Rose Ausländer, retour sur la tournée littéraire de juillet 2023#RoseAusländer #poésie #francoallemand #devoirdemémoire

Devant le buste de Rose AuslÄnder dans le Nordpark de Düsseldorf, crédits Sandra Voß

Plus d’un an après, il est plus que temps de faire le bilan de la superbe tournée littéraire autour de Rose Ausländer, rendue possible par la bourse reçue par la Société Rose Ausländer du Fonds Citoyen Franco-Allemand en juillet 2023. Si j’ai attendu autant de temps pour finaliser ce résumé, c’est d’une part car je ne voulais pas « faire de l’ombre » au site du FCFA (mais ils n’ont finalement pas mis notre projet en ligne, dommage…), et d’autre part car cette année a été bien agitée et difficile, entre une opération ratée et la perte de mon père.

En ces temps incertains où les armes résonnent tout autour de nous, non loin de la Bucovine de Rose sise aujourd’hui en Ukraine et bien sûr en Israël, à Gaza, au Liban, quelques jours après la commémoration des abominations du 7 octobre 2023, alors que des dizaines de milliers d’innocentes victimes sont mortes du fait de la folie des hommes, quand la peste brune sévit partout en Europe et que les actes antisémites se multiplient chaque jour, il me paraît aussi très important de revenir sur ce pari de la bonté, de la résilience et de la réconciliation qui fonde mes recherches au sujet de cette poétesse et sur lequel mes parents franco-allemands ont bâti sur relation.

Enfin, me voilà heureuse retraitée et pleine de temps libre pour revenir sur cette magnifique aventure!

Le travail d’organisation de la tournée avait été considérable, car cela a pris un temps infini de démarcher des dizaines d’interlocuteurs avant de réussir à finaliser les choix des dates, les lieux et les intervenants. Mais cela en valait la peine! Car les résultats de cette magnifique aventure vont bien au-delà de nos espérances!

Car outre la richesse des rencontres, la beauté des soirées musicales et les découvertes faites tout au long du séjour en Rhénanie, notre aventure a attiré l’attention des médias, et même d’un éditeur outre-rhénans! Et nous espérons sincèrement que cette tournée aura aussi des répercussions en France et nous permettrons de trouver un port d’accueil pour les traductions des poèmes de Rose et pour le roman.

« Rose, entre le ciel et ici », a permis l’extraordinaire rencontre de cultures, de peuples, de religions, puisque chaque soirée littéraire a donné l’occasion de chiasmes franco-allemands, avec des lectures bilingues, et de passionnantes discussions autour de l’histoire européenne et mondiale, du dialogue interreligieux, et, bien sûr, de la poésie et de la littérature.

De gauche à droite: Eva-Susanne Ruoff, Sabine Aussenac et Yael Anspach, dans la salle « Stadtfenster » du KAPP1.

La soirée du 4 juillet, à la bibliothèque de Düsseldorf, introduite par le Directeur, Klaus-Peter Hommes, puis modérée par Helmut Braun, le découvreur, l’ami et l’éditeur de Rose, fut un éblouissement artistique, grâce au violoncelle de la talentueuse Eva-Susanne Ruoff qui avait su choisir des pièces musicales s’harmonisant parfaitement aux textes lus à cette occasion. Pour chaque représentation, nous avions choisi des poèmes différents, afin de créer une atmosphère particulière. Yael Anspach, qui a remplacé Ruth Schiefenbusch, hélas malade, au pied levé, sut mettre toute sa fougue d’ancienne Sabra dans sa belle lecture des textes de Rose.

Le salut des artistes, crédits photo Barbara Schmitz

Les miscellanées de Wuppertal, le 6 juillet, furent tout aussi riches, malgré un public clairsemé! L’atmosphère estivale de l’arrière-cour de la librairie GlücksBuchladen et les accords du saxophone de Thomas Voigt, qui nous accompagna grâce au financement de la Else Lasker-Schüler-Gesellschaft, s’accordèrent aux cris des hirondelles pour envelopper la poésie ausländerienne de lumière bienveillante. C’est Helmut Braun qui prêta sa voix aux lectures en allemand, et sa connaissance des textes en permit une lecture pointue et parfaite.

https://www.facebook.com/sabine.aussenac/videos/1327387941185175

Voici le déroulé audio complet de la soirée, avec l’intégralité des lectures bilingues:

https://www.poesie-sabine-aussenac.com/cv/portfolios/rose-tour-lesung-wuppertal

Enfin, le 8 juillet, le happening musical et littéraire de la dernière rencontre aux alentours de Duisburg, accueilli au « Plus am Neumarkt » du Kreativquartier Ruhrort par le charismatique Heiner Heseding, accompagné par les bienveillances de la Société franco-allemande de Duisbourg, avec nos lectures croisées en deux langues, et par le talent infini du jeune chanteur Philipp Eisenblätter, se révéla vraiment comme le Climax de la tournée, avec un public vaste et varié, composé en partie par d’anciens ouvriers de la sidérurgie rencontrés lors d’une manifestation, venus en nombre! Wolfgang Schwarzer, l’ancien président de la « Voilà-Gesellschaft », avait retravaillé avec moi certaines traductions avant de partager la scène bilingue, tandis que Waltraud Schleser, actuellement à la tête de cette organisation qui porte haut les couleurs du franco-allemand, ouvrit le bal avec un beau discours.

