Journée des #autrices d’#Occitanie à #Toulouse, deuxième édition! #8mars #femmes #féminisme 2026

Le 28 mars denier, nous avons eu la joie de nous rassembler entre autrices et créatrices d’#Occitanie dans le magnifique cadre de l’Ostal d’Occiania afin de métisser nos créations.

Du mitan de cette belle journée festive à la nuit se sont succédés hommages, conférences, lectures, chants, danses, sans oublier les régalades concoctées par Nadira et l’association Amazul: car tout comme l’an passé nous avions convié des sœurs kurdes et ukraininennes, cette année ce sont les femmes berbères qui étaient à l’honneur -et aussi « mes » créatrices allemandes de Worpswede, puisque j’ai, après avoir lu des poèmes et proses dédié.es à des Tarnaises célèbres, projeté la vidéo de l’extrait de ma pièce « Becoming Paula », toujours dans cette perspective des passerelles et des métissages entre les racines qui me sont chères…

« Les anciens parlaient peu, mais chaque mot portait loin. »

Marcelle Delpastre

Voici quelques photos et liens pour retrouver la sororité joyeuse de cette journée!

Et si vous ne les connaissez pas, je vous invite à découvrir les plumes de Marcelle Delpastre et Marie Rouanet, auxquelles nous avons rendu hommage; de la grande ethno historienne Isaure Gratacos, qui nous a parlé de l’extraordinaire statut des femmes des Pyrénées; de la dynamique Maud Séguier, autrice du premier livre en occitan sur le de la douce et talentueuse poétesse Tresià Pambrun; de la formidable Martine Boudet, co organisatrice de la rencontre et autrice de nombreux ouvrages sur notre terroir et sur les femmes. Mais aussi les performances dansées de la merveilleuse Juliana Marin et les chants de notre troubaïritz Estella Du Val

Un tout grand merci à Florence Ginisty d’avoir porté ce projet à bout de bras, à La Tuta d’Oc pour sa présence précieuse, et à ma chère éditrice (bientôt…) des éditions Reclams pour avoir elle aussi chapeauté notre événement et pour avoir présenté la vidéo d’annonce en avant-première de la formidable anthologie féminine occitane « Ten-te fièra! Sois fière! » qui sortira sous peu et qui étrenne les talents féminins de notre belle Occitanie, de la poésie à la photographie en passant par la peinture, la sculpture…

Merci aussi aux techniciens qui étaient présents et qui ont assuré les captations et diffusions! En particulier à Manu de radio Ter et à Guilhem!

Et voilà justement quelques podcast!

Playlist de Radio Ter: quatre podcasts réalisés à partir des enregistrements de l’après midi

Rencontres à l’Ostal d’Occitània by RADIO TER | Mixcloud

Ma petite voix rhénano tarnaise est à retrouver dans le dernier, vers la minute 17.

Mais il faut tout écouter!

Extraits de mes lectures:

« Passerelles entre le Tarn, l’Occitanie et l’Allemagne autour des femmes invisibilisées »

L’Occitanienne

Tes mémoires, Léontine,

chantent murmure du

Thoré et pierres des châteaux :

Hauterive, Aguts, Gaïx, places-fortes

de tes rêveries.

François-René te respecta

en votre rencontre à Cauterets, mais

romantisa votre histoire

en acmé de mystère…

Ton dernier soupir sur marronniers

du Jardin Royal à Toulouse et

cet aveu : l’imagination

plus forte que le cœur…

Ta petite-filhotte te rendit

grandeur et honora ton nom :

l’Occitanienne.

Près de Castres, sur les rives du Thoré, se dresse depuis le 13e siècle le château d’Hauterive, qui hébergea les famille de Montfort et d’Hautpoul. Léontine de Villeneuve y a vécu une jeunesse heureuse en compagnie de sa sœur Émilie, évoquée plus haut… Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand évoque brièvement sa relation avec une jeune aristocrate toulousaine qu’il nomme l’Occitanienne. La jeune fille, qui vouait une admiration littéraire exaltée à l’écrivain, avait entretenu une longue correspondance avec lui. Dans ses propres Mémoires, Léontine, devenue Comtesse de Castelbajac, évoquera avec brio histoire et paysages du Tarn… Sa petite-fille publiera le récit de son échange épistolaire avec Chateaubriand et rétablira des vérités.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Occitanienne_ou_le_Dernier_Amour_de_Chateaubriand

*

La comtesse et la muse

Source: Gallica

D’une fuite princière à travers

l’Europe tu écrivis

un roman à succès,

toi, la Précieuse dite « petite muse d’Albi » …

Enfant, je marchais, ignorante,

dans la rue qui ne portait que

ton nom. Fièrement, ton prénom,

Antoinette, caracole à présent

en dignité retrouvée.

