Tisséo, l’entreprise qui aimait les femmes

Tisséo, l’entreprise qui aimait les femmes

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Chez Tisséo, on aime les femmes. Et on le leur fait savoir, tous les jours, depuis plusieurs mois –avec une petite interruption durant les vacances de Pâques, mais nous ne leur en tiendrons pas rigueur.
Car depuis plusieurs mois, grâce à Tisséo, les Toulousaines sont en passe d’acquérir une ligne de déesses, un corps de rêve, et ce à point nommé, peu de temps avant les belles chaleurs estivales :
Oui, osons le proclamer haut et fort : merci, merci à cette régie de transports qui gère les lignes de bus, de tram et de métro de la Ville Rose et des communes environnantes. Merci de faire des habitantes de Tolosa des gazelles au pied délié, des marathoniennes enjouées, merci à Tisséo de permettre à des milliers de femmes de retrouver le corps de leur vingt ans en marchant matin et soir des kilomètres pour rallier leur lieu de travail !
Il paraît que des voix s’élèvent contre cette grève, mais je m’en étonne ! Car vraiment, qu’y a-t-il de plus agréable que de se lever dès potron-minet pour attendre vainement le 16, vers 6 h 30, avant de galoper telle une fée légère vers François-Verdier, y prendre le métro qui daigne parfois rouler, puis attendre, sereinement, au milieu des vapeurs polluantes des artères bien encombrées et de ces pollens qui, tout le monde le sait, ne dérangent personne, le Tram de la ligne T1 qui est censé circuler à raison d’une rame sur deux mais qui, en pratique, ne passe que toutes les heures ?

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Puis arriver, la mine déconfite, vers un chef qui est tout à fait capable de vous menacer d’une retenue sur salaire pour service non fait, avant de reprendre ce même chemin le soir, arrivant, toujours guillerette, à son domicile juste à temps pour voir le JT national qui, bien sûr, s’obstine à taire ce conflit social agitant une des plus grandes métropoles de France…
‘ Au cœur de ce conflit, la revalorisation salariale des traminots de 0,45 %, actée par la direction et «au-dessus de l’inflation actuelle», a réaffirmé hier Olivier Poitrenaud, directeur général de Tisséo. Les chauffeurs de bus réclament avec fermeté de 3 à 4 % d’augmentation de salaire, «notamment pour combler une augmentation de la mutuelle de 15 %», rappelle Benjamin Bordères (délégué Sud). Mais du côté de la direction, de nouvelles négociations «ne sont pas à l’ordre du jour». «Les négociations ont eu déjà lieu (en janvier, N.D.L.R.) et les dispositions prises pour revaloriser le point d’indice à 0,45 % sont appliquées, de même que les 10 % de prime du samedi et 10 % pour la prime outillage, ajoute Olivier Poitrenaud. J’ai aussi dit qu’il y aurait une clause d’indexation en cas de revalorisation de l’inflation cette année. Nous considérons que ces propositions sont tout à fait honorables». ‘
http://www.ladepeche.fr/article/2015/04/28/2094945-bus-et-tramway-la-greve-chez-tisseo-se-durcit.html