Petit aperçu de l’ambiance:

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Philipp nous enchanta avec sa reprise de sa chanson phare « Duisburg » et avec sa mise en musique de l’un des poèmes de Rose.

Quelle belle surprise aussi de voir ma famille allemande venue découvrir Rose, et une journaliste de Deutschlandfunk Kultur assise au premier rang pour couvrir l’événement! Il faut dire que la presse avait grandement annoncé les différents événements de la tournée et que j’avais même donné une interview dans une télévision locale la veille!

Voici quelques liens vers la presse:

Pas peu fière d’avoir été annoncée dans die Rote Fahne, le journal fondé par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht!

https://www.rf-news.de/2023/kw27/literarische-buchlesung-einer-engagierten-kaempferin-gegen-rassismus-und-antisemitismus

Heiner Heseding avait lui aussi annoncé la soirée duisbourgeoise:

https://www.lokalkompass.de/event/duisburg/c-kultur/rose-zwischen-himmel-und-hier-lesetour_e300098

Entre les différentes dates, j’ai pu comme prévu poursuivre mes recherches autour de Rose et faire quelques lectures de textes et de poèmes en différents lieux.

Enfin, peu de temps avant mon retour à Toulouse, la journaliste Sandra Voß a souhaité faire une nouvelle interview, et nous avons passé un délicieux moment devant le buste de Rose dans le Nordpark de Düsseldorf. L’intégralité de cette rencontre est disponible en podcast:

https://www.deutschlandfunkkultur.de/rose-auslaender-roman-resilienz-aussenac-100.html

Merci encore une fois à toutes les participantes et à tous les participants de ce beau projet qui a fait résonner l’Europe, le franco-allemand et le Devoir de Mémoire. Merci à mon amie de toujours, Marie-Claude Camatta, d’avoir fait cette belle affiche, merci à Barbara Schmitz pour les photos, merci à l’infatigable Helmut Braun de son soutien précieux, merci à la société Else Lasker-Schüler et à la société franco-allemande de Duisburg, avec une grande reconnaissance à Wolfgang Schwarzer, merci à Yaël, merci à Heiner Heseding, à Sandra Voß, aux camarades de la Rote Fahne, au studio 47, et bien entendu un tout grand merci aux talentueux artistes:

* la fabuleuse Eva-Susanne Ruoff!

http://esrohlfing.de/

* le talentueux Thomas Voigt!

http://www.dein-saxophonist.de/

* l’extraordinaire Philipp Eisenblätter!

Sa dernière vidéo:

Et le clip de ma chanson préférée, celle à travers laquelle j’ai découvert cette pépite de la chanson allemande!

Et surtout, merci au Fonds Citoyen franco-allemand de son soutien!

https://www.fondscitoyen.eu/

En conclusion, mon poème dédié à Rose Ausländer:

Une vie à réinventer… #retraite #enseignement

Dernières heures.

Dernières minutes.

Dernières secondes.

Dernière surveillance.

Après les dernières heures de cours, les derniers conseils.

40 ans. 40 ans qui se terminent comme ça, doucement, en catimini, dans le silence feutré entrecoupé de quintes de toux et de stylos qui tombent, dans le clair obscur d’une salle où transpirent de jeunes esprits qui se collètent avec une épreuve de spécialité, dans les moiteurs et les empressements.

Pas d’au-revoir, pas de pot de départ, pas d’annonce claironnante quand tu n’es que TZR ( un peu comme contractuel, mais en fait agrégée en fin de carrière sans poste fixe).

Dehors, ces trombes d’eau qui transpercent un ciel de fin du monde, un ciel presque jaune, en étrange début d’été aux allures de Toussaint.

Demain ce sera la fête de la musique, comme lors de ta première, celle où tu avais aussi vu Crosby Stills and Nash au Zénith de la ville rose. Comme ces années sont passées vite…

1984, année de mon CAPES…

Tu as encore en tête le goût de ton tout premier cours, celui avant lequel un collègue pressé t’avait dit ‘ Tiens, voilà les clefs et la salle de ronéo, tu prends les craies chez le concierge!’. Tu te souviens de la bouille ronde de ces sixièmes comme autant de petits chats, attachants et joueurs, comme tu te souviendras toujours de cette dernière cuvée, des étreintes, le dernier jour, avec trois filles de seconde, de leurs petits mots gentils, du sourire de tes premières si reconnaissants et des échanges adorables et forts avec tes terminales.

