Le jour où j’ai vendu Rimbaud

Il fait un beau soleil d’automne, les asters fleurissent tendrement.

Nous sommes le deux, et mon compte est déjà à découvert, comme toujours depuis trois ans. Avez-vous déjà goûté à un colis de la Banque Alimentaire ?

Mes enfants m’ont demandé pourquoi il était écrit « Interdit à la vente », sur ces drôles de boîtes qui ressemblent à des raviolis pour chiens….

Déjà, il faut démarcher l’assistante sociale du Rectorat…Elle n’est pas débordée, a plutôt l’air de bailler aux corneilles dans son joli bureau placardé d’affiches vantant les méfaits du tabac. Poliment, elle daigne me taper un courrier à destination de l’épicerie sociale, et j’ai l’impression d’être Gérard Jugnot dans « Une époque formidable », c’est assez grisant. Un peu comme si j’allais passer à la télé pour la soirée des Enfoirés, sauf que je ne fais pas partie des bénévoles, mais des nécessiteux, ce qui est tout de même assez paradoxal avec un salaire d’enseignante…

Mon appartement se vide peu à peu des biens nécessaires, mais pas obligatoires…Le lave vaisselle est parti discrètement, tout comme le piano, ou encore les vieux vinyles de Dylan ou de Bécaud. Je garde sous le manteau, pour les jours de vraie disette, un trente trois tours des Chœurs de l’Armée Rouge et un quarante-cinq tours de Bill Haley et ses « Comètes »! Ils nous feront au moins un panier du Lidl…Surtout, ne pas dire à mes parents que ces reliques vont être vendues…

Pour mon bureau en chêne blond, récupéré dans les locaux de la CGT de la SNCF où travaillait mon premier mari, lorsque j’avais vingt ans, et qui, après des générations de fonctionnaires puis de révolutionnaires zélés, a vu passer toutes mes dissertations sur les Affinités Electives ou sur Bismarck, j’hésite…Le vendre serait un véritable crève cœur, car il est comme l’extension de mon âme, comme un fidèle compagnon d’infortune…

Ce matin, une jeune fille a découvert mon annonce placardée à la fac, et va venir fouiller dans ce que j’ai décrit comme « Les Puces au chaud » et « Une Bibliothèque de rêve ».

Je n’ai jamais classé mes livres, hormis quelques rayons spécifiques, comme les « beaux livres » ou les médecines douces. Depuis toujours, Hugo voisine avec Charlotte Link, Agatha Christie avec Platon, et, miracle de la mémoire visuelle, je suis capable de retrouver mes « petits » en cinq minutes, connaissant le recoin où se cachent Werther et Raskolnikov, ou encore les endroits où j’ai glissé photos, notes d’agreg, mots doux…

On sonne. Elle s’appelle Anna, est étudiante en Lettres Modernes, et elle est d’emblée émerveillée par l’abondance, le fouillis, le rangement à la diable, les vieux policiers qui épaulent les classiques et cette ambiance « quais de Seine »….

Soudain, elle le prend.

« Mon » Rimbaud. Mon recueil nrf de « Poésie/Gallimard », celui qui me suit depuis la Première quand, avec Marie-Claude, nous déclamions Ophélie sur les pelouses du lycée…

« -et l’infini terrible effara ton œil bleu ! »

Petite fille, j’ai vécu cinq ans à Charleville-Mézières, et l’un de mes premiers souvenirs, c’est ce petit pont qui mène au Musée Rimbaud, ce sont les arcades de la Place Ducale : atavisme, gémellité artistique ? Je me suis toujours senti une étrange sororité avec l’éphèbe rebelle.

Anna sourit, me demande si « je l’ai lu » …Les gens qui viennent à la maison demandent d’ailleurs souvent si « je les ai tous lus »…! Question étrange, si déplacée, incongrue, illicite, ridicule, que je ne peux qu’y répondre gentiment, en éludant la vérité…On ne va pas monter un Café Philo juste pour cette question, mais elle est pourtant extrêmement symptomatique du respect et de la crainte que la plupart des gens ont devant les livres et devant ceux qui les fréquentent…Non, justement, je n’ai pas « tout » lu, et c’est une de mes premières questions existentielles que je me posais, enfant…Comment trouver ce temps ?

Oui, Anna, j’ai lu Rimbaud. Non pas une fois, mais des centaines, des milliers de fois. J’en connais chaque vers, chaque parcelle d’émotion. C’est grâce à lui, à ses mots, que j’ai aimé la poésie, que j’ai compris que jamais je ne tenterais de transformer le monde, mais plutôt que je changerais la vie, ma vie…Portée par les couleurs et les illuminations d’Arthur, j’ai descendu des fleuves impassibles et embrassé des centaines d’aubes d’été. Ses voyelles m’ont aidé à comprendre les méridiens célaniens et les méandres proustiens, son portrait d’adolescent rageur et rêveur est toujours posé sur mon bureau, fragile icône qui m’aidé à traverser tant de saisons en enfer.

Voici venir le temps des assassins. Oh, ce n’est pas « Le choix de Sophie », il n’y a pas mort d’homme, mais juste cette reculade, cette petite prostitution. Vendre « mon » Rimbaud, ce serait véritablement vendre mon âme au diable, renoncer à ma dignité.

Je redresse la tête et, doucement, je lui reprends le livre, tout tâché, tout corné, plein de sable, de rêves, d’amour. Il ne partira pas, il restera auprès de nous quand les huissiers viendront saisir l’ordinateur et la télé, il me suivra encore dans le HLM où je vais sans doute devoir aller m’installer, moi qui rêvais d’une grande maison au milieu des tournesols, d’une véranda gorgée de soleil et ivre de passions, où j’aurais écrit mes romans fleuves…Il sera parmi mes derniers fidèles, avec mon exemplaire de l’Idiot présentant Gérard Philipe en couverture, avec mon Journal d’Anne Franck quadrillé de bleu et la méthode Boscher de mon père…

 Celui là n’est pas à vendre. 

Elle est retrouvée !

-Quoi ?- l’Eternité 

***

Ce petit texte a été écrit dans ces années où, entre divorce international et surendettement, j’ai goûté aux joies des « classes moyennes surendettées »…

Palais de glace…


 

 Je suis la femme-bulle, enfermée dans son palais de glace. Prisonnière de mes morts, je vis derrière la vitre et vois passer la vie.

Elles sont là, toutes mes vies possibles, à portée de rêve…Il y a toutes ces maisons inconnues, ces hommes à aimer, ces rencontres improbables, ces métiers non exercés… Et si…Et puis les vies passées, les presqu’îles, les torrents, les fureurs océanes, tout ce magma mémoriel qui déferle et s’engouffre en chaque interstice de mes présents et pollue mes rivières…

Je suis en cet instant précis au milieu de ma vie, j’ai atteint la « mi route » de Desnos.

Et je me sens confluente, source et delta, comme prisonnière de cette banquise qui ne demande qu’à fondre. Je vois passer à la surface de mes glaces toutes ces images, toutes ces perspectives non saisies, et n’ose me dire qu’il est trop tard. Il ne peut être trop tard.

Il m’est tout simplement impossible de croire que la vie, ce n’est que ça, ce seul combat permanent entre les chiens et loups de ces mensonges, il m’est impossible de ne pas entendre, attendre la suite.

