Je veux marcher sur un chemin de clarté…Rencontre avec Malicorne

Je veux marcher sur un chemin de clarté…

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https://www.youtube.com/watch?v=GzsWl55tlRo

Je vous parle d’un temps où nous vivions sur de grands coussins de patchwork, à même le sol. On buvait du thé au jasmin en fumant de l’herbe bleue, nos aînés avaient ouvert la voie et nous nous rêvions, nous aussi, libertaires et contestataires. Certes, les grillons de Woodstock s’étaient tus, et les Vieilles Charrues n’existaient pas encore. Nous ne luttions plus contre la guerre de Vietnam mais contre des réformes, nos pattes d’eph’ courant devant des hordes de CRS…

Je me souviens de ce petit appartement sous les combles, le soleil de la Ville Rose nous brûlait déjà, avant l’invention du mot « canicule »…L’hiver, nous nous chauffions grâce à un poêle à charbon, et j’utilisais un moulin à café manuel pour moudre de gros grains de robusta, innocente jeune femme qui ne savait pas encore qu’un jour elle rêverait de Nespresso…

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=55162&forum=2

Allongés sur les grands coussins, nous écoutions nos vinyles : Dylan et son « Ouragan », Led Zep’ et ses « marches vers le paradis », et puis « Harvest » bien sûr, cette grande pochette jaune et le disque dont je connaissais chaque sillon…Mais il y avait aussi des voix françaises, entre les accents jazzy et « toulousaings » de Claude, les délires éraillés de Jacques, les douceurs québécoises de Robert et Fabienne, les soirées d’anarchie avec Léo et Jean, et, bien sûr, les émouvantes complaintes de Gabriel et Marie, nos amis de Malicorne

https://www.youtube.com/watch?v=eYW4Wx7sK3o

Elle nous enchantait, la viole d’amour, et puis bien avant You Tube et les vidéos où, aujourd’hui, nos enfants peuvent sourire devant les gilets de grand-père et les cheveux au vent, nous, nous les imaginions, puisque nous n’avions pas la téloche-d’ailleurs, y passaient-ils ??- nous les rêvions, nos amis de Malicorne, engrangeant leurs chansons qui parlaient de révolte et de vie, de destins et d’amours, de cette France d’antan qui justement nous faisait tourner la tête, nous qui étions des écolos de la première heure –oui, j’ai été sur la première liste verte de Toulouse, contre mon cher Dominique !- J’écrivais mon mémoire de maîtrise sur les « alternatifs allemands », je me faisais envoyer des autocollants anti-nucléaires, et puis nous achetions des graines de sésame au marché du Capitole, et je pense avoir porté les premiers Birkenstocks de la Ville Rose…

Nous aimions les « flutiaux », la viole et ce folk français qui virevoltait au rythme de nos insouciances et de nos engagements. Ils étaient compagnons fidèles, certitudes et ancrages. L’alouette, le loup, le renard et la belette, le bestiaire et les gibets, les mariages et les quolibets, tous ces airs d’autrefois tourbillonnaient, alors qu’ailleurs d’autres se trémoussaient au son du disco ou commençaient à se percer les narines en coupant raides leurs cheveux en mal de punkitude…

https://www.youtube.com/watch?v=kTOTt7aPA60&list=PLjM6eEYKpVS2vwu9S9POpEpigMZPI9B8s

C’est si loin. La vie, une vie a passé. J’en ai écouté tellement d’autres, des chansons, il y a eu les cassettes, les walkman, les CD, et puis Deezer. Il me reste, de cette époque, oui, une étagère de disques, mais sans platine…Un peu comme pour mes illusions : j’en ai de pleines armoires, mais sans réalisations…La vie, la vie a passé. Avec ses déboires, ses échecs, ses routes erratiques, en amour comme en politique. J’ai même fini par voter à droite, et, somme toute, je n’en ai pas honte…Un jour, la fille qui voulait devenir journaliste en Californie et écrivain à NY s’est évaporée et est devenue une vieille prof réac, engluée dans les affres de l’éducation nationale…

Mais quand on m’a dit que Malicorne serait de la partie, à Pause Guitare 2015, et que je pourrais même les interviewer, j’ai foncé…Ils m’attendaient, Marie et Gabriel, elle, toute juvénile dans sa robe fleurie, lui un petit air de Rockstar avec ses grandes lunettes fumées…Ils m’ont dit leur joie de tourner à nouveau, après les nombreuses désalliances ; ils m’ont dit la mésalliance à laquelle le FN, oui, le FN avait voulu les associer, puisqu’ils ont été approchés par ces incultes en raison de leur répertoire de vieux fonds « françois » ; ils m’ont dit la résilience, l’allégresse de se retrouver face au public qui, s’il a changé, demeure fidèle, comme l’a prouvé leur immense succès aux « Francos » de 2010, quand ils ont compris que personne ne les avait oubliés…

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Leur conscience est sociale plus que politique ; elle est passée par eux aussi, la vie. Il suffit de lire l’article Wikipédia qui leur est consacré pour lire les aléas et les détours, mais il suffit aussi de les voir sur scène, et c’est un bonheur qui m’a été accordé, pour sentir ce petit frisson en écho à la multiplicité de leurs talents polychromes.

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Elle est belle, Marie, en blanc vêtue comme une mariée d’antan, sautillant sur la scène, tambourin à la main, comme une oiselle de vingt ans ; et Gabriel, quand il déclame ses textes, son magnifique visage buriné éclairé par cette lumière intérieure, au milieu du chorus de leurs musiciens et chanteurs qui, comme autrefois, font éclore des sons innovants depuis des instruments de toujours, il est cet archange qui sait chanter le monde.

Et quand il chante, Gabriel, qu’il avancera dans la beauté, et que tout finira dans la clarté, on le croit. Nous aussi, on la voit, on la chante, on l’appelle, la beauté « devant moi derrière moi au-dessous et en-dessous beauté tout autour », nous aussi on veut « marcher sur un chemin de clarté. »

Pour ce seul instant de ce seul concert, je suis immensément reconnaissante.

http://www.gabrielyacoub.com/fr/disque/titre.php?idTitre=58

« j’avancerai dans la beauté j’avancerai dans la beauté

beauté devant moi beauté derrière moi

beauté au-dessus et en dessous de moi beauté tout autour

dans mon vieil âge je veux marcher sur un chemin de beauté

 

tout finira dans la clarté tout finira dans la clarté

bonheur devant moi bonheur derrière moi

bonheur au-dessus et en dessous de moi bonheur tout autour

dans mon vieil âge je veux marcher sur un chemin de clarté »

https://www.youtube.com/watch?v=fT3F_RBqTdM

https://www.youtube.com/watch?v=6Xuqh8omjyQ

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Je vous invite à visiter, d’ailleurs, le beau site intéressant de Gabriel Yacoub…

http://www.gabrielyacoub.com/fr/boites.php

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http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=55276&forum=2

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#Jesuisl’Eurovision

#Jesuisl’Eurovison

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 http://fr.wikipedia.org/wiki/Concours_Eurovision_de_la_chanson

