Je saurai que le temps est venu du partage #Sète #VoixVives #poésie #Méditerranée

Un jour, j’irai à Sète.

Pas seulement pour traverser en venant garrigues et citadelles du vertige, pour découvrir ce grand bleu insolent, pour me perdre dans la douceur des sables… Pas seulement pour voir miroiter les plages infinies, pour écouter le cliquetis des mats dans le port, pour rêver aux mers lointaines en marchant Quai d’Alger…

Pas seulement pour grimper à l’assaut du Mont Saint-Clar entre blancheurs et effluves de pins, pour cueillir folle avoine autour de la tombe de Jean Vilar au Cimetière Marin, pour sentir la moustache de Georges me chatouiller la mémoire…

Pas seulement pour arpenter la jetée que foulèrent des cohortes de survivants en espérance, pour passer ma main sur la plaque du souvenir de l’Exodus, pour imaginer le grand vaisseau porteur d’horreurs et de renaissances… Pas seulement pour frémir en voyant les jouteurs au canal, pour déguster tielles et sardinades, pour m’étourdir de fauves et pastels au gré des galeries… Pas seulement pour sourire devant la plaque de la rue « Du Maire Aussenac », pour m’inonder de beauté au musée Paul Valéry, pour m’extasier devant les richesses du MIAM…

Non, quand j’irai à Sète, peut-être, si Dieu me prête vie comme disait ma grand-mère, et, surtout, si mes poèmes ne dorment pas seulement en tiroirs, ne demeurent pas cantonnés dans quelque revue française ou occitane, ne se partagent pas simplement au gré de Jeux Floraux toulousains où je fus double lauréate et de pages internet, mais trouvent un port en quelque recueil ayant pignon sur plage, alors ce sera pour être non seulement spectatrice, mais invitée aux Voix Vives

Bien sûr, je rêve un peu… Car ma poésie est plurielle, aussi variée que les lumières qui tamisent les couchants sur les étangs, passant de l’alexandrin aux aphorismes, du vers libre au sonnet… Sans doute devrais-je apprendre à me plier aux contraintes de la modernité et de l’épure, comme me le hurla un jour Serge Pey en m’admonestant lors d’une conférence auscitaine… Mais, que voulez-vous, je ne m’y résous pas, trop attachée à ma liberté et à mon éclectisme, les mêmes qui me font me pâmer devant Bach ET le jazz, me délecter de maîtres flamands ET d’impressionnistes…

Un jour, oui, j’irai à Sète, pour me trouver de l’autre côté des bancs et des parasols… Peut-être aurai-je la joie de lire quelques extraits de « Garonne est une femmes amoureuse », mon opus qui scintille au fil des eaux vécues et rêvées de mon existence -oui, ces textes cherchent édition !! … Ou le bonheur de faire une conférence autour de mon essai « Rose Ausländer, une grande voix juive de la Bucovine », paru le premier juillet aux éditions Le Bord de l’Eau, en lisant aussi mes traductions de Rose, ma Rose lumière qui aimait tant la Méditerranée et qui l’a chantée dans de nombreux poèmes… Ou la chance de présenter mon projet en cours de montage, « Mare nostrum », qui tricote voix vives de l’ensemble du pourtour méditerranéen, puisque j’y ai rassemblé des traductions dans presque toutes les langues du bassin, du Catalan à l’Hébreu, de l’Italien au Romani…, fédérant autour de l’un de mes poèmes les accents modestes d’amis et de camarades de mon fils et les éclats miroitants de poètes et d’universitaires reconnus, en un puzzle d’allégresse en ode à notre mer, à la paix et aux rencontres…

Un jour, j’irai à Sète, Nausicaa rêveuse, et je n’aurai plus peur. La lumière éblouira mes pages et, le cœur empli de sables et de rencontres, je saurai que le temps est venu du partage.

Cézanne, ouvre-toi !

**

**

Soudain, les cigales.

La route de la mer serpentait vers les bleus.

Cézanne, ouvre-toi !

Garrigue frissonnait en femme fatale,

thyms et serpolets guidaient

vers les isthmes.

Mare nostrum. Phocéenne, grecque, andalouse :

ma Méditerranée

un delta du monde.

****

****

ξαφνικά, τα τζιτζίκια.

**

**

Ξαφνικά, τα τζιτζίκια.

Ο δρόμος της θάλασσας περιδινήθηκε στα γαλάζια.

Σεζάν, άνοιξε!

Ο θαμνότοπος έτρεμε σαν ερωτευμένη γυναίκα,

Τα θυμάρια και οι έρπυλλοι  μας οδήγησαν

στους ισθμούς.  

Mare nostrum. Φωκεαϊκή, ελληνική, ανδαλουσιανή :

Η Μεσόγειός μου

ένα δέλτα του κόσμου. 

Traduit par Démosthène Agrafiotis

(Cliquer sur le lien pour écouter le fichier)

**

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/soudain-les-cigales-en-grec-

**

****

L’été prend le large

**

**

Sète scintille, regarde

au Levant.

Mare nostrum caresse

soleil.

**

Vagues moutonnent comme blé

en levain. Enfants aux joues pâles font au sable

une offrande.

**

Au Môle endormi, l’Exodus bat

pavillon des mémoires.

Terre promise dès la

jetée.

**

Genêts et roses en fauvisme

éclatant grimpent à

l’assaut de Saint-Clar.

**

Criée et sardinades,

espadrilles,

bandol : l’été prend

le large.

Passerelle émeraude

**

**

Platanes mirés en l’eau

assoupie.

Parfois trouver péniche,

grand oiseau marin ensablé,

belle endormie à l’ancre

roussie.