Éternelle rousseauiste-c’est la faute à Voltaire-, je sais les temps prédits de la bonté. Cette idée de planter un pommier, même si la fin du monde était pour demain, cette idée que la vie même est renaissance, mouvance, intensité toujours renouvelée, ne me quitte pas.

Il est miraculeux qu’il reste la lumière, disait Claude Vigée.

Ma vitre est légèrement embuée, et pourtant je vois passer mes rêves, encore et toujours.

Il y aurait eu ma vie parisienne. Si j’avais terminé ma khâgne, si je n’avais pas épousé un cheminot cégétiste pour fuir la coupe d’un conseiller général RPR de père…Avec mon boy friend d’alors, devenu un people du monde des lettres, nous aurions écumé le Flore et les Champs…Oui, je les vois, notre petit appartement du Marais, et nos nuits à Saint-Germain, et ma carrière de normalienne, puis de journaliste…En avais-je la carrure ?

Je me souviens de l’une de nos rencontres entre nos divorces respectifs, il m’avait invitée chez Lipp et m’éblouissait de son assurance, de ses mots, de son parisianisme. Je mesurai, l’espace d’une soirée, la béance entre nos deux univers, entre ma petite vie de provinciale maladroitement engoncée dans ses routines et les brillances du succès universitaire. J’avais presque perdu, à cette époque, l’habitude des mots, égarée en terre hostile, sommée de défendre ma pitance intellectuelle devant le cercle militant des amis de mon époux. C’était Pol Pot, je devais pratiquement faire mon méa culpa et me justifier de mes lectures, de mon amour du mot. J’étais orpheline, soudain, de cette vie qui aurait pu être mienne, si j’avais suivi la voix royale de « Normale ».

C’est ainsi que je me promène, orpheline de mes vies, tantôt femme d’à côté, ardente et passionnée, tantôt Scarlett enfin domptée, sans même un Rhett, sans même un Tara à reconstruire.

Il y aurait ce castel dont je serais la reine, et mes roses parfumées que je respirerais comme en tableau de Waterhouse. Je peux entendre crisser les graviers de mes rêves, et sentir le lilas embaumant nos parterres. Je suis la Dame des Sablonnières, ou Léopoldine aux Feuillantines, de grands arbres bruissent dans le parc où jouent nos enfants blonds, et j’écris sur cette petite table ancrée sous la glycine. J’aime ce jardin, qui respire chaque soir comme un poème d’Anna de Noailles ; j’entends le clapotis de la fontaine, et je te vois, assis à ton bureau, ta belle tête de penseur penchée sur quelque idée qui flâne.

Et nos arbres, tous nos arbres…Le marronnier et ses fruits polis que je récolte comme autant de galets de ma terre, l’allée de tilleuls sous laquelle nous avions échangé notre premier baiser, les cerisiers sous lesquels tu me nommes ta geisha à chaque printemps, et le cèdre bleu, mon cèdre, ma certitude. La peupleraie trouée de lumières, et puis la sapinière, comme échappée des Ardennes de mon enfance, silencieuse et pérenne.

Poétesse, ce lieu m’ancre et me ressource. L’été accueille nos stagiaires en écriture, et le festival de musique ancienne que nous avons créé. Jordi Savall est mon meilleur ami. La lecture de mes textes qu’il a accompagnés l’an passé a été retransmise en duplex sur Arte, ma mère en avait informé la terre entière.

Il m’arrive de descendre plus au sud, aimantée par la Toscane, par les ocres et les siennes, guidée par les cyprès.

Un enfant bruni par la lumière joue à l’ombre de la cour. J’ai lu un jour que Carole Bouquet vinifie en Toscane, et je me rêve pont entre deux rives, messagère de cette terre gorgée de soleil, offrant les grappes de ma vigne…Comme j’aurais aimé, oui, vivre en Italie, en éternelles vacances romaines, en petite mort à Venise, sculpturale et galbée, outrancière et légère, Madonne et courtisane…La Villa Médicis a été longtemps ma terre promise, j’y ai beaucoup appris. Traductrice, essayiste, comédienne, je me sens Beatrix et Joconde.

Mais je peux aussi me faire océane, traversant continents pour explorer le temps. La possibilité d’une île me ravit ; battue par les flots, la petite cabane abrite mes amours luxuriantes avec quelque artiste déchu. Je le rejoins les nuits de tempête, lorsque la mer tarde à me rendre mon époux, et pose nue devant la vitre embuée par nos étreintes. Les chroniques que j’envoie au Times respirent la passion, les embruns fouettent ma plume. Parfois je pars encore bien plus loin, vers ces contrées où je défends la cause de mes sœurs martyrisées. On parlerait de moi pour le Pulitzer. Bernard-Henri m’a proposé une écriture à quatre mains, j’y réfléchis.

L’Angleterre m’appelle souvent, j’accoste à Beachy Head et vais de cottage en vallon, comme habitée par cette histoire royale. L’exception britannique parle à mon cœur de midinette, et, lorsqu’une vielle main gantée soulève la dentelle devant le carreau gauchi orné d’ipomées pour me regarder traverser le village, je crois reconnaître Agatha.

Mais je préfère encore m’appeler Moïra. Tu aimes tellement mes cheveux de sorcière que tu m’as surnommée Sanguine. Depuis notre jardin d’hiver où poussent des palmiers, je vois la baie, violente et passionnée comme les longs romans pleins de bruit et de fureur que j’écris en souriant. Parfois, tu m’apportes un Darjeeling fumant et passes tendrement une main dans mes cheveux lumière, avant de rallumer le feu. Arrête, tu dis des bêtises. Le Goncourt, c’est pour les vrais écrivains…

Et puis il y a les villes, les villes tourmentées et les cités radieuses, les odeurs des marchés et les ruelles sombres, les façades éclairées et les jours de pénombre.

Tu m’as offert Venise, je t’ai guidé à Rome. Tu m’as demandée en mariage au pied du Golden Gate, jamais je n’oublierai ta main californienne aimant ma vieille Europe. New York est mon village, Calcutta me bouscule, mais toujours je reviendrai vers toi, eau verte de mon Canal du Midi.

 

Tiens…La vitre se fissure…Le verre se brise en milliers de nacres irisées, les fractales de mes vies semblent converger comme autant de particules élémentaires vers un réel tangible. Car la vie est là, allongée comme Garonne ondulant d’aise entre les neiges et l’océan, coulant impassible aux pieds de ma ville rose, m’attendant.

Il faudra bien le traverser, ce miroir, si je ne veux pas finir comme Nora dans sa Maison de poupée. Il faudra arrêter le train d’Anna et prévenir Vronski, il faudra aimer Brahms, décommander Julien Sorel.

Et dire adieu aux Feuillantines, aux Twin Towers et à l’enfer de mes dernières années.

Il faudra que je m’extirpe de ma gangue littéraire qui m’a protégée des jours sordides, il faudra que la chrysalide en éveil ose devenir papillon. Maintenant, c’est à mon tour d’écrire ces mots qui m’ont sauvée. La vitre pare balle dont je m’étais entourée saura faire place à l’immense.

Ne plus rêver ma vie.

Mais vivre mes rêves.

