Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm.

Three women seen from behind, collage de Lud Van Vorstenbosh
« It started off when I saw the beauty of the colour and structure of those rusty, crushed drink cans that you find littering the streets. So I picked up a few to do something with them one day, as a change from my usual work as a sculptress. Besides cans I now pick up many other sorts of ‘old iron’. Almost anything can turn out useful. Especially bicycles lose lots of interesting parts in the street. The metal trays I use as a background or basis for my collages are bought in jumble sales and flea markets. I prefer making figures and heads and in this I feel akin to Giuseppe Archimboldo, a 16th century Italian painter whose heads are composed of fruit, vegetables, flowers and fish. »

Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm.

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À quelques encablures de la France, superbement ignorés par un certain obscurantisme franco-français et même par les lumières d’expositions récentes, notre voisine outre-rhénane recèle de véritables trésors artistiques…

Qui connaît, par exemple, la remarquable famille Klemm ?

En premier, je demande le père : Fritz Klemm, né le 14 août 1902 à Mannheim, mort le 17 mai 1990 à Karlsruhe, était un peintre reconnu, maintes fois primé, non seulement par la Croix du Mérite, mais dans d’innombrables expositions :

http://de.wikipedia.org/wiki/Fritz_Klemm#Preise_und_Ehrungen

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Professeur à l’académie des Beaux-Arts de Karlsruhe, il s’est notamment distingué par une technique très maîtrisée de la peinture « Caparol », permettant une plasticité remarquable de la texture et une « patte » très assurée. L’exposition de la galerie Baumgarten, en 1996, avait ainsi repris dans son catalogue les œuvres premières de l’artiste, mais aussi ses derniers « murs », représentant les établis du peintre, dont les monochromies ne sont pas sans rappeler les « noirs » de Soulage…

Fritz Klemm, Die Wand, um 1972, Mischtechnik/Papier 65 x 50 cm
Fritz Klemm, Die Wand, um 1972, Mischtechnik/Papier 65 x 50 cm

http://www.bildkunst.uni-freiburg.de/bildkunst/AUSSTELL/GALERIEN/BAUMGART/aktbild.htm

« Je suis le matériau de base sur lequel je travaille », affirmait l’artiste, qui a aussi résumé son œuvre dans une interview conduite par Gert Reising en 1989 :

« Mon réalisme non seulement me fonde,  mais je le considère comme ma vision du monde. Là, je suis plutôt proche de Menzel ou de Pissaro. Cependant, l’essentiel n’est pas d’avoir un style. Mon réalisme se rapproche de la pensée de Schopenhauer: ancré dans la clarté, sec dans la réalisation, lapidaire dans la formule : vous savez comme il est pour moi difficile de faire ceci avec une légèreté enfantine. »

(« Aber mein Realismus bildet nicht nur ab, ich meine ihn als Weltsicht. Da bin ich eher Menzel oder Pissaro nahe. Mir geht es aber nicht um einen Stil. Mein Realismus ist Schopenhauers Denken nahe: fest in der Anschaulichkeit, trocken in der Durchführung, lapidar in der Aussage: Sie wissen, wie schwer es mir fällt, dies spielerisch leicht zu machen.»)

Une césure très nette se fera sentir lors de l’abandon de la chaire professionnelle de l’artiste, qui travaillera non plus dans les locaux de l’académie de peinture, mais dans un modeste atelier donnant sur un paysage urbain. Il peindra dès lors une sorte de monochromie thématique autour du « mur », exprimant l’environnement bétonné qui l’entoure sous une incroyable richesse de traits et de lignes géométriques.

https://www.zeitkunstverlag.de/wp-content/uploads/wpsc/downloadables/kuenstler-2007-03-077-klemm-fritz.pdf

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L’artiste croqué par sa fille, la photographe Barbara Klemm

En deuxième, je demande une des filles parmi les six enfants du peintre et de son épouse, la comtesse Antonia de Westphalie, une artiste, elle aussi, dont les délicates esquisses se sont perdues au fil des maternités, disparue  un an avant son époux. Barbara Klemm, la deuxième fille du couple, s’est distinguée par une brillante carrière de photographe de presse.

http://de.wikipedia.org/wiki/Barbara_Klemm

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http://www.vivreaberlin.com/4435,barbara-klemm-ou-le-gout-du-detail-intime-parmi-la-foule.html

La journaliste de talent a travaillé au grand quotidien FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, des années soixante-dix jusqu’en 2005, se distinguant par un style bien particulier de portraits et de paysages dont certains font partie intégrante de la mémoire de la République Fédérale…Elle a croqué plus d’une fois Willy Brandt, Helmut Schmidt ou Leonid Brejnev, et ses images ont remporté de nombreux prix lors de multiples expositions, comme le prix Erich-Solomon ou le prestigieux prix Max Beckmann, qui couronne des réussites exceptionnelles dans les domaines des arts.

http://www.art-magazin.de/blog/2009/12/23/kam-sah-siegte-barbara-klemm/

Au Louvre, Barbara Klemm
Au Louvre, photo Barbara Klemm

Enfin, last but not least, venons-en à une autre fille du couple, Ludvine van Vorstenbosch, dite Lud, qui se trouve être l’une des artistes plasticiennes les plus remarquables de sa génération, et, accessoirement, ma marraine ! Car la meilleure amie de ma maman, au lieu de suivre un français vers un sud ensoleillé, a, dans les années soixante, épousé un néerlandais et a donc installé son atelier à Utrecht, aux Pays-Bas.

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Bronze

C’est là qu’elle s’adonne à ses collages et bronzes, alliant l’infime et le monumental, puisant dans son souffle artistique ses idées transversales pour mouler les forces ou assembler les tendresses.

http://www.ludvanvorstenbosch.nl/estartlvv.html

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Ludvine a exposé aux Pays-Bas, en Allemagne et en France  et est membre de l’Académie des Beaux-Arts de Utrecht. Elle a aussi été mon modèle : celui d’une femme alliant maternité et création, très tôt investie dans l’écologie et les médecines alternatives. Elle a un merveilleux sourire et une énergie à toute épreuve.

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C’est aujourd’hui son anniversaire : alles Gute zum Geburtstag, Marraine !

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Comme en instance d’orage

Comme en instance d’orage

L’air, un peu différent. Comme en instance d’orage.

La pluie, cette pluie presque d’été, qui pourrait annoncer un arc-en-ciel.

Qui pourrait, oui. Mais sera-t-elle capable de laver l’affront fait hier, en ce 25 mai 2014, à la Démocratie ?