L’Orangerie rêveuse de ton

château abrite les flonflons des mariages.

Au XVIIe siècle, le beau château de Saliès tient salon sur les arts, la science ou la littérature autour de sa châtelaine, Antoinette de Salvan de Saliès (une rue et une école d’Albi portent son nom). Cette avant-gardiste « féministe » prônait l’égalité des sexes et reste connue sous le nom de « La Viguière d’Alby » grâce à son roman à succès La Comtesse d’Isembourg (1678). Traduit et diffusé jusqu’à Paris, il relatait le chagrin amoureux d’une comtesse allemande en retraite dans un couvent albigeois. Mais le château, dans la famille d’Aragon depuis plus de quatre siècles, a également vu grandir l’un des plus célèbres Résistants tarnais, Charles d’Aragon (1911-1986), qui en avait fait son fief. Aujourd’hui, le domaine abrite toujours une somptueuse orangerie réaménagée en salle de réception pour événements. https://www.grand-albigeois.fr/…/quand-notre…/

L’enthousiasme de Maud Seguier, et mes cheveux multicolores au premier plan

Tes callas m’ont adoubée citoyenne

Ma mamie Marie-Louise avec sa première arrière-petite-fille…

Ta tresse en couronne, ton eau de Cologne à la lavande, ta pommade rosa. Ta poupée, seule rescapée de la grande inondation de 1930. Germaine, Marie-Louise et Mado, trois sœurs au cœur de Castres, quand le siècle était beau : robes longues et dentelles, organdi et chapeaux illuminent vos photos sépia. Tu étais la cadette, et la plus volontaire, je crois.

Tu m’as appris mes prières et la bonté. Tu avais fait consacrer ma médaille de baptême à l’Immaculée Conception de Blois et c’est à toi que je dois ma foi de charbonnière. Luis Mariano, ton idole, nos chasses aux escargots, tous les Alice et les Comtesse de Ségur que tu m’offrais, et un jour, les rires de tes amies dans le bus vers Lourdes. À la mort d’Albert tu as coupé ta tresse et commencé à faire des pèlerinages. Tes cartes postales, emplies de fautes et de tendresse, messagères de ta vie simple et droite.

Je garde au cœur la saveur caramélisée de tes tartes aux pommes et tes immenses paniers d’osier emplis d’Oreillettes et parfois d’un gâteau de ménage débordant de fruits confits.

Marie-Louise, tes callas m’ont adoubée citoyenne. Chaque soir je m’endors lovée sous ton couvre-lit au crochet, ton missel repose dans ma table de nuit.

Marie-Louise NAVAR, sans profession.

Elle est née le 14 juin 1908 à Castres, chemin de Bisséous (rue Saint Louis), est décédée le 22 décembre 1987 dans la même localité, à l’âge de 79 ans. Elle est la fille légitime de Marius Baptiste NAVAR (1871 1926), âgé de 36 ans, et de Mélanie LANDES (~ 1876 > 1931), âgée de 32 ans environ.

Albert Pierre Louis et Marie-Louise se sont mariés le 10 février 1931 à Castres. Ils ont tous deux 22 ans. Leur union a duré 40 ans et 11 mois.

Tas callas m’an adobada ciutadana

Mes grands-parents Albert et Marie-Louise vendant leur miel au marché de #Castres, avec Sabinette!

Ta trena en corona, ton aiga de Colònia a la lavanda, ta pomada rosa. Ta monaca, sola salvada de l’aigat grand de 1930. Germaine, Maria-Luïsa e Mado, tres sòrres al còr de Castras, quand lo sègle èra polit : raubas longas e dentèlas, organdí e capèls illuminan vòstras fòtos sèpia. Èras la cabdèta, e la mai volontària, cresi.

M’as ensenhat mas pregàrias e la bontat. Aviás fach consacrar ma medalha de baptisme a l’Immaculada Concepcion de Bles e es tieu que devi ma fe de carbonièra. Luis Mariano, ton idòla, nòstras caças dels cagaròls, totes los Alice e las Comtessa de Segur que m’ofrissiás, e un jorn, los rires de tas amigas dins lo bus cap a Lorda.

A la mòrt d’Albert as copada ta trena e as començat a far de pelegrinatges. Tas cartas postalas, emplenadas de fautas e de tendresa, messatgièras de ta vida simpla e dreita.

Gardi al còr la sabor caramelizada de tas tartas als pomas e tos immenses panièrs de vim emplenats d’Aurelhetas e de còps d’una còca de mainatge vessant de fruches confits.

Maria-Luïsa, tas callas m’an adobada ciutadana. Cada ser m’endormissi acoconada jos ton cobrilèit crochetat.