 

« Mi route

Il y a un moment précis dans le temps

Où l’homme atteint le milieu de sa vie

Un fragment de seconde

Une fugitive parcelle de temps plus rapide qu’un regard

Plus rapide que le sommet des pamoisons amoureuses

Plus rapide que la lumière

Et l’homme est sensible à ce moment. »

Desnos.

 

NB: Monsieur Roger Grenier, un des piliers de Gallimard, avait beaucoup aimé ce texte, ainsi que d’autres nouvelles… Grande Maison en a décidé autrement… Voilà des années qu’il dort dans mes tiroirs, ce cera mon cadeau de fin d’année…

 

 

 

 

(Re) naissances-s

(Re) naissances-s

 

Parfois, on se sent un peu infantilisé par cette « grosse mamelle tiède de l’éducation nationale » – citation que je dois à Denis Fontaine, professeur d’art plastique et artiste-, et on a envie de dépasser un peu ce monde qui est souvent le seul que l’on a connu, d’un statut d’élève à celui de professeur, après le bref passage à la case étudiante…

C’est aussi en ce sens que j’ai commencé à écrire, un soir d’avril 2008, le 30, plus précisément, en trébuchant sur les mots d’un poète amazigh sur un site de partage de poésie :

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=52568&forum=18

«  23/4/2008 De: Tafraout Maroc

Poésie,poète et lecteur( dédié à Abdeslam Nassef )

Dédié à Abdeslam Nassef

Il y a poésie et poésie. Tout ce qui s’écrit et qui prétend être poésie ; n’est pas du tout poésie. La poésie est un besoin quotidien comme l’air ; c’est le pain spirituel du poète. Le poète écrit tout d’abord pour son plaisir. Tout poète qui écrit a une intention et il n’existe pas de création neutre ou d’écriture blanche et innocente. Le poète ne peut pas plaire à tout le monde. Le poète est un vieil enfant qui s’arme de mots pour casser le nez à ses aînés. Le poète est un révolté contre l’ordre établi. Le poète est engagé pour des causes sociales ou politiques. Le poète peut être mystique ou profane, romantique ou réaliste, surréaliste ou symboliste, imprécateur ou lèche-bottes, enfant chéri sous la tutelle paternelle politique et sociale ou enfant espiègle trouble-fête. Le poète peut être inclassable, hermétique, simpliste, fade, meneur de foules ou tout simplement prophétique. Le poète peut être nul ou talentueux. Le poète est toujours un être humain qui ne pourrait aucunement traiter des thématiques inconnues à ses semblables. Le poète doit être conscient de sa sensibilité, de sa motricité, de sa vocation, de sa signature, de ses limites, du respect de ses lecteurs et du devenir de sa création.

Au café au sein de la cacophonie, je me fraie mon destin de poète. Tel un prédateur, je guette les mots (la langue est un gibier rare et très prisé) au lieu de prêter oreille fine à la médiocrité lot des mentalités restreintes ; je leur tends mes pièges ; je veille à ce que l’appât soit attrayant et le piège bien camouflé et quand le mots mord dans l’appât ,il est sans faille pris dans le piège tendu de mains expertes. (…)

Le poème une fois composé et à la portée du lecteur ; c’est son destin d’être lu et commenté, apprécié ou déprécié par le lectorat. Les jugements catégoriques, les lacunes de lecture à la va-vite, l’acharnement à toujours vouloir coûte que coûte émettre un commentaire de la part du lecteur pourrait nuire au poème et au poète. C’est une passion que de lire un poème; c’est tout un plaisir et un art de que lire un poème. Si le lecteur au lieu d’émettre aveuglément et avec une ignorance évidente des commentaires blessants ou dénigrants, mieux vaudrait ne rien dire. Si le lecteur ignore comment apprécier un poème, ce n’est pas la faute à l’auteur ni à personne de même. La compréhension exige l’attention et l’intérêt. Le poète a son monde intérieur qu’il dévoile à peine car tellement jaloux de cette magie-là qu’il possède. Le poème est comme un enfant dont le poète a peur qu’il soit maltraité par le lecteur. Le poème qui mérite la survie survivra malgré tout. Le poète qui est reconnu l’est car il est véridiquement poète ; le vrai poète méconnu et mal compris sera ultérieurement reconnu. La beauté, la bonté, la sagesse, la générosité demeurent des vertus qui ne meurent.

Amitiés

Farid . »

  30/4/2008 23:21
Plume d’or

Inscrit le: 30/4/2008

De: Neiges sud sapins lumières

Envois: 1148

Re: Poésie,poète et lecteur( dédié à Abdeslam Nassef )

Farid,

Au détour d’une douce et solitaire soirée en terre gasconne, j’ai trébuché sur ce site et me suis pris l’âme dans vos mots, d’une infinie sagesse, d’un beau réconfort.
Merci pour ce message d’outre-mare nostrum, aussi précis qu’un mirage qui se profile au détour d’une dune, muvant et ferme, défintivement vrai.

Je vous offre « ma »poétesse ce soir, celle à qui j’ai dédié un petit travail universitaire, « Rose Ausländer, une poétesse juive en sursis d’espérance ».
Puisse ses mots venir vous trouvez, sinon, je vous la traduirai.

Salam,
Sabine.

Oh, bien sûr, j’avais déjà balbutié quelques textes auparavant, rédigé mon mémoire de DEA sur la poésie de Rose Ausländer en 2005, et puis surtout commis année après année d’indigestes dissertations d’agreg au fil de mes tentatives de passages de concours -concours que je travaillais pas, d’ailleurs souvent, je ne lisais même pas les œuvres…Mon texte sur notre maison de campagne, « Les Rochers du Moulin du Roy », avait été publié dans la Revue du Tarn ; j’avais ébauché quelques textes pour un concours de nouvelles de… Marie-Claire !

Et un jour, étrangement, d’un seul coup d’un seul, le 30 avril, j’ai compris qu’il était temps de renouer avec le vœu pieux formulé dès l’âge de huit ans, quand j’avais écrit dans une rédaction que je voulais écrire, comme Andersen. C’est vraiment grâce à ce petit électrochoc de la rencontre littéraire, sur les pages d’expression de ce site, que je me suis soudain souvenue de la dizaine de cahiers que mon amie Marie-Claude et moi-même noircissions, sur les bancs du lycée…La poésie…Celle que nous avions découverte dans les cours de notre cher Monsieur Crostes, que nous déclamions, cheveux au vent, sur les rives du lac de la Borde-Basse, dévorant Rimbaud, Baudelaire, Eluard…Avant de coucher nous-mêmes nos émotions sur ces petits mots échangés en cours de maths (« petit mot », explication à l’intention des jeunes lecteurs : SMS écrit sur un bout de papier et passé de la main à la main dans une salle…) et dans nos cahiers…