Prendre le bus, croiser tous ces visages. En apparence, rien n’a changé. Ce sont les mêmes personnes qui rentrent du travail, ce sont les mêmes enfants qui reviennent en chantonnant de l’école. Il y a les SDF fatigués devant la boulangerie, les Roms qui mendient, on se presse, on court dans les couloirs du métro, on prend RV chez le dentiste.

Contemplant cette vie qui gronde, je me demande si, au lendemain du 30 janvier 1933, les Allemands eux-aussi ont vaqué à leurs occupations, comme si de rien n’était. Si les visages, comme dans Toulouse ruisselante aujourd’hui, sont demeurés les mêmes, inchangés, n’entendant ni le souffle de l’Histoire, ni les hurlements des enfants juifs et Roms dans les Camps, ni les bombes des bombardements tapis qui bientôt souilleraient, à jamais, le pays des Penseurs et des Philosophes.

Je vous écoute, dans vos radios, vos télés, par écrans interposés. Tout un pays anéanti, ou presque. Presque, car, aussitôt, en lieu et place d’une réelle interrogation sociétale et profonde, voilà que les panem et circenses médiatiques nous servent un nouveau scandale, une de ces affaires tonitruantes qui tombent, vous l’avouerez, à pic. Histoire de ne pas se passer la patate chaude de ce vote dont les autres médias européens et internationaux se repaissent, histoire de plutôt faire de la bouillie sarkoziste, grâce à ces financement occultes étrangement révélés ce jour, que de poser les véritables questions.

Et moi j’ai honte. Honte pour mon propre pays dont le monde se gausse, honte pour cette mémoire outragée. Et surtout, je souhaiterais que « nos » responsables, enfin, se remontent les manches, pour désamorcer la bombe du populisme et de la xénophobie.

Il ne devrait pas être très compliqué de contenter les petites gens, de se rendre compte que personne ne peut, décemment, vivre avec une misérable retraite inférieure au SMIC. Il ne devrait pas être très compliqué d’oser enfin prendre l’argent là où il dort scandaleusement, pour aider les Petits et les Humbles, mais aussi ces classes moyennes engorgées, surendettées, prises entre le marteau et l’enclume, gagnant trop pour recevoir de l’État Providence, mais pas assez pour sortir de la spirale des découverts et des dettes. Il ne devrait pas être très compliqué, que l’on soit gaulliste ou socialiste, voire même centriste, de se retrousser les manches pour sortir de la Crise, pour rassurer ces ouailles électorales qui, ne sachant plus à quel Saint se vouer, ont fini par voter pour le Diable…

Ce qui sera plus difficile, ce sera de lutter contre le racisme, la xénophobie, la peur de l’Autre, de cet « autre » que d’aucuns stigmatisent par un voile ou un minaret tandis, mais parfois aussi en évoquant ce fameux « complot judéo-maçonnique »…Car l’électeur bleu Marine mélange allègrement les phobies et les dérives, idolâtrant la « Quenelle » libre, conspuant d’une main la « Shoah-ananas » et jetant joyeusement de l’autre du sang de porc contre la Mosquée de quartier…

Comme il est fragile, l’équilibre de la Démocratie…Comme elle est fine, cette ligne de crêtes qui slalome au gré de notre Histoire, des pogroms aux ratonnades, de l’Affaire Dreysfus à la gégène…Et comme il est aveugle, celui qui croit voter pour la France Libre quand il offre sa voix au démon du protectionnisme et de la Peur.

Ne conviendrait-il pas enfin d’éduquer ce petit peuple de France, qu’il soit dans les cités où l’on n’ose plus se mettre en jupe ou dans les zones pavillonnaires où des milices se créent ? Ne conviendrait-il pas enfin de regarder la vérité en face, de ne plus occulter les véritables problèmes, d’oser prendre les difficultés liées à l’immigration et aux dérives islamistes, qui elles-mêmes engendrent l’islamophobie, à bras le corps, afin de ne pas attiser la flamme du FN ?

Il conviendrait que les médias fassent, par exemple, devoir de mémoire, pour rapidement rappeler, par quelques pages choc, par quelques émissions tonitruantes, comment les populismes ont, toujours, mené les nations à leur perte.

Mais il conviendrait aussi d’éduquer et de canaliser « celui par qui le scandale arrive », à savoir ce bouc  émissaire de « l’Étranger », qu’il soit à mendier devant nos grilles ou à brûler les voitures un soir de désœuvrement…

Il est temps, plus que temps, de semer à nouveau la parole démocratique, laïque et pacifique de notre État de droit dans l’anarchie liberticide des banlieues.

Il est temps, plus que temps, de redonner leur liberté à ces filles grillagées derrière leurs voiles d’un autre temps, et de trouver des solutions intelligentes pour faire de nos cités des démocraties participatives, et non plus des zones de non droits.

Plutôt que de nous lamenter sur la ghettoïsation, permettons par exemple à de grandes enseignes de travailler là où même la police ne se rend plus…Une médiathèque et quelques projets culturels ne suffisent pas à oxygéner des univers devenus coercitifs, où il n’y a plus de brassage social. Il faudrait, dans nos banlieues, des FNAC, des librairies, et pas seulement des échoppes diffusant de la littérature coranique ; il faudrait, dans nos « Quartiers », des Monoprix, des Séphora, et pas simplement des boutiques vendant du thé vert et des babouches ; il faudrait, dans nos cités, faire advenir une normalité qui jamais n’a eu cours, quitte à être un peu dirigiste, quitte à prendre quelques mesures radicales pour évincer les Mohamed Merah en puissance des coursives où ils rêvent d’en découdre en Syrie, alors que notre économie a besoin de leur force, de leur dynamisme, de leur richesse !

Hier, les Français ont dit, ont hurlé, ont craché leurs peurs, leurs phobies, leurs hantises. Mais je refuse de baisser les bras. Il n’y a pas, m’a appris mon père, de problèmes : il n’y a que des solutions.

Alors au-delà de ma colère contre ces électeurs qui n’ont pas vu plus loin que le bout de leur nez, je vous demande, mesdames et messieurs nos dirigeants, et mesdames et messieurs de l’opposition, et mesdames et messieurs les nouveaux élus, de réfléchir à ce qui se cache derrière ce camouflet, et de vous battre.

La France mérite mieux que de vivre la peur au ventre. La France mérite que nous nous engagions pour sa démocratie. La France mérite d’accueillir, mais aussi d’éduquer et d’intégrer ces populations qui ont d’infinies richesses à nous offrir, si nous leur permettons de ne pas rester à la marge, mais de devenir partie intégrante de notre système qui, s’il n’est pas parfait, a le mérite de reposer sur des siècles de tolérance et de diversité.