En zappant l’autre jours sur mes chaînes Numéricable, je trébuchai sur KTO, jouxtant les chaînes d’info, et tombai sur les audiences matinales : on y voyait un jeune prélat bien digne s’exprimer en français, justement, expliquant que Sa Sainteté allait accueillir et bénir une délégation francophone, venue de l’hexagone et de Côte d’Ivoire, avant la traduction italienne. Amusée, je tendis une oreille en faisant la vaisselle dans la cuisine adjacente, avant d’entendre les autres annonces faites par des men in black vanticanisés et polyglottes, en allemand, anglais, espagnol, portugais…

Et, lors de chaque intervention, je me réjouissais de tout comprendre, ou presque, puisque j’avais eu la traduction initiale en allumant mon téléviseur ; en effet, quelle beauté pour un linguiste que d’entendre ces langues qui se frôlent, se recoupent, se caressent, avec leurs sororités, leurs sonorités gémellaires, si souvent issues du latin que notre chère ministre voudrait pourtant vouer aux Gémonies…Ce mot de « Notre-Père » prononcé dans plusieurs langues européennes ne fut pas loin de m’arracher une larme, et en même temps je me préparais déjà mentalement à vous parler d’un autre moment festif et télévisuel, auquel nous assisterons ce soir, durant lequel, là aussi, Babel arrive en nos foyers : l’Eurovision !

Marianne James parlait à l’instant des « paillettes » et des franges sur France Info, et situait son attachement à cette grand-messe européenne dans un rapport au disco, à la « variétoche » et aux supers gagnants devant l’Éternel, les mangeurs de knäckebröd d’Abba. Mon propre rapport à cette compétition aux allures de cérémonie internationale relève justement plutôt de mes origines bi nationales et de ma fascination pour cette Europe qui a grandi en même temps que moi…

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/prix-nobel-union-europeenne_b_1960721.html

L’Eurovision, dans ma mémoire, ce n’est pas seulement la fameuse musique d’ouverture et les directs dans diverses langues, avant le score final scandé en anglais, avec les inénarrables « Germany, two points » et autres résultats faisant trembler les paillettes des candidats respectifs ; c’est aussi et surtout ces coups de téléphone que ma maman et sa propre mère se passaient, en cette époque lointaine où, pour appeler Duisburg, il fallait transiter par une standardiste en lui expliquant « D comme Daniel, U comme Ursule… » ; et ces autres appels que, des décennies plus tard, j’échangeais avec ma propre sœur, partie à son tour, mais dans l’autre sens,  civiliser le teuton outre-Rhin ; puis, mais ces coups de téléphone-là se sont hélas taris, car mes chéries ne veulent plus se ringardiser, mes échanges avec mes filles, exilés en quelques lointaines villes hexagonales. Oui, en ce samedi soir sur la terre durant lequel l’Europe pousse la chansonnette, dans ma famille bi nationale et depuis toujours européenne convaincue, on se parle, on échange, on compare, on écoute, aussi religieusement que le font des millions d’hommes lors de finales de Coupe du Monde !

https://www.youtube.com/watch?v=ejJvlA-8nXY

Alors quand, ce soir, retentira le générique de mon ex ORTF adoré, j’aurai une pensée pour cette Europe que tant d’adversaires dénigrent et conspuent. Parce que l’Eurovision va bien au-delà des paillettes et des franges, et même des chansons, qui, je vous le concède, sont bien souvent de piètre qualité et de nos jours envahies par la terrible guimauve anglo-saxonne en reléguant l’esprit originel aux oubliettes. Parce que peu me chaut que la France n’ait pas gagné depuis mes seize ans et la frange de Marie Myriam.

https://www.youtube.com/watch?v=XgqvJhII6E0

Je préfère me souvenir des premières retransmissions, quand notre Europe balbutiante apprenait ce vivre ensemble culturel qui, n’en déplaise aux pisse-vinaigre et aux grincheux (et même si quelques années plus tard il fut parfois de bon ton pour Israël de ne presque pas attribuer de points à l’Allemagne…), contribue lui aussi à l’entente plus que cordiale entre les pays membres.

Bien avant Schengen, Arte, le Channel tunnel ou l’euro, le concours de l’Eurovision a symbolisé notre Europe de paix et de partages, qui, une fois l’an, entre champagne, variétés et paillettes, transforme nos divers paysages audiovisuels en annexes bariolées et chatoyantes des austères Parlement et Commission, lorsque de plantureuses femmes permanentées énoncent joyeusement ces scores qui, à défaut de bouleverser l’ordre du monde, feront du pays élu le vainqueur pacifique de ces joutes européennes.

Et le meilleur cru de ces décennies frangées et miroitantes demeure, dans ma propre mémoire, celui de 2003, quand une féérie dansante turque amena ce pays aux portes de cette Europe tant convoitée, quand une douce mélopée hexagonale fit même tressaillir notre score, et quand la Pologne présenta une chanson en deux langues, l’allemand d’un ovni aux cheveux rouges s’accordant au polonais d’une belle pour psalmodier un véritable hymne à la paix dont je vous livre le refrain :

Keine Grenzen, keine Fahnen

Von dort oben ist die Welt einfach nur schön

Keine Länder, keine Völker

Keine Kriege kann man von dort oben sehn

 Pas de frontières, pas de drapeaux

De là-haut le monde est tout simplement beau

Pas de pays, pas de peuples

De là-haut on ne voit pas de guerres

https://www.youtube.com/watch?v=8nGZAzG429w

Et voilà la marche turque des gagnants de cette Europe de cœur :

https://www.youtube.com/watch?v=axJt-Rw2Urg

Alors ce soir : rêvez, écoutez, dansez, et…ne gâchez pas la fête à ceux qui en profitent !

 

 

En attendant tous ces grands oiseaux blancs

En attendant tous ces grands oiseaux blancs

 en attendant tous ces grands oiseaux blancs A4 fond gris

Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent,

En vivante étincelle, talisman de merveilles.

Des colliers de bonheur pour conjurer la bile,

Tournesols et lilas aux odorants sommeils.

 

Parce qu’il ne faut pas emprisonner le soleil

Dans ces boîtes-prisons qui font de nous des fous,

Étalons la lumière sur le mur de nos ciels :

Notre terre infinie, d’Éternité la roue…

 

La lumière viendra, océan des possibles,

Réconcilier les hommes et la vie et le temps.

Plus besoin de Torah, de Coran ou de Bible :

 

L’amour aura vaincu, la paix sera enfin.

En attendant tous ces grands oiseaux blancs

Continuons à nous regarder, même de loin.

***

Dédié à Marlon qui se reconnaîtra 🙂

***
Création de Sabine Aussenac, inspirée de ces vers de Salah Al Hamdani…

http://www.confluences.org/Printemps-des-Poetes-Concours
« Parce qu’il ne faut pas enfermer le soleil
Dans une boîte
Étalons la lumière sur le mur
Et continuons à nous regarder même de loin »

Vidéo imaginée pour le Concours Confluences, à l’occasion du Printemps des Poètes!

-crédits:
* Musiques: Einaudi
* Vidéo tournée au collège Mermoz de Blagnac par l’auteur
* photo « Je suis Charlie » à Alep: Zaina Erhaim
* Poésie et photos Sabine Aussenac.
Image de la lumière sur le mur prise au musée du Catharisme de Mazamet.