Tu prévois peut-être un récit, un livre. 40 ans! 40 ans!!!!! 40 ans à raison d’une cinquantaine à plus d’une centaine de têtes blondes à accompagner par année, au gré des réformes diverses, à naviguer entre collège, lycée et BTS, à avancer, à se renouveler, à toujours croire en EUX, en leur potentiel de jeunes humains en devenir. À essayer de ne jamais les décevoir.

Tu te souviens de cette époque d’avant internet, quand déjà tu leur faisais faire des cassettes audio que tu écoutais en faisant ton repassage avant Ciel mon mardi. Tu n’as jamais oublié les montages que certains faisaient en utilisant les chansons de Grönemeyer…

Tu te souviens de ces élèves des petits collèges de campagne, si naïfs et gentils. De tes élèves de ZEP qui disaient ´ Ich liebe dich’ durant l’appel, ou ´Ich bin ein Berliner!’ De tes élèves de CHAM, les sections musique, brillantissimes et drôles, de Sissi qu’ils adoraient, de leurs rêves immenses. De cette élève de Roubaix dont le grand rêve, justement, était de devenir caissière.

De ceux qui sont morts, de celle qui a eu un accident de scoot, de celui qui s’est tiré un coup de fusil dans le ventre, de celui que son père a tué entre midi et deux d’un coup de fusil de chasse avec sa mère, de celui qui n’a jamais quitté ton cœur, dont la voiture s’est emboutie sous un camion. Maud, Jérôme, Michel, je dis vos noms.

Tu te souviens des repas de classe, quand tu étais jeune prof et que tu allais à ceux de tes Terminales qui avaient presque ton âge, quand ton collègue de philo faisait mine en te voyant de te prendre pour une nouvelle élève, et puis cette guitare dans ton jardin quand Vincent jouait La fille du coupeur de joints et Mistral gagnant sous le grand catalpa.

Tu te souviens du CD de la Traviata qu’on t’a offert devant le lac du jardin Lecoq. L’auteur de ce présent est toujours ton ami. Merci, Jean.

Tu te souviens des fous-rires, tellement innombrables, tellement plus que tu ne te souviens des heures difficiles. Bien sûr, elles ont existé aussi, ces classes désagréables dès la rentrée, ces moments de luttes intestines répétitives et usantes, comme si certains groupes parfois espéraient sonner l’halali en t’acculant à la colère, mais jamais tu ne cédas ni ne renonça au dialogue. Et tu préfères d’ailleurs te souvenir des farces de celui que tu avais eu presque 6 ans ( 2 secondes, 2 premières etc….!) et qui un jour avait mis une poubelle remplie d’eau en équilibre sur le haut de la porte:)

Dans cette même classe, les garçons avaient aussi écrit un jour ´ Ich liebe dich’ sur leurs paupières, on le lisait quand ils fermaient les yeux!

Tu te souviens, de ces mêmes années, du groupe d’élèves No name, dont tu avais d’ailleurs écrit le nom sur ta trousse, que tu avais écouté dans un bar non loin du lycée. Le guitariste est devenu connu, je le salue au passage!

Et puis les chaussettes musicales qui faisaient un chant de noël que toi aussi tu as portées une année, pour leur faire une farce à ton tour !

Tu te souviens des langages codés si créatifs, des ´chutez-vous’ en lieu et place de ´chut’ de tes élèves des quartiers! Et de certains visages inoubliables: ma chère Ophélia devenue une amie de mon fils, ma talentueuse Clarisse, ma douce Sèverine qui me doit sa famille (😎), et puis celui qui venait en cours en cravate et savait qu’il étudierait à Oxford, en 4e, et les brillantissimes, et tous ces cancres adorables…

Tu te souviens à peine des collègues, car somme toute ce sont les élèves, surtout, qui t’ont portée et soutenue lors de cette longue carrière! C’est sans doute lié au fait que tu as, au bout de dix ans, perdu ton poste fixe pour ne jamais en retrouver un. Mais tu garderas contact, c’est certain, avec quelques profs au grand cœur rencontrés au gré de tes affectations, et avec ce magnifique groupe FB de profs d’allemand, si riche en échanges et en conseils! Et tu n’as pas oublié l’accompagnement précieux de l’Institut Goethe durant toutes ces années, avec ton inoubliable stage à Berlin, ni les engagements forts et incessants de l’ADEAF…

https://www.adeaf.fr/#

Tu as une pensée émue pour tes chefs d’établissement, surtout pour deux d’entre eux disparus, eux aussi. Pour toutes les âmes qui portent à bout de bras les établissements où tu as travaillé, les petites mains qui nettoient et qui servent les repas, les piliers que sont les secrétaires de direction, les AESH qui accompagnent les élèves différents, la ruche bourdonnante de la vie scolaire, les sourires des personnels d’accueil…

Tu te souviens de ces petits matins blêmes quand, vers 4 h 30, tu te levais avant de prendre bus, métro, train et car pour rallier St Girons et longer les eaux vives du Salat. Et des centaines de trajets en TER entre Auch et Toulouse. Tu te souviens des milliers de copies corrigées, et de tous ces oraux de bac…