C’est ainsi que je m’inscrivis sur « Oasis ». Sur ce site, je devins Rosam, puis Scarlett, puis Louandrea. C’est là aussi que je découvris les « réseaux sociaux », peu de temps avant Facebook (« Delechat », un poète d’Oasis et peintre, alias le talentueux Tony Sossi, devint d’ailleurs mon premier « ami Facebook » !), les joies des discussions en ligne, au gré des amitiés avec des poètes de tous les pays…

http://www.artzoom.org/pdf/tonysossi_30.pdf

Car sur Oasis se retrouvent aussi de nombreux poètes du Maghreb. J’ai l’honneur de fréquenter depuis dix ans maintenant deux poètes marocains de grand talent, Farid et Mostafa, qui sont mes frères en littérature et en humanité. Même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, j’ai un immense respect envers leur talent et nourris une réelle affection pour ces poètes ! J’ai d’ailleurs eu la joie de préfacer le dernier livre de Mostafa Houmir, dont les cartes postales ornent mon bureau…

https://www.youtube.com/watch?v=BPafOWjvMbk

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Farid_Zalhoud

Si j’ai pris différents « pseudos » pour écrire sur Oasis, c’est que… j’ai parfois pris part à quelques discussions houleuses, et ai été « bannie »… J’en souris aujourd’hui, mais Oasis est une grande famille, et, comme dans toute famille qui se respecte, il y a parfois des pleurs et des grincements de dents… Quoiqu’il en soit, même si j’ai bien peu le temps de participer à ce forum aujourd’hui, en raison d’obligations diverses, et même si les textes qu’on y trouve ne sont pas toujours du niveau de « la Blanche » de Gallimard, la poésie y est VIVANTE. Et  à quelques encablures de la fin du Printemps des poètes et juste avant le Marché de la poésie, je voudrais insister sur cette parole poétique plurielle qui fleurit sur internet et qui est trop souvent oubliée et décriée.

Quelle désolation, en France, que ces querelles de clocher autour d’un art minoré de force, avec d’une part ces « concours de poésie «-vaches à lait des organisateurs qui parfois réclament des sommes folles et offrent ensuite trois poussières de livres et des « médailles », comme à des généraux-poètes-, et où l’on exige de surcroît souvent de la « poésie classique », et d’autre part les grandes maisons qui paradoxalement ne publient que l’épure de la modernité, loin de tout classicisme.
Car un bon poète est un poète « mort », ou alors un poète dont de rares mots, jetés sur page blanche comme neige fragile, nous interpellent faiblement, derniers mohicans d’un art compassé, qui se murmure en alcôves de mots, ou qui se beugle, lorsque les dits poètes se piquent de hurler leur modernité en festivals de rues, nouveaux baladins, faisant du poème un gueuloir…Et il est bien difficile d’oser se « dire poète » (mais je le fais…) si l’on n’est ni un chantre de la poésie moderne si « minimaliste » et surtout sans rires, sans vers (le vers, c’est péché…), souvent sans musicalité, ni un « bruissonnant » , s’époumonant au gré de scènes ouvertes dans d’étranges variations vocales…

Au milieu de ces assourdissants silences, circulant presque sous le manteau, se vendent les « revues », caviar intellectuel circulant parmi une élite d’initiés… Pour « en être », bien sûr, il faut se plier aux carcans de la modernité, car l’alexandrin en est banni, le sonnet chassé, et la rime exilée.

Mais tout autour, loin des places fortes -et souvent un peu élitistes, parisiennes, boboïsées…- que sont les manifestations publiques dédiées, se pressent donc ces milliers d’internautes poètes et/ou amoureux de la poésie, décriés par certains, car dépeints comme maladroits, et parfois méprisés, car traités ouvertement, sur d’autres forums ou dans des essais, d’incultes…Alors que leurs mots sont merveilles vives, cristaux de vérité, pépites parfois…

Car la poésie VIVANTE, c’est aussi la leur…Et je tenais ce soir à remercier l’équipe des créateurs et modérateurs de m’avoir accueillie en ce lieu qui m’a…donné des ailes…

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/search_auteurs.php?uid=13361

29/6/2008 23:05

Curriculum vitae

Rhénane 

Pour les étés de mon enfance

Bercés par une Lorelei

Parce que née de forêts sombres

Et bordée par les frères Grimm

Je me sens Romy et Marlène

Et n’oublierai jamais la neige 

Rémoise 

Pour un froid matin de janvier

Parce que l’Ange au sourire

A veillé sur ma naissance

Pour mille bulles de bonheur

Et par les vitraux de Chagall

Je pétille toujours en Champagne

Carolopolitaine 

Pour cinq années en cœur d’Ardennes

Et mes premiers pas en forêt

Pour Arthur et pour Verlaine

Et les arcades en Place Ducale

Rimbaud mon père en émotion

M’illumine en éternité

Albigeoise 

Pour le vaisseau de briques rouges

Qui grimpe à l’assaut du ciel bleu

Pour les démons d’un peintre fol

Et ses débauches en Moulin Rouge

Enfance tendre en bord de Tarn

D’une inaliénable Aliénor 

Tarnaise 

Pour tous mes aïeuls hérétiques

Sidobre et chaos granitiques

Parce que Jaurès et Lapeyrouse

Alliance des pastels et des ors

Arc-en-ciel farouche de l’Autan

Montagne Noire ma promesse  

Occitane

De Montségur en Pays Basque

De la Dordogne en aube d’Espagne

Piments D’Espelette ou garigues

De d’Artagnan au Roi Henri

Le bonheur est dans tous les prés

De ma Gascogne ensoleillée

Toulousaine 

Pour les millions de toits roses

Et pour l’eau verte du canal

Sœur de Claude et d’Esclarmonde

Le Capitole me magnétise

Il m’est ancre et Terre promise

Garonne me porte en océan

Bruxelloise

Pour deux années en terre de Flandres

Grâce à la Wallonie que j’aime

Parce que Béguinage et Meuse

Pour Bleus de Delft et mer d’Ostende

En ma Grand Place illuminée

Belgique est ma troisième patrie 

Européenne 

Pour Voltaire Goethe et Schiller

Pour oublier tous les charniers

Les enfants blonds de Göttingen

Me sourient malgré les martyrs

Je suis née presqu’en outre-Rhin

Lili Marleen et Marianne 

Universelle 

Pour les mots qui me portent aux frères

Par la poésie qui libère

Parce que j’aime la vie et la terre

Et que jamais ne désespère

Pour parler toutes les langues

Et vous donner d’universel.

(« Rosam »)

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/search_auteurs.php?uid=14042

8/6/2009 2:13

J’aurais aimé sauver Celan

 

J’aurais aimé sauver Socrate

Jeter sa ciguë aux orties

Conspuer tous ces démocrates

Faire d’Athènes son paradis

J’aurais aimé sauver Werther

Charlotte ne vaut pas une messe

Fou d’un bas bleu là le bât blesse

J’aurais enrayé revolver

J’aurais aimé sauver Rimbaud

Le rendre fou d’une vraie femme

Son Ophélie son oriflamme

J’aurais vendu tous ses chameaux 

J’aurais aimé sauver James Dean

Au carrefour de l’impensable

J’aurais été sa Marilyn

Diamant dans sa décapotable 

J’aurais aimé sauver Celan

L’empêcher de goûter la Seine

Pont Mirabeau couleur de haines

Les méridiens coupés de sang

J’aurais aimé sauver le monde

Soeur Emmanuelle en Bruce Willis

Avec l’amour comme seule police

Capable d’arrêter les secondes 

Mais je ne sais que mélanger

Brasser les mots les injustices

Mes héros sur papier coucher

En attendant nouveau solstice.