Ensemble, au cœur des arts, osons l’Insurrection poétique!

« …le portail gauchi des étés oubliés » : à propos du Grand Concours de poésie de Hildesheim 2014

« …le portail gauchi des étés oubliés » : à propos du Grand Concours de poésie de Hildesheim 2014

 http://lyrik-bestenliste.de/sites/wettbewerb.htm

Imaginez toute une ville réunie autour de la poésie, d’un évêché, et d’un projet.

Peu probable en notre république laïque, férue de sa sacro-sainte séparation de l’Église et de l’État, très occupée actuellement à régenter les voiles et autres cantines hallal, et toujours prête à d’interminables querelles…de clochers.

Chez nos voisins d’outre-Rhin, tout est différent. Et c’est bien en partenariat avec l’évêché de la ville de Hildesheim, non loin de Hanovre, que c’est concrétisé le quatrième concours de poésie de la ville, le Hildesheimer Lyrik-Wettbewerb 2014, qui a réuni 1200 participants du monde entier, puisque les auteurs ont écrit, en allemand, depuis les USA, le Brésil, la Hongrie…, dont le plus jeune a 6 ans, et le doyen 88 !

Il suffisait de s’inscrire sur un forum et de poster un texte, et ce ne sont pas moins de 80 000 « clics » qui ont fait de cette manifestation un véritable portail de la poésie, en démontrant une fois de plus l’actualité, la modernité et la nécessité.

Certes, ici, nous avons le Printemps des Poètes. Mais avouons qu’en dehors de ces manifestations pré-estivales ponctuelles, qui plus est noyautées par un gouvernement central poétique aux lois d’airain (j’en suis par exemple exclue, le président, Monsieur Siméon, m’ayant écrit que ma poésie était « démodée, peu adaptée aux exigences actuelles… ») la poésie se terre dans ses petits souliers, réservée soit à des élites lisant des poètes morts publiés par de grandes maisons, soit à de poussiéreux concours rétribuant leurs lauréats en « médailles », alors que le peuple, pourtant, réclame à hauts cris, en plus du pain et du cirque, des vers ! Car en France aussi, les forums de poésie font florès, on s’y bouscule, s’y rencontre, s’y exprime, et ce hélas dans le plus grand silence médiatique et éditorial…

C’est pourquoi il me paraît important d’exposer cette belle initiative, qui a su mettre en avant la vitalité de la poésie, en acceptant sur ce forum d’expression toutes les formes, ne clivant pas ce concours en « forme classique » et autres « vers libres », donnant simplement, cette année encore, un thème de réflexion, qui était : « Was mir heilig ist », « Ce qui pour moi est sacré ». L’affiche du concours dénotait elle aussi d’une belle modernité, avec cette croix recouverte d’un billet de 50 euros et les mots « hab und sein » (avoir et être), tandis que se bousculaient pêle-mêle des photos du Dalaï Lama, de Jimmy Hendrix, d’un ballon de foot et…d’un postérieur féminin bien encadré par un mini short !

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Car la poésie, c’est aussi le vivant. On écrit et on lit de la poésie depuis que le monde est monde, et rien n’est plus triste que notre époque qui l’a reléguée à cette place de sous-fifre littéraire, et que notre pays dont les ministres de l’éducation ont privé des enfants de « récitation » et dont les éditeurs ont privé les lecteurs de vers !

À Hildesheim, toute une ville a mis la main à la pâte. Les sponsors se sont bousculés, des mécènes privés aux différentes institutions, de la Sparkasse au Landkreis, et la brochure rassemblant les poètes lauréats est à présent distribuée gratuitement dans le réseau de bus, où circulent quotidiennement 50 000 passagers, tout en s’affichant dans les rues de la ville. La page web www.lyrik-bestenliste.de permet aussi de lire les poèmes primés par le jury et les 99 poèmes choisis par les lecteurs. Car que seraient la vie et le quotidien sans la poésie ?

« Les choses essentielles de la vie demeureraient imperceptibles- indicibles, s’il n’y avait pas la littérature, la poésie. Les poèmes peuvent consoler er adoucir, éveiller et donner courage. Un poème ne pose pas de frontières, ne vous coupe pas des autres, au contraire, il élargit l’horizon et ouvre une fenêtre vers un autre monde. », dit ainsi Jo Köhler, responsable du Vorstand des Forum-Literaturbüro.

(„Die wesentlichen Dinge des Lebens sind unfassbar- unsagbar, gäbe es nicht die Literatur, die Poesie. Gedichte können trösten und besänftigen, aufrütteln und Mut machen. Ein Gedicht tröstet nicht aus und ab, sondern weitet den Horizont und öffnet ein Fenster in eine andere Welt.“)

Vous retrouverez les membres du jury sur le site internet dédié, et je voudrais simplement traduire quelques vers parmi les poèmes retenus…Il n’est pas facile de traduire la poésie, je m’emploie donc modestement, tentant de mêler ma propre sensibilité poétique et mon bilinguisme. Je suis cependant persuadée que la poésie est aussi universelle que l’art, et qu’une langue étrangère peut émouvoir. Ainsi, hier soir, mon fils m’a fait découvrir un groupe de musique islandaise, et j’ai été bouleversée par la musicalité de ces paroles qui pourtant m’étaient totalement étrangères…

https://www.youtube.com/watch?v=eS3XtJUSJTs

Voici donc en miscellanées de vers quelques extraits poétiques du concours de Hildesheim.

La double gagnante, porteuse du Grand Prix et aussi lauréate du vote des internautes, est Angelika Seithe, 69 ans, auteure et psychothérapeute de Wettenberg, Allemagne. Elle nous dit que l’écriture poétique fait partie de sa vie, « en tant que joie de la création, moyen de sublimation et source de jugement de valeurs »…

 Le voile du soleil

 

Des cabanes de mots nous habitons

attendant derrière la plage

Avant le coucher du soleil nous allons pêcher

jetons le filet

en espérance de pêche miraculeuse

de phrases d’argent mouvantes et miroitantes

 

Ne rapportant que le voile

du soleil dans la barque

 

Assez pour la journée

 

( Den Schleier der Sonne

 

In Worthütten wohnen wir

hocken hinter den Strand

Vor Sonnenaufgang gehen wir fischen

werfen das Netz

hoffen auf Schwärme

auf Sätze beweglichen Silbers

 

Ziehen nichts als den Schleier der

Sonne ins Boot

 

Genug für den Tag )

http://www.angelica-seithe.de/joomla/

Ma préférence personnelle va je crois au texte de Dagmar Scherf, 72 ans, de Friedrichsdorf, en Allemagne. Elle nous apprend que la poésie est « son axe de vie. Expression et approfondissement de son être au monde »

 

Un été en Franconie

 

Voilà les jours parfaits-

 

Quand derrière le soleil de juillet

dort le grand dragon,

quand la pierre et la terre se fendillent,

perceptibles,

à portée de main,

comme une peau familière.

 

Quand les buissons de sureau,

qui en hiver nous fixaient de leur désespérance,

comme si l’été était mort à jamais,

quand les buissons de sureau

fièrement tendent leurs verts éclatants

par-dessus des éboulis de murs empierrés,

en silence, vers le soleil.