Mais chut, ce n’est pas grave, n’est-ce pas ? Somme toute, quand des éboueurs font grève à Marseille, c’est important d’en parler sur la scène nationale, mais Toulouse, que dire de Toulouse, de toutes façons déjà vouée à l’hégémonie chinoise avec la vente des parts de son aéroport, presqu’ibère comme le disait Claude avec sa « corne de le l’Espagne », non, Toulouse ne vaut pas une messe du 20 heures…
Peu chaut aux médias nationaux la détresse de milliers d’habitants pris en otage par une entreprise dont les chauffeurs et la direction se refusent aux moindres négociations ; la ville d’Airbus est livrée à elle-même, entre Garonne qui ondule et le Canal qui verdoie, avec ses collégiens et étudiants épuisés en ces veilles d’examens, ces besogneux qui ne peuvent plus se rendre à leur travail, ces mamans enceintes qui ne peuvent plus aller voir le médecins, ces mamies qui aiment la castagne, mais qui ne peuvent plus « descendre en ville » pour s’en aller bader vers la Place Wilson.
Dieu sait que je les aime bien, mes Gérard, Doudou, Anne, mes chers chauffeurs de la ligne 16 qui me permet en temps ordinaire d’arpenter en tous sens ma cité gasconne.
http://mariuspinel.over-blog.com/article-la-ligne-16-revolutionne-notre-place-pinel-120032369.html
Mais là, je n’en peux plus. Si mes kilos fondent à vue d’œil, les séquelles d’un grave accident de trajet se réveillent aussi, l’un de mes genoux menace de rendre l’âme. Que m’importera ma ligne de sylphide si je dois clopiner à vie pour cause de revendications salariales ?

Faites un effort, les gens.
Toulouse is to win !!!!!!!!!!!!!!
http://www.refletsdutemps.fr/index.php/component/zoo/item/chou-hibou-caillou-genou?category_id=6

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Lorsque Sète scintille et regarde au Levant

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Lorsque Sète scintille et regarde au Levant

Lorsque Sète scintille et regarde au Levant,
La mer clame innocence et caresse soleil
De reflets azurés charmant l’astre vermeil,
Quand au loin s’éparpillent mille grands oiseaux blancs.

Les pêcheurs se reposent, la criée bat son plein,
Des enfants aux joues pâles font au sable une offrande :
Coquillages et palourdes danseront sarabande,
Et les vagues moutonnent comme un blé en levain.

Vers le Môle endormi un fantôme sourit,
C’est le bel Exodus qui découvre Arcadie.
En chemin de Saint-Clair on entend tourterelles.

Les genêts et les roses en fauvisme éclatant
Y conduisent nos pas vers un ciel d’hirondelles
Qui survolent d’onyx les tombeaux des plus grands.

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http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=194676&forum=2

Les soleils de nos robes indiennes…Bon anniversaire, Marie-Claude!

Chaque Premier Mai, j’appelle Marie-Claude. Depuis 1976, puisque nous sommes connues en classe de première, à seize ans…

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http://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/image_que-cet-ange-t-apporte

Point ne nous est besoin de mots pour nous comprendre, et les silences de nos relations sont autant de respirations et de mémoires. Oh, la vie s’est chargée de nous éloigner souvent l’une de l’autre, avec des chemins différents et des destins divers. Mais elle est là: la petite lumière de nos rires de jeunes filles en fleurs, accompagnée des fous-rires des retrouvailles et de cette certitude:

nous aurons toujours seize ans!

Pourtant, aujourd’hui, lorsque nous nous appelons, il n’est plus question de bac blanc ou de concert de Dick Annegarn dans quelque MJC, ni de la boom de Philippe ou de la communauté de Verfeil…Nous parlons de retraite, de nos enfants bien grands déjà, de nos soucis de santé, en bonnes quinquas qui se respectent…

Mais il demeure le parfum des cerisiers sous lesquels je révisais Rimbaud, et puis les tuniques blanches et l’encens au jasmin, les vinyles de Maxime et nos foulards de soie.

Ce poème avait été écrit à quatre mains:

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?viewmode=thread&topic_id=76681&forum=4
http://www.oasisdesartistes.org/include/xoops.js

 
Les soleils de nos robes indiennes (Scarlett et Marie)
De patchouli ou de verveine
Elles combattaient toutes déveines
Tressant fils d’or et rêves tendres
Tissées sur la carte du Tendre

Woodstock c’était tous les matins
Des fleurs Dylan ou Donovan
Thé au jasmin et vent d’autan
Nous nous rêvions loin du satin

Il nous fallait de la campagne
Nous détestions tous les champagnes
Si pures si fières de nos envies
Hostiles à tous les compromis

