le grand tilleul on a dressé couverts, et que l’accordéon fait l’amour aux étoiles.

Je vous souhaite maisons aux draps de lin émus, surprenantes cuisines aux cuivres odorants, et des tapis moelleux qui rêvent d’Orient, quand un piano distrait rencontre un Darjeeling et que de la fenêtre on guette un beau retour.

Je vous souhaite un grand parc bondissant d’écureuils, des lilas audacieux, la chênaie toute fière, et cette roseraie qui ploie sous vermillons, la fontaine dressée vers ce patio dolent où comme en crinoline vous attendrez vos rêves.

Je vous souhaite un hiver tout ourlé de guirlandes, des cannelles enivrant le gingembre et le gui, des joues rosies d’enfants, un sapin odorant, et vos pas sur la neige qui crissent et qui s’enfoncent dans la ouate fragile de nos Noëls d’antan.

Je vous souhaite un travail, une tâche accomplie, ce qui relie les hommes et partage la terre, peut-être création, thaumaturge ou d’ilote, mais un travail surtout, pour demeurer debout.

Je vous souhaite courage si la nuit est partout, si un mal vous dévore, si la faim vous poursuit, si l’amour s’est enfui sous les traits d’une blonde, si on vous a trahi.

Je vous souhaite espérance des grands soirs aux drapeaux, quand on croyait en l’Homme en reniant les Dieux, car pour changer le monde il faut d’abord rêver.

Je vous souhaite des villes aux bruissements exquis, des klaxons en délire, des musées en folies, la culture partout, la musique hors les murs, le piano sur la place et les artistes en vol.

Je vous souhaite l’école en forêt buissonnière, l’instituteur qui rit et rassure et rayonne, les passions dévorantes pour l’atome ou le vers, l’école qui accompagne et le riche et le pauvre dans la fraternité.

Je vous souhaite des plages sous tous vos pavés, et l’imagination défiant les pouvoirs, des chars rouillant au loin, le lilas et les roses unis vers le destin.

Je vous souhaite mémoire de tant de vies des hommes, pour ne pas oublier les charniers et les camps, pour les enfants perdus à chérir dans les guerres, celles du temps présent, celles qu’on n’entend plus, celles qui surviendront malgré tous nos efforts.

Je vous souhaite la force, pour transcender l’horreur, les éclats des obus fracassant la Syrie, les migrants qui se noient dans cette mer atroce, les peurs du Bataclan et tous nos chers Charlie. Pour oublier Bruxelles et les cris des enfants, Nice vêtue de noir, Berlin ensanglantée et tous ces êtres éteints qui étaient de lumière, qui de notre planète ont fait un cimetière, pour oublier que l’Homme décapite et éventre, pour oublier les femmes qui partout sont souillées.

Pour oublier les maux, les souffrances et les nuits, ceux qui sont si malades, ceux qui errent sans vie dans nos villes sans cœur, pour oublier réel qui souvent n’est que fiel.

Je vous souhaite confiance en un monde nouveau, que l’Humain se relève, que tous les gens qui rêvent dessinent leurs destins, je vous souhaite de changer la vie, de transformer nos mondes, et que 2017 s’envole comme mille hirondelles vers un soleil nouveau.

 

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-djihad-d-amour-l-emouvant-message-du-mari-d-une-victime-des-attentats-de-bruxelles?id=9489481&utm_source=rtbfinfo&utm_campaign=social_share&utm_medium=twitter_share

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Toutes en terrasse !!!!!

Toutes en terrasse !!!!!

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Il y avait eu ce reportage. Engluée dans la préparation des fêtes et dans le travail, je m’étais dit que j’attendrais les vacances pour en parler. J’ai eu du mal à m’en remettre, d’ailleurs ; proche de la nausée en regardant ces zones de non droit, puis des larmes d’émotion en voyant le courage de la « brigade des mères »…Je repensais à mon roman, Free d’Hommes, cette histoire d’un monde inversé où les femmes auraient eu le pouvoir depuis la nuit des temps, mais basée sur nos réalités, et aux dizaines de textes déjà écrits sur le sujet, à mes petites élèves qui, entre elles, s’appellent plus souvent « sœur » que « meuf »…

https://francais.rt.com/france/30405-femmes-indesirables-dans-cafe-classe-politique-choque

J’étais presque épuisée ; laminée par cette impression de déjà vu, effrayée par la violence des propos, éperdue par la perspective de cet avenir si sombre, avec la double contrainte terrible des islamistes et du FN, qui fait de notre France une antichambre d’Alep, exsangue de ces luttes entre DAESH et régime de barbarie…C’est surtout à Alep que je pensais, d’ailleurs, ces derniers jours…

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=217777&forum=2

Pour un peu, je me serais tue. Jusqu’à ce que j’entende cette phrase, aujourd’hui :

Historiquement, dans les cafés ouvriers, il n’y avait pas de femmes.

https://francais.rt.com/france/30813-cafe-interdit-femmes-sevran-benoit-hamon-relative-cafes-ouvriers

Pas de femmes…

C’est vrai, cher Benoît, tu permets que je t’appelle Benoît, hein, puisque tu n’es plus mon ministre, juste un candidat qui pense naïvement jouer sur la corde sensible de quelques barbus alléchés par un lâche aveuglement…

Oui, tu as tout à fait raison, hormis quelques soulardes à la Gervaise, et quelques Goulues de petite vertu plongées dans l’absinthe pour oublier le corps contrefait des peintres, elles n’étaient pas légion, les femmes,  dans les cafés ouvriers…Vous étiez bien, entre hommes, à commander plus tard des Picon Bière en discutant du Tour et en faisant le tiercé pendant que Bobonne, le filet de provisions à la main, poussait le landau jusqu’à la maison où, jour après jour, elle récurait les sols et les couches en attendant que tu rentres le soir pour lui flanquer sa dose.

Et tu as raison, c’est vraiment trop cool, au Bled, comme le justifient certaines personnes du reportage au sujet duquel tu as eu le bonheur de t’exprimer, de se promener dans des rues propres – ça me rappelle toujours mon arrière-grand-mère allemande, cette expression, va savoir pourquoi, elle aussi, elle disait que « les rues étaient propres sous le Führer », comme quoi, le « nazislamisme » doit bien exister quelque part…- dans des rues où seules les djellabas s’étalent entre deux thés à la menthe, aux terrasses de ces cafés que tu aimerais peut-être voir fleurir dans notre douce France, dans des rues dépourvues de la « souillure féminine »…

Parce que tu as raison, historiquement, dans les rues non plus, il n’y avait pas de femmes, pas de femmes au volant, par exemple.

Femme au volant, mort au tournant, on est bien d’accord. Comme toi, je regrette infiniment ce temps où seuls quelques messieurs aux moustaches en guidon de vélo osaient lâcher leur petite reine pour tourner la manivelle de leur traction. Et je t’approuve totalement d’être en empathie visible avec les pays où les femmes n’ont pas le droit de conduire ! Non mais où irait-on, c’est vrai, si on permettait aux femelles de se saisir de cet outil de libération qu’est la voiture ?! Elles finiraient sans doute par vouloir travailler…

Parce que tu as raison, cher Benoît, historiquement, dans les usines, les bureaux, les lycées, les hôpitaux, il n’y avait pas de femmes. Ou bien seulement dans dévouées à des tâches ingrates, à de menues besognes de soin, de ménage…Somme toute, et c’est incroyable, parce que historiquement, dans les fonctions sacerdotales non plus, il n’y avait pas de femmes, c’est grâce aux églises pourtant que certaines femmes ont commencé à « travailler » dans l’extra-muros, hors du foyer, comme les nonnes dans les hospices ou les maladreries, ou dans les écoles de jeunes filles…

Sais-tu, toi qui prétends un jour diriger la France qui fut des Lumières, qu’il y a quelques jours, en Afghanistan, des femmes ont été assassinées car elles partaient travailler, comme tous les jours, à l’aéroport ?

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/afghanistan-des-hommes-tuent-cinq-femmes-employees-d-un-aeroport_1861389.html

Mais enfin, qu’allaient-elles y faire, elles qui auraient dû se trouver tranquillement à étouffer sous leurs burqas du silence, au lieu de prétendre à la liberté…

Mais tu as raison, historiquement, dans les écoles, déjà, il n’y avait pas de femmes. C’est dès l’enfance, en effet, qu’il convient de museler ce sexe qui ose avoir la tentation de vivre et d’aimer apprendre. Malala t’en parlerait mieux que moi, elle qui a bêtement pris une balle dans la tête en allant à l’école, quelle petite dinde. Je n’ai toujours pas compris pourquoi on lui a donné ce prix. Une petite fille, ça doit rester à la maison, suivre les traces de sa mère, et apprendre jour après jour les gestes ancestraux de la soumission au Maître. Et si par mégarde elle osait vouloir sortir du rang, il faudrait veiller à ce qu’elle conserve malgré tout une place subalterne.