(« Scarlett »)

 

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/search_auteurs.php?uid=15405

31/10/2015 2:23

La pastorale du ciel

Pastorada del cèl

La poësia

es lutz e dança,

palomba dins la nuèit,

revolum del cant de las fuehlas,

terra nòstra e vin d’alegrança,

sosc inatengible dins la votz d’amor.

La poësia

es crit de revòlta que canta

come los ausels,

ama de fuòc sacrat,

breçairòlas del lop e croisada de la colomba,

raives de las montanhetas,

luna e esteletas : pastorada del cèl.

La poësia

es lo silenci de fum,

la Menina e l’ostal, sorga e fòrça,

alas blancas, e aigueta que camina sus

mon còr.

***

Sabine Aussenac, en occitan. 

La pastorale du ciel 

La poésie

c’est la lumière et la danse,

palombe dans la nuit,

tourbillon du chant des feuilles,

notre terre et vin d’allégresse,

songe inaccessible dans la voix d’amour.

La poésie

c’est un cri de révolte qui chante

comme les oiseaux,

âme du feu sacré,

berceuses du loup et croisade de la colombe,

rêves de petites montagnes,

lune et étoiles: la pastorale du ciel.

La poésie

c’est le silence de la brume,

la grand-mère et la maison, source et force,

ailes blanches, et eau vive qui chemine sur

mon cœur.

(« Louandrea »)

Merci aussi infiniment à mon amie Geneviève, qui a créé tout au long de ces années de magnifiques mises en pages à mes textes et m’a toujours été un précieux soutien…

Et bien sûr à Adeline, créatrice du site.

Tout naturellement, un jour, je suis redevenue « Sabine Aussenac ». L’écriture m’avait beaucoup aidé, d’ailleurs, durant de longues et sombres années où, suite à un divorce international et aux escroqueries de mon ex époux, je m’étais retrouvée confrontée à une descente aux enfers, subissant un surendettement et une lourde paupérisation. Il n’a plus jamais été question de me taire, vis-à-vis de quiconque.

26/12/2009

Quand on connaît Voltaire on ne peut plus tomber

On m’a dit de me taire et je me suis levée :

Quand on connaît Voltaire on ne peut plus tomber ;

Quand on meurt seul à terre en pays dépeuplé,

En songeant à naguère et aux vents déployés.

On m’a dit de partir, alors j’ai insisté ;

Tous ces mots à franchir, et Verlaine qui pleurait…

Mon cœur git en déroute, éternel vagabond :

Un métèque qui doute, sans logis et sans nom.

On m’a dit de l’attendre, alors j’ai patienté.

Quand on aime on est tendre : Othello le sentait.

Ophélie sans ses voiles, en apnée des soleils,

Orpheline ou marquise :je bois l’eau des merveilles,

Mais demeure insoumise aux apprentis tyrans.

Balafrée en mon âme je provoque à tous vents.

Voilà, la boucle est bouclée : il est des choses qui perdurent, de l’enfance à la mort, quand on sent qu’on doit aimer cet enfant qui veille en nous et qui, déjà, devinait nos routes. Mon écriture a grandi, s’est déployée différemment ; j’ai remporté de nombreux concours de poésie, mais surtout de nouvelles, j’ai écrit deux romans, (Jim, si tu me lis…), je « blogue », couvre des festivals… La poésie m’arrive aussi parfois en allemand (j’ai remporté le prix de poésie de Hildesheim) et en occitan…

http://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.fr/2015/04/komm-lass-uns-nach-worpswede-wandern.html

Elle demeure ma source vive.

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/cv/portfolios/une-poupee-dans-la-ghouta

Et j’aimerais qu’elle aussi prenne une place essentielle dans la société, qu’elle ne soit pas cantonnée à un seul « Printemps des poètes » de quelques semaines, ou à un seul « Marché » parisien… Puisque mon ministre a décidé de « revenir aux fondamentaux », je souhaiterais aussi que les enfants aient la possibilité d’apprendre à nouveau des poèmes par cœur, de découvrir, au fil de leur scolarité, les auteurs, leur lecture et leur déclamation…

http://www.tv5monde.com/TV5Site/publication/galerie-263-2-Demain_des_l_aube_a_l_heure_ou_blanchit_la_campagne.htm

Internet, vous le voyez, est merveilleux. Bien utilisé, il nous permet de superbes voyages et des échanges passionnés. La poésie y est vivante, sachons la débusquer, la partager. Je salue ici tous les auteurs de notre « Oasis » qui m’a été terre adoptive. Et bien sûr les merveilleux poètes que j’ai aussi eu l’occasion de croiser sur d’autres réseaux sociaux, que je lis avec un infini plaisir. Certains, reconnus et édités, parcourent le monde et lisent leurs textes au Festival de poésie de Sète, d’autres font simplement le bonheur de leurs lecteurs, sur la toile ou ailleurs… Salah Stétié, Khal Torabully, José Le Moigne, Volker C. Jacoby, Jacques Viallebesset, Suzanne Dracius, Éric Dubois,, Martine Biard, François Teyssandier, Xavier Lainé, Evelyne Charasse, Mohamed El Jerroudi, Robert Notenboom, Élaine Audet… je vous embrasse !

Pour terminer, je souhaite vous offrir les mots d’une merveilleuse poétesse iranienne dont le fils, Hossein, un ami, avait traduit en persan « ma » poétesse de la Shoah, Rose Ausländer.

***

PS : Bon anniversaire, chère Marie-Claude, enfant du premier mai et des libertés…

 06/08/78…

« Le ciel
Une maison bleue
Un champ de blé
Des fleurs
Une fille
Une guitare
Des enfants
Des gens
Elle parle quatre langues
A étudié Hölderlin et Dante
C’est sa maison
Perdue au milieu des bois
C’est sa vie
Souvent entourée d’amis
Manger son pain
Pétri à la main
Et les fruits de son verger
Soleil
Bonheur
A travers chaque sourire
On offre son cœur
Plus de rancœur
Culture intelligence
Mais plus de concurrence
Seulement amour et paix
Peut-être à jamais. »

***

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=76681&forum=4

 

15/5/2009 

Les soleils de nos robes indiennes (Scarlett et Marie)

De patchouli ou de verveine
Elles combattaient toutes déveines
Tressant fils d’or et rêves tendres
Tissées sur la carte du Tendre

Woodstock c’était tous les matins
Des fleurs Dylan ou Donovan
Thé au jasmin et vent d’autan
Nous nous rêvions loin du satin

Il nous fallait de la campagne
Nous détestions tous les champagnes
Si pures si fières de nos envies
Hostiles à tous les compromis

Toutes les fêtes nous étaient d’ambre
Et nos émois de palissandre
Quand il gelait à pierre fendre
Et qu’il fallait savoir attendre

Le jour prochain toujours trop loin
Et le mot « libre » pour refrain
En plis froissés les jours de cendre
Elles ravivaient l’aube à surprendre

En elles s’engouffrait tout printemps
En leur odeur de bleu lavande
Brise légère sur vieille lande
Couleur grand large au mauvais temps

Des jours anciens ils nous reviennent
Les soleils de nos robes indiennes
Quand il fait froid dans la mémoire
Et que la lune nous est noire

Nous les ressortons au grand jour
Tous nos tissus couleur d’amour
Bleues nos maisons tout comme l’herbe
Jamais nous ne serons acerbes

Car ces voilages au goût santal
Lorsque nous deux petites vestales
Parcourions rêves en femmes fatales
Nous ont pétri un idéal

Marie-Claude et Sabine

**

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http://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/document_rose-auslander-une-poetesse-juive-en-sursis-d-esperance

http://www.lulu.com/fr/fr/shop/sabine-aussenac/prends-soin-mon-amour-de-la-beaut%C3%A9-du-monde/paperback/product-15581966.html

Aucun texte alternatif disponible.