**

Passerelle émeraude,

l’eau serpentine fait arc entre

éblouissements et

déferlantes. Grimper la dune

du Pyla ou entendre cigales

à chaque écluse.

**

Chanson douce qui berce

Ville Rose,

antichambre de la

Méditerranée, promesse océane,

Canal du Midi :

route de la soie des Suds.

(Pardon pour ces signes entre les vers… L’interface capricieuse de ce blog semble hermétique aux paginations poétiques…)

https://www.voixvivesmediterranee.com/

À la Une

Rose Ausländer, une grande voix juive de la Bucovine #essai #poésie #judaïsme #RoseAusländer #Allemagne #Ukraine

https://www.editionsbdl.com/produit/rose-auslander/

Enfin! Mon essai est sorti, tout bleu comme un ciel d’été enrobé du cercle stellaire! Merci à Jean-Luc Veyssy et aux éditions du Bord de l’Eau d’accueillir Rose et ses poèmes, et d’avoir permis l’existence de cet ouvrage passerelle entre poésie et judéité. Merci à Antoine Spire, le directeur de la superbe collection Judaïsme, pour son accompagnement, et à Laurent Cassagnau de l’ENS Lyon pour sa très belle préface. Voici la présentation de l’éditeur:

« Rose Ausländer, dont les poèmes sont traduits dans le monde entier, fait partie des figures majeures de la littérature allemande du vingtième siècle. Sa voix demeure pourtant quasi ignorée en France en dehors de cercles universitaires, alors même que son ami et compatriote Paul Celan la portait en haute estime et qu’elle est considérée comme l’une des grandes poétesses de la Shoah, au même titre que Nelly Sachs. C’est cette injustice que Sabine Aussenac a voulu réparer en retraçant les flamboyances culturelles de Czernowitz, la « petite Vienne » de la Bucovine, avant de fixer les béances du ghetto, de la Shoah et de l’exil, jusqu’à la renaissance en poésie de Rose Ausländer. Et c’est bien autour de cette césure fondamentale du génocide et de la problématique de la judéité que se noue le lien passionné de la poétesse à son public allemand, en miroir du rapport intime et universel la liant à son peuple et à sa religion. Lire cette poésie, c’est aussi se sentir transporté aux confins de la Mitteleuropa ou dans le staccato de l’exil new yorkais avant de se recueillir dans l’atmosphère épurée et stellaire de la langue-souffle d’une poétesse dont la voix ne vous quittera plus. »

J’ai voulu, en écrivant ce texte qui est aussi l’antichambre du roman que j’espère un jour publier autour de Rose, faire découvrir cette femme exceptionnelle et ses milliers de poèmes à un vaste lectorat francophone, tout en articulant ma recherche autour des liens entre sa poésie et le judaïsme.

La voix de Rose bouleversera les âmes sensibles à la poésie; son destin saura aiguiser la curiosité des passionnés d’Histoire; sa langue émerveillera les germanophiles; sa résilience, miroir d’une époque, inspirera tous les exilés, tous les opprimés; son courage devant la guerre, lors de la Shoah et face à la maladie forcera l’admiration de tous.

Et chacun de ses textes, petite lumière en écho aux étoiles qu’elle aimait tant, nous offre en quelque sorte la possibilité de devenir un Mensch… Mon essai, en effet, s’inscrit aussi dans une lutte incessante contre l’antisémitisme.

Enfin, n’oublions pas que Czernowitz, capitale de la Bucovine, se situe aujourd’hui en Ukraine… Lire Rose, c’est aussi dire non à toutes les guerres!

N’hésitez pas à me contacter via le formulaire de ce blog si vous souhaitez acquérir un ouvrage dédicacé. 

Un dernier appel à destination de l’édition: Helmut Braun, le découvreur, l’ami et le légataire de Rose Ausländer, devenu aussi un proche collaborateur, m’a chargée de traduire certains recueils de Rose… Nous sommes donc à la recherche d’un accueil en poésie….

https://www.lyrikline.org/de/gedichte/noch-bist-du-da-555

Noch bist du da

Wirf deine Angst
in die Luft

Bald
ist deine Zeit um
bald
wächst der Himmel
unter dem Gras
fallen deine Träume
ins Nirgends

Noch
duftet die Nelke
singt die Drossel
noch darfst du lieben
Worte verschenken
noch bist du da

Sei was du bist
Gib was du hast

Pour le moment tu es encore là

Jette ta peur
en l’air

Bientôt
ton temps sera passé
bientôt
le ciel poussera
sous l’herbe
tes rêves tomberont
dans le Néant

Pour le moment encore
l’oeillet embaume
la grive chante
pour le moment encore
tu as la chance d’aimer
d’offrir des mots
pour le moment tu es encore là

Sois ce que tu es
Donne ce que tu as

https://avecmavalisedesoieroseauslander.home.blog/2019/05/11/avec-la-valise-de-soie-un-voyage-sur-les-traces-de-rose-auslander/

sabine-aussenac-dichtung.blogspot.com

Son Vercors, son pays, son ancre à tout jamais #Alpes #Isère #JacquesLamoure #nature

Son Vercors, son pays, son ancre à tout jamais

**

Comme en traits enfiévrés ses idées se consument

Par ces encres aux contours en lavis irisés,

Où tels torrents fougueux mille vies en musées

Semblent un écho cascade à sa maison aux runes.