Lien vers l’extrait de ma pièce Becoming Paula:

https://theses.fr/s412963

Les biographies des intervenantes:

La soirée endiablée et les danses et chants, quand virevolte Nadira…

Pour écouter encore Isaure Gratacos, à l’occasion d’une autre conférence:

https://podcast.ausha.co/…/10-isaure-gratacos-le-statut…

La très dynamique Isaure Gratacos et ses lunettes rouges, avec Juliana Marin au premier plan

Lien vers les travaux de Martine Boudet:

https://www.occitanielivre.fr/annuaire/boudet-martine

Mon texte autour de Marcelle Delpastre -à retrouver dans la seconde émission de radio Radio Occitania:

https://lespoetes.site/emmission/emission2026.html (Cliquer sur le haut parleur au-dessus de la photo où je suis avec le poète et animateur de l’émission Christian Saint-Paul pour écouter)

Photo créditée sur le blog d’Avenir Occitanisme

La terre ne ment pas. Elle garde tout. Elle sait ce que nous oublions.

Au travers de cette phrase nous entendons l’idée fondamentale de Marcelle DELPASTRE : la terre comme mémoire vivante. Cette tette qui n’est pas seulement un sol, mais une archive sensible, presque une conscience. L’humain passe, la terre demeure — et se souvient.

Marcela DELPASTRE (1925–1998) demeure une figure majeure de la littérature occitane contemporaine, profondément enracinée dans la terre limousine où elle a passé l’essentiel de sa vie. Elle était née en Corrèze, à Germont, petit hameau de la commune de Chamberet, et a grandi dans un univers rural qui marquera définitivement son œuvre et sa sensibilité. Après des études à Brive-la-Gaillarde puis à Limoges, où elle travaillera sur l’esthétique durant son passage à l’école des Beaux-Arts, elle choisit pourtant de revenir vivre à la ferme familiale en 1945, assumant pleinement une vie paysanne.

Marcelle avait été élevée dans deux langues, parlant occitan avec sa mère et français avec son père, et elle a aussi écrit dans ces deux idiomes. Alors qu’elle menait cette vie de labeurs qu’est le quotidien paysan, elle promenait toujours avec elle des carnets où elle notait de la poésie. Peu à peu, elle a commencé à publier dans des revues, à se faire connaître dans le milieu littéraire limousin, avant de se rendre compte de la disparition progressive des traditions séculaires…et du parler local.

J’écris comme on travaille la terre : lentement, avec ce qu’on a.

Dans cette magnifique mise en abyme on découvre l’écriture comme geste paysan, avec cette idée d’une création humble, patiente, incarnée, loin de toute posture intellectuelle abstraite. Son rapport à la terre, absolument central, montre que cette terre n’est pas un simple décor : elle est vivante, presque pensante. Les cycles agricoles deviennent une manière de penser le temps et l’existence. Le travail paysan est décrit avec précision, mais aussi avec une forme de gravité presque sacrée. Je pense souvent aux tableaux de Millet en lisant les textes de Marcelle, qui elle aussi, comme Francis Jammes, raconte les jours simples « de l’angelus de l’aube à l’angelus du soir ».

Marcelle a donc commencé à collecter des contes et des proverbes tout en commençant à écrire dans cet occitan limousin, en particulier, à partir de 1963, pour la revue Lemouzy, s’attachant à préserver et transmettre une culture en voie de disparition. Son œuvre mêle ainsi poésie, prose, ethnographie et réflexion philosophique. Elle recueille avec soin les récits, croyances et traditions populaires de sa région, qu’elle restitue dans une langue à la fois simple et profondément poétique, tout en développant sa propre cosmologie littéraire.

Nous sommes faits de la même nuit que les bêtes et les étoiles.

Parmi ses livres les plus connus figure Los Saumes pagans, recueil inspiré par les cycles de la nature et les rites anciens, ainsi que ses chroniques paysannes où elle décrit avec précision le quotidien rural. Son écriture, traversée par une spiritualité singulière, interroge le lien entre l’humain, la terre et le sacré. Elle réinvente une sorte de liturgie enracinée dans la nature.

Longtemps restée discrète et éloignée des milieux littéraires parisiens, elle a été redécouverte et reconnue tardivement, notamment grâce à l’intérêt croissant pour les langues régionales, jusqu’à être invitée par Bernard Pivot pour Bouillon de culture ; c’est à cette occasion qu’elle découvrira, bien tardivement, Paris.

Aujourd’hui, Marcelle DELPASTRE est considérée comme une voix essentielle de la mémoire occitane. Son l’œuvre contribue à faire entendre la richesse et la profondeur d’un monde rural en transformation.

Les anciens parlaient peu, mais chaque mot portait loin.