C’est d’ailleurs ce qui se passe partout, dans le monde entier, dans toutes les civilisations, depuis des millénaires, n’est-ce-pas, cher Benoît ? Parce que oui, historiquement, aux postes clé, il n’y avait pas de femmes. Ni dans la vie civile, ni dans la vie religieuse, ni dans les arts, ni dans les armées…Certes, tu vas évoquer une Cléopâtre ou une Margaret, une Angela ou une Louise Labé, une Aliénor d’Aquitaine ou une Hilary, mais nous savons toi et moi qu’elles ne sont que les arbres qui cachent la forêt, fulgurantes étoiles dans la nuit de l’anonymat de milliards d’ilotes et de laissées pour compte. D’ailleurs, il parait que tu n’auras qu’une seule adversaire du deuxième sexe lors de votre primaire de la Belle Alliance Populaire. Je te souhaite du courage, d’ailleurs, et je partage ton ire bien compréhensible ; je te le dis et te le répète, oui, mille fois oui, tu as raison, c’est indéniable, historiquement, les femmes ne se mêlaient pas de politique, elles parlaient chiffons et couches-culottes pendant que leurs époux tâtaient de la bouteille, et je déplore avec toi que ces satanées suffragettes aient osé braver les interdits pour réclamer de faire partie de l’Agora…

Mais oui, enfin, tout le monde le sait…Historiquement, c’est vrai, les femmes n’avaient pas le droit de vote ! Ni celui de faire des études ! Ni de divorcer ! Ni de faire des chèques ! Ni de prendre un amant ! (Je te rassure, c’est toujours assez mal vu !) Ni d’entrer dans de grandes écoles ! Ni dans l’armée ! Historiquement, en France, mais aussi ailleurs, les femmes, tu as raison de nous le rappeler, n’étaient sur terre que pour donner la vie, et, accessoirement, pour prodiguer plaisirs et voluptés aux hommes (avec ou sans leur consentement, car, historiquement, c’est vrai, il y a peu d’hommes qui se font violer par des femmes – mais je sais d’ores et déjà que d’aucuns oseront venir me parler de statistiques inverses et/ou d’hommes battus dans les commentaires…).

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/actualite/societe/item/egorger-vos-fils-vos-compagnes

Car historiquement, il n’y avait pas beaucoup d’hommes battus dans les morgues ou les hôpitaux. Par contre, je te le confirme, le ratio est toujours bon, aucun souci à se faire, il y a bien en France encore une femme qui meurt de violences conjugales tous les trois jours, et des milliers de viols. Historiquement, il n’y a pas eu non plus beaucoup d’hommes châtrés dans le monde, quand des millions de femmes ont été et sont encore excisées ou infibulées. Historiquement, il n’y a pas eu non plus tellement d’hommes brûlés vifs sur les bûchers de leurs épouses décédées, ni d’hommes vitriolés car ils avaient commis l’adultère, ni d’hommes lapidés pour les mêmes raisons. Oui, Benoît, mon cher Benoît, tu es dans le vrai, je me demande pourquoi nous sommes là, nous, spectatrices de ce reportage, à nous étonner, voire à nous offusquer.

Car franchement, tout est justifiable, non ? Grâce à ta parade historique, il t’est facile de pactiser avec le non-dit et de tenter de fermer les yeux sur la misogynie du communautarisme islamique…Le problème, vois-tu, cher Benoît, c’est que ma nouvelle chef, ton amie Najat, nous parle à longueur de textes officiels d’égalité des sexes, d’égalité des chances, et que moi, simple enseignante, je te le dis haut et fort, avec elle, avec des millions de Françaises :

La femme est l’égale de l’homme.

Et ce même si, historiquement, « il n’y avait pas de femmes dans les cafés ouvriers ». Alors cette femme, cette petite beurette ultra maquillée et sans voile, cette gazelle belle comme 400 vierges réunies, elle a le droit de venir s’assoir pour pianoter sur son 6S et pour commander un café -et même un kir, si elle a, par hasard ou par miracle, décidé de ne PAS appliquer les dictats de sa communauté. Cette autre femme, cette quinqua un peu fatiguée parce qu’elle a fait des ménages toute la journée, elle aussi elle a le droit de venir d’assoir pour prendre une bière ou un thé avant de rentrer pour faire le ménage chez elle et nourrir ses trois garçons. Cette maman africaine, le ventre lourd et les seins gonflés, avec ses jumeaux dans la poussette et son boubou bariolé, elle aussi elle peut pousser la porte d’un café pour commander un chocolat chaud et lire un magazine. Et les trois étudiantes en archi aussi, toutes emmitouflées dans leurs parkas et presque nues sous leurs tee shirt, elles ont le droit de rigoler comme des tordues en parlant de la soirée de la veille.

Et ça, dans la France entière ! Dans les bars de Paname et dans les troquets de Lorient où la mousse caracole au son des musiques celtiques ; dans les estaminets de la Canebière où Escartefigue taquinait Honorine ; dans les cafés de nos villages, ceux où peut encore d’appuyer sur le formica et apercevoir des carafes Suze ; aux terrasses gorgées de soleil où, à l’ombre des platanes, on entend vibrer les cigales en dégustant une orangeade ; sous les coupoles art déco des merveilleux cafés d’antan, ou au zinc collant d’un boui boui du 93 ; tu te souviens, Benoît, le « je suis en terrasse » ?

Toutes en terrasse, vite !

On va y entrer, cher Benoît, un jour, dans ces cafés de non-droit. Oui, parce que tu sais, historiquement, il y aura toujours une Rosa Parks pour ne pas se lever dans un bus, une Ségolène pour oser la bravitude et une Antoinette Fouque pour écrire un Dictionnaire des Créatrices.

http://www.desfemmes.fr/dictionnaire-des-creatrices/

Je vais te dire une dernière chose : hormis le fait que tu avais été mon ministre, je ne savais pas grand-chose de toi. Maintenant, je vais juste essayer de t’oublier.

Parce que historiquement, je ne crois pas que tu laisseras un souvenir impérissable aux femmes.

**

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/12/22/2666216_le-principal-porte-un-costume.html

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2016/08/26/eternelles-burqas-du-silence-burkini/

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/culture/litterature/item/l-autre-monde-de-sabine-free-d-hommes-sabine-aussenac

http://www.thebookedition.com/fr/free-d-hommes-p-122971.html

Le rossignol et la burqa…-une ancienne nouvelle…

http://rue89.nouvelobs.com/2011/05/21/le-french-lover-est-mort-la-femme-est-libre-205037

 

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« la révolte consiste à fixer une rose »…Mon année 2015

la révolte consiste à fixer une rose

à s’en pulvériser les yeux : mon année 2015…

A4 prends soin mon amour de la beauté du monde

Je me souviens.

De nos larmes et de l’effroi, de nos rires assassinés en ce 7 janvier 2015, de mon incommensurable chagrin devant la liberté souillée.

De la peur défigurant les visages, de ces hurlements, de l’innocence conspuée au gré d’un étalage.

De nos marches au silence bouleversant, de ces bougies qui veillent, de l’union sacrée du monde devant Paris martyrisée.

(….) la ville alors cessa

d’être. Elle avoua tout à coup

n’avoir jamais été, n’implorant

que la paix.

Rainer Maria Rilke, Promenade nocturne.

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Je me souviens.

De mes vacances de février en outre-Rhin, les premières depuis dix ans. Enfin sortie d’un épuisant burn-out social et financier, j’osai enfin revenir au pays de l’enfance.

De la maison de mes grands-parents allemands revisitée comme une forêt de contes, du souvenir des usines au bord du Rhin comme autant de merveilles.

Du froid glacial dans ce grand cimetière empli de sapins et d’écureuils où, en vain, je chercherai la tombe de mon grand-père.

De ma joie d’enfant en mordant dans un Berliner tout empreint du sucre des mémoires.

Un étranger porte toujours

sa patrie dans ses bras

comme une orpheline

pour laquelle il ne cherche peut-être

rien d’autre qu’un tombeau

Nelly Sachs, Brasiers d’énigmes.

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Je me souviens.

Des cris parsemant ce mois de mars qui jamais n’aura aussi bien porté le nom de guerre.

Des sourires explosés des corps d’athlètes de Florence, Camille et Alexis dans cet hélicoptère assassin. De tous ces anonymes mutilés au grand soleil de l’art, du Bardo couleur de sang.

Des 142 victimes yéménites si vite oubliées en cette Afrique au cœur devenu fou.

Des coups inutiles contre une porte blindée et de l’abominable terreur des enfants et des jeunes prisonniers d’un avion cercueil.

Un regard depuis l’égout

peut-être une vision du monde

 

la révolte consiste à fixer une rose

à s’en pulvériser les yeux

Alejandra Pizarnik, Arbre de Diane.

3

 

Je me souviens.

De Mare nostrum présentée à mon fils de 16 ans qui n’avait jamais vu la Méditerranée, oui, c’est possible, en 2015, même dans les meilleures familles si elles sont confrontées à une paupérisation.

De l’éblouissant soleil de Sète et des mouettes qui rient au-dessus du Mont Saint-Clair.

Des tombes grisonnantes et moussues du cimetière marin, où nous entendons la voix de Jean Vilar et le vent qui bruisse dans les pins en offrande.

De la plaque de l’Exodus devant la mer qui scintille et de mon émotion devant les couleurs de l’été des enfances, enfin retrouvées au cœur de cet avril.

Pourtant non loin de là 700 Migrants mouraient dans ces mêmes eaux turquoises, ma mer bien aimée devenue fosse commune en épouvante.