**

Il y a là un grand aigle rappelant les montagnes,

Des visages en des troncs qui dansent tarentelle ;

C’est une tour de livres devenant autant d’ailes,

Et ces herbes douceurs quand la mort bat campagne…

**

Son Vercors, son pays, son ancre à tout jamais

Où nature et culture en symbiose il disait,

Il en chantait les gens et les bêtes et les pierres,

**

Par cent photos jaunies, par tant objets glanés,

Pour les vies de ses humbles, envol d’éternité :

Jacques Lamoure et ses encres nous emportent en lumières.

***

Bravo aux plumes lauréates de ce superbe concours et merci aux organisatrices d’avoir retenu mon texte pour le magnifique recueil!

J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir la personnalité extraordinaire de Jacques Lamoure.

Je vous engage à cliquer sur les liens, en particulier sur les deux premiers!

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/villard-lans-entrons-insolite-maison-musee-jacques-lamoure-549658.html

https://www.vercors-tv.com/1998-La-maison-musee-de-Jacques-Lamoure_v1058.html

https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2021/12/03/un-concours-de-poesies-autour-de-jacques-lamoure

https://www.villarddelans-correnconenvercors.com/offres/maison-du-patrimoine-villard-de-lans-fr-3286940/

Rose Ausländer, une grande voix juive de la Bucovine #poésie #essai #judäisme #Shoah

J’ai la grande joie de vous annoncer que mon essai sur Rose Ausländer, « Rose Ausländer, l’autre grande voix juive de la Bucovine », paraîtra courant 2022 dans une superbe collection de la très belle maison d’édition Le Bord de l’Eau

Lire Rose, c’est tout d’abord être aveuglé par l’empreinte de ce linceul lancinant de la Shoah, décryptant dans cet ossuaire testimonial l’itinéraire cette exilée, de la Bucovine à NY jusqu’à l’Allemagne qui deviendra paradoxalement sa terre d’accueil. Cependant, au fil de la découverte plus pointue de l’œuvre abondante de cette poétesse atypique, au gré de l’hétérogénéité de cette langue éclatée et polymorphe, allant de la célébration rilkéénne des débuts à l’indicible pneuma caractérisant les dernières productions poétiques, on en vient à comprendre le silence ausländerien, cette légèreté de l’essence poétique d’une survivante chantant encore le lilas de l’enfance malgré « le lait noir de la mémoire ».

C’est justement cet équilibre entre l’être et le néant, cette force résiliente qui sous-tend toute l’œuvre de la « poétesse de Düsseldorf », voix majeure de la littérature allemande : « Ecrire, c’était vivre. C’était survivre. »

https://www.editionsbdl.com/

« Inventer

un

poème

signifie

être mis au monde

et courageusement chanter

d’une naissance à l’autre »

Quant à mon roman sur Rose, il est toujours en cours d’écriture…

https://avecmavalisedesoieroseauslander.home.blog/

J’ai encore rêvé d’ailes #hirondelles #printemps #migrateurs #voyage

C’est la lumière qui m’alerte en premier. Imperceptiblement différente. Une sorte de frémissement de l’air, une envolée.

D’ordinaire, j’ai comme un sixième sens. Je sais que lorsque je vais lever les yeux, elles seront là. Un peu comme vous devinez qu’une lettre importante vous attend dans la boîte.

Alors j’ose tourner mon visage vers le ciel, vers ce bleu, ce jour-là, intense, presqu’insupportable, ce bleu qui nous réconcilie soudain avec toute la beauté du monde ; et elles sont là : mes hirondelles.

Je les vois, je les aime, je les sens, si proches, si lointaines, et leurs grands cercles fous me sont comme une aubaine ; soudain, tout s’apaise. Je sais que le monde est à sa place, et que j’ai ma place au monde. Ces frémissements d’ailes dans la première lueur du couchant font de cet instant, de cette minute précise où j’assiste au retour des hirondelles, le moment le plus précieux de mes ans.

Cet instant est mon renouveau, mon équinoxe. Ce moment est mon mascaret et ma dune, mon éveil. Car pour moi, ces hirondelles symbolisent la vie, son éternel retour, sa puissance infinie, la vie, pleine, entière, résiliente et solaire, indestructible.

La grâce, déjà, de ces cercles infinis, de ces ballets aériens, fusant au crépuscule jusqu’au ras des tuiles, ou s’égarant jusqu’aux confins du ciel, me bouleverse. Moi la femme-glèbe, aux sabots de plomb, embourbée dans mes vies tristes, je me sens soudain comme transfigurée, touchée par cette légèreté aérienne.

La liberté, aussi. Assignée à résidence dans ma propre existence, pieds et poings liés par mes soucis, en immobilisme total de par mon manque de surface financière, je suis en admiration devant ces gitanes du ciel, devant ces nomades absolues. Mes hirondelles me disent la bonne aventure, elles seules savent qu’à travers le prisme obscurci de mes gouffres, il reste cette lumière.

Et puis l’oxymore du Bleu de Delft de ce ciel de mai parsemé d’onyx, le contraste parfait entre les ailes veloutées des ébènes en envol et notre printemps d’azur : d’aucuns aiment regarder une ligne d’horizon maritime, qui apaise et invite à tous les voyages… Moi, c’est en contemplant ces tableaux toujours renouvelés que je me sens revivre.

Chaque année reviennent mes grandes espérances : je rêve à un été qui serait différent, qui aurait à nouveau un goût d’enfance et de vent… Je revois la route sinueuse qui menait à la mer, et ce moment précis où le paysage se fait méridional. Au détour d’un virage, l’air s’emplissait de cigales et de pins. Les vacances commençaient. Et puis les cousinades, les odeurs de vergers, les haricots cueillis et le foin engrangé…

Oui, lorsque reviennent mes sœurs du ciel, je reconnais le chemin du bonheur.