La voix de Marcelle porte haut et loin les beautés de notre Occitanie et de nos racines paysannes.

Lien vers les travaux de la fabuleuse danseuse, doctorante, créatrice Juliana Marin:

https://cv.hal.science/marin-taborda-juliana

https://crisol.parisnanterre.fr/index.php/crisol/fr/article/view/814

https://www.instagram.com/julianamarinartist/

Lien vers les merveilleuses éditions Reclams, avec l’annonce de la grandiose anthologie d’autrices occitanes qui sera bientôt à retrouver! – voir plus bas

https://reclams.org/fr/

Anne-Pierre Darrées, présidente de l’Escòla Gaston Febus et responsable des éditions Reclams.

Lien vers le livre de Maud Seguier:

Lien vers la poésie de Tresià Pambrun:

Lien vers l’anthologie Ten-te fièra! Sois fière!, dont nous avons pu voir la très belle bande-annonce….

Pour entendre Estella Du Val chanter son hymne « Chocolatine »:

https://www.instagram.com/estella_du_val_diodoryza/

Une rencontre entre autrices d’#Occitanie #8mars #Toulouse: récit et bilan!

(Photo extraite de la lettre de Convergencia Occitana)

Ce fut beau, sororal, puissant, engagé, lumineux, profond, vibrant, intime, international, et c’était à l’image de notre ville rose! Nichées dans l’antre chaleureux et chargé d’histoire de l’Ostal, les personnalités des unes et des autres ont pu à la fois démonter leur ancrage dans ce terroir occitan si fécond et leurs envols respectifs vers l’Universel, puisque la magie de ce moment de partage s’est aussi exprimée dans les multiples passerelles entre les mondes: nous avons pu croiser littératures et Histoire, géographies et langages, sororités et fraternités, arts et Nature, et nous n’étions pas, loin s’en faut, dans un simple entre-soi toulousain ou occitan.

Car la beauté des régionalismes réside aussi dans les ouvertures qu’ils procurent, comme autant de méridiens et de passages: c’est ainsi que chaque intervention en a appelé une autre, en un ballet des passages de relais, entre un « private joke » au sujet de nos attaches respectives autour du Gers ou de la ville de L’Union et de multiples chiasmes entre les parcours, les engagements et les objectifs.

Les autrices, un peu floues mais bien présentes! Crédit Convergencia Occitana.

C’est l’essayiste Chantal Armagnac qui a ouvert le bal après la riche présentation de la rencontre par la très dynamique Florence Ginisty, avocate au barreau de Toulouse et très engagée dans le monde associatif. Chantal Armagnac a régalé le public, au demeurant formidablement constitué non pas seulement de femmes et/ou de féministes, mais d’un beau panel de parité, car les messieurs étaient eux aussi présents en nombre, d’extraits de son ouvrage sur le pastel, mettant en lumière le parcours de la Belle Paule et son destin d’égérie de la beauté condamnée à un rôle représentatif, un peu comme le sont certaines stars actuelles, puisque cette idée que beauté et intelligence n’iraient pas de pair a encore la vie dure… Si les lectrices et lecteurs ne connaissent pas le pastel, cette étrange plante à la floraison jaune qui offre de si extraordinaires nuances de … bleu, je les invite à en savoir plus!

Liens vers les ouvrages de cette autrice:

  • Les Couleurs de ma Gascogne, Éditions Grand Sud Albi Rouge, 2011, Jaune 2012, Bleu 2015
  • Le Pastel en Pays de cocagneÉditions Bleu Pastel Albi, 2016, réédité et actualisé en 2022
  • L’Oeuvre au BleuÉditions Un Autre Reg’Art, Albi, 2023

https://www.ladepeche.fr/article/2016/11/16/2459244-decouvrir-le-pastel-avec-chantal-armagnac.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Belle_Paule

http://www.lauragais-patrimoine.fr/PATRIMOINE/PASTEL/PASTEL01.htm

Instagram de Florence Ginisty:

https://www.instagram.com/florenceginisty/

Anne-Pierre Darrées nous a ensuite exposé son passionant parcours d’éditrice, insistant sur les lacunes culturelles qui l’ont conduite à promouvoir les présences et plumes féminines et à permettre de multiples publications aussi passionnantes les unes que les autres. Poésie, récits, essais, les paroles de femmes se libèrent grâce aux éditions Reclams! Anne-Pierre insistera sur le fait qu’encore aujourd’hui, les femmes parfois manquent de confiance en elles, écrasées par les millénaires de patriarcat, et son parcours international lui confère, c’est certain, une belle légitimité, puisqu’elle a été représentante de femmes à Bruxelles et engagée dans le groupement WIN. Elle aussi fédère, rassemble, organise des rencontres: à plusieurs, on est plus fort.es!!! Pour en savoir plus, le lien vers le podcast se trouve plus bas!