Trajet entre mon lieu de vie à Auch et trois postes, gare de l’Isle-Jourdain…

Tu te souviens du sms reçu par un élève dont le père était gendarme, quelques minutes après la tuerie de Merah à l’école juive. Tu te souviens d’Imagine chanté par tes élèves après le Bataclan.

https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/myriam_199095.html

Tu te souviens des cris de joie des bacheliers, des fronts soucieux des sixièmes, des confidences entre deux cours, de toutes les marques de confiance. Des gâteaux de l’Aïd apportés par les mamans, des Plätzchen de Noël faits par les élèves, des flashmobs et des repas allemands à la cantine.

https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/je-devins-une-enfant-de-l-europe_10388.html

Tu te souviens du café pris au soleil devant la salle des profs, devant la grande cours de Blaise, en écoutant U2 au Walkman, et de la fois où tu t’es infiltrée à la soirée bac au Diam’s. De la Perdrix et du Phydias, et du bar Chez l’Ogre, où les frontières se faisaient floues.

Montage fait par un Terminale qui savait ma passion pour U2…

Tu te souviens des inspections, de celle où tes filles avaient eu une gastro toute la nuit et où tu avais réparé ta branche de lunettes avec du scotch.

https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/vous-avez-dit-cayenne_466.html

Tu te souviens des dizaines d’expositions faites au gré des semaines franco-allemandes ou des semaines des langues, et des magnifiques soirées passées avec les assistants étrangers ou avec les parents durant les échanges…

https://annexeplochingen.blogspot.com/

***

Le thème de la dernière nouvelle que tu as écrite pour un concours était… Nouveau départ.

Oui, c’est bien cela, tu vas prendre un nouveau départ, et d’ailleurs tu te sens exactement comme à 18 ans, puisque, sans conjoint, sans maison, tu es libre comme l’air ( bon, presque, car encore très nantie de parents et d’enfants 😇) et donc capable, en théorie, d’enfin faire ce qui te plaît plaît plaît… Vas-tu voyager enfin, le faire, ce road trip à travers les States? Découvrir le Japon dont tu rêves, ou, plus prosaïquement, le Portugal? Enfin aller à Rome ou en Écosse?

Prendras-tu le temps de démarcher les éditeurs pour tes trois romans, pour les centaines de nouvelles et les milliers de poèmes? Seras-tu invitée au Marché de la Poésie ou aux Voix Vives de Sète, aux foires du livre? Quitteras-tu un jour les briques rouges pour les rives du Rhin?

Dernières heures.

Dernières minutes.

Dernières secondes.

La pendule marque presque la fin de l’épreuve et de ma fonction d’enseignante du secondaire.

Il va falloir trouver un temps nouveau, ne plus s’accrocher à ce découpage des agendas au papier tout neuf qui fleurent bon vendanges, des conseils de classe aux parfums de mandarine d’avant Noël, des ponts du mois de mai et des examens où l’on devine déjà la ligne bleue de Mare nostrum…

Ma vie est à réinventer.

( …et d’ailleurs ma date de départ à la retraite est le… premier octobre!!! Mais je pense que le mois de septembre se passera à couvrir des livres dans un C.D.I…😎 )

http://www.jimlepariser.fr/l%E2%80%99hymne-a-la-joie/

Et deux interviews dans le Café Pédagogique:

https://www.cafepedagogique.net/2024/06/27/sabine-aussenac-professeure-dallemand-jai-ete-une-prof-heureuse/

https://www.cafepedagogique.net/2024/07/04/sabine-aussenac-professeure-dallemand-jai-ete-une-prof-heureuse-2/

Arroser les souvenirs irisés

R êver aux jours

E ncore si proches et pourtant

T rès lointains,

R ire en se souvenant de mille joies,

A rroser les souvenirs

I risés qui rassemblent

T endresses et douleurs:

E nfanter vie nouvelle…

**

Florilège des superbes travaux réalisés par les élèves au fil des ans…:

https://lallemagnetoutunpoeme.blogspot.com/2024/02/ma-belle-allemagne.html

Prix coup de cœur #concoursdenouvelle du #CROUS #Occitanie

Quelle jolie surprise en fin de semaine dernière! L’une de mes nouvelles a remporté le prix Coup de cœur du Concours de création littéraire du CROUS Occitanie! Elle sera à lire prochainement sur le site du CROUS…

https://www.crous-toulouse.fr/sortir-bouger-creer/
J’ai été d’autant plus touchée que j’avais remporté le premier prix de ce concours en 2018 avec ma nouvelle « Comme autant d’arcs-en-ciel »…

Merci aux CROUS de France de permettre l’envol de talents artistiques! Nous avons eu la joie de partager les remises des prix aux lauréates et aux lauréats dans la grande salle de l’Université du Temps Libre située dans la belle arrière-cour, non loin du magnifique marronnier qui veillait déjà sur mes années d’étudiante…