*** Cette petite prose a été écrite il y a quelques années, lorsque je me débattais encore dans un enfer social, entre un douloureux divorce international et un monceau de dettes laissées par un autre…


Je me cogne à la prison du ciel

Je me cogne à la prison du ciel

Hirondelle perdue en confins d’irréel

A la recherche de ces infinis soleils

Englués au fond des vallées de merveilles

Tournoyant en cercles éperdus d’immense

Fébrile enfant comme soudain en transes

Je voudrais pour toujours décrocher vieilles lunes

Alourdie dans ma quête par d’ancestrales runes

Je frôle cimes d’arbres

En poussant cris de marbre

En tombeau de ma vie

Je me sens engloutie

Et puis je redescends en piqué maladroit

Happer quelque lumière aux confins des grands froids

Mes grandes migrations ne me sont que misère

J’avais rêvé l’Afrique me voilà en hiver

Oiselle sans boussole

Egarée un peu folle

Oh rendez moi mes ailes

Donnez moi ces printemps que je m’y fasse belle

Où sont ces crépuscules en confins de lumière

Qui m’offriront enfin ces espérances fières

Je veux crier au ciel mes chants d’été soyeux

Je veux à tire d’aile voleter vers les feux

De ces couchants si roses que les joues en frémissent

Me faire signe noir de nos amours prémisses

J’écrirai dans l’azur

Je serai des plus pures

Et au jour déclinant nous quitterons les sols

Vous et moi mon ami pourqu’enfin je m’envole…

Et puis les dettes ont été effacées, le temps a fait son oeuvre, et j’ai même décroché l’agreg externe en 2016, ce qui m’a permis de voyager à nouveau, de fouler enfin ma terre germanique, celle de mon deuxième pays, et aussi celle d’outre-Danube… J’en ai bien profité après ces années de disette: la Rhénanie, bien sûr, berceau familial, mais aussi la Baltique tant aimée à Rügen, les peintres fous de Worpswede, la vallée de l’Elbe en poussant jusqu’à Prague… Un stage de l’institut Goethe m’a offert, enfin, l’émerveillement de Berlin… Une résidence d’artiste m’a permis de déguster les fastes viennois… Mon projet autour de Rose Ausländer a encore ancré cet amour de la découverte.
Puis vint le Covid, et, à nouveau, l’immobilisme…

Et ce soir, en voyant revenir les voyageuses, j’ai pensé à toutes nos envies de liberté, de voyages, de routes, de sentes, de navires, de vols, d’envols…
Bientôt…


En attendant, sachons, comme nos sœurs du ciel, tournoyer en cercles infinis au-dessus des bonheurs du quotidien… Regardons le bourgeon, inspirons ce printemps, et regardons-nous, dans les yeux. Le masque ne nous prive pas de ce plaisir-là.

Des hirondelles dans le ciel d'Ajaccio un 29 février !

C’est le retour des hirondelles

C’est le retour des hirondelles

Les voilà reines du grand ciel

Elles passent et crient à perdre haleine

En cercles d’anges onyx ébène

Criblant mes soirs de perles noires

Elles tournent belles en mes espoirs

Derviches anciens à mes fenêtres

Comme autant d’âmes en disparaître

Le ciel soudain a goût d’immense

Envie de me jeter en vol

De tournoyer comme en enfance

En éternelle escarpolette

De devenir une escarbille

Comme étincelle d’un soleil

Qui partirait en matin d’or

Sur des sentiers couleur nuages

Leurs cris frissonnent en mes désirs

Je les envie les belles oiselles

Si libres en grâce d’absolu

Leurs arabesques giflant mes soirs

Sont ma kabbale et mon miroir

Nul ne saura jamais vraiment

Si je préfère obstinément

Bâtir nichée à mes enfants

Ou voler libre en crépuscule

Bien maladroite libellule

Que vienne enfin l’heure stellaire

Celle où s’aimeront nos deux lunes

Lorsque blottie contre ton ciel

Tu me diras ton hirondelle.

Peut être un gros plan

Bel an neuf! #bonneannée #2021 #poésie #voyages #confinement

Chères toutes, chers tous!

Avec un peu de retard à la suite de soucis de santé, recevez tous mes vœux pour cet an neuf: qu’il vous soit, ainsi qu’à vos aimés, joie, lumière et douceur.

Trois anciens poèmes pour nous souvenir des voyages qui nous semblent si lointains et inaccessibles, des campagnes qui nous manquèrent tant durant les confinements, et un dernier poème presque prémonitoire:)

Une pensée particulière à toutes celles et ceux qui ont été malades et/ou qui ont perdu un proche.

Prenez soin de vous! Aimez-vous! Que les cœurs soient unis et qu’ensemble nous résistions au virus et au découragement!

PS: n’ayez pas peur du vaccin…

Auch…, un premier janvier…

Un jour nous irons vers les Nords

Un jour nous irons vers les Nords
Nos paysages seront blancs d’or
Reine des Neiges tu m’aimeras
Cristal de l’œil repartira

Je serai Gerda ou bien la Reine
Palais de Glace fondra sans peine
En fjords folies fendrons nos rêves
Vie boréale passion sans trêve

Un jour nous irons vers les Ests
Vers des toundras inaccessibles
En yourtes libres lâchant du lest
Humant ces bises inaudibles

Nous grimperons Himalayas
Amour sherpa de nos tendresses
Toujours je serai ta Geisha
Sous cerisiers tu me caresses

Un jour nous irons vers les Suds
Oubliant froidures trop prudes
Palmiers de feu air indigo
Terres sauvages douceurs des eaux

Quatre éléments un seul amour
Tous nos lointains disent « toujours »
Abyssinie parée de sienne
Îles Marquises céruléennes

Un jour nous irons vers les Ouests
Vers une Irlande aux embruns vifs
Rousseurs rochers l’amour nous reste
Voilier ancré en château d’If

Une certitude et un voyage
Comme un élan d’envols immenses
Comme l’arc-en-ciel en paysage
Points cardinaux des mille transes.