  • Edicions Reclams, 31800 Landorthe
  • Productions d’autrices :
    • Les anthologies :
      • Paraulas de Hemnas, 35 poetessas occitanas (épuisé), 2020
      • Tien-te fièra, creatoras occitanas (sortie fin 2025)
    • Les livres pour adultes
      • Fabienne Vayrette-Péchali, E víver,  2024
      • Adeline Yzac, Quò’s pas per res,  2022
      • Danièle Estèbe-Hoursiangou, La murèna atendrà,  2022
      • Maëlle Dupon, Vènus a l’escorpion,  2022
      • Cerc literari La Musnegra (5 autoras, 4 autors), Tempèsta d’enlà, 2025
      • Anne-Pierre Darrées, L’Astarac, l’âme paysanne (introduction à la culture astaracaise), 2025
    • Jeunesse
        • Anne-Pierre Darrées, Ercules l’iniciat, 2021 et 2024
        • Aure Séguier, Rodeo preïstoric,  2023
        • Aure Séguier, La fugida de la guerrièra, 2025
    • Enfants
      • Eva Cassagnet, Paraulinas,  2023
      • Eva Cassagnet, L’ors e las sasons,  2024
      • Eva Cassagnet, Lo camparòu, 2025

https://www.wincommunity.org/

La voix douce et forte de Fabienne Vayrette a tout naturellement pris le relai, puisque cette autrice de fictions, de contes et de nouvelles est justement éditée par Reclams… Quelle sarabande métissée que ce récit qui, en occitan, nous emporte à Moscou, dépeignant le combat d’une certaine Anna contre la guerre… Comme il est étrange pour le cerveau de faire le lien entre notre langue d’Oc, si ancrée dans son territoire ancestral, et le monde lointain, aux confins de l’Oural, et comme il est puissant, ce sentiment de sororité entre les femmes de tous les pays… J’ai pour ma part, en écoutant le récit d’Anna la Moscovite et de sa pancarte contre la guerre, pensé à Anna Politovskaïa, la journaliste assassinée, à Anna Akhmatova, la poétesse russe si libre, et à Marina Ovsiannikova, cette journaliste qui a brandi la pancarte « No war », défiant le régime…

https://www.reclams.org/fr/catalogue/produit/192-e-viver

https://www.lisez.com/livres/no-war-lincroyable-histoire-de-la-femme-qui-ose-sopposer-poutine/9782809847789

La périgourdine Cecila Chapduelh, artiste polylatentueuse puisqu’à la fois poétesse et chanteuse, chroniqueuse et doubleuse de films, mais aussi artiste plasticienne car intégrant la dentelle et le tissu à des livres d’artistes, nous lira ensuite de la poésie, enchantant l’auditoire par sa passion de la culture occitane. Inspirée par le poète provençal Max-Philippe Delavouët et ayant baigné dès l’enfance dans cette langue qu’elle manie avec brio, elle va nous ravir en listant des répliques entre homme et femme issues de la littérature orale et poétisées. Cecila, couseuse de mots, dentellière féministe, manie la langue occitane avec humour et brio!

  • Mina de plomb, mina de ren/ Mine de plomb, mine de rien (Montpeiros, Éditions Jorn, 2023) 
  • Volutas (2020)
  • Contribution aux anthologies
    • Paraulas de hemnas (coordination de Paulina Kamakine, éditions Reclams, 2020)
    • Par tous les chemins, florilège des poésies en langue de France (coordination de Marie-Jeanne Verny et Norbert Paganelli, éditions Au bord de l’eau, 2019) 
  • Alimentation de la rubrique « Per la veirina entreduberta » de la revue Lo Diari 
  • A chara o crotz/À pile ou face (Éditions Lo Chamin de Sent Jaume, 2015)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Max-Philippe_Delavou%C3%ABt#:~:text=Max%2DPhilippe%20Delavou%C3%ABt%2C%20ou%20Mas,d’expression%20proven%C3%A7ale%20et%20fran%C3%A7aise.

Ce sera ensuite au tour de la chercheure Martine Boudet, coorganisatrice de la rencontre, essayiste autonomiste, altermondialiste spécialiste d’éducation inclusive et du patrimoine occitan, animatrice d’un blog, se situant au carrefour de « la France » et de l’Occitanie puisqu’originaire de Limoges, au nord de notre région, et aussi professeure de Lettres Modernes, de passionner l’auditoire: elle insiste sur cette bi culturalité et va nous lire un extrait de sa dernière publication, « L’emblématique des régions de France », un ouvrage qui va analyser différents symboles autour de cette idée de nation tout en décryptant les différences coercitions liées au pouvoir, toujours dans la perspective d’une lutte contre l’hégémonie culturelle.