 

Parfois s’ouvre alors

en grinçant doucement

le portail gauchi des étés oubliés.

Un enfant est debout derrière la grille,

dans la poche du tablier l’odeur entêtante

d’une fleur de sureau

et des grumeaux de terre entre les orteils.

 

Le grand dragon cligne des yeux vers la lumière,

étend sa peau craquelée

et s’assoupit à nouveau.

 

Voilà les jours parfaits-

 

(Fränkischer Sommer

 

Das sind die wunschlosen Tage-

 

Wenn unter der Julisonne

das Drachentier schläft,

wenn Stein und Erde rissig werden,

fühlbar,

greifbar,

wie eine vertraute Haut.

 

Wenn die Holunderbüsche,

die winters so trostlos starrten,

als käme kein Sommer mehr,

wenn die Holunderbüsche

ihr strotzendes Grün

über bröckelnde Mauern hinweg

still in die Sonne halten.

 

Manchmal öffnet sich dann

leise knarrend

das schiefe Hoftor vergessener Sommer.

Ein Kind steht am Zaun,

in der Schürzentasche den starken Geruch

einer Holunderblüte

und Erdkrummen zwischen den Zehen.

 

Das Drachentier blinzelt ins Licht,

dehnt die rissige Haut

und schläft wieder ein.

 

Das sind die wunschlosen Tage-)

http://www.dagmar-scherf.de/index.php?page=veroeffentlichungen

 

Me touchent aussi beaucoup les „Augenblicke“ (les « Instants ») de Michael Starcke, 64 ans, de Bochum, en Allemagne, qui a reçu quelques prix littéraires et a autoédité ses textes. Ils me rappellent les « Instanti » de Borges…https://schabrieres.wordpress.com/2008/11/20/jorge-luis-borges-instants/

Instants

 

Parmi tout

ce que je rencontre,

ce sont toujours seulement les

instants

qui sont pour moi sacrés.

 

celui lors duquel mon père

rompit son silence

après un passage de frontière,

pays collinaire et touffeur de l’après-midi,

regards méprisants.

 

celui qui décida

du moment de la rencontre avec

mon premier amour,

malade de passion,

en désir de mourir,

libre de toute contrainte.

 

ce moment où la fièvre monte

et cette certitude qu’il n’y aurait

qu’un chemin

pour se trouver,

la douleur,

le soleil du soir,

ma parole mise en gage.

 

ce sont toujours seulement les instants,

qui pour moi sont sacrés,

l’annonce de la paix

en quelque lointain que ce soit,

la beauté d’une Blanche-Neige,

l’amour pour une femme

qui ne s’intéresse pas

à moi.

 

ce matin le champ de maïs

en lisière de la ville.

j’ai vu le vent se perdre en lui,

mais n’entendais aucun bruissement.

 

( augenblicke

 

von allem,

was mir begegnet,

sind es immer nur

augenblicke,

die mir heilig sind.

 

der, als mein vater

sein schweigen brach

nach einem grenzübertritt,

hügelland im nachmittagsdunst,

verächtliche blicke.

 

der, der entschied,

wie ich der ersten

liebe begegnet bin,

krank vor sehnsucht,

mit der absicht zu sterben,

keinem zwang unterworfen.

 

der, wenn das fieber steigt

und die einsicht,

es gebe nur einen Weg,

um sich zu finden,

den schmerz,

die abendsonne,

mein verpfändetes wort.

 

Immer sind es nur augenblicke,

die mir heilig sind,

eine meldung vom frieden

in welcher ferne auch immer,

schneewittchenschönheit,

die liebe einer frau,

die sich nicht

für mich interessiert.

 

heute morgen das maisfeld

am rande der stadt.

ich sah, dass

der wind sich in ihm verfing.

aber hörte kein rascheln.)

http://www.michael-starcke.de/

Je prendrai peut-être le temps de traduire d’autres poèmes, et de citer plus longuement les autres auteurs. Car je ne veux pas oublier Ingeborg Brenne-Markner, Uwe Müller, Raphaela Gentemann, Maja Loewe, Anna Diouf, Christa Issinger, Flora von Bistram, ni Lara Mensen, la benjamine, ni Marlene Wieland, la doyenne des lauréats, avec ses 81 printemps !

Je vous laisse aussi le soin d’aller flâner sur le site et de lire des poèmes… http://lyrikwettbewerb.forumieren.de/f13-gedichte-2014-zur-abstimmung-durch-autor_innen

Le mot de la fin sera celui de l’Évêque de Hildesheim, Monseigneur Norbert Trelle, qui cite Peter Handke :

« Mais  nous- oui, nous- ne renoncerons pas à cela : à la poésie, cette trouée vers le Divin. »

http://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/prix-de-poesie-de-hildesheim-2014

http://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/ein-aprikosensommer-prix-de-hildesheim-2014

Un été d’abricots attend devant la porte

 

 

 

Une hirondelle aux douceurs de lavande attend ciel neuf.

 

L’arc-en-ciel fait claquer ses couleurs à travers le désert, une pluie de chants nouveaux abreuve la terre.

 

Jouer à colin-maillard dans le désastre des bonheurs perdus: viens, et trouve mes soleils.

 

Rouillé, l’air de notre amour étouffe devant la grille de la vie. Je le peins de couleurs bariolées, jusqu’à la résurrection.

 

J’entends ton coeur en larmes et te brode en tendresse angélique de nouvelles ailes pour la vie. Crois-moi: tu apprendras à voler.

 

Un été d’abricots attend devant la porte. Oh, comme le jour est juteux, et la nuit sucrée!

 

Chercher des étoiles en pays de déserts, et y trouver de l’eau. La source miroitante a un goût d’infinis, notre peur disparaît à la vitesse d’une comète.

 

 

(Ein Aprikosensommer wartet vor der Tür

 

Lavendelsanft wartet die Schwalbe auf einen neuen Himmel.

 

Der Regenbogen knallt seine Farben durch die Wüsten, es regnen neue Lieder auf die Erde.

 

Blinde Kuh spielen im Desaster der verlorenen Wonnen; komm und finde meine Sonnen.

 

Verrostet erstickt unsere Liebesluft am Gitter des Lebens. Ich male sie kunterbunt, bis zur Auferstehung.

 

Ich höre dein weinendes Herz und sticke engelssanft dir neue Flügel fürs Leben. Glaube mir: Du wirst fliegen lernen.

 

Ein Aprikosensommer wartet vor der Tür. Oh wie saftig der Tag, wie süss die Nacht!

 

Im Wüstenland Sterne suchen, und dabei Wasser finden. Die blizende Quelle schmeckt himmlisch, kometenhaft verschwindet unsere Angst.)

http://lyrik-bestenliste.de/sites/links.htm

*** Bientôt Noël…:)

http://www.amazon.fr/Prends-Soin-Amour-Beaut%C3%A9-Monde/dp/1447629868/ref=la_B00K0ILDZS_1_4?s=books&ie=UTF8&qid=1414416053&sr=1-4

http://www.thebookedition.com/fiat-lux-sabine-aussenac-p-116155.html

et mon blog de poésie allemande:

http://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’AI ENCORE RÊVÉ D’AILES

 

J’AI ENCORE RÊVÉ D’AILES

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C’est la lumière qui m’alerte en premier. Imperceptiblement différente. Une sorte de frémissement de l’air, une envolée.