Vienne…

Se souvenir des belles choses

Se souvenir des belles choses
Du vent qui siffle sur les lauzes
De ces châtaignes en bogue douces
Et des clairières gorgées de mousses
Savoir encore le goût des mûres
Qui éclatent à nos palais d’été
Et de ces rires en cousinades
Sous les glacis de la cascade
Lorsqu’en retrait du monde adulte
Nous échangions premiers baisers
Se souvenir de l’aigle noble
Et de la buse en la vallée
Ils hurlent majesté aèdes
D’un temps où seule comptait
La vérité
Se souvenir de mots si simples
Margelle bougie édredon
La vie n’était que plume d’ambre
Et la lumière vacillait
L’eau gouttait en ribambelle
Elle coulait de source vive
Se faisait truite en ru d’été
Se faisait lac en vraie montagne
Et mer là bas côté garrigues
Notre eau puisait en monde propre
Et nous savions le poids des beaux
Se souvenir des odeurs sombres
Fermer les yeux sur nos antans
Voilà la cave aux vins poussière
Et les pommes suries embaumant
Montons échelle vers poutrelles
Foin et graines aux blonds décors
Et la malle aux mille dentelles
Maie de la bru bonnet jeté
Oh vous moulins tournez encore
Se souvenir des pas sur neige rêche
Blottis glacés on rêve au feu
Minuits chrétiens la cloche sonne
Nos noëls ressemblaient à un « Martine »
Et Sébastien parmi les hommes
Nous fredonnait ses brumes claires
Se souvenir des jours d’école
Des encriers violets tachés
Nous étions tous des Petit Chose
Meaulnes m’aurait bien épousée
La Seine prend sa source
Et ma vie me détrousse
Peu à peu je me noie en bien tristes horizons
Rendez-moi Saint-Louis sous le chêne
Et l’autre dit le Hutin
M’entendez-vous vieille Pucelle
Qui guérira mes écrouelles
La vie se fait tendre buvard
Se souvenir de nos enfances
Nous redresser toucher du bois
La vie était une évidence
Peut-être n’est-il pas encore trop tard…

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 1149238_10200537195369214_286998587_o.jpg
Quelque part dans le Tarn…

Bas les masques !

Bas les masques !
Il ne suffit plus de désirer les frasques
Ou de maudire en sang les impossibles humeurs
Toi et moi nous serons de plus en plus fantasques
Et un jour nous saurons déguster nos bonheurs.

Hauts les cœurs !
Désormais au grand jour je vivrai mes rondeurs;
Nul n’aura la main mise sur mes appétits d’ogre
Vins et miels me seront comme un appât frondeur
Si tu m’aimes à mon corps ne jetteras l’opprobre.

Liberté !
Si le ciel m’appartient, la terre m’est contée:
J’en serai citoyenne jusqu’aux confins des jours!
Voir Venise et mourir mais plutôt y rester;
Nos voyages auront la couleur des amours

Garonne, en voyage immobile…

Et puis, pour rire un peu, en souvenir, mes « mauvaises résolutions » du premier janvier …2009!! Comme elles semblent lointaines, et pourtant si proches:)

Mes mauvaises résolutions….:::)))