Bravo à toutes et tous, et merci pour la très belle lecture qui a été faite de la nouvelle lauréate, et pour la superbe soirée festive et colorée qui a suivi ces partages!

https://www.facebook.com/1138188420/videos/pcb.10225068375113376/496329872750513

J’aime infiniment ce lieu, qui abrite donc le CROUS, mais aussi l’ENSAV et tous ses talents audio-visuels… La cinémathèque et la Cave Po’ ne sont pas loin, ainsi que notre Sherpa, vénérable institution toulousaine qui met la Bretagne à nos portes…

https://www.facebook.com/profile.php?id=100054454901463

Autrefois, en mes jeunes années d’hypokhâgneuse, la bibliothèque américaine se nichait aussi à cette adresse, au premier étage, derrière les immenses murs de brique. C’est là que je venais faire mon marché amoureux, abordant innocemment de beaux étudiants en leur lançant avec mon accent tarnais: Hi, are you american?

Cette jeune fille n’existe plus que dans des souvenirs sépia qui se mirent parfois au gré des eaux mêlées de ciel…

Sabine Aussenac

photo de 2018, prise le jour de la remise des prix, sous le marronnier…

Pas(s)age(s)#bonneannée #2024 #happynewyear

Pas(s)age(s)

En m’excusant du « s » surnuméraire à « année-s »!

Pas sages

non, nous n’avons pas été sages

avant ce passage

des ombres de l’an vieil aux

lumières de l’an

neuf.

Encore une année des chaos, quand

hurlent les vents des sirènes au

milieu des fracas, quand meurent

 innocents, enfants martyrisés, femmes

violentées, pays ravagés.

*

Mais il y a eu aussi le Beau : ces abeilles en

printemps butinant

espérances, ces nouveaux-nés potelés

comme angelots, et puis les rencontres, les rires, les rivages

où dérivent nos vies en devenirs…

Accueillons-nous, cueillons les fruits sans cesse

renouvelés du temps, osons nous regarder

et faire de notre terre un meilleur

monde. Soyons rivières et coquelicots,

névés et blancheurs, débordons de

candeurs pour radier les nuits noires.

Éclairons-nous au feu

des âtres parfumés. Soyons les

allumeurs de réverbères !

Bel an neuf à vous et vos aimés !

Le texte a été lu en deux langues, avec ma traduction poétisée vers l’allemand, sur la radio canadienne CKCU. Merci à Hans Ruprecht ! La version allemande se trouve juste un peu plus bas.

https://cod.ckcufm.com/programs/414/63427.html

Cliquer sur « Listen now » ou suivre ce lien:

(Weg)weise(r)

Nicht weise,

nein, wir waren nicht weise, bevor

wir vor diesem Wegweiser zum neuen

Jahr standen, wo die Schatten des alten Jahres zu

Lichtern des neuen werden.

Wieder ein Jahr des Chaos: Heulende

Winde der Alarmsirenen

inmitten von Leben Fetzen, sterbende

Unschuldige, gemarterte Kinder, vergewaltigte Frauen, verwüstete Länder .

*

Aber es gab auch das Schöne:

 diese Bienen im Frühling wie

summende Hoffnungen,

diese pummeligen Neugeborenen, mit Pausbacken

wie Engelchen,

und dann  Begegnungen, das Lachen, die Küsten, an denen unser Dasein so sanft

hin und her schaukelt…

Lasst uns einander willkommen heißen

und die immerwährenden Früchte der Zeit

ernten, wagen wir es, uns selbst zu achten und aus unserer Erde

eine bessere Welt zu machen. Lasst uns Flüsse und Mohnblumen

sein, strahlende Firne, lasst uns von Unschuld

überquellen und

die dunklen Nächte auslöschen.

Lasst uns im Feuer leuchten

der duftenden Kamine.

Seien wir die Laternenanzünder!

Es lebe 2024! Alles Gute für Euch und Eure Liebsten!

https://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.com/2024/01/wegweiser-alles-gute-zum-neuen-jahr.html

Rose Ausländer aux Cahiers de Colette #rencontrelittéraire #Paris #librairie

Comme elle aurait été heureuse, ma Rose, de revoir Paris! En 1939, déjà, si peu de temps avant la canonnade, elle avait rendu visite à la ville lumière. Et lors de son grand tour d’Europe de 1957, son séjour parisien, avec sa rencontre avec Paul Celan, avait fait partie de ses dates clefs…

Quelle fierté pour moi que d’être reçue dans l’antre de Colette, dans cette librairie phare, adresse incontournable de tout lecteur parisien qui se respecte…

http://www.lescahiersdecolette.com/

Merci à cette grande dame des lettres parisiennes de son accueil, et des sourires de Nicolas et Thomas – Thomas qui vient du Sud-Ouest, lui aussi ! – . La rencontre, présentée par Antoine Spire, le directeur de la collection Judaïsmes, qui héberge mon essai, a permis de mettre en perspective quelques-uns des thèmes développés par l’ouvrage et de mettre en avant la personnalité de cette poétesse encore trop peu lue en France, malgré les remarquables travaux universitaires qui lui ont été consacrés.