Le problème, ce soir, ce n’est pas seulement sur ce vote pour un parti populiste et d’extrême-droite, mais c’est la genèse de cette action rétrograde et indigne.

Je compte sur vous, je compte sur nous. La France a besoin de nous tous.

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/12/22/2666216_le-principal-porte-un-costume.html

Sabine Aussenac.

Dear Time Magazine

Dear Time Magazine,

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A full cover. A friendly face. Millions of people will see and read your sentences about Marine le Pen and the Front National.

Thank you, dear Time Magazine. Really, thanks for making such an incredible publicity to such a dangerous person. To such a dangerous party.

You say that this political party could be compared to the american Tea Party. You seems to consider that Marine le Pen could be an usual, banal, normal leader.

Thanks for this brilliant conclusion.

I’m sure that the young norwegian victims from Anders Breivik would have appreciate your way to describe our little frenchie Iron Lady: you know, Breivik’s ideas are so close to Madame le Pen’s war against Muslim power in Europe…

http://www.huffingtonpost.com/2012/07/22/anders-behring-breivik-attacks-norway-massacre-anniversary_n_1692813.html

Yes, I agree with you, we have not to ask us if the Front National is dangerous, and I sure that the many turkish victims of german neo Nazis could have share your these: burning houses with lots of Turkish and black children is not a crime, it’s just …

http://en.wikipedia.org/wiki/Solingen_arson_attack_of_1993

Yes, in fact, how do you call this?

And how do you call “Shoah”, in english? Oh, yeap, I remember, I think you say “Holocaust”, isn’t it? This old european story, a few million people burning and dying and a man, a certain Hitler, such a respectable politician, full of legality and proud to be the Führer of a new world order, on this 30 January 1933…

You think I’m crazy? You think I’m dreaming? You think I’m just a german teacher and not a journalist or essayist, not able to give a sense to history and politics?

Perhaps you’re wright. And perhaps it’s true, that certain liberal ideas from Marine le Pen about Europe, about health care reform or ecology can be compared to the program from the Tea Party.

But in France, you know, two years ago, in my “pink city” Toulouse, a man shout jewish kids down, in their jewish school, just because they were jewish. A few years ago, a yong man called Ilan Halimi was tortured weeks along, before being murdered and burned. Just because he was jewish. But in France, last autumn, a man called Dieudonné, pretending he was an humorist, invented a new way to say “hi”, making a inversed nazi salutation with this arm, called “quenelle”. In all his shows, this man made a joke about the “Shoah”, singing “Shoah- ananas”, as if the holocaust could be a funky fucking good song and joke about fruits.

http://www.veteranstoday.com/2014/01/04/the-courage-of-the-quenelle/

I don’t know if you know that Marine le Pen’s father, Jean-Marie le Pen, often made this sort of jokes about the holocaust.

http://mondediplo.com/1998/05/08igou

I don’t know if you know that Marine le Pen herself often speaks and laugh with persons of the neo nazi circles.

http://forum.doctissimo.fr/viepratique/politique/compagnie-skinheads-neonazis-sujet_11432_1.htm

 

Dear Time Magazine, I always learned and thought that YOU were one of the best, brilliant, neutral, impartial, respectable and intelligent newspaper of the world.

Today I’m sad, I feel upset and I ask you to apologize for your apology of non-sense.

 

Sabine Aussenac.

http://www.best-poems.net/editors/1293

http://www.amazon.fr/Sabine-Aussenac/e/B00K0ILDZS/ref=ntt_athr_dp_pel_1

Bouquet final…À Jean Jaurès et à Rosa Luxemburg…

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Bouquet final

 

Le muguet au bois fou ce matin carillonne,

Ses clochettes enivrées qui bourdonnent et fredonnent,

Comme autant de rappels de nos luttes passées,

Fratricides et victoire contre l’ordre emmuré.

 

Les voilà qui défilent, ceux qui croient au lilas,

Klaxons gais et paroles en immense fracas,

Et l’on entend Jaurès marteler que les Grands

Ne devront plus jamais exploiter les perdants.

 

La sais-tu la beauté de ce Temps des cerises,

Lorsque de ville en ville barricades effrontées

Se levaient pour crier libertés insoumises ?

 

Garde au cœur la beauté de la rose au sang noir,

Qui au soir fraternel de la paix retrouvée

Fleurira sur les tombes de tous nos fols espoirs.

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=98872&post_id=944871&order=0&viewmode=flat&pid=0&forum=2#forumpost944871

Si vous aimez ma poésie, plusieurs recueils sont déjà disponibles, téléchargeables aussi sur PC, Mac, tablettes, smartphones, et en version papier là et chez lulu.com…

http://www.amazon.fr/Prends-beaut%C3%A9-po%C3%A8mes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00E8D9V0K/ref=la_B00K0ILDZS_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1398937464&sr=1-2

http://www.amazon.fr/Chants-tut%C3%A9laires-tribus-rassembl%C3%A9es-Po%C3%A9sies-ebook/dp/B00JV3WSAW/ref=la_B00K0ILDZS_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1398937164&sr=1-1

Ma page « auteur »:

http://www.amazon.fr/-/e/B00K0ILDZS

Devenons les passeurs de lumière

Devenons les passeurs de lumière

 

Pourquoi ne pas croire aux miracles ? Osons, osons, avec les chrétiens du monde entier, nous réjouir de cette fête où un prophète et se disant fils de Dieu ressuscita d’entre les morts. Croyants et impies, athées et religieux, toute foi confondue, réjouissons-nous de ce moment qui peut devenir inspirant.

La nature nous donne l’exemple. En ce printemps, tout n’est qu’explosion de vie et d’allégresse…Les journées qui rallongent après les grisailles de l’hiver, les lilas et les roses, les nuées de pétales dont le duvet volète d’arbre en arbre quand les merles s’époumonent…Des sous-bois aux jardins, notre terre palpite, tout n’est qu’éclosion et renouveau.

Osons, nous aussi, cette espérance pascale. Ne baissons pas les bras dans la nuit qui gronde, malgré nos douleurs, nos peines, nos angoisses. Oui, le monde est fou, entre les dictateurs et les diktats, entre les massacres des Innocents syriens et les naufrages de centaines de lycéens coréens, entre les incendies qui dévorent Valparaiso et les avions fantômes, entre les injustices, les maladies, les scandales. Et puis nous la tuons, notre planète, notre trésor, nous en vilipendons les moindres recoins de paradis pour en faire vil usage, aveugles devant le précipice qui, béant, guette une humanité toute entière.