Toutes les fêtes nous étaient d’ambre
Et nos émois de palissandre
Quand il gelait à pierre fendre
Et qu’il fallait savoir attendre

Le jour prochain toujours trop loin
Et le mot « libre » pour refrain
En plis froissés les jours de cendre
Elles ravivaient l’aube à surprendre

En elles s’engouffrait tout printemps
En leur odeur de bleu lavande
Brise légère sur vieille lande
Couleur grand large au mauvais temps

Des jours anciens ils nous reviennent
Les soleils de nos robes indiennes
Quand il fait froid dans la mémoire
Et que la lune nous est noire

Nous les ressortons au grand jour
Tous nos tissus couleur d’amour
Bleues nos maisons tout comme l’herbe
Jamais nous ne serons acerbes

Car ces voilages au goût santal
Lorsque nous deux petites vestales
Parcourions rêves en femmes fatales
Nous ont pétri un idéal

Sabine et Marie-Claude

20 ans

Colzas…

Crédits Anne-Lorraine Guillou-Brunner, https://horscadre.ovh/

Les champs de colza

 

Les champs de colza,

d’or jaune fruité,

un soleil presque, au gris

du printemps,

troupeau d’étoiles là,

en aube et rosée.

 

Les champs de colza,

Une promesse si furtive.

Comme clair de lune en plein

champs.

Feux-follets, rêve d’huile, parfums,

voilà l’été qui vient au vent.

 

Les champs de colza,

ma brillance, ma danse.

Je file comme en lisière de

monde. Assise dans le train, apprendre à

étinceler.

L’étincelle de vie brûle comme drapeaux.

Crédits Anne-Lorraine Guillou-Brunner, https://horscadre.ovh/

Die Rapsfelder

http://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.fr/2015/04/die-rapsfelder.html

Die Rapsfelder

Gold gelb fruchtig,

eine Sonne wie

im Frühlingsgrau,

ganze Sterne da im

Morgentau.

Die Rapsfelder

ein Versprechen so flüchtig.

Fast ein Mondlicht in

den Feldern.

Irrlicht, Traum, Ölduft,

da kommt der Sommer mit seinem Wind.

Die Rapsfelder

mein Glanz, mein Tanz.

Ich sause wie am Rande

der Welt, sitze im Zug

und lerne strahlen;

der Funke Leben brennt wie Fahnen.

Je me souviens souvent du granit du Sidobre

 

Je me souviens souvent du granit du Sidobre

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 Je me souviens souvent du granit du Sidobre,
Des sentes oubliées comme un soleil d’octobre.
Comme au matin du monde les rochers s’élevaient,
Beaux géants tutélaires, immobiles guerriers.

Nous ouvrons les fougères comme on peigne une femme,
En marchant sur des mousses aux murmures secrets.
La source, serpentine, un grelot à nos âmes,
Toute ourlée de cresson, en attente de fées.

Tous ces noms aux symboles, Roc de l’Oie qui étonne,
Trois Fromages empilés par les siècles amusés,
Et puis le Lac du Merle aux fraîcheurs empesées :

Nous foulons en silence le Chaos qui résonne…
Je reviendrai bientôt, Autanette rêveuse,
Vers la Quille du Roy qui me rendait heureuse.