Ce fut un régal que de répondre à ses questions autour du livre, puisque Antoine Spire, l’une des voix de France Culture, est bien entendu plus qu’à l’aise dans l’exercice ! J’ai pu compter aussi sur le précieux soutien du préfacier, Laurent Cassagnau, de l’ENS Lyon, qui a eu la gentillesse de nous apporter ses pertinentes réflexions.

Merci encore aux amis qui sont venus nous écouter parler de Rose…

Et comme il n’y a pas de hasard, c’est bien le sourire d’Anne Frank qui a veillé sur cette rencontre, puisque juste avant le début de la conférence j’ai enfin découvert le Jardin d’Anne, non loin de la librairie et du mahJ… Anne grâce à laquelle « tout a commencé », lorsque j’avais découvert, enfant, à la lecture de son Journal, que mon deuxième pays, l’Allemagne, avait abrité l’Indicible…

Voici quelques photos qui ont immortalisé l’événement aux Cahiers de Colette, et les liens vers les vidéos mises en ligne. Merci à Sarah et Julie, les photographes ! (Les photos sont en libre accès FB)

Pour aller plus loin, deux articles de Laurent Cassagnau au sujet de Rose Ausländer:

« Rose Ausländer et la poésie américaine » in Etudes germaniques 58 (2003) 2, p.211-232

« Mémoire et souvenir: à propos de Schnee im Dezember de Rose Ausländer » in Rose Ausländer. Lectures d’une oeuvre (sous la dir. de J. Lajarrige et M.-H. Quéval), Nantes: Editions du Temps, 2005, pp. 101-115

https://sortir.telerama.fr/paris/lieux/boutiques/les-cahiers-de-colette,25231.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Spire

Quand sur Sainte-Victoire les cigales s’endorment #PrintempsdesPoètes #poésie #Cézanne

 

Dans les lézardes du temps

poussent des herbes

folles, graminées de lumière en parfum de

soleil.

 

Pierres sèches des ans en lisières

de jour, murs d’enceinte ou bâtis

façonnés d’habitudes et soudain:

 

la trouée. Tiges graciles et têtues,

floconneuses ou herbeuses, et ces hampes

fleuries qui semblent symphonies.

 

Dans les lézardes du vent

chantent des âmes

folles, sœurs malgré les distances

et tous les impossibles,

improbables colombes envahies

de lilas.

 

Car le monde est multiple

et les chemins toujours descendront vers

la grève, cent fauvismes à leurs trousses au regard

ébloui, quand sur Sainte-Victoire

 

les cigales s’endorment et qu’un grand

bonheur soudain vient embraser la

mer en long baiser d’amour aux

ocres des amants.

Bon Printemps des Poètes à toutes et tous!

https://www.printempsdespoetes.com/Edition2023

Certes, ce texte-là est loin de la thématique choisie en 2023, « Frontières », mais, attaquée par le covid, j’ai simplement eu envie de lumière…

Quelques liens vers certains de mes textes évoquant des frontières

https://literaturoutdoors.com/2022/12/20/et-cette-clef-sabine-aussenac-schriftstellerin-_-give-peace-a-chance-_-toulouse-fra-20-12-2022/comment-page-1/

Que votre an neuf soit comme une valse de Vienne #bonneannée2023 #happynewyear #frohesneuesJahr

(Capture d’écran Concert du Nouvel an Vienne 2023)

Que votre an neuf soit comme une valse de Vienne,

virevoltant et tendre, chamarré et léger !

Ou comme un long tango aux murmures secrets,

emplissant vos soirées de dentelles anciennes…

**

Que votre an soit musette, carioca ou mambo,

langoureux en salsa aux torrides étreintes

pour oublier grisailles et espérances éteintes…

Osons tous les boogies pour que les cœurs aient chaud !

**

Que votre an soit quadrille pour restaurer le monde,

un menuet éternel pour resserrer les rondes,

métissons nos courages, swinguons nos ritournelles,

**

faisons du rock’n roll notre étendard toujours !

Il faut danser la vie pour l’abreuver d’amour

et rêver des demains chatoyants d’étincelles.

(Capture d’écran Concert du Nouvel an Vienne 2023)

https://www.facebook.com/1138188420/videos/pcb.10222412906008308/1130533497611084

Et pour dire adieu à 2022…

Dernier couchant de 2022

Haïku de l’an finissant

En soir apaisé
à tire d‘aile l’an fuit
adieu en beauté

Der Abend ist ruhig
altes Jahr fliegt sanft davon
Abschied in Schönheit

Quiet evening
old year is flying away
passing in beauty

Joyeux Noël! #noël #Weihnachten #Xmas #poésie

J’ai repris cette année la thématique de l’acrostiche autour de la paix demandé par un blog littéraire autrichien…De belles fêtes en lumières à vous et tous vos aimés, prenez soin de vous!