Et ailleurs aussi le vacarme déchirait l’innocence, quand 152 étudiants supplièrent en vain leurs bourreaux de Garissa, quand 7800 Népalais et touristes suffoquaient au milieu des drapeaux de prières aux couleurs de linceuls, quand une seule fillette, Chloé, succombait à la perversité d’un homme.

 

Un manteau de silence, d’horreur, de crainte sur les épaules. On est regardé jusqu’à la moelle.

Paul Valéry, Forêt.

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Je me souviens.

De ce contrat faramineux autour d’avions de chasse, pourtant signé par ma République avec un pays aux antipodes de la démocratie, qui maltraite les ouvriers et musèle les femmes.

Des voix d’outre-tombe de  Germaine Tillon, Genviève De-Gaulle-Antonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette entrant au Panthéon, quand je tentai d’expliquer à des élèves malveillants la beauté du don de soi, au milieu de ricanements d’adolescents désabusés. De ma désespérance devant la bêtise insensible au sacrifice et aux grandeurs.

De ce mois de mai aux clochettes rougies par un énième « drame familial », dans le Nord, celui-là, deux tout petits assassinés par un père, comme chaque mois, silencieux hurlement au milieu du génocide perpétré dans le monde entier, depuis des millénaires, par les hommes violant, tuant, égorgeant, mutilant, vitriolant, brûlant vives leurs compagnes et souvent leurs enfants.

Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle(…)

Ma France, mon ancienne et nouvelle querelle,

Sol semé de héros, ciel plein de passereaux…

Louis Aragon.

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Je me souviens.

Des révisions du bac de mon puîné, des dissertations et des textes à apprendre, de Rimbaud et de Proust, de Verlaine et Stendhal, comme un collier de perles toujours renouvelé.

De ces adolescents déguisés en marquis pour une fête baroque, des duchesses et des contes, des froufrous et des rires, quand les joues de l’enfance en disputent avec les premières canettes de bière, quand on hésite entre un joint et un dessin animé…Chuuuuuuut. Prenez le temps…Profitez…On n’est pas sérieux, quand on a 17 ans le jour de la Saint-Jean…

Du soleil fou de Sousse qui voit mourir les sourires des touristes, de la plage rougie, et de la tête en pique d’un patron français, quand cet Islam qui prétend vivre la foi n’est que mort absurde et gratuite.

Des gospels montant vers ce ciel rougi de Charleston, quand un homme fauchera des vies noires dans une église, insulte à l’Amérique des droits civiques : j’ai fait un cauchemar, encore un…

 

Ce matin de juin s’est posé sur mon cœur

comme un vol de colombes sur la vieille petite église,

frémissant d’ailes blanches et de roucoulements d’amour

et de soupirs tremblants d’eau vive.

Louisa Paulin, Lo bel matin

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Je me souviens.

Du chapeau blanc de Dylan et de sa voix éraillée, d’Albi la Rouge toute vibrionnante des accords de Pause Guitare, de cette nuit passée sur un banc avec un « Conteux » acadien, et du sourire de Zachary Richard, aussi pur que dans nos adolescences lorsqu’il clamait « travailler, c’est trop dur ».

De notre conversation téléphonique où déjà la poésie avait traversé l’Atlantique au rythme des échanges, et de son incroyable présence, quand il offre au monde tous les ouragans de Louisiane et toutes les histoires de son peuple oublié.

De la brique rouge et de Sainte-Cécile comme un vaisseau dans la nuit, du Tarn empli d’accords virevoltants et de notes insensées, de ce mois de juillet aussi gai qu’un violoneux un soir de noces.

 

La nuit, quand le pendule de l’amour balance

entre Toujours et Jamais,

ta parole vient rejoindre les lunes du cœur

et ton œil bleu

d’orage rend le ciel à la terre.

Paul Celan, in Poésie-Gallimard

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Je me souviens.

De la Bretagne qui danse comme une jeune mariée au son de la Grande Parade, de Lorient enrubanné, des guipures et de l’océan dentelé qui tangue au son des binious.

Des flûtiaux et des cornemuses, de l’âme celte qui m’enivre, des jambes levées sous les robes de crêpe et des verts irlandais ; des Canadiens qui boivent et de la lune qui rit, des roses trémières caressées par la joie et de mon fils si heureux de danser le quadrille.

D’un autre port, au bout du monde, où 173 personnes périront dans les explosions causées par l’incurie des hommes.

Du courage de ces passagers de l’improbable, quand des boys modernes rejouent le débarquement dans un Thalys sauvé de justesse de la barbarie.  Quand un 21 août ressemble à une plage de Normandie.

 Le Bleu ! c’est la vie du firmament(…)

Le Bleu ! c’est la vie des eaux-l’Océan

et tous les fleuves ses vassaux(…)

John Keats, Poèmes et poésies.

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Je me souviens.

Du calme d’Angela Merkel annonçant qu’elle devenait la mère de l’Europe en ouvrant les bras de l’Allemagne aux réfugiés et Migrants.

D’une Mère Courage qui soudain fait du pays de l’Indicible celui de l’accueil, quand 430 000 personnes ont traversé la Méditerranée entre le 1er janvier et le 3 septembre 2015, et qu’une seule photo semble avoir retourné les opinions publiques…

Du corps de plomb du petit Aylan et des couleurs vives de ses vêtements, dormeur du val assassiné par toutes les guerres des hommes, à jamais bercé par les flots meurtriers de notre Méditerranée souillée.

De mon étonnement toujours renouvelé en cette rentrée de septembre, quand soudain chaque journée de cours me semble thalasso, tant c’est un bonheur que d’enseigner la langue de Goethe à ces enfants musiciens, surdoués et charmants, toute ouïe et en demande d’apprentissages : ma première année scolaire agréable dans mes errances de « TZR », sans trajets insupportables et sans stress pédagogique.

 

Il n’est d’action plus grande, ni hautaine, qu’au vaisseau de l’amour.

Saint-John Perse, Amers.

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Je me souviens.

De ces pauvres gens morts noyés en voulant sauver une voiture quand des enfants de Migrants continuent, eux, en ce mois d’octobre, à n’être sauvés par personne…

Des hurlements d’Ankara, quand 102 personnes perdent la vie au pied de la Mosquée Bleue, le Bosphore rougi de tout ce sang versé.

De cette famille lilloise décimée par le surendettement, un Pater Familias ayant utilisé son droit de mort sur les siens, mais nous sommes tous coupables, nous, membres de cette odieuse société de surconsommation.

Du silence de ma cadette en cet anniversaire de notre rupture de cinq longues années, de sa frimousse enjouée et de son bonnet rouge lors de notre dernière rencontre, il y a un siècle, avant qu’elle ne rompe les ponts. Du petit bracelet de naissance qui dort dans ma trousse et ne me quitte jamais. De ma décision de vivre, malgré tout.

Argent ! Argent ! Argent ! Le fol argent céleste de l’illusion vociférant ! L’argent fait de rien ! Famine, suicide ! Argent de la faillite ! Argent de mort !

Allen Ginsberg, in Poètes d’aujourd’hui, Seghers.

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 Je me souviens.

« De nos larmes et de l’effroi, de nos rires assassinés en ce 13 novembre 2015, de mon incommensurable chagrin devant la liberté souillée.

De la peur défigurant les visages, de ces hurlements, de l’innocence conspuée au gré d’une terrasse.

De nos marches au silence bouleversant, de ces bougies qui veillent, de l’union sacrée du monde devant Paris martyrisée. »

De cette structure cyclique qui a mutilé la Ville Lumière, de notre sidération, de la peur de mes enfants et des larmes de mes élèves, de la chanson « Imagine » entonnée en pleurant.

De Bamako et Tunis endeuillées elles aussi, de nos désespérances devant tant de victimes, et puis la terre, n’oublions pas la terre, qui se lamente aussi.

De la COP 21 qui passe presque inaperçue au milieu de tous ces bains de sang.

Si tu mérites ton nom

Je te demanderai une chose,

« Oiseau de la capitale » :

La personne que j’aime

Vit-elle ou ne vit-elle plus ?

Ariwara no Narihira, 825-879, in Anthologie de la poésie japonaise classique.

Place du Capitole, 14 novembre 2015
Place du Capitole, 14 novembre 2015

 

Je me souviens.

Du visage grimaçant de la haine et de la barbarie qui heureusement ne s’affichera PAS dans le « camembert ».

De nos piètres victoires, de mon pays où des jeunes votent comme des vieux aigris, de ma République en danger.

De toutes ces mitraillettes à l’entrée des églises, des santons menacés par les « laïcards » et par les djihadistes, d’un Noël au balcon, comme sous les tropiques.

De ces sabres lasers prétendument rassembleurs, quand tous ces geeks pourraient se retrousser les manches, réfléchir et agir.

D’une partie de croquet dans un jardin baigné de lumière et de douceur un 26 décembre, les maillets et les boules étant ceux de mon enfance allemande, le regard bienveillant de nos quatre grands-parents comme posé sur nous, microcosme familial dans le macrocosme de l’Europe si fragile, du monde si vacillant, de l’Univers si mystérieux.

De nos espérances.

De nos forces.

De nos amours.

Je me souviens de 2015.

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À la lumière de nos aïeux nous marchons.

Elle nous éclaire comme les étoiles de la nuit guidant le marcheur.

Al-Hutay’a, in Le Dîwân de la poésie arabe classique.