http://www.montredon-labessonnie.fr/fr/tourisme/sentiers_33.html

http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/lo-roc-tremolant

Lo ròc tremolant…

Il se dressait, seul, imposant, terrible.
L’orage déchirait la nuit, les grands sapins ployaient sous la neige. Un sanglier passa en humant l’air chargé d’éclairs, puis ce fut le silence.
Cela faisait si longtemps. Les nuées avaient laissé la place au soleil, et puis les grands animaux avaient parcouru les terres et les vents. L’eau s’était retirée bien des siècles auparavant, laissant non loin de lui ce lac entouré par ses frères, et ce coulis qui faisait grisonner la montagne.
Ils étaient apparus ensuite ; nus, apeurés, affamés. Seuls ou en groupes, ils l’évitaient, enjambant de leurs pattes velues les ronces et les fougères, grognant et rugissant. Il devinait que ces animaux-là n’étaient pas comme les renards, les belettes et les loups ; leurs regards lui parlaient, et lorsqu’ils commencèrent à enterrer les cadavres de leurs tribus, il comprit que la terre avait trouvé ses maîtres.
Il les avait vus grandir, se redresser au fil des ans, des siècles. Les fronts s’étaient aplanis, les poils avaient laissé la place à des torses moins fournis, les sexes s’étaient couverts de fougères.
Un soir, tout près, sous la grotte voisine, elle avait jailli, miracle de beauté, étincelle de vie : la première flamme. Peu après les chants avaient commencé, et puis les psalmodies. Il avait vu les mains ornées de la boue rouge des bois se poser sur les pierres, et même un jour observé la jeune fille qui, penchée au-dessus du lac, souriait à son reflet paré d’une couronne de fleurs.
La neige ne cessait pas de tomber, elle recouvrait déjà l’humus et les souches. Toute la journée, un combat avait opposé deux clans qui se disputaient la vallée. Les hurlements, le sang, ces lances de bois qui sifflaient… Il s’était tenu coi, se contentant de garder sa position, veillant jalousement sur celle qui dormait sous ses formes.
C’était la même jeune fille. Depuis quelques mois, son flanc s’était arrondi, et elle avançait plus lourdement vers l’onde. À chacun de ses passages, elle posait une main sur lui, s’appuyant sur sa force pour atteindre la rive proche. La veille, quelques heures avant le début du combat, elle avait rampé jusqu’à la cavité moussue qui sous-tendait le géant.
Elle se mit à gémir. Les autres avaient disparu, morts, sans doute, ou déjà dévorés par les bêtes. Elle était seule, entièrement seule, la dernière de sa tribu, peut-être. Il entendait ses halètements, il sentait le souffle animal de la femme en gésine. Bientôt elle hurla, ses cris résonnant sous la voûte, et seul l’Autan lui répondit. Il sentait la main griffer ses aspérités, il percevait l’odeur musquée de sa peur et de ses douleurs, il voyait le ventre se déchirer, s’offrir à la nuit et au temps.
L’enfant parut à l’aube, lorsque les premiers rayons du soleil dissipèrent les brumes sur le lac gelé. La femme hurla de joie et rampa jusqu’aux fougères proches, emmaillota le petit d’homme en lui murmurant des douceurs ; elle avait croqué dans le cordon elle-même, puis gratté sous la neige afin d’enterrer une dernière partie de ses entrailles. Le sang rouge illuminait la neige blanche de la couleur de la vie.
Il se sentait fier. Elle lui confia l’enfant une journée entière, et il commençait à se demander comment il le nourrirait quand elle réapparut. Un homme debout marchait à ses côtés, et la soutenait. Ensemble, ils se penchèrent et prirent le nourrisson qui se jeta avidement sur les seins gonflés de sa mère.
Cette dernière s’accroupit dans ce qui restait de la caverne. L’homme, lui, s’agenouilla devant lui, en déposant trois pierres taillées l’une sur l’autre. Il marmonna en se prosternant, encore et encore. Il passa ensuite ses mains sur la roche en répétant « granit, granit ».
C’est ainsi qu’il apprit son propre nom, après des millénaires.