D’ordinaire, j’ai comme un sixième sens. Je sais que lorsque je vais lever les yeux, elles seront là. Un peu comme vous devinez qu’une lettre importante vous attend dans la boîte.

Alors j’ose tourner mon visage vers le ciel, vers ce bleu, ce jour-là, intense, presqu’insupportable, ce bleu qui nous réconcilie soudain avec toute la beauté du monde ; et elles sont là : mes hirondelles.

Je les vois, je les aime, je les sens, si proches, si lointaines, et leurs grands cercles fous me sont comme une aubaine ; soudain, tout s’apaise. Je sais que le monde est à sa place, et que j’ai ma place au monde. Ces frémissements d’ailes dans la première lueur du couchant font de cet instant, de cette minute précise où j’assiste au retour des hirondelles, le moment le plus précieux de mes ans.

Cet instant est mon renouveau, mon équinoxe. Ce moment est mon mascaret et ma dune, mon éveil. Car pour moi, ces hirondelles symbolisent la vie, son éternel retour, sa puissance infinie, la vie, pleine, entière, résiliente et solaire, indestructible.

La grâce, déjà, de ces cercles infinis, de ces ballets aériens, fusant au crépuscule jusqu’au ras des tuiles, ou s’égarant jusqu’aux confins du ciel, me bouleverse. Moi la femme-glèbe, aux sabots de plomb, embourbée dans mes vies tristes, je me sens soudain comme transfigurée, touchée par cette légèreté aérienne.

La liberté, aussi. Assignée à résidence dans ma propre existence, pieds et poings liés par mes soucis, en immobilisme total de par mon manque de surface financière, je suis en admiration devant ces gitanes du ciel, devant ces nomades absolues. Mes hirondelles me disent la bonne aventure, elles seules savent qu’à travers le prisme obscurci de mes gouffres, il reste cette lumière.

Et puis l’oxymore du Bleu de Delft de ce ciel de mai parsemé d’onyx, le contraste parfait entre les ailes veloutées des ébènes en envol et notre printemps d’azur : d’aucuns aiment regarder une ligne d’horizon maritime, qui apaise et invite à tous les voyages…Moi, c’est en contemplant ces tableaux toujours renouvelés que je me sens revivre.

Chaque année reviennent mes grandes espérances : je rêve à un été qui serait différent, qui aurait à nouveau un goût d’enfance et de vent…Je revois la route sinueuse qui menait à la mer, et ce moment précis où le paysage se fait méridional. Au détour d’un virage, l’air s’emplissait de cigales et de pins. Les vacances commençaient. Et puis les cousinades, les odeurs de vergers, les haricots cueillis et le foin engrangé.

Oui, lorsque reviennent mes sœurs du ciel, je reconnais le chemin du bonheur.

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C’est le retour des hirondelles

 

C’est le retour des hirondelles

Les voilà reines du grand ciel

Elles passent et crient à perdre haleine

En cercles d’anges onyx ébène

Criblant mes soirs de perles noires

Elles tournent belles en mes espoirs

Derviches anciens à mes fenêtres

Comme autant d’âmes en disparaître

Le ciel soudain a goût d’immense

Envie de me jeter en vol

De tournoyer comme en enfance

En éternelle escarpolette

De devenir une escarbille

Comme étincelle d’un soleil

Qui partirait en matin d’or

Sur des sentiers couleur nuages

Leurs cris frissonnent en mes désirs

Je les envie les belles oiselles

Si libres en grâce d’absolu

Leurs arabesques giflant mes soirs

Sont ma kabbale et mon miroir

Nul ne saura jamais vraiment

Si je préfère obstinément

Bâtir nichée à mes enfants

Ou voler libre en crépuscule

Bien maladroite libellule

Que vienne enfin l’heure stellaire

Celle où s’aimeront nos deux lunes

Lorsque blottie contre ton ciel

Tu me diras ton hirondelle.

http://www.youtube.com/watch?v=9qvglWAHDak

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Devenons les passeurs de lumière

Devenons les passeurs de lumière

 A4 prends soin mon amour de la beauté du monde

Pourquoi ne pas croire aux miracles ? Osons, osons, avec les chrétiens du monde entier, nous réjouir de cette fête où un prophète et se disant fils de Dieu ressuscita d’entre les morts. Croyants et impies, athées et religieux, toute foi confondue, réjouissons-nous de ce moment qui peut devenir inspirant.

La nature nous donne l’exemple. En ce printemps, tout n’est qu’explosion de vie et d’allégresse…Les journées qui rallongent après les grisailles de l’hiver, les lilas et les roses, les nuées de pétales dont le duvet volète d’arbre en arbre quand les merles s’époumonent…Des sous-bois aux jardins, notre terre palpite, tout n’est qu’éclosion et renouveau.

Osons, nous aussi, cette espérance pascale. Ne baissons pas les bras dans la nuit qui gronde, malgré nos douleurs, nos peines, nos angoisses. Oui, le monde est fou, entre les dictateurs et les diktats, entre les massacres des Innocents syriens et les naufrages de centaines de lycéens coréens, entre les incendies qui dévorent Valparaiso et les avions fantômes, entre les injustices, les maladies, les scandales. Et puis nous la tuons, notre planète, notre trésor, nous en vilipendons les moindres recoins de paradis pour en faire vil usage, aveugles devant le précipice qui, béant, guette une humanité toute entière.

Mais nos rites religieux peuvent nous aider, malgré nos différences, à regarder la vie différemment et à tenter d’autres expériences…Les juifs viennent de fêter Pessah, leurs offrandes commémorant une autre espérance, « L’an prochain à Jérusalem » et la rédemption de l’Exode. Les chrétiens, eux, se réjouiront dimanche en se saluant du traditionnel « Il est ressuscité ». Même si nous ne partageons pas ces idées et ces traditions, nous pouvons, dans le monde entier, nous associer à ces partages, et à ces ancrages dans la renaissance et l’avenir.

https://www.youtube.com/watch?v=4sJsJB8KDD8

Le bébé luttant pour son premier souffle de vie, le « pneuma », nous donne l’exemple : jusqu’au sourire rayonnant des « Seigneurs », ces aïeuls emplis de grâce malgré leurs vies de tourmentes, comme les Germaine Tillon qui sont revenues d’entre les morts de la Shoah, ou emplis de sagesse et d’intelligence, comme les Michel Serres, les Jean d’Ormesson, l’Homme lutte pour rester debout et pour croire à cette vie qui le porte…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

Sachons, en cette veille de Pâques, reconnaître, nous aussi, le miracle de la vie. Il est là, partout, chez les puissants et les humbles, dans la larme de joie de la mère retrouvant son enfant sain et sauf après un naufrage en Corée, dans le tressautement de la paupière de « Schumi », dans l’annonce de la libération des journalistes en Syrie…

https://fr.news.yahoo.com/lib%C3%A9ration-des-quatre-journalistes-fran%C3%A7ais-otages-en-syrie-091602735.html

Jésus, disent les chrétiens, est sorti de son tombeau. Nos vies, si souvent, sont déjà de lugubres caveaux, lorsque nous étouffons sous la terre de nos soucis, lorsque le morne quotidien nous enterre vivants, lorsque peu à peu le silence se fait dans nos existences sans joie. Osons pousser les pierres, nous aussi, osons respirer enfin la vie qui est là, à nos côtés, cette vie que nous ne voyons plus, ne sentons plus, tant nous sommes engluées dans nos tristesses ou nos horreurs. Soyons la main tendue, le sourire offert, devenons les passeurs de lumière.