Mais nos rites religieux peuvent nous aider, malgré nos différences, à regarder la vie différemment et à tenter d’autres expériences…Les juifs viennent de fêter Pessah, leurs offrandes commémorant une autre espérance, « L’an prochain à Jérusalem » et la rédemption de l’Exode. Les chrétiens, eux, se réjouiront dimanche en se saluant du traditionnel « Il est ressuscité ». Même si nous ne partageons pas ces idées et ces traditions, nous pouvons, dans le monde entier, nous associer à ces partages, et à ces ancrages dans la renaissance et l’avenir.

Le bébé luttant pour son premier souffle de vie, le « pneuma », nous donne l’exemple : jusqu’au sourire rayonnant des « Seigneurs », ces aïeuls emplis de grâce malgré leurs vies de tourmentes, comme les Germaine Tillon qui sont revenues d’entre les morts de la Shoah, ou emplis de sagesse et d’intelligence, comme les Michel Serres, les Jean d’Ormesson, l’Homme lutte pour rester debout et pour croire à cette vie qui le porte…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

Sachons, en cette veille de Pâques, reconnaître, nous aussi, le miracle de la vie. Il est là, partout, chez les puissants et les humbles, dans la larme de joie de la mère retrouvant son enfant sain et sauf après un naufrage en Corée, dans le tressautement de la paupière de « Schumi », dans l’annonce de la libération des journalistes en Syrie…

https://fr.news.yahoo.com/lib%C3%A9ration-des-quatre-journalistes-fran%C3%A7ais-otages-en-syrie-091602735.html

Jésus, disent les chrétiens, est sorti de son tombeau. Nos vies, si souvent, sont déjà de lugubres caveaux, lorsque nous étouffons sous la terre de nos soucis, lorsque le morne quotidien nous enterre vivants, lorsque peu à peu le silence se fait dans nos existences sans joie. Osons pousser les pierres, nous aussi, osons respirer enfin la vie qui est là, à nos côtés, cette vie que nous ne voyons plus, ne sentons plus, tant nous sommes engluées dans nos tristesses ou nos horreurs. Soyons la main tendue, le sourire offert, devenons les passeurs de lumière.

Il suffirait de peu pour que les femmes ne soient plus emmurées derrière les grilles de l’absurde, ni violées, éventrées, lapidées. Il suffirait de peu pour que la misère ne pousse plus des enfants innocents à se noyer en Méditerranées, pour que les frères ennemis du Moyen-Orient enterrent les siècles de guerre. Il suffirait de peu pour que nous arrêtions de souiller cette planète qui accueille nos passages et que nous transformons en poudrière et en enfer.

Nous ne pouvons rien contre le fatum, contre le destin qui fait chavirer les navires et trébucher les sportifs de haut niveau, aussi aguerris soient-ils. Mais nous, tous ensemble, nous, les frères et sœurs humains, nous devrions écouter l’espérance et commencer à nous relever, à sortir de nos tombeaux, et à partager nos espaces.

« Il est miraculeux qu’il reste la lumière. » Claude Vigée

Par l’union, il brisera toutes les attaques…Adieu à Dominique Baudis

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Par l’union, il brisera toutes les attaques…Adieu à Dominique Baudis

Quand j’ai lu les avis dans le Carnet du Monde, j’ai compris que je ne pourrais vous dire au-revoir. Car aujourd’hui, je suis dans votre Ville Rose, quand un hommage vous sera rendu aux Invalides, tandis que demain, lorsque votre ville vous pleurera, je serai, exceptionnellement, à Paris…

Ces quelques mots pour vous assurer, Dominique, de mon profond respect et de ma gratitude. La France perd un Juste, et Toulouse l’un de ses pères bienfaiteurs.

Savez-vous que nous avons été en opposition politique, lorsque, jeune étudiante, on m’avait demandé d’occuper la fin de la toute première liste verte, il y a mille ans, quand notre score a été si ridicule que nous, modestes militants de la première heure, avons été obligés de rembourser la campagne ? La petite étudiante rêveuse, qui ne connaissait de la politique que les cartes de vœux du RPR que son Conseiller Général de père l’obligeait à mettre sous enveloppe en famille s’était émancipée, portant des Birkenstocks bien avant l’heure et achetant des graines de sésame au Marché du Capitole à la sortie de Fermat…Mon hypokhâgne ratée, pleine de lectures de Kerouac et de rêves américains, ressembla bien peu à votre brillant parcours étudiant, mais quelque part, déjà, nous avions les mêmes ambitions : changer la vie, ou peut-être même transformer le monde…

C’est que votre regard, toujours, a su voir au-delà de Garonne les méandres de l’Histoire. Vous aimiez les hommes, leur passé, leur avenir, vous aimiez aussi nous dire le monde. Vos activités de grand reporter ont, tout naturellement, convergé vers la fenêtre du petit écran lorsque, au gré des JT, vous donniez aux Français des nouvelles de notre terre. C’est qu’elle vous était précieuse, notre planète, et vous l’aimiez, de ces terres méditerranéennes que vous avez su magnifier lors de votre présence à l’Institut du Monde Arabe jusqu’à vos engagements européens…Oui, le Cèdre du Liban a été comme un emblème de tous vos chiasmes et métissages, car comme lui vous avez, toujours, défendu la paix et la conscience.

C’est Toulouse qui a, avant vos futurs engagements,  profité la première de vos clairvoyances. Quelle différence entre la modeste bourgade presque ensommeillée que j’ai découverte en arrivant de ma campagne tarnaise et la métropole européenne qui rutile de mille feux, quand non seulement le soleil berce le clocher de St Sernin en rougeoyant sur la brique, mais fait miroiter les ailes de nos avions et fusées…Vous avez su, Dominique, participer à cette naissance, et faire de Toulouse l’Occitane une capitale européenne. Vous avez fait, pour notre ville, l’habile transition entre tradition et modernité, et la Croix du Capitole se souvient de la liesse des soirs d’élection…Les petits quartiers sont aujourd’hui toujours là, Toulouse reste un grand village, avec ses marchés de plein vent, ses tilleuls qui embaument autour de St Sernin et la faconde de ses habitants ; mais on y parle à présent aussi, au-delà des annonces en occitan dans le métro, la langue du futur.