Les siècles avaient passé. Ils avaient poli ses flancs et boisé la forêt. Les mêmes animaux hantaient les buissons et les rives, mais les hommes avaient changé. Il devinait à leurs odeurs que leur vie se poliçait. Un village était apparu à l’autre bout du lac. Il se souvenait des premières grottes, puis des peaux de bêtes tendues au-dessus des branchages, et admirait la dextérité de ceux qui savaient à présent parler, rire et prier.
Les enfants surtout l’amusaient. Il les entendait pleurer lorsque les mères les accrochaient aux branches en allant à la cueillette, puis, des siècles plus tard, en cultivant les champs. Et puis il les voyait ramper vers lui au-milieu des herbes folles, apprendre à l’escalader, se cacher dans sa cavité, rire de leur écho… Bien sûr, ils disparaissaient rapidement, trop souvent. Il savait qu’il ne devait pas s’attacher. Toutes ces fillettes aux joues roses et au regard de braise, tous ces garçonnets hardis, tant d’entre eux mourraient des fièvres du lac, ou simplement de faim, les années où même les glands ne tombaient plus dans la chênaie…
Il se sentait moins seul lorsque les rires fusaient à ses pieds. Certes, ses frères se dressaient, eux aussi, dans toute la vallée, dans cette Montagne Noire aux couleurs aussi sombres que ce Moyen-Âge tourmenté. Les villageois avaient oublié que leurs ancêtres honoraient certains rochers, lorsqu’ils en avaient fait des dolmens et menhirs sacrés, mais ils respectaient ces géants tutélaires. Cependant, il était le seul à dominer le lac.
Elle venait souvent s’asseoir à ses côtés, cette belle jeune femme rousse que les autres appelaient « la sorcière ». Il voyait la jolie rouquine prélever l’eau noire et la faire chauffer dans son grand chaudron en y jetant toutes sortes de simples. Il voyait les femmes qui venaient boire les potions, les boiteuses qui ne boitaient plus, les aveugles qui ne titubaient plus, les vierges qui devenaient grosses. Il voyait aussi les hommes qui grattaient à la porte de sa cabane, perchée sur le monticule dominant le lac, et la femme qui les repoussait.
Elle s’offrait à la lune les soirs de grand vent, dénudant sa peau laiteuse sous les étoiles glacées. Elle ôtait un à un les oripeaux qui couvraient son beau corps de déesse, et baignait ses formes rondes sous la lueur de la lune grosse. Il voyait ses seins balancer joyeusement, quand elle poussait de grands cris en caressant la mousse de son dos, offerte devant l’astre, les cuisses écartées pour recevoir tous les rayons, avant de se relever et de chanter de plus en plus fort, en caressant son Mont de Vénus palpitant contre la pierre chaude de son ami le géant. Il sentait les battements de son cœur s’accélérer, il respirait le parfum musqué de sa peau de rousse, il entendait les gémissements de sa gorge enivrée de plaisir.