Mieux trier mes ordures.
Vraiment. Pas seulement de temps à autre, en visant la bonne poubelle. Ne pas mentir à mon fils en lui disant que j’ai rapporté les piles…
Ne plus utiliser 10 mugs dans la même journée pour mes thés et tisanes.
Ne pas shooter dans le chat, même très légèrement, quand il miaule plus d’une demi heure après avoir déjà eu sa ration de croquettes bio.
Résister à la tentation de regarder les mails toutes les 5 minutes
Disons, m’accorder plutôt 10 minutes.
Ne pas boire plus de 25 tasses de café par jour.
Arrêter de me dire malade pour le plaisir de voir mon doc chinois.
Ne plus mettre les Gipsy King à fond; il n’est pas certain que mes voisins les aiment et ils ne savent pas forcément que cela m’aide à me concentrer lorsque je vide le bac du chat.
Arrêter d’avoir tout le temps des pensées moqueuses et/ou médisantes:
exemple:
Au tribunal, alors que j’y suis pour un ÉNORME souci: « Tiens, je n’avais pas remarqué que dans ma petite ville même les avocates ne se maquillaient pas! »
Ne plus écouter France Info plus de 15 minutes, voire plus, jusqu’à être capable de réciter les flashs aussi bien qu’une poésie de Maurice Carême.
Basculer plutôt sur « Lahaie, l’amour, la vie » en faisant la vaisselle du midi, ça m’évitera de mourir coincée et me permettra de briller dans les soirées en donnant des adresses coquines du fin fond de ma campagne.
Travailler cette idée du lancement d’un MAXI SEXY CENTER dans mon département.
Car le foie gras, c’est has been, non?
Arrêter de ne PAS m’épiler les jambes sous prétexte que je suis « hors ligne ». Oui, on ne sait jamais. Toujours être habillée comme si Karl Lagerfeld himself venait souper. « La STYLE », ou rien.
Lire le Monde. Non, je n’ai pas dit « acheter », ça, ça m’arrive. J’ai bien écrit « Lire ».
Aller à Paris. Le dire, le faire, et recommencer. Parce que la vie, la vraie, se passe statistiquement aux endroits peuplés, nantis de théâtres, de librairies, de quartiers, de rencontres.
Aller à la mer.
Sans rien. Aller à la plage en maillots et en tongues, même sans serviette, et si possible sans enfants, panier, goûter, crème solaire, ballon, livre, portable, monnaie pour les beignets, maillot de rechange, parasol, couche de rechange-bon, ok, je n’ai plus de nourrisson, c’est dans l’absolu-, bouteille d’eau, petits jus.
Juste aller à la plage, regarder, nager, se coucher à même le sable, sentir.
Aller à la montagne.
Sans rien. Aller à la montagne avec une bonne paire de chaussures, une carte et un chapeau-un bonnet selon la saison. Et surtout sans enfants, sacs, deux mille barres de survie, batons que je porte, guide des GR, pique nique débordant…
Faire faire des cartes de visites ciblées, les garder dans des petites pochettes et les distribuer.
Sur la carte pro, bien mettre un titre ronflant et une super photo, et la donner le plus souvent possible, ne pas oublier les liens internet, et ne pas hésiter à aller au devant des possibles. Bien sûr que ça existe, des profs qui quittent l’Education Nationale…
L’autre carte, celle où il est écrit « I’m free, what else? », je la donne comme ça, au feeling, je la tends à cet inconnu croisé au parc et qui a un si beau regard, je la dépose sur le siège de mon voisin de train qui est plongé dans la lecture de Baudelaire-si si, ça existe, aussi!!!-, et je m’épargne ainsi les 39,90 euros de l’abonnement Meetic.
Tiens, à propos Meetic, je blackliste illico toute personne faisant plus de 5 fautes d’orthographe par ligne et je me mets à faire des recherches par mots-clefs.
La quête de l’Homme doit se pratiquer avec la rigueur d’une recherche universitaire.
Je regarde les émissions intelligentes.
Je ne zappe pas quand je vois Arlette Chabot ou Yves Calvi.
Ils sont aussi respectables que Cauet et ont DROIT à leur part d’Audimat.
J’arrête de regarder » Miss Swann », de toutes manières je n’aurai JAMAIS le courage de m’attaquer chirurgicalement à ma ptose abdominale, et il est HORS DE QUESTION que je me transforme en Barbie.
J’admets que ma PREMIERE OPERATION esthétique a été une erreur, et j’assume enfin la joie de ma transformation:
Avant, j’étais blonde à forte poitrine, aux yeux bleus, 95/60/95, je mesurais plus d’un mètre 75 et je chaloupais des hanches et du regard.
Aujourd’hui, je porte de grosses lunettes, je mesure un mètre 60 pour 60 kilos, je n’arrive pas bien à trouver ma taille de soutif et les abdos ne marchent pas, mais je dois être heureuse avec ce nouveau corps et cesser cette nostalgie ridicule. J’ai droit à ma différence.
Je ne tchatte plus avec**** jusqu’à 2h du matin, c’est ridicule.
Je relis Proust, Hugo, j’apprends enfin à tricoter et je fais des chaussettes pour les petits prématurés du Brésil.

https://sabineaussenac.blog/2020/01/06/comme-un-ciel-boreal-voeux-bonneannee-2020-nouvelan/

https://sabineaussenac.blog/2018/12/31/vous-souhaiterbonne-annee-2019/

https://sabineaussenac.blog/2017/12/29/et-puis-2018-deviendra-souvenir-voeux-bonne-annee-2018/

Fête des mères #fêtedesmères #mère #maman #maternité

Une fête des mères à Clermont-Ferrand, années 94, 95…?

Fête des mères

Fête des mères

fêtes des mères

faites des mères

faîtes des mères

mères des fêtes

mères défaites

défaites des mères

défaites des mers

mers défaites

mers de fêtes

fêtes en mer

mers amères

amères mères

alma mater

mater

maternité

maternités

éternités

mare nostrum

colustrum

maman

ama

mom

Mama…

Bonne fête, maman(s) !

Fête des mères, Place Wilson, Toulouse, 2005 (ou 2006?)
Une fête des mères à La Bourboule, années 90…

A l’abric de la cançon de junh #poésie #occitan #Occitanie #juin #littérature #JeuxFloraux #printemps #déconfinement

A l’abric de la cançon de junh

Al bòrd del cèl,
a l’abric de la cançon de junh,
la meuna anma canta coma los ausèls
e dança la ròda dins l’ombrum.

Aquel camin, que nos fa tornar a la sorga,
non es que cant d’amor,
fresinament d’alas e patz eternala,
ostalada e baudor.

(en occitan, ma langue d’oc…)

À l’abri de la chanson de juin

Au bord du ciel,
à l’abri de la chanson de juin,
mon âme chante comme les oiseaux
et danse la ronde dans l’ombre.

Ce chemin, qui nous fait revenir à la source,
n’est que chant d’amour,
frémissement d’ailes et paix éternelle,
maisonnée et allégresse.