L’homme parfois est faible, ingrat et lâche. Mais comme Calas l’avait fait en son temps, vous n’avez pas, lorsque la vindicte populaire vous a jeté aux lions, courbé l’échine, car vous saviez que la vérité éclaterait. J’ai eu honte pour ma ville lorsque je l’ai vue vous maltraiter, et je vous sais gré d’avoir su pardonner aux Toulousains leur manque de foi. C’est justement au cœur des injustices que Nicolas Sarkozy a placé, en vous, sa confiance, vous nommant premier Défenseur des Droits. Merci, Dominique, de votre lucidité, et de vos courages.

Parfois, j’ai quémandé votre aide, et toujours vous m’avez répondu. Perdue dans la terre lointaine d’Auvergne, je me souviens vous avoir sollicité pour un appui en vue d’une mutation, tant ma Ville Rose me manquait…Récemment, je n’oublie pas vos courriers dans cette douloureuse affaire internationale de pension alimentaire qu’un ex-conjoint allemand me doit, lorsque vous avez fait intervenir Madame la Défenseur des Droits des enfants…

Nous, Toulousains, sommes aujourd’hui quelque peu orphelins. Les « Motivés », les écolos, les partisans de Pierre Cohen et ceux de Jean-Luc Moudenc, ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, nous sommes tous unis dans un dernier hommage.

Vous allez nous manquer. Permettez-moi de lancer sur Garonne quelques fleurs de corail que le soleil arrose, en mémoire de vous.

 

« Un cèdre toujours vert, c’est un peuple toujours jeune en dépit d’un passé cruel. Quoiqu’opprimé, jamais conquis, le cèdre est son signe de ralliement. Par l’union, il brisera toutes les attaques ».

( Proclamation du Grand Liban, 1920)

La légende des siècles

 

Discours de Monsieur Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse, le 5 avril 2014

WP_20140405_081Je ne sais pas pourquoi, en les voyant, j’ai pensé à Daudet :

« M. le sous-préfet est en tournée. Cocher devant, laquais derrière, la calèche de la sous-préfecture l’emporte majestueusement au concours régional de la Combe-aux-Fées.

 Pour cette journée mémorable, M. le sous-préfet a mis son bel habit brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d’argent et son épée de gala à poignée de nacre… »

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Pourtant, nous n’étions pas aux champs, mais au cœur de la Ville Rose : qui, en ce samedi 5 avril 2014, commémorait en grandes pompes la Bataille de Toulouse !

http://www.voixdumidi.fr/il-y-a-200-ans-la-bataille-de-toulouse-pour-sauver-lempire-25175.html

C’est qu’ils étaient galonnés, nos Grognards, tout autant que les sujets de Sa Gracieuse Majesté ou que les dizaines d’Ibères fiers comme Artaban et d’autres lusophones qui se prêtaient à cette reconstitution historique…Le Capitole en perdit presque son latin, tant c’était fête que de voir les épaulettes et les épées rivaliser de force avec les sabres et les médailles, qui, sous le soleil du printemps, illuminaient la Cour d’Honneur.

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Un calendrier quelque peu maladroit, que la nouvelle municipalité aura j’espère à cœur de modifier, avait fait coïncider le Carnaval et cet événement historique bien peu, hélas, relayé par les médias, comme s’en plaignit l’un des responsables lors des beaux discours qui résonnèrent dans la Salle des Illustres. Il faut dire que les catholiques pratiquants doivent de toutes manières lever les yeux vers leur ciel, en voyant ce Carnaval qui jouxte quasiment la Semaine Sainte, faisant fi de toute logique chronologique…Mais ces derniers se rattrapèrent aussi, ce jour-là, les plus hardis d’entre eux ayant gratifié la Place du Capitole d’un ersatz de Manif pour tous, avec un ridicule « Jour de Colère » qui ne rassembla que trois vigiles et un tondu…

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Bref. Alors que je ramenais tout juste mon geek de fiston de la préparation du « TGS » et de son propre rassemblement de cyberdéguisés, qui, eux, paradaient devant L’Imaginaire,

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je trébuchai soudain sur l’Empire, posté devant notre beau Capitole, en un alignement de troupes venues de toute l’Europe pour rappeler le souvenir de cette journée mémorable, que la pacifiste que je suis résume brièvement :

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La bataille de Toulouse s’était déroulée le dimanche de Pâques du 10 avril 1814 et avait opposé 42 000 soldats de l’Empereur Napoléon, commandés par le maréchal Soult, aux 52 000 soldats de la coalition anglo-hispano-portugaise dirigés par le Maréchal Arthur Wellesley Duc de Wellington. Les Anglais attaqueront Saint-Cyprien, mais seront arrêtés au niveau des futures allées Charles-de-Fitte. Les Écossais, eux, vont attaquer les Ponts-Jumeaux, mais se heurteront à une défense efficace, tandis que les Espagnols échouent aussi vers Matabiau et Jolimont…

L’armée anglaise arrive toutefois à rejoindre la route de Castres, contournant la ville par le nord, et attaque en donnant l’assaut vers la colline du Calvinet depuis les futurs quartiers du château de l’Hers et de Soupetard. Soult envoie le général Taupin, qui est tué à Jolimont, ce qui permet à Wellington d’occuper Jolimont.

L’Histoire porte un regard ambivalent sur cette bataille, car deux visions s’opposent dans son analyse…Les Britanniques y verront une victoire, puisque que Soult aura évacué la ville et qu’ils y entrent le 12 avril, acclamés par les royalistes ; mais les Français aussi en revendiquent la victoire, car la ville n’a justement pas été prise d’assaut le 10 avril 1814… En effet, l’armée de Soult, loin de capituler, peut même se retirer dans la nuit du 11 au 12 avril 1814 !

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Ce double héritage est sans doute important et préfigure, à n’en pas douter, les émotions mêlées que suscite toujours notre rapport au passé. Car l’Europe est née d’alliances et de combats, les frères ennemis d’hier devenant les alliés de demain, au gré des méandres des défis et des tourmentes…

Voir ainsi, en ce beau printemps 2014, alors que l’Ukraine est à feu et à sang, alors que la Hongrie vire au Noir et que le FN se pavane dans moultes municipalités de l’hexagone, des hommes venus de plusieurs pays d’Europe parader pour la reconstitution de cette bataille et se prêter au jeu de l’Histoire m’a mis, je peux vous l’assurer, du baume au cœur. Car, comme l’a répété notre nouveau Maire dans son discours, nous avons appris de l’Histoire, et devons toujours garder en mémoire les belles visions de ses grands hommes : notre Europe, qui avait été mise à feu et à sang par l’Empereur, a su aujourd’hui trouver sa ligne directrice, ses alliances, ses espérances.