C’est un de ces soirs qu’ils arrivèrent du village, toute une troupe de paysans excités. Ils portaient des gourdins et des fourches, leurs visages boursouflés par les disettes étaient rouges et mauvais.
La diablesse, comme ils l’appelèrent en l’attachant à ce grand saule pleureur, à quelques pas de lui, se débattit et lança des imprécations, les menaçant de l’enfer s’ils ne la lâchaient pas. Mais ils étaient les hommes et elle était la femme, et ce qu’il voyait depuis la nuit des temps arriva, potentialisé par leur rage d’avoir été délaissés par celle qui vivait libre. Oh, oui, il en avait vu, des viols, des viols terribles, quand les soudards poursuivaient les petites paysannes en sabots, quand elles pleuraient et suppliaient en patois, et qu’ils riaient, insensibles, trousseurs de vierges et d’innocence. Il avait tant de fois abrité des horreurs sous sa robe grise, ne pouvant se mouvoir d’un millimètre pour sauver ces enfants…
Ce soir-là, l’un après l’autre, les rustres violèrent la sorcière, enfonçant leur rage et leur pauvreté dans le corps de celle qui avait osé leur résister. Les longs cheveux cuivrés ondulaient telles des flammes, et la jeune femme avait fermé ses yeux émeraude, sachant ce qui allait suivre.
Le plus vieux des paysans alluma lui-même le bûcher. D’autres villageois, attirés par le vacarme, s’étaient massés devant le lac, les femmes jacassaient, les enfants riaient. Il enrageait tellement de ne pouvoir intervenir qu’il eut l’impression de bouger, de se mettre à trembler de rage, mais peut-être était-ce simplement dû à l’une des secousses telluriques qui agitaient parfois la montagne…
Car la terre sans doute partageait sa colère, quand elle entendit les hurlements de douleurs de la jeune suppliciée ; les flammes cuivrées de ses boucles rousses se confondaient à présent avec l’ocre du bûcher, et sa nudité bientôt ne fut plus que suie noire et braises crépitantes.
Au petit matin, un garçonnet approcha un bâton de peuplier des cendres, avant de s’amuser à tracer des signes noirs sur le granit du géant du lac. C’est exactement à ce moment que, pour la première fois, en plaçant le bâton à l’angle de la cavité, un petit d’homme comprit que le rocher pouvait faire mine de basculer. Dans la nuit, celui qui était immobile depuis la nuit des temps avait bougé. En communion avec ce qui restait des lambeaux de vie de sa rouquine, la pierre s’était animée.
C’est à compter de ce jour qu’on le nomma « le rocher tremblant ». En langue d’oc, le patois disait « lo rôc tremolant ».