Le Printemps de Pinel, #Printempsdespoètes

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/cv/portfolios/ich-liebe-dich

Amis toulousains et d’ailleurs,  venez  partager des poèmes dans le kiosque de la Place Pinel à l’acoustique unique au monde!
Apportez vos textes, je lirai les miens, vous direz les vôtres, ce sera le Printemps de Pinel!
Contact:

www.poesie-sabine-aussenac.com

ou https://www.facebook.com/kiosqueenpoesie/

Inspiré par le thème du Printemps des Poètes 2018, l’Ardeur…

Quand l’Ardeur devient folle au renouveau de mars…

Quand l’Ardeur devient folle au renouveau de mars,
Elle rayonne en nos villes en une immense farce,
Fait des nuits des soleils, des étoiles des jours,
Et en cent poésies elle déclame l’Amour.

Quand l’Ardeur se réveille, primevère en rosée,
Après tous ces hivers qui nous laissent agacés,
Elle transcende joyeuse les fusils et les peines,
Nos envies hirondelles s’y élancent en vraies reines.

Quand l’Ardeur se réveille, au Printemps des Poètes,
On entend des clameurs, des youyous, des silences…
C’est la mer qui déferle en nos pavés offerts,

C’est la neige qui fond, de New-York à la Mecque,
Et tant de mots qui crient qui résonnent et qui dansent
Que les Hommes enfin se regardent en frères.

PS: une alternative au kiosque sera aussi d’écouter la poésie en appartement…Ce Printemps des poètes sera le vôtre!
Je serai-s ravie de venir dire mes textes chez vous, en lecture seule ou en partage musical, et ces lectures peuvent être suivies d’une conférence autour de la poésie.

Sabine Aussenac.

Ses yeux bleu-soleil comme un ciel de Provence: hommage à Jean d’Ormesson

Ses yeux bleu-soleil comme un ciel de Provence

 

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Ses yeux bleu-soleil comme un ciel de Provence,

Chaque phrase majesté, un hommage à la France,

Son sourire une danse où se pâmaient les Belles :

Notre Jean rayonnait comme mille étincelles.

 

 

Élégant et subtil il parcourait les mots,

Chevalier de la prose, des poèmes et du Beau.

La Pléiade l’accueillit tel un fils bien-aimé,

Car chacun de ses livres de succès se parait.

 

 

Il portait haut les verts, le bicorne mutin

Et les ors fabuleux de notre Académie.

Mais c’est aussi les humbles qu’il savait tant aimer,

 

 

Tout ce peuple de France qui le lui rendait bien.

Un bel homme de droite, que la gauche adulait,

Esprit rare qui toujours sut célébrer la vie.

Je vis en état d’urgence…

Je vis en état d’urgence
En forêts d’incandescences
On veut m’édicter couvre feu
Mais je n’obéis même pas à Dieu
On me dit d’arrêter de me poser
Me reposer m’apaiser
De regarder passer les trains
De prier de joindre mes mains
De faire silence ou pénitence
Mais je ne sais que fronder
Me relever vibrer frissonner
Je veux foisonner d’existence
Même si ma vie s’enfuit
Je veux d’amour faire bombance
Même si seule dans mon lit
Je me veux transe transie transportée
Même si je suis abîmée
Je vis en état d’urgence
Entourée de snipers affamés
D’explosions inertes
De grenades à désamorcer
Sortir ne pas me terrer
Dire non au ghetto
Provoquer l’ennemi
Paris brûle en cercle rouge
Et je tire sur tout ce qui bouge
J’arrache les rideaux
Je me veux cible et point de mire
Je ne vous tournerai jamais le dos
Mourir les yeux ouverts
Regarder l’Autre en face
Je vis en état d’urgence
En attente permanente de miracle
Je suis oracle
Chaque homme qui passe est peut-être le bon
Je m’enflamme je m’embrase
Des tabous je fais table rase
Je serai le tison sous la braise
Brandon inerte à réinventer
Je suis la fleur fossilisée
Qui ne demande qu’à germer
J’attends le savant qui lira mon génome
Et je brûle tous les métronomes
J’attends le souffle
La tempête et les vents
Imperturbable par tous les temps
Je suis la gardienne du phare
Ma lampe allumée veille de l’aube aux soirs
Je vis en état d’urgence
Me ris des pastels et autres guimauves
Je veux du rouge des sanguines
Je me veux vermeille ou purpurine
Je serai la lettre écarlate
Le coquelicot la rose rouge
Ta cerise sur le gâteau
Ma bouche aura saveur framboise
Je te retournerai les sangs
Mon ciel d’éternel crépuscule renaîtra
En aube aiguë
Viens buvons toutes les ciguës trinquons au diable
Et à l’amour
Je vis en état d’urgence
Je suis le feu la vie la chance
Et ta corne d’abondance
Je suis entrée en résistance
Rejoins moi dans le Maquis
Outragée brisée martyrisée
Toi seul sauras me libérer.

02/03/2009, Auch.

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=71545&forum=2

 

 

Quand la Librairie Privat se fait Malouinière aux briques roses…#Marathondesmots

Quand la Librairie Privat se fait  Malouinière aux briques roses…

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, ciel et plein air
Sur les remparts de Saint-Malo…

Le cœur de l’Afrique bat au rythme de ce douzième Marathon des Mots. Et ses métissages bariolés se tissent au fil des récits, des lectures et des conférences…

Ce soir, bien en deçà des Tropiques, c’est la Bretagne qui a vogué vers nos briques roses, bercée par la goélette poétique de Yann Queffélec et de Patrick Poivre d’Arvor, dans la jolie cave aux mots de la librairie Privat ; et avec elle c’est tout un océan qui a salé Dame Garonne, improbable et délicieuse rencontre de deux grandes régions du pays de France.

Un véritable mascaret d’images a donc déferlé vers la Ville Rose. Les histoires croisées des deux écrivains voyageurs nous ont conté les fées des grèves et les embruns, les terres aux calvaires de granit rose et les noirceurs de l’Ancou. Complices de toujours, nos deux Bretons, l’un de sang, l’autre de sol, répondirent aux judicieuses questions du modérateur en un beau chiasme érudit et simple à la fois, l’incomparable douceur de la voix familière de Patrick contrastant agréablement avec le timbre âpre et profond de la voix de Yann, aussi sonore qu’une corne de brume.

Elle est là, la magie de notre Marathon des Mots ; dans le mystère de ces jardins extraordinaires qui naissent en quelques riches heures, quand la littérature s’incarne soudain en réalité, tous les imaginaires volatils solidement amarrés à un anneau comme péniche en Canal, voyages immobiles offerts au marathonien ébloui d’immenses.