 

 

Enfin cette phrase, dédiée à tous ces disparus :

Je t’aimais. J’aimais ton visage de source raviné par l’orage et le chiffre de ton domaine enserrant mon baiser. (…) Aller me suffit. J’ai rapporté du désespoir un panier si petit, mon amour, qu’on a pu le tresser en osier.

René Char, La compagne du vannier.

 

 

 

Journée internationale des droits des femmes: Free d’hommes, le roman de l’égalité!

Free d’Hommes: et si nous changions le monde??

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http://www.thebookedition.com/free-d-hommes-sabine-aussenac-p-122971.html

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

À l’orée de la Journée  je voudrais induire une petite réflexion sur l’ampleur des inégalités entre les sexes…Mon roman Free d’Hommes, paru en novembre 2013 à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, se  veut vitrine inversée de notre monde si déséquilibré…L’idée de cette écriture en miroir m’est venue il y a deux ans, à peu près au moment où une jeune cinéaste signait un excellent court-métrage que j’ai découvert récemment, « Majorité opprimée », dans lequel, exactement comme dans mon roman, les rôles seraient inversés…

http://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I

Imaginons ce monde où les rôles sociaux seraient intervertis depuis des  millénaires et dans toutes les civilisations, les femmes ayant le rôle dominant,  tous les grands auteurs et acteurs de l’Histoire ayant été des femmes, de même  que tous les personnages historiques importants…Dans tous les continents, depuis toujours, auraient ainsi existé des sociétés matriarcales. Mais ces univers où le Féminin tiendrait le haut du pavé seraient aussi déséquilibrés que nos sociétés patriarcales! Dans ma petite fable, les femmes traitent en effet les hommes comme ces derniers le font actuellement avec nous…C’est à dessein que j’ai parfois forcé le trait, dépeignant les femmes que des « machos », et les hommes comme des êtres souvent soumis et opprimés…

Cependant, ce monde existerait dans NOTRE réalité: on y rencontre en effet l’affaire  DSK, un tsunami, une élection présidentielle, le printemps arabe…(et je suis en train de penser…à une suite!! Avec des chapitres plus précisément consacrés aux violences faites aux femmes, en parlant, toujours de façon inversée, de la « théorie du Genre », de la Manif pour tous…) Et lorsque l’on avance dans la lecture, s’attachant aux personnages, à la trame de l’histoire, on est presque pris de vertige, tant l’on a l’impression que ces inversions donnent le tournis: tout semble si « vrai », si réel, réaliste, grâce aux références à notre réalité, mais en même temps tout est si…décalé!

Car il s’agit à mon sens d’un problème mondial de société, d’une urgence humanitaire, que cette situation de la FEMME à travers le monde: dans nos sociétés occidentales, nous nous heurtons au « plafond de verre », à nos brimades quotidiennes, aux inégalités salariales…N’oublions pas non plus la terrible précarisation des femmes qui ont tant de mal à survivre à leurs divorces, qui luttent pour récupérer des pensions alimentaires impayées, sous les regards et les ricanements obscènes des masculinistes toujours prêts à revendiquer leurs droits alors qu’ils oublient leurs devoirs de pères…

Levons aussi l’omerta, la terrible loi du silence médiatique et sociétale au sujet des prétendus « drames familiaux »: une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, tandis que les familicides se multiplient -des dizaines d’assassinats  chaque année, dont ce collégien de mon propre établissement, tué en février 2014 avec sa maman, alors qu’il était en cours le matin même…http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/11/1815112-mercenac-drame-familial-trois-morts-au-hameau-de-pointis.html

(…Et je vous invite à rechercher les autres articles autour de ce drame-là…C’est tout bonnement incroyable, on y dresse un gentil portrait du meurtrier, sans jamais évoquer les victimes…) Ailleurs? Mais ailleurs, c’est la barbarie, c’est l’enfer, au-delà des grillages et des enfermements des burqas…Il y a les viols de masse et systémiques dans les pays en guerre; il y a les petites filles en Inde, évincées par l’eugénisme galopant d’une médecine devenue folle, mais aussi étouffées dans le sable à la naissance, avant que de mourir lors des terribles viols collectifs…Il y a les millions de fillettes privées d’éducation; et le tourisme sexuel, les violences, les humiliations…

Malala a inscrit son discours sous le signe de l’urgence: l’urgence pour les fillettes du monde entier à accéder librement à l’éducation. Et notre Ministre de l’Éducation Nationale a placé la journée du 8 mars sous le signe de l’égalité des chances. Osons, enfin, nos libertés!

Mon roman  s’inscrit donc dans cette urgence-là: dénoncer ce monde dont la moitié, oui, la moitié des habitants sont opprimés! Parler de cette terre que nous devrions nous partager équitablement, avant même que de songer à en régler les problèmes climatiques et géopolitiques! Il faut inventer un nouvel univers, un univers  différent, où hommes et femmes se partageraient la vie dans une autre  perspective, en dehors de ces processus de violence et de domination.

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/culture/litterature/item/l-autre-monde-de-sabine-free-d-hommes-sabine-aussenac?category_id=17

« Fascinants, pour qui imagine et invente (l’écrivain, du coup), que ces mondes, qui seraient bâtis autrement, fonctionneraient dans d’autres dimensions, seraient – pourquoi pas – cul par dessus-tête. C’est à ce registre que se rattachent les pages du roman ? nouvelle ? que vient de publier notre amie et rédactrice, Sabine Aussenac.

On a connu – pépite fantastique de notre adolescence – le « Demain les chiens » où Médor et les siens tenaient l’ordonnancement du monde, sans parler des singes de la planète ! Là, l’histoire (« il était un monde, une fois, où… ») est tout bonnement renversée : homme/femme, pas comme on connaît ; le contraire. « Comme ailleurs dans le monde, les hommes étaient lésés ; gagnaient moins que les femmes, se comptaient sur les doigts de la main dans les conseils d’administration… les femmes avaient le monopole de l’emploi, de la sécurité financière, des pouvoirs décisonnels… Paul – “le-la” héros – soupira : oui, le chemin serait long ! » (…)

Les femmes « puissantes » – toutes et trop – sont des virago pour qui « le diable s’habille en Prada » : physiquement écrasantes, levant le coude sur le canapé du soir, et séduisant – vite, trop vite – les mâles qui passent autour, du stagiaire au procureur. Caricaturales ! mais on sourit, devant l’avalanche… Un tout petit peu, quand même, de situations répétitives, là aussi. Un texte plus resserré, format grande nouvelle, éclairant mieux, ne disant pas tout, abattant quelques murs, à grands coups de hache monumentale, aurait sans doute été l’instrument de choix d’un sujet jouissif, comme celui-là…

On ne boudera pour autant pas notre plaisir ! L’Histoire – la grande ou la plus quotidienne – tient sa partie dans le récit, avec une présence pertinente qui donne chair : des enfants qu’on enlève à de brillantes études pour les marier au bled (ici, un Medhi, évidemment), aux Révolutions arabes, à la poésie iranienne, au souvenir de 68 (slogan masculiniste : « oui, maman, oui patronne, oui chérie ; non ! Merci ! criaient les jeunes gens de l’époque en brûlant leurs coquilles à testicules entre deux jets de pavés sous la bouille en cœur de Danielle la Rouge »).  On rit, souvent – un des meilleurs passages, attendu, certes, mais réussi, n’est-il pas l’annonce de l’accusation de viol sur homme de chambre buriné, par une Sarah Dayan Klein, directrice du FMI. Plus tard – entre émouvant et hilarant, un « homme !!! est élu aux élections présidentielles ! On y est, frérot, on y est ! ». »

Autre extrait de critique:

« Sabine Aussenac a brossé une fresque saisissante, dans laquelle le « sexe  faible » est incarné par les hommes, depuis la nuit des temps… De nombreux  thèmes de société sont abordés, des discriminations au viol, de la pédophilie au  « plafond de verre », de la précarisation au divorce…

Personnages attachants, humour féroce, profondeur de la réflexion: ce roman,  paru le 25 novembre 2013, à l’occasion de la Journée Internationale contre les  violences faites aux femmes, se veut le symbole d’un nouveau  féminisme.

Sabine Aussenac a rêvé l’égalité, en faisant la démonstration de ce que  serait un monde dominé…par les femmes! »

http://www.sudouest.fr/2013/11/30/free-d-hommes-1244971-2277.php

La page Facebook du roman:

https://www.facebook.com/pages/Free-dhommes-un-roman-de-Sabine-Aussenac/756934377674641?notif_t=page_new_likes

Voilà…Il ne tient plus qu’à vous de vous détendre tout en vous questionnant, de rire et de pleurer, de partager et de donner…Le roman est à commander sur le site de Thebookedition  ou en format ebook sur Amazon, (liens en haut du texte)! Et en attendant, une première lecture vous en est offerte sur le délicieux blog de Sagine:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/211-freedhommes-SAussenac

J’ai fait un rêve: qu’à l’occasion de la Journée de la Femme 2015 nous nous donnions la main dans un même élan de sororité ET de fraternité, nous, femmes de tous les pays, loin des querelles de clochers féministes, ensemble, les « essentialistes » et les autres, oubliant les clivages entre celles qui ont des enfants et celles qui n’en n’ont pas, oubliant les « On ne nait pas femme, on le devient » et, au contraire, les Antoinette Fouque qui prétendaient que la maternité fonde, quelque part, la Femme, non, ne les oubliant pas, les transcendant, plutôt, dans une véritable marche commune vers l’ÉGALITÉ!