Ce texte fait partie des « Mémoires d’Autan », ouvrage ayant reçu le Prix Camille Pujol lors des Jeux Floraux toulousains de 2020.

http://jeuxfloraux.fr/15.html

« * Une médaille d’Académie égalementà Mme Sabine Aussenac, de Toulouse,  pour son poème « Et les pivoines »

  * Le Prix Camille-Pujol à Mme Sabine Aussenac, de Toulouse, pour son ouvrage Mémoire d’Autan. »

https://www.thebookedition.com/fr/memoires-d-autan-p-371712.html

Mes Mémoires d’Autan sont des miscellanées poétiques entremêlées de réflexions autour de l’être-soi d’un Sud-Ouest baigné par l’Atlantique et Mare nostrum, illuminé par nos campagnes gorgées de tournesols, et bien sûr surtout, pour moi, toulousain et tarnais ; alternances de nouvelles, d’essais et de poèmes en ancrage de cette terre d’Oc qui m’est chère, ces textes vivent au gré des méandres de Garonne et de l’Histoire ancienne ou contemporaine de la Ville Rose et du Grand-Sud…

Comme un ciel boréal…#vœux #bonneannée #2020 #nouvelan

En ces jours où la terre australienne semble se consumer, où les réseaux sociaux évoquent le hashtag #WWIII ou #troisièmeguerremondiale et où l’on dénombre déjà quatre féminicides en France en cinq jours, sans oublier les luttes contre les diverses réformes, celle des retraites, celles du bac…, mes traditionnels « vœux de bonne année » me sont quelque peu restés en travers de la plume…

Mais il en faudrait plus pour me faire taire 😊

Voilà donc, de tout ♥, mes souhaits pour 2020 en bonheurs :

Que votre année soit claire, comme un ciel boréal illuminant les froids. Oubliez les scories et les pisse-vinaigres, pour ouvrir vos persiennes en un printemps jonquille. Laissez parler les fats, éteignez les ignobles, ne gardez que le pur, celui qui nous élève et nous fait voyager vers la vie et le rêve.

Que votre année soit forte comme un acier trempé, comme un chêne aguerri par cent mille tempêtes, pour affronter les nuits d’une époque en folie. Soyez prêts au combat si il est juste et vrai, ne baissez pas la tête, relevez vos fiertés piétinées par les Grands, faites confiance au peuple et conspuez les peurs.

L’image contient peut-être : 3 personnes

Que votre année soit légère comme un vol d’hirondelles redécouvrant soleil. Oubliez les ennuis, souriez au mystère, devenez ce grand vent qui vous pousse hors rivages, soyez foc et Grand Voile : nul besoin de Marquises quand on devient une île.

Que votre année soit folle en fou-rire éternel, gloussement lycéen ou clowneries d’un jour. Rien qui vaille la joie, soyez gais, des pinsons en goguette, jetez au feu tous ces costumes de golden boys brimés, portez hauts la couleur de vos joies. Empourprez tous ces gris, carminez les fadeurs, osez le tyrien, oubliez l’outre noir, faites de votre jour un arc-en-ciel torride !

Que votre année soit douce comme un velours d’antan, peau de pêche et câline, une soie chatoyante. Soyez fous de vous-mêmes, aimez-vous, que tout miroir soit frère et toute glace amie, cessez tous ces mépris pour embrasser votre ombre et vous chérir toujours.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et gros plan

Que votre année soit parfumée, comme une aube sans fin où pré de mai respire, comme un arbre en été quand mille fruits débordent, comme un bois en automne quand toute mousse est vie, comme un âtre en hiver où l’on marie les bûches. Devenez le gingembre, baptisez-vous cannelle, faites de l’ambre l’alliée de vos désirs sans fin.

Que votre année soit dansante comme un bal de juillet, ballerine infinie d’un opéra viennois ou langoureuse en tango, espiègle cha-cha-cha ! Déchaussez-vous, faites de chaque instant un pas de deux, faites des pointes au lieu de faire la tête, soyez Rock’n Roll !

Que votre année soit libre comme un oiseau sauvage, pour vous rendre à vous-même dignité et partage. Vous cesserez les esquives et les compromissions pour enfin devenir ce que vous rêviez d’être. Devenez la cascade, le mustang ou l’étoile, larguez toutes les amarres, levez l’ancre de vos vies !

L’image contient peut-être : ciel, arbre, plein air et nature

Que votre année soit tendre comme un premier amour, quand se tenir la main valait un firmament. Oubliez les records, les audaces poisseuses, osez le peau à peau bien plus fort que dentelles, ne gardez que le Beau qui murmure en respect.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel, nuage et plein air

Que votre année pétille, tintinnabule en joie, qu’elle cavale caracole virevolte en farandole, qu’elle dévale et dévore, qu’elle charpente vos vies, qu’elle arpente vos rêves et déchire vos nuits, qu’elle crépite en feu de joie, qu’elle vous porte aux nues, vers les autres, frères humains, qu’elle nous rassemble en ronde pour devenir demain.

L’image contient peut-être : 2 personnes
Métro toulousain…
L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes
Train autrichien…
Aucune description de photo disponible.
Pèlerins de Compostelle…

https://sabineaussenac.blog/2016/12/31/je-vous-souhaite-un-torrent-et-des-oiseaux-sauvages-voeux-2017/

Écrire…#littérature #poésie #hommage #prixlittéraires #Goncourt #Fémina #édition #éditeurs

Écrire.
Parce que ça brûle et que les mots mangent les miasmes mortels.
Parce que je me consume.
Écrire.
Pour hurler les insupportables injustices d’une vie entre chien et loup, pour appeler tous les soleils.
Écrire.
Pour respirer les lilas et les roses, parce que consommer ne suffit plus.
Écouter la petite fille de sept ans qui déjà dans une rédaction voulait « son nom écrit en lettres d’or »
Écouter l’adolescente rondelette qui savait qu’elle ne serait jamais starlette, mais que son esprit avait la grâce des vents.
Écouter la jeune fille qui noircissait cahiers et carnets de poèmes et d’intimes.
Faire taire les médisants et les jaloux, ceux qui ricanent en disant « tu fais encore tes poèmes ? » et ceux qui ne lisent jamais.