Il suffirait de peu pour que les femmes ne soient plus emmurées derrière les grilles de l’absurde, ni violées, éventrées, lapidées. Il suffirait de peu pour que la misère ne pousse plus des enfants innocents à se noyer en Méditerranées, pour que les frères ennemis du Moyen-Orient enterrent les siècles de guerre. Il suffirait de peu pour que nous arrêtions de souiller cette planète qui accueille nos passages et que nous transformons en poudrière et en enfer.

Nous ne pouvons rien contre le fatum, contre le destin qui fait chavirer les navires et trébucher les sportifs de haut niveau, aussi aguerris soient-ils. Mais nous, tous ensemble, nous, les frères et sœurs humains, nous devrions écouter l’espérance et commencer à nous relever, à sortir de nos tombeaux, et à partager nos espaces.

« Il est miraculeux qu’il reste la lumière. » Claude Vigée

http://www.zdf.de/ZDFmediathek/beitrag/video/2054898/Der-Weg-der-Pilgerin#/beitrag/video/2054898/Der-Weg-der-Pilgerin

 

 

 

De heili heilo à Jobi Joba…

De heili heilo à Jobi Joba

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Tiens, c’est amusant, ce départ d’un ex prof d’allemand et l’arrivée d’un natif de Barcelona à Matignon, vous ne trouvez pas ?

J’y vois, moi, une excellente métaphore de la situation de l’enseignement de l’allemand dans notre belle France…

Oui, l’Espagne et l’enseignement de l’espagnol ont bien toujours le vent en poupe, comme l’anglais –what else ?- et les langues dites émergentes (car des parents d’élèves s’imaginent encore que leurs têtes blondes vont réussir à maîtriser le mandarin en quelques années, quand certains peinent à écrire leur propre nom -du vécu !!- et ne maîtrisent déjà plus l’écriture cursive – alors les idéogrammes, je vous laisse imaginer…)

Les classes de mes collègues hispanisants sont toujours remplies ; et c’est vrai que c’est sympa, cool, fun, d’apprendre cette langue latine dont les sonorités nous semblent si familières, et puis le soleil, la salsa, etc…Je vous épargne les clichés !

Nous, par contre, en allemand, c’est le désert des Tartares. Les profs d’allemand sont devenus des has been, véritables boloss de l’Éducation Nationale. Tiens, c’est simple, dans notre immense académie de Toulouse, à la rentrée 2014, AUCUN poste au « mouvement » ; dans certains départements, et pas seulement dans le Sud-Ouest, aucune école primaire ne propose l’enseignement de l’allemand ; j’ai personnellement un statut de remplaçante depuis des années, malgré ma réussite au CAPES en 1984…

Nos classes ressemblent à des rassemblements de clandestins sous quelque dictature…Nous sommes les disciples de la dernière chance, les résistants, nous sommes la mémoire d’un grand peuple qui, autrefois, existait : les élèves qui faisaient de l’allemand, les germanistes. Souvenez-vous : de cette époque où l’allemand était enseigné dès la sixième, et où les germanistes rayonnaient de leur réputation de « bons élèves »…De ces trente glorieuses des jumelages, de ces images d’archives d’Adenauer et du Général applaudis à Reims ou à Berlin, de votre petite « corres » si blonde et si délurée…

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Oui, hier, en voyant la valse de nos dirigeants, je n’ai pu m’empêcher d’y lire un symbole…

Pourtant, non, nos cours ne sont pas soporifiques comme un discours de notre ex Premier Ministre ! Je vous assure, les méthodes ont évolué depuis Rolf et Gisela, nous aussi, nous utilisons autre chose que des magnétos à bande, et nous savons même naviguer sur l’ENT ! Non, non et non, nous ne parlons pas des heures sur un ton monocorde, au contraire, nous faisons faire des activités aussi variées que celles de nos collègues d’espagnol, même si, c’est vrai, nos manuels –les livres, hein, pas Valls (elle était fastoche)- parlent de façon un peu répétitive de la chute du Mur, des immigrés de Berlin et des discours du Moustachu…

Pourtant, non, nous ne faisons pas aux élèves et à leurs parents des promesses que nous ne tiendrons pas, comme un certain ex prof d’allemand sus cité…Quand même des orthophonistes recommandent l’apprentissage de la langue de Goethe aux élèves en difficulté –pour l’ordre de la syntaxe, pour la logique de la langue…-, quand toutes les grandes entreprises et même PME recrutent à tout va des candidats germanistes, quand il suffit à un étudiant de franchir la ligne Maginot des préjugés, et surtout le Rhin, pour d’un claquement de doigts décrocher un CDI en terre teutonne, c’est du solide, et pas de la promesse électorale !

http://www.connexion-emploi.com/fr/offers

Mais bien sûr, l’Espagne attire le chaland, elle claque des doigts comme une danseuse de flamenco, et quand on voit notre nouveau Premier Ministre –que je salue respectueusement, et dont j’ai réellement apprécié le magnifique discours de tolérance et d’humanisme qu’il nous a tenu récemment dans la Ville Rose, lorsque j’ai eu la chance d’être conviée au dîner du CRIF organisé peu de temps avant la commémoration des meurtres de la Bête…-, on ne peut s’empêcher d’admirer son dynamisme…Oui, cet homme né de l’autre côté des Pyrénées a le sang bouillant des Ibères, oui, il va, je n’en doute pas un instant, mener sa barque avec une autre poigne, oui, il va se jeter dans l’arène, et c’est bien l’Espagne qui pointe un peu sa corne à Matignon, comme le chantait notre Claude.

Faisons amende honorable et reconnaissons à nos collègues hispanisants que leurs cours peuvent, de la même façon, attirer nos élèves. Mais je voudrais ce jour rétablir la vérité : nos cours d’allemand peuvent être aussi gouleyants qu’une chanson gitane, aussi intéressants qu’un voyage en Argentine, aussi riches de sens qu’une expo de Dali ! Nous avons les Prinzen, et puis les îles de la Baltique, les Alpes, et Berlin !!! L’allemand reste aussi la deuxième langue du marché international et d’internet…

Françaises, Français, ne jetez pas l’ancien Premier Ministre avec l’eau du Rhin !

Élève, si t’es malin, viens à Berlin ! Car comme le dit une affiche : Allemagnifique !

PS : Manuel, te quiero !

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/tourisme-allemagne_b_3168676.html

Bon anniversaire, Zuck’ !!!