Oubliant l’Autan pour rencontrer le vent d’ouest, nous voilà, petit peuple de Toulouse, à escalader le Grand Bé ou à troquer nos espadrilles contre une promenade en « ondine », dégustant les enfances de nos deux compères comme nous aimerions une glace au caramel au beurre salé. Et quand Yann a lu quelques pages du roman de son père, Henri Queffélec, Un recteur de l’île de Sein, évoquant les rigueurs austères de ce pays où il fait beau, certes,  « plusieurs fois par jour », mais où les hommes ont appris à lutter contre les éléments, le front de Patrick s’est froncé au récit des morts enfantines, en symbiose fraternelle avec le deuil éternel des parents orphelins.

Et nous aussi nous sentions en cousinades, quand nos écrivains racontèrent l’outrage fait à la langue bretonne honnie par les raideurs administratives. Notre Occitanie a vécu les mêmes ravages de l’uniformisation, et nos grands-pères aussi furent bâillonnés et privés de l’usage de leurs patois, avant que les calendrettes méridionales ne fassent écho aux écoles Diwan pour rétablir l’honneur des parlers perdus…

Je me demandais, justement, l’été dernier, au retour du FIL de Lorient,  pourquoi cette âme celte résonne si fortement dans les cœurs de millions de Bretonneux dispersés au gré du globe, quand notre culture occitane ne dépasse guère les frontières pyrénéennes ou les Monts de l’Aubrac…Nos invités nous décrirent la diaspora, fracture et lien à la fois, immense souffrance de ces Bretons expatriés, de la Galice en Acadie, mais aussi secret de la formidable liesse fédérative de ces peuples celtes qui aujourd’hui encore font exploser leurs retrouvailles, à grands coups de bagads et de biniou, de cornemuse et de Far Breton, quand notre « Qé Canto » a bien du mal à se chanter au-delà de Brive, malgré les talents d’un Nadau…

Pourtant, nous en avons, nous aussi, des légendes et des rivières, des granits et des fées, et nos forêts de la Grésigne ou de Buzet valent bien Brocéliande…

Je me souviens souvent du granit du Sidobre

Mais je suppose qu’il nous manque, à Toulouse, l’essentiel, malgré Dame Garonne qui ondule d’aise comme femme avenante : même si nous vivons à quelques encablures de Mare Nostrum, le grand absent est bien l’océan. Et c’est cet océan que tant Patrick Poivre d’Arvor que Yann Queffélec thématisent à l’envie dans leurs écrits, du Dictionnaire amoureux de la Bretagne du second aux Gens de Mer du premier, un océan qui donne autant qu’il reprend, au rythme de ses colères et de ses voluptés, bien plus fougueux que notre mer des Cyclades, quand l’ardoise menaçante des vents le transforme en nasse pour marins en perdition et que pleurent les veuves sur les rochers inconsolables…

Aucun texte alternatif disponible.
Petite prière non loin d’un oral d’agreg interne…

« Mon cœur de Breton bat toujours plus intensément auprès des flots, à proximité des tempêtes et de l’écume. »

PPDA, Nostalgie des choses perdues

« Et tout ça par le miracle d’une attirance antédiluvienne entre lune et mer, chacune étant la force et le remords de l’autre, tout ça parce que la mer monte… »

Yann Queffélec, Tendre est la mer

Nous sortîmes de cette rencontre le cœur ourlé de sel, ayant troqué les remparts de Carcassonne pour la cité Malouine, notre Occitanie toute trempée par les embruns, notre âme méridionale prête à danser la gigue sur la croix du Capitole.

Merci à Yann et à Patrick de leurs récits iodés, de ces épousailles fantastiques entre terre et mer qui font écho aux paroles d’un autre poète breton, Charles Le Quintrec : « Nous sommes d’un pays, d’une terre », nous explique-t-il, avant de rajouter : « Nous avons aussi à cœur de dire tous les pays et toutes les terres à partir des nôtres ». Aujourd’hui, des écrivains bretons ont raconté leurs terres en mouillant sur nos rades d’eau douce.

Et Toulouse est un port fluvial qui, toujours, leur permettra l’abordage.

http://www.lemarathondesmots.com/invites

Actualité de Yann Queffélec:

http://www.franceinfo.fr/emission/le-livre-du-jour/2015-2016/yann-queffelec-l-homme-de-ma-vie-27-10-2015-08-30

Actualité de Patrick Poivre d’Arvor:

http://www.europe1.fr/culture/theatre-patrick-poivre-darvor-un-pedopsychiatre-a-lecoute-sur-les-planches-2715445

Calcium de l’âme, de Sophie Chérer: indispensable lecture!!!

Calcium de l’âme

 

Sophie Chérer

 

Extrait de

Lire est le propre de l’homme, l’école des loisirs, 2011.

http://www.ecoledeslettres.fr/actualites/education/lire-est-le-propre-de-lhomme-de-lenfant-lecteur-au-libre-electeur/

 

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 Le Premier ministre, Pierre Mendès France, s’adresse solennellement à la radio, la veille au soir de la rentrée des classes, à tous les écoliers du pays. Il commence par leur avouer son amour des grandes vacances. Lui aussi, à leur âge, voulait qu’elles durent toujours. Et, très vite, il se pose avec eux la question: Pourquoi rentrer à l’école alors qu’on est si bien, chez soi ou dehors, à jouer? Et il répond sans ambiguïté: parce que l’école existe pour donner des forces aux enfants qu’ils sont aujourd’hui, pour les cultiver, pour leur permettre de grandir et de devenir les adultes accomplis dont leur pays, et le monde, auront besoin demain.

Depuis ce temps, aucun homme politique n’a plus parlé ainsi à l’enfance et à la jeunesse de son pays, avec cette confiance et ce respect profond, sur ce ton exemplairement républicain : libre d’esprit, égal d’humeur, et fraternel.

Pourquoi ?

Les temps ont changé. Une clique de cyniques dangereux est arrivée au pouvoir, qui réussit à faire passer un foulard ou une kippa sur la tête, une croix ou une médaille autour du cou, pour des déclarations de guerre à l’humanité, tandis qu’elle-même étale en toute impunité les signes par milliers, extérieurs comme intérieurs, de la vraie religion de l’époque : fric, finance, marchés boursiers, performance, technologie, flexibilité. Tout, jusques et y compris l’école, doit à présent obéir à ce commandement : être rentable. Procurer une rente, donc. Mais au fait, à qui?

Les réformes successives de l’Éducation nationale donnent au grand public, embrumé par les grands médias, l’impression d’avoir échoué l’une après l’autre, analyse Jean-Claude Michéa, l’un des sociologues les plus avisés de notre temps, qui n’est pas par hasard admirateur de George Orwell. Or elles n’ont pas échoué l’une après l’autre, elles ont réussi dans leur ensemble. À quoi ? À mettre en application un programme élaboré dans les années soixante-dix par les hommes de pouvoir, politiciens et chefs d’entreprises, membres de la commission Trilatérale, de 124 l’OCDE, du FMI, de l’OMC, de la Banque mondiale, et plus tard du G5, 7, 8, 20, partez ! et autres instances dirigeantes : pour être compétitif face aux puissances émergentes du XXIe siècle, l’Occident industrialisé allait avoir besoin, d’une part, d’une élite autoreproductrice constituée de 10 à 20 % de la population, cultivée, matériellement aisée, affranchie à tous points de vue, et, d’autre part, d’une masse constituée des 80 à 90 % restants, sous-développée intellectuellement, inculte, surendettée. Des petits consommateurs en rangs par deux, drogués aux gadgets, principalement préoccupés de suivre les modes imposées, incapables de remise en question, privés d’esprit critique et de références. Bridés par la trouille de perdre leur place.