Ils commencèrent à dépecer ses frères après la Grande Guerre. Le bruit était atroce. Les hommes coupaient, taillaient, tranchaient dans le vif de la pierre, sans entendre ses hurlements silencieux et sans prendre en compte les soubresauts de son âme. Car c’est l’âme même du Sidobre qu’ils saccageaient allègrement, au gré des pierres tombales qu’ils fabriquaient à la chaîne, avides de ce granit tels vautours devant chair éventrée. Dans leur affreuse curée, ils égorgeaient les cous graciles des menhirs qui se dressaient comme des vierges offertes à des vainqueurs, ils souillaient de leurs outils les dolmens impassibles, ils faisaient crisser leur avidité au rythme de leurs engins.
Il contemplait ces contempteurs de paix comme un prêtre assiste à un massacre. Le bruit des dépeceurs couvrait à présent les sons de la forêt. Les sangliers, les hermines et autres faisans s’étaient fait la belle, tandis que ce qu’ils nommaient la « civilisation » avait éventré son royaume. Les fougères pleuraient, tandis que le lac, que l’on nommait à présent « du Merle », ne chantait plus de ses eaux vives qui sourdaient de la Montagne Noire.
Lui, le géant, était épargné. Sa singularité lui valait, depuis plusieurs siècles, la bonté des paysans et des promeneurs du dimanche. Les cartes postales jaunies montrant quelque gamin qui, armé d’un simple morceau de bois, faisait trembler les tonnes de granit, ornaient les manteaux des cheminées des fermes, aux côtés des calendriers des postes couverts de chiures de mouches et des Rameaux se desséchant sur le crucifix cloué au mur. Il faisait partie des meubles, comme quelque souvenir que l’on se transmettrait de génération en génération.
Le bruit de leurs bottes cependant le tira, un dimanche de Pâques, de sa torpeur printanière. Ce bruit-là différait de celui des semelles des carriers. Il martelait en rythme la campagne tarnaise, comme auparavant il avait martelé les allées de Birkenau, comme bientôt il martèlerait les ruelles d’Oradour-sur-Glane. La forêt pourtant rayonnait de cette splendeur de mousses et de jonquilles, et le lac miroitait entre deux averses comme aux temps de l’ancien monde, quand des femmes encore venaient enfanter en ses combes.
Il sursauta presque quand la fillette chuchota en se glissant dans la cavité ancienne. Elle lui demandait de se taire, en lui murmurant un secret qu’il fallait garder, ce sans quoi les « méchants soldats » l’attraperaient pour lui faire du mal. Ils avaient déjà fait du mal à sa maman, elle avait tout vu, quand, au camp de Rivesaltes, on l’avait battue jusqu’à la mort, avant que Michel et Louise ne la cachent dans les Monts de Lacaune, là-haut. Et puis tout avait recommencé, les chiens, les cris, les coups de feu, et Louise pleine de sang lui avait dit de courir dans la forêt, de se cacher dans le « rôc tremolant », là où elles s’étaient promenées avant le Carême.
Il se fit tout petit. Il aurait voulu disparaître, enfin, avec l’enfant. Il tenta de se faire encore plus gris qu’il n’était, essayant de toutes ses forces de ne faire qu’un avec le ciel minéral de ce mois de mars un peu pluvieux, espérant que les soldats n’iraient pas jusqu’à fouiller ses entrailles. L’enfant se nommait Sarah, « Princesse des eaux », et elle ressemblait à un ange. Il aimait tant les enfants, lui dont la légende disait qu’il avait été le fiancé d’Autanette, une fée que l’amour aurait égarée et dont le père l’aurait punie en la transformant en menhir de la « Quille du Roy », tandis que son amoureux était devenu le Prince du Sidobre…
Les Allemands juraient et pestaient, leurs sons rauques résonnaient dans la vallée et tranchaient avec le silence des bois. Ils étaient une dizaine d’hommes, certains jeunes encore, blonds comme les blés et pourtant noirs au-dedans comme le charbon des mines de Carmaux. Soudain, l’un d’entre eux remarqua un pan de la robe de la fillette, qui dépassait de la roche tel un fanion joyeux. Il poussa un hurlement de triomphe, pour un peu il aurait entonné du Wagner en faisant le salut nazi. Sarah sortit alors, très dignement, de son antre, aussi grise que le granit de sa cachette, ses yeux brillants pourtant comme les étoiles que les chiens avaient décrochées du ciel pour salir l’âme de son peuple.
Il n’hésita pas une seconde. Il attendit que l’enfant soit assez loin de lui pour soudain vaciller sur son socle. Comme si elle avait su ce qui se tramait, Sarah plongea dans les fourrés à la vitesse de l’éclair, tandis que les soldats, effrayés par ce qui leur sembla surnaturel, tournaient leurs regards bleus en direction du colosse ébranlé. Profitant de cette seconde d’inattention, un groupe de jeunes maquisards de Burlats, prévenus par les villageois de la fuite de Sarah et en patrouille dans la forêt, mitrailla les « Boches ».
La légende raconte que le capitaine allemand mourut un peu plus tard. Il était allé se soulager dans les fourrés et fut piqué par cinq jeunes vipères qui rêvaient, lovées dans leur antre de granit. Il recueillit son dernier soupir, pierre tombale de cette guerre abjecte après avoir été le Juste d’un instant. Un arc-en-ciel déchira la forêt, et Sarah revint chaque année, une fois la guerre terminée, embrasser son rocher, son roc, son Sinaï.