  • L’emblématique des régions de France (Paris, Panthéon, 2023) –Avec le soutien de l’université Paris-Cité
  • Les langues-cultures moteurs de démocratie et de développement (direction, Le Croquant, 2019). Participation de la DGLFLF/ Direction de la langue française et des langues de France
  • Les hymnes et chants identitaires du grand sud (Toulouse, IDECO, 2009) – Primé aux jeux floraux de 2010
  • Les femmes et le féminin en terre d’Oc et au Félibrige (co-direction, Éditions du Félibrige, Aix-en-Provence, 2023)
  • Blog « Parité occitane »

Voilà donc le podcast de ce début de rencontre, grâce au remarquable travail de radio Ter et au travail du magicien des sons, Manu!

La deuxième partie de la rencontre sera consacrée aux solidarités, en intégrant les interventions de femmes ukrainiennes et kurdes. Florence Ginisty passe donc tout d’abord le micro à Oxana Conor, présidente de l’association Ucraïna en Occitània, une organisation qui travaille en lien étroit avec la Maison de l’Occitanie. Il reste environ 400 réfugiés ukrainiens en ville rose sur les quelques 2400 personnes ayant fui les combats, et des liens se sont tissés entre les deux cultures: Oxana pratique par exemple la danse occitane, qui lui rappelle les danses traditionnelles. Elle va nous interpréter un chant du XVe siècle dans sa langue et proposer à la vente de superbes foulards portés par les femmes de son pays, que l’association ramène lorsqu’elle rentre de ses missions humanitaires.

https://www.facebook.com/sabine.aussenac/videos/1867195190774045

https://www.ladepeche.fr/2023/08/05/a-la-rencontre-de-lukraine-en-musique-sur-le-marche-11379925.php

https://www.ladepeche.fr/2025/02/23/les-dons-ont-cesse-les-esprits-se-sont-eloignes-a-toulouse-lassociation-ucraina-lutte-pour-la-memoire-avec-les-foulards-des-grands-meres-12515212.php

Florence va ensuite présenter l’association des femmes kurdes, située à l’Union, et l’une des représentantes, vêtue avec une autre jeune femme d’une superbe tenue traditionnelle, va faire un magnifique récit au sujet des luttes des femmes kurdes, souvent exilées. Elle nous parlera des combats du Rojava et de tous les bouleversements qui se succèdent depuis des décennies dans cette région. Le rôle des femmes est d’autant plus essentiel que certains villages sont portés à bout de bras par des communautés féminines. Elle nous dira aussi son inquiétude vis à vis du nouveau régime syrien, et citera bien sûr « Femmes, vie, liberté, car tous les combats se rejoignent en ce sens!

TOULOUSE. rencontre avec Somayeh Rostampour autour de son livre "Femmes en armes, savoir en révolte : du militantisme kurde à la Jineolojî", paru aux éditions AgoneRDV le 20 juin 2025 à 19hTerra Nova18 rue Gambetta31000 TOULOUSE

Kurdistan au féminin (@femmeskurdes.bsky.social) 2025-03-23T09:43:39.024Z

Béatrice Dillies, grand reporter à la Dépêche, prendra ensuite tout naturellement la parole au sujet de son livre autour du Kurdistan. Elle fera donc le lien avec les récits des femmes kurdes en parlant de la voix brisée du peuple kurde, le plus grand peuple du monde sans état, en évoquant entre autres la langue « empêchée », ce qui nous rappelle l’occitan que l’on a aussi interdit de parler à nos grands-parents lorsqu’ils étaient à l’école… Elle nous raconte ce peuple, à la culture musicale et poétique si riches, ses combats contre les dictatures, et cette voix que l’on a tentée d’effacer par de multiples génocides, par des viols comme arme de guerre, et nous lira un extrait puissant de son ouvrage au sujet des mères dénommées les « mères lionnes » et du massacre des « 8000 de Barzan ».

  • Un génocide oublié-La voix brisée du peuple kurde (Récit), Paris, L’Harmattan, 2023

https://www.institutkurde.org/info/il-y-a-38-ans-la-deportation-et-le-massacre-de-8000-barzanis-1232552070

J’aurai ensuite la joie de présenter Rose Ausländer, une grande poétesse allemande originaire de la Bucovine, une région aujourd’hui située en Ukraine, à laquelle j’ai consacré un essai en 2022 paru aux éditions du Bord de l’Eau, poétesse que je traduis et qui est au centre d’un roman en cours d’écriture, « Rose, entre le ciel et ici ». Je vais lire un passage de mon essai où je parle de la langue allemande que la poétesse avait sciemment « oublié » après la Shoah, le ghetto et durant son exil, avant de la retrouver en résilience.