Les moyens d’arriver à cette fin ne manquaient pas, ils ont été utilisés méthodiquement. Suppressions de postes, fermetures de classes, suréquipement technique au détriment de la pré- sence, suppression de l’histoire par-ci, de la philosophie par-là, du grec ancien ailleurs, de la poésie partout… Bref, remplacement des humanités par les inhumanités. Nous y sommes.

Nous, êtres humains, avons cessé d’être des êtres de langage. Nous sommes devenus des êtres de force de vente et de pouvoir d’achat. Ce qui nous est inutile, voire nuisible, nous est présenté comme indispensable. Ce qui nous est vital, la splendeur de la nature, la vie de l’esprit, le temps de vivre, la curiosité intellectuelle, l’amitié avec quelques grands hommes et femmes du passé, nous est présenté comme vain, trop coûteux, non rentable, irréaliste.

Mendès France est resté dans quelques mémoires pour avoir été le doux dingue qui ordonnait la distribution d’un verre de lait à chaque écolier à la récréation. Son discours extraordinaire de fin de vacances sur le sens de l’école, de l’apprentissage et, par conséquent, de la vie, suffit à montrer qu’il avait l’intention de s’occuper aussi d’une autre sorte de recalcification. Les scientifiques nous l’apprennent : c’est entre trois et quinze ans que l’organisme humain assimile le mieux le calcium. C’est durant cette période de douze ans qu’il se bâtit un squelette, une colonne vertébrale à toute épreuve. Ensuite, il est (un peu) trop tard.

 Eh bien, il existe un calcium de l’âme.

Les enfants, au fond d’eux, en sont parfaitement conscients. Ils ont soif de paroles fortes, de lectures nourrissantes, de textes qui ne les laissent pas seuls avec leurs questions, leurs tourments, leurs désirs, leurs angoisses, d’exemples d’adultes qui leur donnent envie de grandir, d’expériences fondatrices qui les animent et les structurent au moment où ils en ont le plus besoin, et où ils sont le plus aptes à les retenir par toutes leurs fibres, à en faire un miel capable de couler leur vie durant. Alors ne perdons pas une occasion de leur offrir des exemples de beauté, de justesse, de liberté, d’indépendance, de chants d’amour au monde. Les livres en sont pleins. Ne nous contentons pas de pleurer des larmes de crocodile sur les cadavres de Jacqueline de Romilly ou de Jean Ferrat. De multiples formes de désobéissance civile sont déjà à l’œuvre. Relayons-les. Amie princesse de Clèves, quand tu tombes sous les crachats d’un cuistre, un ami sort de l’ombre à ta place, brandit ton effigie, offre ton histoire, lit dans ton cœur, t’aime et te fait aimer.

Mais ne nous lassons pas non plus d’argumenter, d’exposer, d’expliquer partout où nous avons  l’occasion de rencontrer des enfants et des adolescents, que quelqu’un, quelque part, a intérêt – un intérêt morbide – à ce qu’ils soient incultes, incapables de penser et de parler (car on peut très bien savoir lire, écrire et compter – qui sont des moyens – si c’est en méconnaissance complète des fins: la parole et la pensée libres, à quoi bon?).

Pensons à leur faire découvrir aussi une phrase décidément méconnue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en son article 2, qui dit que «les droits naturels et imprescriptibles de l’homme» sont «la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression ».

 La résistance à l’oppression.

 

Conseils de lecture :

– Tableau noir : résister à la privatisation de l’enseignement, de Gérard de Sélys et Nico Hirtt, éditions EPO, 2004 ;

– La Destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs, de Liliane Lurçat, éditions François-Xavier de Guibert, 2004 ;

– L’Enseignement de l’ignorance, de Jean-Claude Michéa, éditions Climats, 1999.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Ch%C3%A9rer

 

Com’un sospir d’aigueta…Mon premier poème en occitan…

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Un ramat d’ausels com un rocol d’amor,
un vol del blats a l’entorn d’un cèl, 
sus mon cor s’es pausat com’un sospir d’aigueta.

Premier poème en occitan, écrit en piochant dans les mots de Louisa Paulin…

Louisa-01http://www.louisa-paulin.org/

Une volée d’oiseaux comme un roucoulement d’amour,
un vol de blés autour d’un ciel,
sur mon cœur s’est posé comme un soupir d’eau vive.

24 poèmes pour l’Avent!

Venez partager le calendrier de l’Avent poétique!

Dix décembre:

 

A4 Je me souviens du Petit Chose

 

Neuf décembre:

A4 Elle sera

 

Huit décembre (en retard, fiston malade!)

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Sept décembre, deuxième Avent!

 

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Six décembre, Saint-Nicolas!

A4 la peau douce A4

Cinq décembre!

L’enlèvement au sérail A4

Quatre décembre:

 

4A Je suis ta petite Françoise Sagan

Trois décembre:

A4 prends soin mon amour de la beauté du monde

Deux décembre:

A4 Cent roses blesséesmini

sainte lucie A4

Retrouvez-moi chaque jour, à partir du premier décembre, pour partager le calendrier de l’Avent poétique! Je posterai un texte et serai ravie d’y lire les vôtres! Je lirai tous les jours les commentaires et afficherai vos textes!!

Donnez aussi les liens vers vos œuvres, puisque Noël approche à grands pas! Ainsi, nous aurons une belle vitrine poétique comme autant de flocons de mots…

N’hésitez pas à diffuser cette farandole, et retrouvez-nous aussi sur la page Facebook de l’événement:

https://www.facebook.com/events/341852362684164/?fref=ts

Premier Avent!

Il est venu le doux temps de l’Avent

Humez frissons oyez clochettes

Joues cramoisies des petits enfants

Soleil timide tapi en sa cachette

Il est venu le doux temps du sapin

Piqué au vif par mille boules mises

Au gré des rires de tant de beaux lutins

Tout juste descendus de leur blanche banquise

Il est venu le doux temps des bougies

Lumignons vacillants à fenêtre embuée

Que la lumière soit en nos cœurs assagis

Et que nos mains tendues soient fête partagée

Il est venu le doux temps des parfums

Vin chaud cannelle sombre cardamone et gingembre

Mon marché de Noël ma maison aux embruns

Le pain d’épice aura sa belle couleur d’ambre

Il est venu le doux temps des vœux

Cartes anglaises dentelées étoiles scintillantes

Ressortons nos stylos faisons pause un peu

Amis perdus ou très chers retrouvons les ententes

Il est venu le doux temps des cantiques

Chérubins carillons angelots glorifiés

Lançons alléluias dans toutes les boutiques

Ecouter Sinatra c’est le jazz sanctifié

Il est venu le doux temps des Rois Mages

Et puis le Père Noël et le Saint-Nicolas

Rudolf le petit renne sage comme une image

C’est l’anniversaire du p’tit Jésus et ils seront tous là

Il est venu le doux temps de Noël

Ors profonds flocons fous et guirlandes

Emmitouflés dans douce ribambelle

Aimons-nous sans faiblir faisons fleurir Sahel.