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Éternelles burqas du silence

Éternelles burqas du silence,
capes d’invisibilité…
Ignorées transparentes surtout
ne pas exister.
Corps de verre,
brisés par cette armure telle
ceinture de chasteté
sociale,
la femme est vierge éternelle
ou putain, terra incognita
des désirs,
vouée aux Gémonies du
nomandsland sous cette chape de
plomb,
disparue sous les drapures
imposées par la main des violences masculines.

Éternelles burqas du silence,
du voile au burkini en
passant par niqab
ou hidjab,
cachez ce corps que
je ne saurais voir.

Mutilations ancestrales sous
couvert du Livre :
excision des beautés,
infibulation des chairs,
castration inversée
par peur de ce corps féminin,
de ses courbes, de
ses pleins et de ses déliés
qui engendrent
qui caressent
qui jouissent
même sans le glaive du Seigneur
mais n’ont pas ce droit primitif
à la liberté.

Éternelles burqas du silence,
jusqu’à n’être plus que
fente d’un
regard,
dernier bastion du droit à
la survie
dans un monde
où tout est tabou,
dans un monde sans
allégresse, désert de pierres,
ces pierres qui nous lapident,
nous, les femmes
toujours adultères,
un monde où la danse, la musique,
la vie même
sont voués à la charia.

Éternelles burqas du silence,
et vous Messieurs les Talibans,
vous les hommes régnant sur
cette terre ayant banni
toutes les libertés premières
pour les femmes,
vous qui avez osé sous couvert
de légalité confirmer
le droit des Hommes à
mutiler les Femmes, à les enfermer
les priver de lumière de santé d’éducation les faire vivre comme
des bêtes de somme des esclaves
des Intouchables sous le regard silencieux du monde,
de ce monde où la moitié de
l’Humanité persiste à enfermer tuer violenter féminicider l’autre
moitié depuis des
millénaires,
je vous conspue, Messieurs les Talibans,
je vous bannis,
je vous déclare indignes,
vous qui venez depuis plus de cinq ans d’interdire
aux corps d’exulter,
de se livrer à la vie,
au sable, aux vents, au soleil, à la mer, aux quatre éléments
qui nous constituent liberté,
vous qui persistez à interdire
le feu sacré
l’eau lustrale,
le pneuma vivifiant
et la terre nourricière
à celles qui pourtant
donnent la vie,
à vos
mères,
vos soeurs,
vos femmes,
vos filles,
à toutes les Afghanes,
nos sœurs que nous laissons mourir et s’étioler sous votre barbarie.

Sabine Aussenac.

« Aujourd’hui, l’Afghanistan est le seul pays au monde où l’enseignement secondaire et supérieur est strictement interdit aux filles et aux femmes. Près de 2,2 millions d’entre elles sont actuellement exclues de l’école au-delà du primaire à la suite de cette interdiction régressive (UNICEF, 2025).  Les données publiées par OCHA en décembre 2023 indiquent qu’au moins 1,4 million de filles n’ont pas eu accès à l’enseignement secondaire que les autorités de facto ont pris le pouvoir en août 2021. »
https://www.unesco.org/fr/emergencies/education/afghanistan

« Depuis l’arrivée des talibans, le nombre de suicides et de tentatives de suicides de femmes a explosé dans le pays, selon les données fournies par des hôpitaux publics et des cliniques de santé mentale dans un tiers des provinces du pays. Les talibans ayant interdit la communication de ce type de statistiques dans de nombreuses provinces, elles sont envoyées en privé par des travailleurs du monde médical et correspondent à la période entre août 2021 et août 2022. Ces données laissent entendre que l’Afghanistan est l’un des très rares pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes. »

https://www.slate.fr/story/252372/afghanes-talibans-suicide-interdictions-filles-quitter-pays-etudes

« Dans les pièces sur rue aux fenêtres murées, l’obscurcissement gagne, l’oxygène se raréfie, et, aussi, l’horizon disparaît : pour ne plus voir les femmes, on les aveugle. »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/31/afghanistan-le-droit-de-sortir-de-la-maison-est-pour-les-femmes-une-question-de-vie-ou-de-mort_6525472_3232.html?srsltid=AfmBOopYn8tMjV5G0Vozo0CcMOki7i9sZPyRiyQF1m3CohU15arU2QSY

« L’Afghanistan possède ainsi l’un des taux de mortalité maternelle et infantile les plus élevés au monde : le taux de mortinatalité atteignant 28,4 pour 1 000 naissances (OMS, 2019), avec de fortes disparités régionales. De nombreuses femmes afghanes ne font pas le voyage jusqu’aux structures sanitaires. Lorsqu’elles parviennent enfin à se rendre à l’hôpital pour accoucher, il est souvent déjà trop tard. « 

https://www.msf.fr/decryptages/soigner-les-populations-exclues-des-soins-en-afghanistan

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