***

Dieses Jahr als Folge meines Textes auf einem schönen literarischen Wiener Blog…

Feiert schön und bleibt gesund!

Joyeux Noel!

Jouets épars sous ruines sombres en Ukraine,
On y rêve de paix, grelottant dans le noir…
Yeux fiévreux des enfants et des mères perdues
En Méditerranée : notre monde chavire,
Un bateau ivre en sa terre souillée… Mais pour
X raisons décembre nous voit guillerets,

Nostalgiques des antans et de leurs neiges,
Ornant maisons et cœurs aux couleurs du bonheur :
Elle vit, l’espérance, moineau fragile,
Liant tous les hommes à l’étoile du berger.

Frohe Weihnachten !

Fröstelnde Spielzeuge in Ruinen,
Rieselnder Schnee sehnt sich nach Frieden.
Oh sieh die Kinder und Mütter,
Hier im Meer ertrinken sie, wie unsere Welt…
Erde, Du weinst und ringst um Luft,

Wenn Du besudelt unter den Menschen
Erstickst.
Immer wieder diese Fehler…
Heute aber wollen wir
Nicht mehr trauern, sondern
Alle zusammen einen
Chor gründen, und singen und jubeln für
Hoffnung und Liebe:
Traut Euch und bildet
Eine einzige neue, heilige Welt! Dieses Weih-
Nachten ein Licht für die Menschheit…

Une pensée spéciale envers notre tante Jeannine qui nous a quittés récemment…

#GivePeaceAChance #acrostiche pour la #paix, un projet de Walter Pobaschnig

Quel honneur m’a fait Walter Pobaschnig en m’invitant à rédiger un acrostiche autour de la paix sur son superbe blog littéraire autrichien (Literatur outdoors – Worte sind Wege) autour du projet #GivePeaceAChance!

Je vous invite à découvrir son travail et les centaines de rendez-vous littéraires et artistiques sous la forme d’interviews poétiques, de textes divers et de superbes photos !

https://literaturoutdoors.com/

Son « Insta » vous fera rêver aussi:

https://www.instagram.com/w_pobaschnig/?hl=fr

Voici le lien vers mon texte, rédigé en deux langues :

Und diese Chiffre

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Gestern die Rosen, ruhig und sanft,

im Garten fast fliegend

vor Freude und Glanz. Heute kahle

Erde, die Gräber so viel,

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Puppen so einsam, in Ruinen

erstarrt, als seien die Kinder

auf einmal verschwunden.

Chöre des Schweigens walten durch verwüstete Wiesen.

Entfernte Gegend, Zypresse und Zitronenduft…

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Auch das Meer blutet, Fische fressend Kinderleichen,

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Chaos, Schreie, man floh vor Krieg und

Hunger und nun ertrinkt die Hoffnung im Morgenrot.

An allen Ecken der Welt eine einzige

Nation des Leidens und diese

Chiffre: Frieden, die Urantwort,

Erbe, Zukunft und Traum: Give Peace A Chance!

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Et cette clef

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Garder, autrefois, les roses calmes et tendres,

imaginer au jardin leur

vol en allégresse et éclat. Aujourd’hui terre brûlée

envahie de tombes si nombreuses,

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poupées si esseulées dans les ruines,

en état de sidération, comme si les enfants

avaient disparu tout d’un coup.

Chorégies du silence parcourant des prairies dévastées.

En terres lointaines cyprès et parfums de citrons… Là

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aussi, la mer saigne, poissons dévorant des cadavres d’enfants,

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chaos, cris, on a fui la guerre et la faim :

horizon rougi d’une aurore où l’espérance se noie.

Alliance des nations en souffrance

nichées en chaque coin du monde, et cette

clef : paix, ontologique réponse, héritage

en avenir et en rêves : Give Peace A Chance !

Je saurai que le temps est venu du partage #Sète #VoixVives #poésie #Méditerranée

Un jour, j’irai à Sète.

Pas seulement pour traverser en venant garrigues et citadelles du vertige, pour découvrir ce grand bleu insolent, pour me perdre dans la douceur des sables… Pas seulement pour voir miroiter les plages infinies, pour écouter le cliquetis des mats dans le port, pour rêver aux mers lointaines en marchant Quai d’Alger…

Pas seulement pour grimper à l’assaut du Mont Saint-Clar entre blancheurs et effluves de pins, pour cueillir folle avoine autour de la tombe de Jean Vilar au Cimetière Marin, pour sentir la moustache de Georges me chatouiller la mémoire…

Pas seulement pour arpenter la jetée que foulèrent des cohortes de survivants en espérance, pour passer ma main sur la plaque du souvenir de l’Exodus, pour imaginer le grand vaisseau porteur d’horreurs et de renaissances… Pas seulement pour frémir en voyant les jouteurs au canal, pour déguster tielles et sardinades, pour m’étourdir de fauves et pastels au gré des galeries… Pas seulement pour sourire devant la plaque de la rue « Du Maire Aussenac », pour m’inonder de beauté au musée Paul Valéry, pour m’extasier devant les richesses du MIAM…