Voilà la suite du podcast de la rencontre par radio Ter:

Après une pause passionnante où l’auditoire a pu échanger avec les autrices, feuilleter et acheter nos livres et se réjouir de la beauté du lieu, la rencontre a repris avec l’émouvante voix d’Élodie Lousteau, poétesse et chanteuse d’origine basque, spécialisée dans les chants anciens. Elle nous chantera a capella un superbe chant grec et nous lira un extrait bouleversant de son ouvrage Cracher le silence. Elle nous explique s’être aussi intéressée à la langue avec sa grand-mère qui perdait la mémoire, creusant l’intériorité d’une personne malgré les absences. Elle explore ainsi les méandres de la maladie d’Alzheimer au travers de la poésie.

  • Cracher le silence, éd. Rosa Canina, 2023 
  • S’effacer, éd. Encres vives, 2017

https://www.facebook.com/sabine.aussenac/videos/3980637432182403

Enfin, en apothéose de notre belle rencontre et en miroirs de toutes les paroles et chants de femmes, c’est la trobaïritz et barde Estella du Val qui va interpréter plusieurs chants, s’accompagnant au tambour. Ayant étudié de nombreux styles musicaux, avec une réflexion approfondie autour de la condition féminine, la chanteuse ravira la salle avec sa voix intense et son interprétation singulière.

https://www.facebook.com/sabine.aussenac/videos/664714666017581

https://www.instagram.com/estella_du_val_diodoryza/

https://www.facebook.com/people/Estella-Du-Val/100015627755235/?_rdr

Voilà enfin le dernier podcast de la rencontre:

Et en bonus un lien vers différentes interviews d’autrices par radio Occitania:

https://www.podcastics.com/podcast/episode/rencontre-avec-les-autrices-occitanes-a-lostal-doccitania-353494/

Pour terminer: le résumé en occitan du Journalet!

https://www.jornalet.com/nova/23034/tolosa-rescontre-literari-per-donar-visibilitat-a-las-autoras-occitanas

Rencontre cultural e literari « Promocion de las femnas d’Occitània »                  Rencontre culturelle et littéraire « Promotion des femmes d’Occitanie,  organisée par la fédération Convergencia Occitana, la librairie La Tuta d’Oc  (IEO31), Radio Occitania, Radio Ter, le journal en ligne Jornalet, les associations « Nos conversations » et Ukraina en Occitanie, ainsi que le restaurant A Taula, le samedi 8 mars 2025 à l’Ostal d’Occitania (TOULOUSE)

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Une rencontre entre autrices d’#Occitanie #8mars #Toulouse

Quelle belle idée que de réunir des autrices autour de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et de la culture occitane! Pas peu fière d’y avoir été conviée! L’événement, organisé à l’initiative de la dynamique Martine Boudet, de Convergéncia Occitana et de La Tuta d’Òc, sera riche en émotions.

Nous nous rencontrerons dans l’enceinte du magnifique Ostal d’Occitanie, le 8 mars, de 16 à 19 heures, pour échanger au gré de lectures et d’interventions. Il y aura la possibilité d’acheter nos ouvrages, et je me ferai une joie de dédicacer mes Mémoires d’Autan et mon essai sur Rose Ausländer.

Quelle joie que d’être associée à ces sœurs en écriture… Notre région foisonne de talentueuses plumes féminines qui, au gré des siècles, ont laissé leurs empreintes au gré de leurs engagements littéraires! Des Trobairitz et de Clémence Isaure à nos jours, en passant par Eugénie de Guerin, Sabine Sicaud ou Louisa Paulin, la poésie féminine a toujours résonné en nos belles contrées méridionales. Et les romancières, essayistes, dramaturges et chercheuses ne sont pas en reste, comme la rencontre de samedi nous le prouvera.

Il est si important de continuer à nous mobiliser, femmes et hommes de bonne volonté, ENSEMBLE, pour les droits des femmes et contre les inégalités de genre! Dans tous les pays du monde, ces droits, quand ils ne sont pas carrément foulés aux pieds, demeurent fragiles et à reconquérir chaque jour… Nous, autrices d’Occitanie, souhaitons porter haut et fort nos voix plurielles pour que dans les domaines de la littérature, de l’édition, de la recherche, nous puissions les faire entendre.

Que de combats à mener, entre les violences faites aux femmes qui ne diminuent pas, loin de là, les féminicides, le plafond de verre, la charge mentale, les inégalités salariales, les inégalités face à la prise en charge de notre santé, le droit des femmes à disposer de leur corps… Et je pense aussi très fort aux femmes iraniennes vilipendées et assassinées pour le non port du voile, aux femmes afghanes qui ne disposent même plus du droit à la lumière puisque le gouvernement a décidé de murer leurs maisons, aux femmes ukrainiennes en proie à la guerre, aux femmes palestiniennes qui ont tant souffert des bombardements et aux femmes juives assassinées ou prises en otages le 7 octobre…

Le chemin sera long, il est urgent de l’emprunter pour faire bouger les lignes!