Lawton Silas Parker American

Bon anniversaire, Zuck’ !!!  

https://www.facebook.com/photo.php?v=10201513582298277&set=vb.1138188420&type=2&theater

C’était quelque part en 2008. Mes premiers pas sur le net, ou presque. Péniblement, mon ex-mari m’avait initiée au maniement d’une souris et de word, et je me revois encore cliquer lettre après lettre pour effacer, ou vanter les mérites d’un annuaire papier face aux Pages Jaunes en lignes, en 2003…Bon, j’avais quand même appris assez vite, navigant bientôt entre mes mails, Meetic et, depuis ce fameux soir du 30 avril 2008, mon premier « site d’écriture », mon cher « Oasisdesartistes »…

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=53092&forum=2

Sur ce forum, où bientôt mes mots s’évadèrent, les internautes et poètes vivaient cachés…Alors si ma plume s’en contenta, et si j’ai, en ce lieu béni où mes mots sont revenus à la vie, noué de solides amitiés, en particulier avec des poètes du Maghreb,

http://www.youtube.com/watch?v=LZYTkLBRgHE

http://www.youtube.com/watch?v=FGrbaJVTBTc

et même vécu la quintessence de l’amour -Jim, si tu me lis…-, je me suis assez vite lassée des « pseudos » et des jeux de cache-cache avec les « Étoile 75» et autres surnoms poétiques..

Me manquaient, en ce forum poétique, l’incarnation du réel, la transparence, l’échange en peer to peer de pairs osant se dévoiler, malgré les écrans…Certes, nous nous livrions jusque dans l’intime, puisque la poésie, justement, creuse et brûle les âmes, mais nous restions enfermés dans ces bulles virtuelles qu’offre l’anonymat.

C’est Tony, d’Oasisdesartistes, qui a été mon « premier ami Facebook ». Ma passerelle, mon pont entre ces deux virtuels, lui, le bel artiste peintre et écrivain, et je me souviens de ma joie en découvrant sa page, son visage, ses toiles, qui, sur Facebook, explosaient en autant de couleurs que la vie.

http://www.tonysossi.com/

Puis j’ai cherché Bertrand, dont j’étais amoureuse à 15 ans, que je revoyais encore en fragile jeune homme à lunettes, auquel j’offrais maladroitement, en notre datcha familiale, du cake fait de mes blanches mains adolescentes. Certes, je l’ai retrouvé, mais ce n’est pas avec lui que j’ai le plus de contacts, non, c’est avec sa maman, une délicieuse vieille dame digne et malicieuse, alerte et épanouie, un modèle de dynamisme…

Parce que figurez-vous que pour moi, Facebook, justement, ce n’est PAS Meetic…Certes, j’y ai pas mal d’amis garçons, mais aussi énormément d’amies filles, dont mon quartett de vieilles dames déjantées et sublimes, qui lisent, écrivent, écoutent de la musique, postent certes des photos de fleurs et de chats, mais aussi participent à la vie de la cité, sont dans le mouvement, dans la joie, malgré leurs âges, leurs peines, leurs deuils parfois : ma Jo, mes Thérèse, ma chère Michèle, je vous embrasse !!!

Je le dis souvent, Facebook, je l’ai attendu toute ma vie…

Je me revois, maman solitaire et fraîchement divorcée perdue dans l’austérité des monts d’Auvergne, Toulousaine en mal de tuiles roses, confrontée à la pierre noire de Volvic et aux difficultés de la solitude, des enfants petites et toujours malades, à huit heures de TER de « moun païs »…Je me revois compulser parfois l’annuaire, me demandant si je ne trouverais pas là un nom à consonance toulousaine ou germanique…Je me revois écrire à des vieux amis de fac ou de lycée, en retrouver, d’ailleurs, mais bien difficilement…Et puis, quand on est un peu intello, et très isolé –dans une salle des profs, sur un marché, dans un TER…-, on a envie, avant tout, de lire, oui, mais surtout d’écrire, d’échanger.

L’échange. Cet instantané de l’échange, et, souvent, de haut niveau. Voilà « mon Facebook », celui que je revendique, celui que je « like », que j’adore, dont je ne saurais plus me passer.

Traitez-moi de pompeuse, de voyeuse, de mytho, de selfie-woman, de prétentieuse : je n’en ai cure. Facebook, c’est ma deuxième maison.

Oui, je suis narcissique. And so what ? Oui, je fais des selfies, même si je n’ai pas le physique d’une député danoise. Mais j’ai perdu 25 kilos en 2003 –l’année de mon divorce, pour ceux qui suivent-, et, n’ayant quasiment aucune photo de moi d’avant cette époque, malgré deux ex-maris et d’autres compagnons, je tiens à rétablir la vérité : oui, je suis belle. Na.

Oui, « j’étale ma vie privée sur Facebook », au grand dam d’une partie de ma famille ! Grâce à ça, j’ai survécu à dix ans d’enfer social, de divorce et de surendettement. J’ai trouvé sur FB des contacts, des liens, des écoutes. Et je préfère payer un abonnement internet que 28 euros à quelque psy barbu et vasouillard, qui m’écouterait m’épancher en jouant au cluédo dans sa tête de piaf-si toi aussi tu veux mettre ta plaque « thérapeute » devant chez toi, sans risquer un contrôle du fisc, tape « un »…

Oui, je rencontre des gens fabuleux sur Facebook !!! Et même pire, je les « sélectionne » !! Ne pensez pas que j’accède à la demande d’amitié du gars qui a mis deux photos de GI et de bébés joufflus sur sa page et qui veut devenir mon ami, ayant sans doute lu que j’aime les enfants et l’Amérique…Non, mes amis sont délicieux, cultivés, cosmopolites…Sur FB, j’ai rencontré des suédois déjantés et des portugaises engagées, des américains fabuleux et des occitans talentueux, et des femmes avec lesquelles je partirais sans hésiter en vacances.

Car sur cette étrange plate-forme, le paradis, c’est les Autres, c’est l’Autre !

Ce sont ces gens divinement intéressants, qui ont voué leur vie à l’art, aux lettres, à la musique, ou à l’engagement social. Ce sont ces femmes qui luttent pour leurs droits. C’est cet « ami américain » que je considère comme un frère, qui m’a déjà envoyé de vraies lettres, des colis, des présents, avec lequel je partage une seule et unique vision du monde, sans l’avoir jamais rencontré-Silvanus, kisses !!!

http://www.youtube.com/watch?v=trL0cHwKbao&feature=c4-overview&list=UUWg56Q293oyLDXOgF7R_kSw

C’est cette femme qui me nomme sa « guerrière » et à laquelle j’ai promis une nuit d’été à parler en buvant du thé au jasmin, dans nos pyjamas de soie, que je n’ai jamais vue, mais dont je connais la voix, le courage, la beauté. Corinne, je t’embrasse !Et vous toutes aussi, les Ines-Marie, Muriel, Angéline, Marianne, Anne…Et les garçons aussi, bien sûr, les Alexandre, François, André, Claude, Omar, Joseph…

C’est cet ami architecte que je nomme « mon mari »-juste pour rire ! C’est aussi mon ami de de 35 ans, que je connais depuis le lycée, mon Matt, qui, de ma campagne tarnaise à la Californie, est ma passerelle vers mes étoiles !