La reconstitution de la Bataille de Toulouse, en ce bicentenaire, s’est inscrite pour nous, Toulousains,  dans les prémices des commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Car comme l’a rappelé Jean-Luc Moudenc, cette année 2014 sera riche en rappels du passé…

Que la mémoire des hommes perdure. Et que la paix règne en nos cœurs.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/06/1857366-le-10-avril-1814-c-etait-la-bataille-de-toulouse.html

 

 

 

 

 

De heili heilo à Jobi Joba…

De heili heilo à Jobi Joba

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Tiens, c’est amusant, ce départ d’un ex prof d’allemand et l’arrivée d’un natif de Barcelona à Matignon, vous ne trouvez pas ?

J’y vois, moi, une excellente métaphore de la situation de l’enseignement de l’allemand dans notre belle France…

Oui, l’Espagne et l’enseignement de l’espagnol ont bien toujours le vent en poupe, comme l’anglais –what else ?- et les langues dites émergentes (car des parents d’élèves s’imaginent encore que leurs têtes blondes vont réussir à maîtriser le mandarin en quelques années, quand certains peinent à écrire leur propre nom -du vécu !!- et ne maîtrisent déjà plus l’écriture cursive – alors les idéogrammes, je vous laisse imaginer…)

Les classes de mes collègues hispanisants sont toujours remplies ; et c’est vrai que c’est sympa, cool, fun, d’apprendre cette langue latine dont les sonorités nous semblent si familières, et puis le soleil, la salsa, etc…Je vous épargne les clichés !

Nous, par contre, en allemand, c’est le désert des Tartares. Les profs d’allemand sont devenus des has been, véritables boloss de l’Éducation Nationale. Tiens, c’est simple, dans notre immense académie de Toulouse, à la rentrée 2014, AUCUN poste au « mouvement » ; dans certains départements, et pas seulement dans le Sud-Ouest, aucune école primaire ne propose l’enseignement de l’allemand ; j’ai personnellement un statut de remplaçante depuis des années, malgré ma réussite au CAPES en 1984…

Nos classes ressemblent à des rassemblements de clandestins sous quelque dictature…Nous sommes les disciples de la dernière chance, les résistants, nous sommes la mémoire d’un grand peuple qui, autrefois, existait : les élèves qui faisaient de l’allemand, les germanistes. Souvenez-vous : de cette époque où l’allemand était enseigné dès la sixième, et où les germanistes rayonnaient de leur réputation de « bons élèves »…De ces trente glorieuses des jumelages, de ces images d’archives d’Adenauer et du Général applaudis à Reims ou à Berlin, de votre petite « corres » si blonde et si délurée…

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Oui, hier, en voyant la valse de nos dirigeants, je n’ai pu m’empêcher d’y lire un symbole…

Pourtant, non, nos cours ne sont pas soporifiques comme un discours de notre ex Premier Ministre ! Je vous assure, les méthodes ont évolué depuis Rolf et Gisela, nous aussi, nous utilisons autre chose que des magnétos à bande, et nous savons même naviguer sur l’ENT ! Non, non et non, nous ne parlons pas des heures sur un ton monocorde, au contraire, nous faisons faire des activités aussi variées que celles de nos collègues d’espagnol, même si, c’est vrai, nos manuels –les livres, hein, pas Valls (elle était fastoche)- parlent de façon un peu répétitive de la chute du Mur, des immigrés de Berlin et des discours du Moustachu…

Pourtant, non, nous ne faisons pas aux élèves et à leurs parents des promesses que nous ne tiendrons pas, comme un certain ex prof d’allemand sus cité…Quand même des orthophonistes recommandent l’apprentissage de la langue de Goethe aux élèves en difficulté –pour l’ordre de la syntaxe, pour la logique de la langue…-, quand toutes les grandes entreprises et même PME recrutent à tout va des candidats germanistes, quand il suffit à un étudiant de franchir la ligne Maginot des préjugés, et surtout le Rhin, pour d’un claquement de doigts décrocher un CDI en terre teutonne, c’est du solide, et pas de la promesse électorale !

http://www.connexion-emploi.com/fr/offers

Mais bien sûr, l’Espagne attire le chaland, elle claque des doigts comme une danseuse de flamenco, et quand on voit notre nouveau Premier Ministre –que je salue respectueusement, et dont j’ai réellement apprécié le magnifique discours de tolérance et d’humanisme qu’il nous a tenu récemment dans la Ville Rose, lorsque j’ai eu la chance d’être conviée au dîner du CRIF organisé peu de temps avant la commémoration des meurtres de la Bête…-, on ne peut s’empêcher d’admirer son dynamisme…Oui, cet homme né de l’autre côté des Pyrénées a le sang bouillant des Ibères, oui, il va, je n’en doute pas un instant, mener sa barque avec une autre poigne, oui, il va se jeter dans l’arène, et c’est bien l’Espagne qui pointe un peu sa corne à Matignon, comme le chantait notre Claude.

Faisons amende honorable et reconnaissons à nos collègues hispanisants que leurs cours peuvent, de la même façon, attirer nos élèves. Mais je voudrais ce jour rétablir la vérité : nos cours d’allemand peuvent être aussi gouleyants qu’une chanson gitane, aussi intéressants qu’un voyage en Argentine, aussi riches de sens qu’une expo de Dali ! Nous avons les Prinzen, et puis les îles de la Baltique, les Alpes, et Berlin !!! L’allemand reste aussi la deuxième langue du marché international et d’internet…

Françaises, Français, ne jetez pas l’ancien Premier Ministre avec l’eau du Rhin !

Élève, si t’es malin, viens à Berlin ! Car comme le dit une affiche : Allemagnifique !

PS : Manuel, te quiero !

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/tourisme-allemagne_b_3168676.html

Toulousain, souviens-toi !

 

 

Toulousain, souviens-toi !

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Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi de ce 19 août 1944, quand ta Ville Rose a été libérée du joug de l’Occupant nazi. Souviens-toi du ciel bleu et de ta France aux yeux de tourterelle, au sol semé de héros. Car ils s’étaient levés, les Forain-FrançoisVerdier, les Alain Savary, pour dire non à l’ogre brun, celui qui dévorait nos enfants juifs déportés vers les Camps.

Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi de ta ville qui, au fil des siècles, ouverte comme une paume aux souffles de la mer, a su, passerelle entre les peuples et les civilisations, se dresser contre le mal et les obscurantismes. Dame Carcasse et toutes les Esclarmonde ont lutté, depuis leurs remparts, contre les contempteurs de cathares, et tu étais là, toi, Toulousain, pour dire ce qui, alors, te semblait juste. Plus tard Jean Calas criera son innocence, et ta brique rose tremble encore de l’injustice et des procès.

Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi de ta culture, de l’audace et du chant doublement habitée ! Toi, dont la ville a accueilli la première Académie, l’Académie des Jeux floraux, dans cette terre d’Oc riche de nos troubadours et de l’inaliénable Aliénor. Toi que Garonne a bercé de ses ondulations de femme libre, toi qui sait aller, grâce à Riquet, des effluves océanes jusqu’aux garrigues aux cent cigales, le long du Canal aux eaux vertes que Pagnol a si bien chantées, toi dont l’histoire mûrit au soleil de la diversité, souviens-toi que tu es un homme libre.

Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi que l’on vient de loin saluer dans ta ville tes audaces, tes richesses, tes intelligences, quand les grands avions volent vers l’avenir et que le peuple est habile à ces travaux qui font les jours émerveillés…Toulousain, ta patrie c’est Airbus, c’est ce partage entre les nations, quand l’Europe s’unit pour oublier les armes, c’est cette ville arc-en-ciel, aux couleurs du partage, ce témoin qu’il ne tonnera plus, plus jamais.

Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi qu’il y a deux ans un homme a tiré des enfants juifs et leur père comme des palombes s’envolant dans l’Autan, avant de faire éclater la tête d’une fillette aux boucles bondes qui s’appelait Myriam. Souviens-toi du soudain silence des harpes, quand notre Ville Rose devint blême à nouveau, blême de honte, noire de colère, quand nous fûmes des milliers à dire notre indignation et nos tristesses de voir que la paix avait abandonné à nouveau notre nid ! Souviens-toi que nous sommes tous des juifs toulousains depuis ce 19 mars 2012.

Toulousain, souviens-toi !

Souviens-toi de ta ville fière depuis des siècles, de toutes nos églises et de leurs angélus, des ouvriers d’Espagne accueillis en héros, de cette brique rouge qui sonne les révoltes, de Garonne qui gronde comme un peuple debout.

 

Souviens-toi de cela, le 22 février, lorsque tu auras cette envie d’aller voir Dieudonné.

 

Sabine Aussenac.

 

« Je vous salue ma France »

 

Je vous salue ma France, arrachée aux fantômes !

Ô rendue à la paix ! Vaisseau sauvé des eaux…

Pays qui chante : Orléans, Beaugency, Vendôme !

Cloches, cloches, sonnez l’angélus des oiseaux !

 

Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle,

Jamais trop mon tourment, mon amour jamais trop.

Ma France, mon ancienne et nouvelle querelle,

Sol semé de héros, ciel plein de passereaux…

 

Je vous salue, ma France, où les vents se calmèrent !

Ma France de toujours, que la géographie

Ouvre comme une paume aux souffles de la mer

Pour que l’oiseau du large y vienne et se confie.

 

Je vous salue, ma France, où l’oiseau de passage,

De Lille à Roncevaux, de Brest au Montcenis,

Pour la première fois a fait l’apprentissage

De ce qu’il peut coûter d’abandonner un nid !

 

Patrie également à la colombe ou l’aigle,

De l’audace et du chant doublement habitée !

Je vous salue, ma France, où les blés et les seigles

Mûrissent au soleil de la diversité…

 

Je vous salue, ma France, où le peuple est habile

À ces travaux qui font les jours émerveillés

Et que l’on vient de loin saluer dans sa ville

Paris, mon cœur, trois ans vainement fusillé !

 

Heureuse et forte enfin qui portez pour écharpe

Cet arc-en-ciel témoin qu’il ne tonnera plus,

Liberté dont frémit le silence des harpes,

Ma France d’au-delà le déluge, salut !

 

Louis Aragon, Le Musée Grévin, 1943.

et vous pouvez retrouver l’article, superbement mis en page, sur Tribune Juive:

Toulousain, souviens-toi !

 

 

Bon anniversaire, Zuck’ !!!

Lawton Silas Parker American

Bon anniversaire, Zuck’ !!!  

https://www.facebook.com/photo.php?v=10201513582298277&set=vb.1138188420&type=2&theater

C’était quelque part en 2008. Mes premiers pas sur le net, ou presque. Péniblement, mon ex-mari m’avait initiée au maniement d’une souris et de word, et je me revois encore cliquer lettre après lettre pour effacer, ou vanter les mérites d’un annuaire papier face aux Pages Jaunes en lignes, en 2003…Bon, j’avais quand même appris assez vite, navigant bientôt entre mes mails, Meetic et, depuis ce fameux soir du 30 avril 2008, mon premier « site d’écriture », mon cher « Oasisdesartistes »…

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=53092&forum=2

Sur ce forum, où bientôt mes mots s’évadèrent, les internautes et poètes vivaient cachés…Alors si ma plume s’en contenta, et si j’ai, en ce lieu béni où mes mots sont revenus à la vie, noué de solides amitiés, en particulier avec des poètes du Maghreb,

http://www.youtube.com/watch?v=LZYTkLBRgHE

http://www.youtube.com/watch?v=FGrbaJVTBTc

et même vécu la quintessence de l’amour -Jim, si tu me lis…-, je me suis assez vite lassée des « pseudos » et des jeux de cache-cache avec les « Étoile 75» et autres surnoms poétiques..

Me manquaient, en ce forum poétique, l’incarnation du réel, la transparence, l’échange en peer to peer de pairs osant se dévoiler, malgré les écrans…Certes, nous nous livrions jusque dans l’intime, puisque la poésie, justement, creuse et brûle les âmes, mais nous restions enfermés dans ces bulles virtuelles qu’offre l’anonymat.

C’est Tony, d’Oasisdesartistes, qui a été mon « premier ami Facebook ». Ma passerelle, mon pont entre ces deux virtuels, lui, le bel artiste peintre et écrivain, et je me souviens de ma joie en découvrant sa page, son visage, ses toiles, qui, sur Facebook, explosaient en autant de couleurs que la vie.

http://www.tonysossi.com/

Puis j’ai cherché Bertrand, dont j’étais amoureuse à 15 ans, que je revoyais encore en fragile jeune homme à lunettes, auquel j’offrais maladroitement, en notre datcha familiale, du cake fait de mes blanches mains adolescentes. Certes, je l’ai retrouvé, mais ce n’est pas avec lui que j’ai le plus de contacts, non, c’est avec sa maman, une délicieuse vieille dame digne et malicieuse, alerte et épanouie, un modèle de dynamisme…

Parce que figurez-vous que pour moi, Facebook, justement, ce n’est PAS Meetic…Certes, j’y ai pas mal d’amis garçons, mais aussi énormément d’amies filles, dont mon quartett de vieilles dames déjantées et sublimes, qui lisent, écrivent, écoutent de la musique, postent certes des photos de fleurs et de chats, mais aussi participent à la vie de la cité, sont dans le mouvement, dans la joie, malgré leurs âges, leurs peines, leurs deuils parfois : ma Jo, mes Thérèse, ma chère Michèle, je vous embrasse !!!