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/poesie-et-photos-de-gascogne-sabine-aussenac/portfolios/image_si-nous-poussions-les-murs-du-monde

Comme un avion sans elles…

Comme un avion sans elles…

 05_pere-enfant

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/04/26/2477274_petits-meurtres-en-famille-a-agnes-et-a-ses-qutre-enfants.html

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/tes-enfants-tu-ne-tueras-point_b_1687939.html

La France pleure. La France a mal. La France se recueille.

Comme les Pays-Bas la semaine dernière, à la différence près que nous ne savons pas encore si c’est un orage, un malaise, un missile ou une bombe qui a causé la mort d’une cinquantaine de ressortissants français. Oui, je sais, c’est atroce : il y a là plusieurs membres de mêmes familles, et ces sourires brisés, ces destins anéantis en une fractale de seconde qu’un fatum aveugle, lié aux hommes ou à la nature, a fait exploser en vol. Et j’adresse, très, très sincèrement, mes condoléances aux familles.

MAIS.

N’y a-t-il pas, chaque semaine, chaque mois, sur les routes de France, de terribles « drames de la circulation », causant, eux aussi, un nombre élevé de morts ? N’y a-t-il pas, chaque semaine, un nombre élevé d’enfants, de femmes et d’hommes mourant de maladie ?

Et, SURTOUT, n’y a –t-il pas, chaque mois, depuis des années, mais aussi de plus en plus, un nombre très élevé de femmes mourant sous les coups de leurs compagnons, et, et c’est l’objet de mon texte et de ma colère, un nombre de plus en plus élevé d’enfants mourant sous les coups de leur père ??

Ces femmes égorgées, étranglées, poignardées, brûlées vives, ces enfants de tous âges égorgés (ce mois-ci), poignardés (une fillette de deux ans, au printemps dernier, dans un camping…), défenestrés –un petit garçon à Toulouse, il y a quelques mois…-, brûlés vifs-trois enfants dans une station-service, en 2011…-, brefs, tous ces martyrs, (dont les chiffres donnent le tournis pour les femmes – vous les trouverez dans un récapitulatif partiel en bas de texte, partiel car je ne SUIS PAS JOURNALISTE, simplement blogueuse…- et n’existent même pas, en France, pour les enfants, -mais l’article d’une criminologue anglaise explique bien la terrible augmentation des meurtres par les « exterminateurs familiaux »…

http://actualites.sympatico.ca/curiosite/editorial-curiosite/de-plus-en-plus-de-peres-tuent-leurs-enfants) …pourquoi n’ont-ils pas droit, eux :

–          À l’attention soutenue des médias, des jours, des semaines durant, en boucle, jusqu’à ce que l’on éteigne le poste, tant ces mots de « corps tombés du ciel » ou de « débris calcinés » nous écœurent…. ?

–          À des allocutions solennelles du Chef de l’État, à des déplacements de ministres ?

–          À l’attention de l’opinion publique ?

Suffit-il donc de mourir ensemble, entassés dans une machine volante, suffit-il donc de tomber du ciel pour que les Puissants, les médias et le peuple vous encensent ?Vous plaignent ? Vous fassent des pages d’hommage sur les réseaux sociaux ?

 Un Président de la République s’est-il déplacé, en 2011, lorsqu’un papa a fait griller ses enfants dans une station-service ? Pourtant, là, nous les avions, les « corps calcinés » !

Un Président de la République s’est-il déplacé à chaque meurtre de femme et/ou d’enfant, depuis des années, alors que ce « fait de société » que les médias aveugles s’obstinent à nommer « faits divers » ou « drames familiaux », ignorant à dessein le terme de « familicide », aurait depuis longtemps mérité d’être promu au rang de CAUSE NATIONALE… ?

Tous ces enfants égorgés ou pendus, ou tirés comme des lapins par leurs pères-comme ce collégien de mon établissement, en février, assassiné avec sa maman entre midi et deux, et dont le journal local ne parlera guère, consacrant par contre plusieurs articles au « pauvre père déprimé, un brave chasseur et figure locale »-, n’avaient-ils pas, eux aussi, de beaux sourires, de belles vies prêtes à fleurir ? Certes, non, ils ne sont pas morts tous en même temps dans un avion malaisien ou algérien, mais diable, si l’on additionne les femmes et les enfants morts cette année, je suis persuadée que l’on est au-delà des cinquante victimes !!!

En miscellanées de mémoire :

« Trois enfants d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau (Bas-Rhin). Les pompiers ont été appelés sur place peu après 8 heures par les voisins pour un incendie et ils ont découvert à l’intérieur de la maison, dans les chambres du premier étage, les corps des trois enfants. Les victimes ont été égorgées, selon le substitut du procureur de Strasbourg Olivier Glady. L’hypothèse d’un drame familial est privilégiée. »

« Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal »

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé. »

 Alors, Monsieur Hollande ?

Alors, Monsieur le Président, Madame la Ministre des Droits des femmes, Madame la Ministre de la Santé, Madame la Garde des Sceaux, qu’avez-vous à déclarer ?

J’exige, au nom des centaines de familles endeuillées depuis des années, que, comme pour les accidents d’avion, « toute la lumière soit faite » sur ces affaires : j’exige qu’enfin, comme ont osé le faire quelques héros courageux (des juges, des procureurs, ici et là, travaillant main dans la main avec des associations…), l’ÉTAT se mobilise, pleinement, entièrement, et ce en transversalité, en coordonnant la prévention, le soin, l’éducation, afin que les pères et maris n’EXTERMINENT plus en toute impunité leurs femmes et leurs enfants.

J’exige, au nom des centaines de victimes, de femmes et d’enfants innocents, dont le seul tort a été, apparemment, de NE PAS MOURIR DE MORT VIOLENTE DANS UN AVION, que notre pays enfin prennent conscience d’un phénomène hélas mondial, que des sociologues analysent, que des spécialistes commentent partout, sauf chez nous, afin que les professeurs des écoles soient formés en ce sens (car la prévention commence au berceau) , afin que les jeunes couples allant se pacser ou se marier rencontrent des psychologues évoquant ce fait, afin que les DDAASS et travailleurs sociaux soient plus réactifs, afin que la justice soit plus punitive, afin que …nous évitions, aussi sûrement que nous mettrons tout en œuvre pour éviter d’autres catastrophes aériennes, ce genre de drames qui, hélas, fait…bien plus de victimes qu’un crash, et ce depuis des années.

J’avais, par deux textes, alertés Messieurs Sarkozy et Madame la Ministre du droit des femmes ; on m’a répondu, oui, que des mesures étaient prises. Mais cela ne suffit pas. La preuve en est cette terrifiante montée en puissance du masculinisme et de ces pater familias qui, dès lors qu’une compagne se refuse à eux, s’arrogent droit de vie et de mort sur cette dernière et, surtout, sur les enfants, afin de punir la mère dans ce qu’elle a de plus cher.

Il suffit.

En France, la plupart du temps, chaque mois ou presque, ce n’est ni un orage, ni une bombe, ni un missile qui tue : ce sont simplement des hommes, de bons pères de famille, qui, dans une sorte de djihad masculiniste, ont décidé d’exterminer toute forme de vie.

Monsieur Hollande : je compte sur vous.

Sabine Aussenac.

Extraits de presse récente:

« LeParisien.fr

Crash du vol AH5017 : dix membres d’une famille de Rhône-Alpes à bord
Un jeune Seine-et-Marnais dans le crash de l’avion d’Air Algérie au Mali
Avez-vous peur de prendre l’avion après ces catastrophes en série ?
Vol AH5017 : ce que l’on sait du crash de l’avion d’Air Algérie »

Et si nous lisions un jour:

– Dix femmes d’une même ville-et/ou région- tuées la même année

– Avez-vous peur de vous marier après ces assassinats en série?

*****

RAPPEL (vous m’excuserez, il manque des dizaines de cas, et toute l’année 2012…Vous pouvez, si envie, compléter dans vos commentaires…)

2010 :

Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement …

strasbourg.blogs.liberation.fr/…/2010/…/trois-enfants-meurent-dans-un-i…

2 janv. 2010 – Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement suicidé … d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau

http://strasbourg.blogs.liberation.fr/actu/2010/01/trois-enfants-meurent-dans-un-incendie-%C3%A0-haguenau-le-p%C3%A8re-recherch%C3%A9.html

 

2011

146 femmes sont mortes, victimes de leur (ex) conjoint en …

http://www.tv5.org › Information › Terriennes

26 nov. 2011 – Selon la dernière étude nationale, 146 femmes (et 28 hommes) sont … de mort commis à l’encontre d’un conjoint, concubin, pacsé ou d’un « ex …

 

http://www.faitsdivers.org/6636-Lyon-il-tue-sa-femme-d-une-trentaine-de-coups-de-couteau.html

 

Les faits se sont déroulés vendredi en fin d’après midi, dans un immeuble du 8ème arrondissement de Lyon, dans le Rhône.

Aux environs de 18H00, un homme a appelé la police pour leur indiquer qu’il avait tué sa femme, âgée de 39 ans.

Les forces de l’ordre, arrivés sur les lieux, ont découvert le corps sans vie de la victime au sous-sol, juste devant l’ascenseur qui accède au garage.

Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal ».

 

L’auteur présumé des faits a été interpellé et placé en garde à vue.

 

OCTOBRE :

 

Un père tue ses enfants en mettant le feu à sa voiture à Culoz

news.celemondo.com/…/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-v…

4 oct. 2011 – Un père de famille est mort et a tué deux de ses trois enfants hier soir en incendiant sa voiture qui se trouvait dans la station-service d’un . http://news.celemondo.com/2011/10/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-voiture-a-culoz/

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé.

La mère des enfants, âgée de 29 ans, a été retrouvée morte à leur domicile familial de Bourg-en-Bresse, à 90km de Culoz : elle aurait succombé à une asphyxie selon les premiers éléments de l’autopsie. Il pourrait s’agir d’un homicide, suivi du suicide du père de famille. De nombreux pompiers sont intervenus pour sécuriser la station-service dans laquelle se trouve des bombonnes de gaz »

 NOVEMBRE :

 Buzz : Un père tue son enfant de 3 ans dans un lave-linge

http://www.terrafemina.com/…/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un…

28 nov. 2011 – C’est au-delà de tout ce qu’on peut penser dans la haine humaine. Un père vient de tuer son enfant à 10 km de Meaux, en le mettant nu dans le …

http://www.terrafemina.com/societe/buzz/articles/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un-lave-linge.html

2012 :

148 femmes tuées par leur conjoint en 2012 : les auteurs de …

leplus.nouvelobs.com/…/884263-148-femmes-tuees-par-leur-conjoint-en…

11 juin 2013 – LE PLUS. Un total de 174 personnes, dont 148 femmes, sont décédées en 2012, victimes de violences conjugales, a révélé un rapport du …

**

2013

 JANVIER :

une Bordelaise, mère de deux petites filles, est morte sous …

www.sudouest.fr/…/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7

 1 janv. 2013 – … mère de deux petites filles, est morte sous les coups de son conjoint. … Femme mortellement battue en Dordogne : le compagnon finalement …

http://www.sudouest.fr/2013/01/01/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7.php

 Indre-et-Loire : Un père tue ses deux enfants et se suicide

http://www.24matins.fr › Faits Divers › Suicide

6 janv. 2013 – En Indre et Loire, un double infanticide a eu lieu dans la journée de samedi. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père a tué ses deux …

FEVRIER :

Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son …

http://www.lavoixdunord.fr/…/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-do…

20 févr. 2013 – Une femme âgée d’une vingtaine d’années a été retrouvée morte à son … Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son conjoint …

http://www.lavoixdunord.fr/region/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-domicile-son-ia0b0n1045657

 

 

Ezanville : l’hommage à Amina, tuée par son mari

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

 Août :

Albi. Le père de famille incendiaire aurait tenté de tuer ses enfants

Publié le 23/08/2013 à 03:50, Mis à jour le 23/08/2013 à 10:18

Albi (81) – incendie à lapanouse

http://www.ladepeche.fr/article/2013/08/23/1694138-albi-pere-famille-aurait-tente-tuer-enfants.html

 OCTOBRE :

18 oct. 2013 – La jeune femme a été tuée à coups de pied et à coup de poing par son … Le mari a été mis en examen pour meurtre par conjoint et placé en …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/ezanville-l-hommage-a-amina-tuee-par-son-mari-18-10-2013-3238303.php

 NOVEMBRE :

 Domont : La femme battue par son mari est décédée

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

10 nov. 2013 – Isabelle, 45 ans, victime de violences conjugales à Domont le vendredi 1 er novembre, a succombé à ses blessures à l’hôpital Henri-Mondor …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/domont-la-femme-battue-par-son-mari-est-decedee-10-11-2013-3303065.php

 Un père tue ses deux enfants à Livron près de Valence

http://www.ledauphine.com/…/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-v…

16 nov. 2013 – Un homme aurait tué ses deux enfants (3 ans et 18 mois) par pendaison à Livron au sud de Valence. Il aurait ensuite essayé de se donner la …

http://www.ledauphine.com/drome/2013/11/16/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-valence-et-tente-de-se-suicider

 Enfant de 4 ans tué à Toulouse: son père l’a projeté …

http://www.lexpress.fr › Société › Fait Divers

25 nov. 2013 – Des témoins ont vu l’homme d’une quarantaine d’années projeter son fils de quatre ans à plusieurs reprises contre le sol, selon le procureur ..

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html

« Des témoins ont vu cet homme lancer le garçonnet une première fois d’un parking en surplomb attenant à son immeuble de Montaudran, un quartier résidentiel du sud-est de Toulouse. Il a rejoint son enfant en contrebas, s’est emparé du corps qu’il a projeté « à plusieurs reprises contre le sol, puis à plusieurs reprises contre un trottoir », a dit le magistrat lors d’une conférence de presse.

L’enfant serait tombé d’environ quatre mètres de haut sur le macadam donnant accès, en contrebas, à la partie du parking en sous-sol. Son père serait descendu, peut-être par la volée de marches longeant le parking, et aurait à nouveau projeté son fils au sol de sa hauteur.

Plusieurs voisins, alarmés par les cris de l’enfant alors que son père n’était pas encore passé à l’acte, avaient alerté les policiers

 En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html#kVmtsWp55HC5T7Q0. 

Violences conjugales : 121 femmes tuées sous les coups de …

 

http://www.francetvinfo.fr › France

 

7 mai 2014 – Cent vingt et une femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2013, selon une étude parue le 6 mai 2014. Elles étaient 148 en 2012 …

 

2014 :

JANVIER :

 Un père se tue avec son enfant en sautant par la fenêtre …

http://www.francebleu.fr/…/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenet…

4 janv. 2014 – Drame familial dans la Côte d’Or : un jeune père de famille a sauté par la fenêtre avec son fils de trois ans après avoir mis le feu aux vêtements …

http://www.francebleu.fr/faits-divers/incendie/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenetre-avec-son-enfant-1157794

« Ce drame en côte d’Or : un homme est mort après s’être défenestré avec son enfant de trois ans dans les bras, vendredi soir à Chenôve. Un drame de la séparation : le jeune homme âgé de 25 ans a mis le feu aux vêtements de sa compagne, dans son logement situé au 9ème étage d’un immeuble.

Il a ensuite sauté par la fenêtre avec son petit garçon de trois ans dans les bras.  Une chute de 35 mètres de haut. Tous les deux sont morts, le père sur le coup, l’enfant lui a succombé à ses blessures dans la soirée à l’höpital de Dijon. La jeune femme souffre de graves brûlures, elle est hospitalisé à Lyon. »

 FEVRIER :

10 fév: Un père de famille tue sa compagne et son fils, âgé d’une dizaine … dans leur maison de Mercenac, près de Saint-Girons (Ariège).

 14 févr. 2014 – Ce vendredi vers 18h, la gérante d’un bar du 17e arrondissement de Paris a été tuée par son mari. Il est entré armé et a tiré trois fois sur lelle.

http://www.franceinfo.fr/faits-divers/actu/article/paris-un-homme-tue-sa-femme-dans-un-bar-321239

 

Mort de Yanis : le père avoue avoir tué son enfant – Radio …

https://www.radioscoop.com/infos.php?id=88914

20 févr. 2014 – Le père du petit Yanis, 3 ans, a avoué avoir tué son fils dans son pavillon de Longues, sur la commune de Vic-le-Comte.

 MARS :

. Morte d’un coup de couteau à Caen, son conjoint mis en …

http://www.libertebonhomme.fr › Actualité

6 mars 2014 – Une femme de 26 ans est décédée d’un coup de couteau, rue Basse à Caen, lundi. Son conjoint de 33 ans a été mis en examen hier soir et placé en détention .

http://www.libertebonhomme.fr/2014/03/06/morte-dun-coup-de-couteau-a-caen-son-conjoint-mis-en-examen-pour-meurtre/

 Une femme tuée à coups de couteau par son mari qui tente …

http://www.rtl.fr › Actu

17 mars 2014 – Une femme a été tuée par son mari à Bissey-sous-Cruchaud (Saône-et-Loire). Ce dernier aurait ensuite tenté de se suicider. Il est acuellement dans un état …

http://www.rtl.fr/actu/une-femme-tuee-a-coups-de-couteau-par-son-mari-qui-tente-ensuite-de-se-tuer-7770537437

 Publié le Jeudi 27 Mars 2014 à 23h11

Actualité > Faits divers

Drame familial à Nice: un père tue ses deux enfants et tente de se suicider (vidéo)

 Deux enfants de 2 et 5 ans ont été retrouvés morts à leur domicile de Nice, ce jeudi en fin de journée, près de leur père blessé par arme blanche

http://www.sudinfo.be/971632/article/actualite/faits-divers/2014-03-27/drame-familial-a-nice-un-pere-tue-ses-deux-enfants-et-tente-de-se-suicider-vide

 AVRIL :

 Un drame épouvantable s’est produit dans le bungalow d’un camping à Sevrier, sur les bords du lac d’Annecy. Un père y a tué sa fillette de deux ans, par dépit alors qu’il supportait mal la séparation avec son épouse.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 avril ou dans la journée du 17 avril.

http://www.lasavoie.fr/Actualite/Albertville/2014/04/24/article_drame_familial_a_bourg_saint_maurice_un.shtml#.U9LBW_l_sRE

« Après avoir enlevé la vie à sa fillette (des traces de sang ont été retrouvées dans le bungalow, elle aurait été poignardée), il a roulé jusqu’à l’Arbresle, commune à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon, dans le Rhône. Là, il s’est pendu à un arbre à côté de son véhicule.