Sur FB, je bouillonne, je m’expose, me surexpose, je chante, écris, partage, et surtout vais de découvertes en découvertes, moi qui, par un atroce enfermement social, ai vu mon horizon lambda de petite fonctionnaire se réduire, depuis 10 ans, comme une réfugiée enfermée dans quelque tente de Lampedusa…Sur FB, moi qui n’ai pas revu Mare Nostrum depuis des années, je visionne de sublime images de ma chère et talentueuse Christelle, qui nous offre mille océans fabuleux. Sur FB, moi qui ne pars plus, depuis longtemps, outre-Rhin, je passe les frontières, allègrement, sur des chemins de douaniers, telle une intrépide Alexandra David-Neel qui découvrirait le monde…

Bien sûr, je m’énerve, m’insurge, m’insupporte…Les murs fermés, les antichambres closes au grand public, les faux profils, aussi insupportables que les faux prophètes, et puis ces murs regorgeant de chatons et de jeux, panem et circences du pauvre…Pas plus tard que cette semaine j’ai hurlé de rage, voyant que le chaton « Oscar », jeté contre un mur de Marseille, recueillait des millions de soutiens, quand des millions de femmes meurent et sont battues et violées, en silence, de par le monde….Si Paris vaut bien une messe et Oscar une page Facebook, une femme vaut bien que nous nous mobilisions pour elle, non ?

Mais ce soir, je veux simplement, avec Zuck », souffler nos bougies ! Longue vie à notre Facebook ! Merci à ce jeune étudiant d’avoir su cristalliser mes rêves !

Longtemps, je me suis couchée de bonne heure.

Aujourd’hui, je m’endors avec vous…Je vous embrasse, mes amis Facebook !!!!

 

 

Ich liebe Dich

Ich liebe Dich

Lu par Volker Carl Jacoby:

http://www.youtube.com/watch?v=1J121H-TSnk&feature=share

Ich sage es in der dünnen Luft des Morgens

Ich sage es vor dem verwaschenen Regenbogen

Ich sage es vor dem verkalkten Glück

Ich sage es in der sternenstillen Nacht

Ich sage es, auch, wenn niemand mir zuhört

Ich sage es dem Fremden, der so einsam am Lebensgitter zittert

Ich sage es meinen Kindern, jeden Morgen beim Sonnengruss

Ich sage es meinen Freunden, den urigen, den neuen, den ewigen

Ich sage es der Sonnenblume und der Tanne, der Turteltaube und den Sorgen

Ich erwarte nicht, dass der Wind es mir als Echo zurückbringt

Ich sage es wie eine Chiffre

Ich sage es wie ein Geschenk

Ich sage es wie eine Gnade

Ich sage es, auch, wenn man mich lächerlich und skurril findet

Ich sage es wie ein Frühling gegen den ewigen Winter der Welt

Ich sage es wie eine Sonne

Ich sage es wie eine Wonne

Ich sage es, weil es für mich ein Alpha und Omega des Überlebens bedeutet:

Ich liebe Dich.

**********

Je le dis dans l’air fragile des aubes

Je le dis à l’arc-en-ciel décoloré

Je le dis devant le bonheur calcifié

Je le dis dans la nuit aux étoiles muettes

Je le dis aux silences

Je le dis à l’inconnu qui tremble au portail rouillé de sa vie

Je le dis à mes enfants chaque matin en faisant ma salutation au soleil

Je le dis à mes amis, les intimes, les nouveaux, les éternels

Je le dis au tournesol et au sapin, à la tourterelle et aux ennuis

Je n’attends pas que le vent m’en rapporte l’écho

Je le dis comme un chiffre

Je le dis comme un cadeau

Je le dis comme une grâce

Je le dis même si l’on me trouve ridicule

Je le dis comme un printemps contre l’éternel hiver des mondes

Je le dis comme un soleil

Je le dis comme une merveille

Je le dis comme l’alpha et l’Omega de ma survie:

Je t’aime.

**********

میگویم: در نازک هوای شفاف صبح گاهی

میگویم: به رنگین کمان شسته شده از رنگ

میگویم: به شادکامی از دست رفته

میگویم: در سکوت ستاره ای شبانگاهی

میگویم: حتا اگر کسی نخواهد گوش کند

میگویم: به غریبی که پشت میله های زندان زندگی میلرزد

میگویم: به فرزندانم، هر بامداد، با سلام روشن خورشید

میگویم: به دوستانم، دوستان دیروزیم، امروزیم، ابدیم

میگویم: به گلهای آفتاب گردان، به درختان صنوبر

میگویم: به قمری های غمگین، به تپشهای مضطرب قلبم

میگویم: بی آنکه از باد انتظار پژواکی داشته باشم

میگویم: همچون کلامی رمزآلود

میگویم: همچون سوغاتی از راه دور

میگویم: همچون رحمتی نابهنگام

میگویم: حتا اگر به من بخندند، مسخره ام کنند

میگویم: همچون بهاری که به مصاف زمستان جاوید زمین میرود

میگویم: همچون خورشیدی که میدرخشد

میگویم: همچون لذتی جان بخش

میگویم: چون این کلام الفبای زندگی من است، دلیل زنده ماندنم:

دوستت دارم.

Traduit par Hossein Mansouri

Sabine Aussenac

 

 

 

Jusqu’à la dormition des vagues

Jusqu’à la dormition des vagues

Ce poème a d’abord été écrit en allemand. Je vous en livre la lecture par mon ami poète et chansonnier Volker Carl Jacoby:

https://www.youtube.com/watch?v=YKw2Tv7xS7g

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise

le chemin sera long.

Jusqu’à la dormition des vagues,

jusqu’au sommeil du vent,

jusqu’à ce que les polychromies du

ciel colorent ma

vie nouvelle,

où l’on danse, béni.

 

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise

les forêts seront sombres.

Cent loups voudront me

mordre, je serai la

trébuchante, perdue et

aveugle, et puis soudain la clairière,

si douce,

un cadeau.

 

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise,

tapies, la peur, la soif,

dans l’étroitesse des recoins étouffants ;

mes nuits au cachot. Et

au matin : suffoquer. Mais vois :

il danse, le lilas, elles fleurissent, les vagues,

le pantin enfin ne gesticule plus.

Je brille, comme au matin du monde.

 ***

Bis der Sturm sich legt

 

Bis der Sturm sich legt

ist ein langer Weg.

Bis die Wellen ruhen,

bis der Wind sanft schläft,

bis der Himmel bunt

mir die Farben gibt

für ein neues Leben,

wo man tanzt im Segen.

 

Bis der Sturm sich legt

gibt es dunkle Wälder.

Da sind hundert Wölfe,

die mich beißen wild,

da muss ich nur stolpern,

bin verwirrt und blind,

und dann kommt die Lichtung,

ein Geschenk so mild.

 

Bis der Sturm sich legt

lauern Angst und Durst,

n den engen Ecken ohne Luft;

die Kerker meiner Nächte. Und

am Morgen: das Ersticken. Aber sieh:

Flieder tanzt und Wellen blühen,

endlich ruht der Hampelmann.

Ich strahle wie am Weltanfang.

Sabine Aussenac