Écrire.
Sentir les mots qui fusent dans mes veines comme autant de petits shoots, les modeler comme je respire, les coucher tous neufs sur le papier de soie de l’imaginaire.
Les voir s’embouteiller pare choc contre pare choc sur le bitume de mes nuits, les regarder décoller ou décolérer, me prendre soi-même par la main.
M’amener au parc Monceau des mémoires et manger des mots tagadas.
Écrire.
Exister.
Survivre.
Se sentir relié au vivant. Microcosme dans le macrocosme des auteurs. Relire Rilke, Desnos, Sophocle, jouer dans la cour des grands.
La solitude n’existe plus, dès lors que les lettres ont pris forme dans un cerveau d’enfant. Je me souviens de cet immense chagrin : et comment ferai-je pour « tout » lire ? Le fait de ne jamais visiter la Patagonie ou les Maldives me tourmentait bien moins que l’idée de ces milliards de pages que je n’aurais jamais le temps de parcourir…


Écrire.
Pour te parler.
Pour vous parler.
Pour les méridiens célaniens autour d’une terre murmurante et dialogique.
Pour bousculer les idées reçues et pas pour recevoir des prix.
Pour maculer les neiges et éblouir les nuits.
Pour faire basculer dans le vide les parachutes dorés.
Par devoir d’insolence.
Par malice ou par fierté, par respect ou culpabilité.
Écrire.
Pour le poids des mots, le choc des idées, pour les mots tocsins et les caresses d’âmes.
écrire.
Te toucher dans le mille. Te bouleverser. Te traverser. Te tournebouler. Te secouer jusqu’à l’extrême. Pour t’inventer, te rencontrer, te trouver. Pour te parler.

https://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/liberte-etat-animal_b_1917609.html


Écrire.
T’écrire.
Oublier ceux qui m’accusaient de verbiage. De me répéter. D’oser communiquer par le bais des mots couchés en lieu et place d’une discussion franche.
Relever la tête des mots. Leur apprendre à défiler comme sur un podium, entre insolence et grâce.
Couper les franges, outrer les regards, charbonner les yeux, raccourcir les jupes. Mots de filles, mots de femme libre, créatrice, mannequin et cliente : j’écris et m’habille comme bon me chante.
Mots de blonde, mots de bombe. Mes mots bombent le torse et s’affichent en talons aiguilles.
T’écrire, te dire.
Écrire les envies aussi, les désirs, les folies. Ecrire le feu, écrire par le feu. Et les frissons tentants.


Écrire.
Partout. Sur des bouts de papier volés, sur la nappe des restaurants, griffonner, noircir, exploser.
Sentir la brûlure de l’urgence quant l’idée naissante se présente dans la maïeutique du quotidien.
Oser réclamer du papier au magasin de fleurs, et griffonner sur tout support possible. Les chéquiers se font Nobels en puissance, le plan de Paris devient Goncourt.
Écrire encore à la main, pour le plaisir des volutes de l’encre et de la sensualité des lettres papiers. Envoler des majuscules gracieuses sur des enveloppes ensuite personnalisées. Et parfumer la lettre, bien sûr, en synesthésie malicieuse de femme amoureuse.


Écrire.
Frapper aux portes du ciel. Détourner les avions du quotidien. Se faire chasseurs d’orages. Devenir le hacker de sa propre vie, pirater ses données pour ne jamais les formater. Souffler sur ses rêves jusqu’à tisonner l’impossible.
Mots silex.
Guerre du feu de l’imaginaire.
Devenir tribu.
La horde, c’est vous.
Garder le feu, se faire caverne et découvreur de mythes.
Écrire.
Rassembler les possibles, croiser le fer contre la banalité.
Devenir peuplade inconnue, terre vierge.
Mots berceau de l’humanité.
Écrire.
Se faire parchemin, tablette, vélin.
Devenir Table de la Loi, Torah, Coran.
Mots buisson Ardent.
Révélations.


Écrire.
Etre l’historien des mondes et un monde en soi.
Bâtisseur de cathédrales et patron de start up.
Écrire le vent et les villes, les sables et le froid, écrire les pertes et les dons, le pardon et la grâce.
Écrire pour trouver grâce à tes yeux.
Écrire pour que tu me manges des yeux.
Écrire qu’il n’est jamais trop tard.
Pour faire fleurir le désert des Tartares.
Écrire.
Pour que tu me déshabilles du regard.
Pour que tu me lises très tard.
Écrire.
Pour que tu devines mes lettres dans le noir.
Pour que tu devines mes formes le long des soirs.
Écrire.
Pour que tu aies envie de me prendre la main.
Pour que tu sentes soudain la roue du destin.
Écrire.
Pour que mes mots te soient caresses, pour que tu sentes mes tendresses.
Pour que ma lune te soit soleil.
Pour que mes étoiles deviennent arc-en-ciel.

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/cv/portfolios/ich-liebe-dich
Écrire.
Pour apaiser mes creux au ventre.
Pour te dédier l’inextinguible.
Pour te faire sentir que je tremble.
Écrire.
Pour allumer tous nos possibles.
Pour que la nuit nous soit complice.
Pour te murmurer des serments, pour que tu m’embrasses dans le cou.
Pour que tu deviennes fou.
Écrire pour que tu me trouves belle.
Pour devenir ciel et enfer de ta marelle.
Pour te susurrer des images.
Écrire pour trouver le passage.
Écrire pour ne pas être sage.
Écrire pour t’aimer, nous aimer, aimer.
Écrire.


Et vivre.

PS: les # du titre ne sont là que pour la visibilité du texte:) Je n’ai aucune prétention:) -et ce texte date de 2009…