Je le dis souvent, Facebook, je l’ai attendu toute ma vie…

Je me revois, maman solitaire et fraîchement divorcée perdue dans l’austérité des monts d’Auvergne, Toulousaine en mal de tuiles roses, confrontée à la pierre noire de Volvic et aux difficultés de la solitude, des enfants petites et toujours malades, à huit heures de TER de « moun païs »…Je me revois compulser parfois l’annuaire, me demandant si je ne trouverais pas là un nom à consonance toulousaine ou germanique…Je me revois écrire à des vieux amis de fac ou de lycée, en retrouver, d’ailleurs, mais bien difficilement…Et puis, quand on est un peu intello, et très isolé –dans une salle des profs, sur un marché, dans un TER…-, on a envie, avant tout, de lire, oui, mais surtout d’écrire, d’échanger.

L’échange. Cet instantané de l’échange, et, souvent, de haut niveau. Voilà « mon Facebook », celui que je revendique, celui que je « like », que j’adore, dont je ne saurais plus me passer.

Traitez-moi de pompeuse, de voyeuse, de mytho, de selfie-woman, de prétentieuse : je n’en ai cure. Facebook, c’est ma deuxième maison.

Oui, je suis narcissique. And so what ? Oui, je fais des selfies, même si je n’ai pas le physique d’une député danoise. Mais j’ai perdu 25 kilos en 2003 –l’année de mon divorce, pour ceux qui suivent-, et, n’ayant quasiment aucune photo de moi d’avant cette époque, malgré deux ex-maris et d’autres compagnons, je tiens à rétablir la vérité : oui, je suis belle. Na.

Oui, « j’étale ma vie privée sur Facebook », au grand dam d’une partie de ma famille ! Grâce à ça, j’ai survécu à dix ans d’enfer social, de divorce et de surendettement. J’ai trouvé sur FB des contacts, des liens, des écoutes. Et je préfère payer un abonnement internet que 28 euros à quelque psy barbu et vasouillard, qui m’écouterait m’épancher en jouant au cluédo dans sa tête de piaf-si toi aussi tu veux mettre ta plaque « thérapeute » devant chez toi, sans risquer un contrôle du fisc, tape « un »…

Oui, je rencontre des gens fabuleux sur Facebook !!! Et même pire, je les « sélectionne » !! Ne pensez pas que j’accède à la demande d’amitié du gars qui a mis deux photos de GI et de bébés joufflus sur sa page et qui veut devenir mon ami, ayant sans doute lu que j’aime les enfants et l’Amérique…Non, mes amis sont délicieux, cultivés, cosmopolites…Sur FB, j’ai rencontré des suédois déjantés et des portugaises engagées, des américains fabuleux et des occitans talentueux, et des femmes avec lesquelles je partirais sans hésiter en vacances.

Car sur cette étrange plate-forme, le paradis, c’est les Autres, c’est l’Autre !

Ce sont ces gens divinement intéressants, qui ont voué leur vie à l’art, aux lettres, à la musique, ou à l’engagement social. Ce sont ces femmes qui luttent pour leurs droits. C’est cet « ami américain » que je considère comme un frère, qui m’a déjà envoyé de vraies lettres, des colis, des présents, avec lequel je partage une seule et unique vision du monde, sans l’avoir jamais rencontré-Silvanus, kisses !!!

http://www.youtube.com/watch?v=trL0cHwKbao&feature=c4-overview&list=UUWg56Q293oyLDXOgF7R_kSw

C’est cette femme qui me nomme sa « guerrière » et à laquelle j’ai promis une nuit d’été à parler en buvant du thé au jasmin, dans nos pyjamas de soie, que je n’ai jamais vue, mais dont je connais la voix, le courage, la beauté. Corinne, je t’embrasse !Et vous toutes aussi, les Ines-Marie, Muriel, Angéline, Marianne, Anne…Et les garçons aussi, bien sûr, les Alexandre, François, André, Claude, Omar, Joseph…

C’est cet ami architecte que je nomme « mon mari »-juste pour rire ! C’est aussi mon ami de de 35 ans, que je connais depuis le lycée, mon Matt, qui, de ma campagne tarnaise à la Californie, est ma passerelle vers mes étoiles !

Sur FB, je bouillonne, je m’expose, me surexpose, je chante, écris, partage, et surtout vais de découvertes en découvertes, moi qui, par un atroce enfermement social, ai vu mon horizon lambda de petite fonctionnaire se réduire, depuis 10 ans, comme une réfugiée enfermée dans quelque tente de Lampedusa…Sur FB, moi qui n’ai pas revu Mare Nostrum depuis des années, je visionne de sublime images de ma chère et talentueuse Christelle, qui nous offre mille océans fabuleux. Sur FB, moi qui ne pars plus, depuis longtemps, outre-Rhin, je passe les frontières, allègrement, sur des chemins de douaniers, telle une intrépide Alexandra David-Neel qui découvrirait le monde…

Bien sûr, je m’énerve, m’insurge, m’insupporte…Les murs fermés, les antichambres closes au grand public, les faux profils, aussi insupportables que les faux prophètes, et puis ces murs regorgeant de chatons et de jeux, panem et circences du pauvre…Pas plus tard que cette semaine j’ai hurlé de rage, voyant que le chaton « Oscar », jeté contre un mur de Marseille, recueillait des millions de soutiens, quand des millions de femmes meurent et sont battues et violées, en silence, de par le monde….Si Paris vaut bien une messe et Oscar une page Facebook, une femme vaut bien que nous nous mobilisions pour elle, non ?

Mais ce soir, je veux simplement, avec Zuck », souffler nos bougies ! Longue vie à notre Facebook ! Merci à ce jeune étudiant d’avoir su cristalliser mes rêves !

Longtemps, je me suis couchée de bonne heure.

Aujourd’hui, je m’endors avec vous…Je vous embrasse, mes amis Facebook !!!!