Non, quand j’irai à Sète, peut-être, si Dieu me prête vie comme disait ma grand-mère, et, surtout, si mes poèmes ne dorment pas seulement en tiroirs, ne demeurent pas cantonnés dans quelque revue française ou occitane, ne se partagent pas simplement au gré de Jeux Floraux toulousains où je fus double lauréate et de pages internet, mais trouvent un port en quelque recueil ayant pignon sur plage, alors ce sera pour être non seulement spectatrice, mais invitée aux Voix Vives

Bien sûr, je rêve un peu… Car ma poésie est plurielle, aussi variée que les lumières qui tamisent les couchants sur les étangs, passant de l’alexandrin aux aphorismes, du vers libre au sonnet… Sans doute devrais-je apprendre à me plier aux contraintes de la modernité et de l’épure, comme me le hurla un jour Serge Pey en m’admonestant lors d’une conférence auscitaine… Mais, que voulez-vous, je ne m’y résous pas, trop attachée à ma liberté et à mon éclectisme, les mêmes qui me font me pâmer devant Bach ET le jazz, me délecter de maîtres flamands ET d’impressionnistes…

Un jour, oui, j’irai à Sète, pour me trouver de l’autre côté des bancs et des parasols… Peut-être aurai-je la joie de lire quelques extraits de « Garonne est une femmes amoureuse », mon opus qui scintille au fil des eaux vécues et rêvées de mon existence -oui, ces textes cherchent édition !! … Ou le bonheur de faire une conférence autour de mon essai « Rose Ausländer, une grande voix juive de la Bucovine », paru le premier juillet aux éditions Le Bord de l’Eau, en lisant aussi mes traductions de Rose, ma Rose lumière qui aimait tant la Méditerranée et qui l’a chantée dans de nombreux poèmes… Ou la chance de présenter mon projet en cours de montage, « Mare nostrum », qui tricote voix vives de l’ensemble du pourtour méditerranéen, puisque j’y ai rassemblé des traductions dans presque toutes les langues du bassin, du Catalan à l’Hébreu, de l’Italien au Romani…, fédérant autour de l’un de mes poèmes les accents modestes d’amis et de camarades de mon fils et les éclats miroitants de poètes et d’universitaires reconnus, en un puzzle d’allégresse en ode à notre mer, à la paix et aux rencontres…

Un jour, j’irai à Sète, Nausicaa rêveuse, et je n’aurai plus peur. La lumière éblouira mes pages et, le cœur empli de sables et de rencontres, je saurai que le temps est venu du partage.

Cézanne, ouvre-toi !

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Soudain, les cigales.

La route de la mer serpentait vers les bleus.

Cézanne, ouvre-toi !

Garrigue frissonnait en femme fatale,

thyms et serpolets guidaient

vers les isthmes.

Mare nostrum. Phocéenne, grecque, andalouse :

ma Méditerranée

un delta du monde.

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ξαφνικά, τα τζιτζίκια.

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Ξαφνικά, τα τζιτζίκια.

Ο δρόμος της θάλασσας περιδινήθηκε στα γαλάζια.

Σεζάν, άνοιξε!

Ο θαμνότοπος έτρεμε σαν ερωτευμένη γυναίκα,

Τα θυμάρια και οι έρπυλλοι  μας οδήγησαν

στους ισθμούς.  

Mare nostrum. Φωκεαϊκή, ελληνική, ανδαλουσιανή :

Η Μεσόγειός μου

ένα δέλτα του κόσμου. 

Traduit par Démosthène Agrafiotis

(Cliquer sur le lien pour écouter le fichier)

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https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/soudain-les-cigales-en-grec-

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L’été prend le large

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Sète scintille, regarde

au Levant.

Mare nostrum caresse

soleil.

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Vagues moutonnent comme blé

en levain. Enfants aux joues pâles font au sable

une offrande.

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Au Môle endormi, l’Exodus bat

pavillon des mémoires.

Terre promise dès la

jetée.

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Genêts et roses en fauvisme

éclatant grimpent à

l’assaut de Saint-Clar.

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Criée et sardinades,

espadrilles,

bandol : l’été prend

le large.

Passerelle émeraude

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Platanes mirés en l’eau

assoupie.

Parfois trouver péniche,

grand oiseau marin ensablé,

belle endormie à l’ancre

roussie.

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Passerelle émeraude,

l’eau serpentine fait arc entre

éblouissements et

déferlantes. Grimper la dune

du Pyla ou entendre cigales

à chaque écluse.

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Chanson douce qui berce

Ville Rose,

antichambre de la

Méditerranée, promesse océane,

Canal du Midi :

route de la soie des Suds.

(Pardon pour ces signes entre les vers… L’interface capricieuse de ce blog semble hermétique aux paginations poétiques…)

https://www.voixvivesmediterranee.com/