Le corps de son enfant a été retrouvé à côté de lui, vendredi 18 avril (sa disparition, ainsi que celle de l’enfant, avaient été signalées la veille aux autorités). Le père de famille a également laissé une lettre, dans la voiture, expliquant les raisons de son geste.

Le parquet d’Annecy évoque, par la voix du procureur Eric Maillaud un « drame familial ». La justice attend désormais les résultats de l’autopsie du corps de la fillette. »

MAI :

Pas-de-Calais : un père tue ses enfants et se suicide – 17/05 …

http://www.leparisien.fr › Nord-Pas-de-Calais

17 mai 2014 – Un père et ses deux enfants ont été retrouvés morts samedi dans une maison de Béthune (Pas-de-Calais), dans ce qui semble s’apparenter à …

http://www.leparisien.fr/nord-pas-de-calais/pas-de-calais-un-pere-tue-ses-enfants-et-se-suicide-17-05-2014-3849179.php

JUIN :

Un père aurait tué son enfant avant de s’immoler par le feu …

http://www.europe1.fr › Infos › Faits divers

7 juin 2014 – Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans les Landes.

http://www.europe1.fr/Faits-divers/Un-pere-aurait-tue-son-enfant-avant-de-s-immoler-par-le-feu-2145441/

« Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans un village des Landes.

 Il dit ses « adieux » dans une lettre. C’est la mère, à son retour du travail, qui aurait découvert un mot laissé par le père. Ce dernier disait simplement « Adieu » et indiquait que leur petit garçon était mort à l’étage, a précisé le quotidien Sud Ouest qui a révélé l’information. Selon le parquet, des traces de strangulation ont été relevées sur l’enfant ainsi que des coups de couteau sous formes de « piques ». »

Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse …

http://www.liberation.fr › Société

26 juin 2014 – Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse son fils … Camus, une riveraine rencontrée en compagnie de ses enfants.

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/26/drame-familial-presume-dans-l-eure-trois-morts-deux-blesses-graves_1051142

« Dans la salle à manger, ils découvrent d’abord la mère, âgée de 36 ans, sans profession, tuée par une arme blanche non encore identifiée. Puis, dans la chambre parentale, ils tombent sur le père couché sur deux petites filles, âgées de 5 et 11 ans, également sans vie. Le meurtrier présumé, qui les enserre, est vivant et ne souffre que de blessures ne mettant pas sa vie en danger.

 

Dans la salle de bain, ultime scène d’horreur. Le fils adolescent gît dans son sang, souffrant d’une grave blessure à l’abdomen. »

http://www.leparisien.fr/picardie/aisne-il-tue-sa-femme-a-coups-de-marteau-apres-une-dispute-28-06-2014-3960985.php

 Aisne : il tue sa femme à coups de marteau après une dispute

http://www.leparisien.fr › Picardie

28 juin 2014 – Une femme est morte étranglée et battue à coups de marteau dans la … mais où..? les faits divers où le mari retrouve sa femme et la tue .. on ..

Drame de la séparation à Metz : le mari tue sa femme et se …

http://www.estrepublicain.fr › Actualité › A la Une

29 juin 2014 – Dimanche matin, il a été rendre visite à sa femme, qui était en train de s’installer dans un nouvel appartement avec leurs deux enfants de 12 et .

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/06/29/drame-de-la-separation-a-metz-le-mari-tue-sa-femme-et-se-suicide

 

JUILLET :

 

7 juillet 2014 à 13:24

Drôme: sa femme retrouvée morte dans son lit, le mari déféré au parquet

Une enseignante de 49 ans a été retrouvée morte à la suite de coups samedi matin, à son domicile près de Romans (Drôme), et son mari, placé en garde à vue, devait être déféré lundi au parquet.

http://grenoble.ville.orange.fr/actu/region/drome-sa-femme-retrouvee-morte-dans-son-lit-le-mari-defere-au-parquet-85717.html

 

 info : Val-de-Marne: le mari suspecté d’avoir tué sa femme et …(EGORGÉ…)

rmc.bfmtv.com/…/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfant…

Il y a 4 jours – Le mari de la femme enceinte tuée avec ses deux enfants vendredi soir au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), principal suspect dans cette ..

http://rmc.bfmtv.com/info/634781/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfants-sest-rendu/

 

Le « récap » d’Orange : en oublie beaucoup…

http://actu.orange.fr/une/les-principaux-drames-familiaux-ces-dernieres-annees-afp_CNT0000003b1oH.html

 

Bonjour, êtes-vous Sabine Aussenac ? Je suis Antoinette Fouque.

Bonjour, êtes-vous Sabine Aussenac ? Je suis Antoinette Fouque.

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Le portable avait sonné vers midi, je venais de terminer mon cours et rangeais la salle. Une voix, ferme, inconnue :

–         Bonjour, êtes-vous Sabine Aussenac ? Je suis Antoinette Fouque. C’est bien vous qui avez écrit ce texte sur les grues ?

http://www.madepeche.com/index.php/articledep/articledepview/action/view/frmArticleID/21512/

Antoinette Fouque…J’en ai presque lâché mon cartable…Certes, oui, j’avais écrit un texte sur ces pères qui montent sur les grues pour réclamer leurs droits, quand la plupart d’entre eux n’accomplissent pas leur devoir élémentaire de payer la pension…Et j’avais envoyé ce texte, entre autres, au mail de contact des «Éditions des Femmes »…

Mais jamais je n’aurais imaginé avoir l’honneur de parler à Madame Fouque…

Notre conversation ne dura pas très longtemps, mais elle me dit tout le bien qu’elle pensait de ce petit texte, et surtout sa volonté de rassembler les femmes, les femmes de tout le pays, pour ce fameux « Grenelle des Femmes » dont elle rêvait. Elle me dit sa force, son énergie, sa rage, son admiration aussi pour les nouvelles formes du féminisme, elle me dit qu’il fallait continuer, toujours, et encore…Et puis comme je lui faisais part du pourquoi et du comment, de la genèse de mon écrit, de mes lourds soucis de post divorce, de surendettement, elle proposa soudain de m’aider, de me donner un petit coup de pouce…

Savez-vous ce que je répondis, lorsqu’elle m’assura qu’un petit virement serait bientôt sur mon compte ?

–         Oh, mille mercis, je ne sais pas comment vous remercier, je vais…venir faire le ménage aux Éditions des Femmes !

!!!

Voilà. Plusieurs mois plus tard, j’en suis encore mortifiée.

Voilà la plus grande militante féministe de France qui m’appelle, qui échange avec moi, moi, l’insignifiante petite écrivain du dimanche, nous parlons de choses graves, j’ai l’insigne honneur de parler à celle qui fonda, un beau jour de l’année de Mai, le MLF, et, pour la remercier de son geste, je me propose…de venir faire le ménage chez elle !!!!

On ne peut trouver de plus beau lapsus, de plus belle preuve des difficultés ontologiques  de ce féminisme qui, tout au fond de nous, a tant de mal à contrer les racines de notre condition de FEMMES, si ancrées en nos automatismes, en nos conditionnements…

Au lendemain de la disparition d’Antoinette Fouque, je ne vais pas vous refaire l’Histoire, car les médias ont déjà largement partagé sa bio et ses combats…Pas en première page, hélas, et ce n’est pas simplement la faute aux derniers jours des JO, ni aux morts de la révolution d’Ukraine, ni aux soubresauts de Dieudonné qui hier joua en ma Ville Rose…

http://abonnes.lemonde.fr/disparitions/article/2014/02/21/mort-d-antoinette-fouque-pionniere-du-mouvement-feministe_4371490_3382.html

Non, Antoinette n’a pas fait la Une, car il semblerait que même la disparition d’une aussi grande dame n’éclipse pas l’actualité des Hommes, ni les automatismes des médias, au lendemain d’ailleurs d’une grande déception pour les féministes françaises qui ont vu entrer, certes, deux grandes figures de femmes au Panthéon, mais qui espéraient, en cette année 2014, que le Président ferait entrer davantage de femmes en ce lieu, symboliquement…

Je voudrais simplement lui rendre hommage, vous dire cette voix qui m’a portée au fil des derniers mois, vous dire les quelques échanges que nous avons eus, comme un petit fil rouge qui me guidait, à la lisière d’une vie difficile. Son dernier appel, je l’ai reçu alors que j’étais à la FNAC, quelques semaines après un grave accident qui m’avait pas mal amochée. Sa voix grave a résonné entre les rayons où je promenais mon nez doublement cassé et mes lunettes tordues :

–         Mais arrêtez donc de vous plaindre !

m’incendia-t-elle en me rappelant qu’elle, malgré de lourds soucis de santé, et une vie compliquée aussi, ne se plaignait pas…Elle me dit qu’il ne fallait pas renoncer, et puis passer l’agrégation, et puis travailler l’écriture…