Venez en nombre! Ce sera un beau moment non seulement entre autrices d’Occitanie, mais entre gens de cœur, et on y parlera de condition féminine, d’égalité et de vie culturelle et sociale occitane! Chantal ARMAGNAC, Martine BOUDET, Cecila CHAPDUELH, Anne-Pierre DARRÉES, Béatrice DILLIES, Élodie LOUSTAU et Fabienne VAYRETTE vous attendent!

Voici les informations autour de l’événement.

Je vous incite à parcourir l’annonce de la rencontre en cliquant ci dessous sur le lien – si vous le consultez depuis un ordinateur il y a une jolie animation dynamique, et depuis le smartphone il faut descendre après l’annonce bilingue pour trouver les autrices) en suivant le lien ci-dessous et à découvrir les liens des différentes autrices. Le second lien vous dirigera aussi sur l’Ostal.

  • 08/03
  • 16h
  • Ostal d’Occitania
  • 11 rue Malcousinat (Tolosa)
  • Gratuit
  • Organizacion : Convergéncia Occitana, Martine Boudet, La Tuta d’Òc

Pastorada del cèl

La poësia
es lutz e dança,
palomba dins la nuèit,
revolum del cant de las fuehlas,
terra nòstra e vin d’alegrança,
sosc inatengible dins la votz d’amor.

La poësia
es crit de revòlta que canta
come los ausels,
ama de fuòc sacrat,
breçairòlas del lop e croisada de la colomba,
raives de las montanhetas,
luna e esteletas : pastorada del cèl.

La poësia
es lo silenci de fum,
la Menina e l’ostal, sorga e fòrça,
alas blancas, e aigueta que camina sus
mon còr.
***

La pastorale du ciel

La poésie
c’est la lumière et la danse,
palombe dans la nuit,
tourbillon du chant des feuilles,
notre terre et vin d’allégresse,
songe inaccessible dans la voix d’amour.

La poésie
c’est un cri de révolte qui chante
comme les oiseaux,
âme du feu sacré,
berceuses du loup et croisade de la colombe,
rêves de petites montagnes,
lune et étoiles: la pastorale du ciel.

La poésie
c’est le silence de la brume,
la grand-mère et la maison, source et force,
ailes blanches, et eau vive qui chemine sur
mon cœur.

Je reproduis directement le texte bilingue ici:

 » Convergéncia Occitana & La Tuta d’Òc vous invitent à une rencontre culturelle et littéraire pour la promotion des femmes d’Occitanie, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes le 8 mars 2025.
Huit autrices (Chantal Armagnac, Sabine Aussenat, Martine Boudet, Cecila Chapduelh, Anne-Pierre Darrées, Béatrice Dilliès, Élodie Lousteau, Fabienne Vayrette) seront présentes pour vous présenter leurs ouvrages, lire des poèmes et des extraits d’œuvres, interpréter des chants, … Les échanges continueront avec un débat sue l’histoire et l’actualité de la condition féminine en Occitanie et une séance de dédicaces et d’entretien radiophoniques, le tout avec l’animation de Florence Ginisty, membre de Convergéncia Occitana.

Évènement porté par Martine Boudet, avec l’aide des associations Convergéncia Occitana & IEO 31 / La Tuta d’Òc

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Convergéncia Occitana & La Tuta d’Òc vos convidan a un rencontre cultural e literari per la promocion de las femnas d’Occitania, a l’escasença de la jornada internacionala de lucha pels drechs de las femnas lo 8 de març de 2025.
8 autoras (Chantal Armagnac, Sabine Aussenat, Martine Boudet, Cecila Chapduelh, Anne-Pierre Darrées, Béatrice Dilliès, Élodie Lousteau, Fabienne Vayrette) seràn presentas per vos presentar lors obratges, legir de poèmas e d’extraches de libres, interpretar de cants, … Los escambis contunharàn amb un debat sus l’istòria e l’actualitat de la condicion femenina en Occitania e una sesilha de dedicaças e d’entretens radiofonics, lo tot amb l’animacion de Florence Ginisty, sòcia de Convergéncia Occitana.

Eveniment portat per Martina Boudet, amb l’ajuda de las associacions Convergéncia Occitana & IEO 31 / La Tuta d’Òc

Informacions practicas :
Aperitiu dinatòri pagant sus plaça (sus reservacion, restaurant A Taula) »