Chaque contact avec Madame Fouque, chaque appel, mais aussi chaque échange de mails, me rappelaient mes premières lectures d’ouvrages des Éditions des Femmes…J’avais dans les vingt ans et ne regrettais qu’une chose, c’est d’avoir été trop jeune en 68 ! La jeune femme que j’étais reniait en bloc sa féminité, refusait par exemple de se débarrasser de ses poils, prenant exemple sur les féministes allemandes-les chanceuses, blondes, contrairement à moi, plus proche des pilosités portugaises que de l’héritage génétique teuton, malgré mes origines allemandes…J’étais aussi capable de laisser la vaisselle dans l’évier toute une semaine, par révolte, attendant de mon compagnon un partage total des tâches, même si lui maintenait que ma condition d’étudiante était moins lourde que ses « trois huit » en tant que cheminot…

Je me souvenais aussi de toutes les phrases de mon entourage…Ma grand-mère française vantant les mérites de telle cousine, « toujours un ouvrage à la main »…Et puis ma grand-mère allemande, qui m’incendiait car je n’aidais pas assez ma mère dans les tâches ménagères…Ma rébellion avait été toute littéraire : me plonger dans la lecture, dans les études, avait été la voie royale pour éviter, un jour, de ressembler à ma mère que j’adorais ; hors de question pour moi d’apprendre à coudre et/ou à cuisiner, car je voulais surtout pas ressembler à cette maman dont l’univers tout entier était exclusivement centré sur le ménage et sur nous, ses enfants…

Je devinais depuis longtemps que d’autres schémas étaient possibles…J’avais eu l’exemple du couple de ma marraine, une artiste allemande qui, elle, avait épousé un néerlandais…Lorsqu’ils descendaient de leurs ors flamands vers nos torpeurs méridionales, pour passer quelques semaines emplies de cigales et de thym dans notre maison de campagne, le mari, Camillo, construisait certes des petits moulins sur le ruisseau, mais, surtout, faisait la vaisselle, la cuisine, bref, prenait sa part des tâches du foyer, alors que la devise de mon père, qu’il martelait à mes frères,  était qu’ « Aussenac ne faisait jamais la vaisselle » ! Quant à Ludvine, ma marraine, elle avait certes deux enfants, mais elle sculptait, aussi, exposait, créait, donc vivait aussi à l’extérieur de ce foyer, osant affronter le monde que ma mère semblait presque redouter…

http://www.ludvanvorstenbosch.nl/ebr-01.html

C’est d’ailleurs elle qui, la première, m’avait parlé des « Dolle Minas », ces féministes hollandaises, avant que je ne découvre, jeune étudiante en germanistique, le journal « Emma », premier magazine féministe allemand, et les premiers cafés de femmes qui, dans notre Ville Rose, fleurissaient en ces années 80 perdues entre un Larzac oublié et cette fin de siècle où tout s’accélérait…

http://fcomme.blogspot.fr/2010/12/les-dolle-mina.html

On aurait pu croire que je la gagnerais, mon indépendance, oui, les prémices de ma vie de femme semblaient prometteuses, mais je finis par me marier à vingt ans, par renoncer à tous mes rêves de journalisme et d’écriture, par m’aligner sur le mode de vie et de pensée de mon premier époux, passant du joug d’un père assez tyrannique à celui d’un cégétiste extrémiste qui me fit renier, en vrac, la poésie, la foi, les idéaux communautaires, l’écologie…

Oui, voilà ce à quoi j’ai repensé, en apprenant le départ d’Antoinette Fouque : à nos vies de femmes modernes, à nos chemins de lutte, de libérations, de lucidité ; à nos désirs, à nos combats, à nos erreurs, à nos errances, à nos espérances.

Il y a quelques mois, j’ai fait paraître un petit roman, une fable sur monde totalement inversé, un monde dans lequel les femmes, depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, auraient eu le pouvoir, alors que les hommes seraient le deuxième sexe, mais une fable basée sur « notre » réalité, qui parle aussi du Printemps Arabe, du tsunami au Japon, de DSK…

Voilà « mon » féminisme : celui des mots, celui qui invente et mélange, dénonce et caricature, exprime et espère, dessinant un monde différent, dans lequel les hommes respecteraient les femmes, évitant de les assassiner tous les trois jours, de les battre, de les violer, de les humilier, ici ou dans d’autres pays…Un monde dans lequel, comme Antoinette l’a si bien démontré par son fabuleux Dictionnaire Universel des Créatrices, les femmes auraient toute leur place dans le monde des arts, de la recherche…et de la politique.

http://www.lavie.fr/culture/livres/lancement-du-dictionnaire-universel-des-creatrices-25-11-2013-46896_30.php

Merci à elle. Qui a fait de nous ce que nous sommes. Vous allez nous manquer, Madame Fouque…

Sabine Aussenac.

http://www.thebookedition.com/free-d-hommes-sabine-aussenac-p-104799.html

Lorsque l’enfant paraît…

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Lorsque l’enfant paraît

Il fait si froid. La jeune femme se blottit contre la botte de paille en grelottant. Soudain, un souffle chaud semble apaiser la morsure de cette nuit glaciale. L’âne et le bœuf, jusqu’à présent immobiles au coin de leurs mangeoires vides, se sont rapprochés, et respirent lourdement au-dessus du flanc bombé de la femme en gésine. Elle ne crie pas, les yeux rivés vers cette étoile si brillante, qui transperce de son éclat les poutres fragiles de l’étable. Lorsque l’enfant paraît, trois hommes imposants et majestueux se penchent par-dessus l’épaule du charpentier ému. Bethléem, soudain, défie le monde, l’univers, l’éternité.

Ils sont une dizaine, recroquevillés autour de la bougie vacillante. La soldatesque romaine les poursuit depuis des mois, mais l’apôtre a demandé de n’en avoir cure cette nuit-là. Il faut se souvenir, a-t-il dit. Il faudra toujours de souvenir, mille ans, deux mille ans durant, de l’étoile du Berger, de la Crèche et de la Vierge à l’Enfant. Quand les glaives s’abattent sur la petite assemblée en prières, un chant s’élève, et les martyrs meurent en allégresse.

La petite église romane frissonne, mais elle embaume, aussi. La Vierge Noire a été vêtue de ses mousselines d’azur, elle n’en est que plus belle, entourée des cierges et des branchages. Un à un, les paroissiens pénètrent dans la nef glaciale, accueillis par le sourire de leur curé. On entend les pas des villageois crisser dans la neige des Monts d’Auvergne, et les joues rosies des enfants ressemblent à des pommes d’api. La messe de minuit sera, comme toujours, en latin, et devant l’âtre rougeoyant, on se pressera autour des braises avant d’avaler un maigre souper de châtaignes. Mais les cœurs emplis de joie seront bénis par la Naissance.

Ils sont peu nombreux dans la chapelle de bois, mais les femmes ont tendu les murs de leurs patchworks multicolores, et les tartes aux pommes parfument déjà la pièce communautaire où s’ébattent les enfants. Trois familles sont mortes le mois précédant cette nuit spéciale, emportées par les fièvres et par les tomahawks de la tribu indienne des plaines voisines. Ils ont enterré les corps du bébé scalpé, de la mère épuisée, et de ce jeune couple qui arrivait tout juste des Pays Bas. Le pasteur monte en chaire, il va dire l’histoire de la Nativité, mais auparavant des chants s’élèveront dans la nuit claire du Wyoming, comme pour défier l’hostilité du Nouveau Monde.

On chante aussi dans ce baraquement pouilleux. Ou plutôt on murmure, mais ensemble. Une prisonnière a déroulé le petit papier sur lequel, en lettres plus que minuscules, est recopié le psaume  de Noël. Une autre a gardé depuis des semaines des morceaux de pain, qu’elle distribue de sa main décharnée, tandis que la seule fillette présente a reçu une poupée de morceaux de bois, habillée de bouts de tissus trouvés dans les bois de hêtres…Les femmes toussent, titubent, mais les yeux brillent, malgré les aboiements qui déchirent le camp, malgré la certitude de la mort qui glace les espérances. Les étoiles du ciel ne disparaîtront pas, non, et les chants murmurés éclatent comme autant de fragments de mémoires.

Les boubous multicolores ont envahi la nuit. Fièrement, les femmes ont décoré la petite chapelle de brousse, tandis que les hommes tentaient de garder l’entrée de leurs armes dérisoires. Les enfants chantent et jouent comme tous les enfants du monde, c’est Noël, après tout, même si les morts se comptent par centaines au sein des communautés chrétiennes du monde en cette nuit de décembre de l’an de grâce 2013. Tant d’églises brûlées, tant de prêtres et de religieuses assassinés et enlevés, tant de fidèles persécutés, oui, car les chiffres ne mentent pas, c’est bien la communauté chrétienne qui, au sein des religions mondiales, est la plus persécutée, la plus décimée.

On parle beaucoup de l’islamophobie, mais les Chrétiens sont bien, de par le monde, de l’Afrique à l’Asie, en passant par tous les autres continents, les nouvelles victimes des exactions religieuses.

Les Chrétiens sont les nouveaux juifs.

On les chasse, les torture, les enlève, les viole, les brûle.

Mais en cette nuit de Noël, pourtant, dans le monde entier, ils se réuniront, le cœur limpide, l’âme apaisée, la mémoire glorieuse, certains de commémorer un moment unique dans l’histoire de l’humanité.

Je voulais leur rendre hommage.

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, de toutes les confessions, de toutes les terres.

 

Sabine Aussenac.