Les hélicoptères tournoyaient au-dessus des bois comme de grands oiseaux égarés. Il s’amusait de leur ballet si incongru, si différent de celui des hirondelles qui criaient de joie dans l’azur, ou de celui des buses faisant le Saint-Esprit. Parfois, il se sentait fatigué, érodé tout au fond de lui, tant les siècles avaient ruisselé de leurs guerres, famines et pestes tandis que lui, géant immobile, ne pouvait qu’accueillir l’humanité. Il lui semblait que les excès des granitiers s’étaient quelque peu estompés. Des chevelus et des filles aux seins nus égayaient parfois la forêt de leurs joyeuses banderoles, et il aimait leurs outrances, leurs feux de camp et leurs chansons.
Ces hélicos, par contre, ne lui disaient rien de bon. Un incendie, peut-être ? Ou au contraire un barrage qui aurait cédé ? La réponse arriva toute seule, quand la grosse BM pila brutalement sur le parking du lac. Ils étaient trois, jeunes comme des enfants, énervés comme des tigres affamés, beaux comme des dieux. À leurs dires confus, il comprit très vite qu’ils s’étaient fait la belle depuis la prison de Seysses, et qu’ils comptaient récupérer un magot que l’un d’entre eux prétendait caché dans le lac.
S’il avait pu, il aurait sursauté. Mais cela faisait bien longtemps qu’il ne pratiquait plus la kinesthésie, sauf pour amuser David et Esther, les petits-enfants de Sarah, lorsqu’ils venaient de Tel Aviv, chaque été… Car franchement, si quelqu’un était bien placé pour connaître tous les secrets de la forêt, c’était lui. Et malgré son grand âge, non, il n’était pas encore en train de radoter, et il gardait toute sa tête. Non, c’était très clair : le type qui prétendait avoir caché un trésor au lac du Merle mentait comme un arracheur de dents.
Il venait d’ailleurs de décrocher un pédalo de l’embarcadère et de forcer ses deux compagnons à monter dessus, malgré les protestations du plus jeune, Ahmed, qui hurlait ne pas savoir nager. Profitant d’un passage des hélicos juste au-dessus du lac, le jeune homme fonça d’ailleurs en direction de son antre, et se réfugia dans la chaleur de la pierre matricielle, caché par les fougères qui entouraient la combe. Il tremblait comme les faons qui parfois traversaient la clairière de leurs flancs palpitants, poursuivis par les meutes aboyantes de chiens de chasse aussi fatigués que leur proie.
Ahmed s’adossa contre la pierre et se mit à pleurer. Il pensait à la cité, à sa mère qui lui avait fait confiance, toujours, aux allées de ce Mirail bétonné, enclave purulente d’une Ville Rose encore traumatisée par l’affaire Merah. Il pensait au beau regard pur de la doctoresse qui soignait son père, à l’hôpital de Purpan, et qui lui avait un jour proposé de l’aider dans ses révisions pour le bac. Il pensait à la vie de ses grands-parents, au bled, à leurs espoirs déçus, à cette France qui les avait accueillis avant de les rejeter. Il toucha le roc de ses mains d’enfant qui jouaient à l’homme, et il pria, silencieusement, comme s’il touchait la Pierre Noire de la Mecque. Il voulait vivre.
Quand la police de Castres arriva à la nuit, les deux malfrats de pacotille, perdus au milieu du lac comme deux idiots de village à la foire, dépités et vaincus, se laissèrent arrêter sans problème. Le rocher tremblant se dressait sous la lune comme depuis toute éternité, semblant ce soir-là un gendarme vengeur symbolisant la République. Le chef de la bande eut beau lui faire un doigt, le rocher conserva toute sa dignité, tandis que le jeune Ahmed, penaud et terrifié, se terrait au fond des mousses tutélaires.
Au matin, quand la doctoresse se gara sur le parking, un peu frigorifiée elle aussi d’avoir roulé après sa garde de nuit, ayant immédiatement répondu à l’appel angoissé que le jeune Ahmed avait passé depuis le téléphone procuré par un cousin lors du dernier parloir, elle sourit. Le lac du Merle… Cela faisait si longtemps qu’elle ne s’était pas promenée sur ses berges envahies de joncs et de ronces. Elle se souvenait du rôc tremolant et des histoires que son grand-père lui racontait en taillant des bâtons de son opinel ; elle se rappelait le parfum des oreillettes que sa grand-mère préparait dans la minuscule cuisine du hameau de la Provinquière, et du café de Saint-Salvy de la Balme où des hommes jouaient aux cartes tandis que le fête du village battait son plein. Elle savait encore le goût des cèpes et celui des gâteaux de ce miel de montagne qui coulait dans sa bouche comme une sève originelle, lorsque son papi, apiculteur, lui en offrait en souriant sous son béret.
Il n’avait pas bougé, bien sûr. Elle s’approcha du rocher et se souvint de la fillette joyeuse qui sautait de roc en roc dans le Chaos de la Balme, et de la forêt qui chantait. Il se dressait de toute sa force tel un colosse apprivoisé, doux comme l’agneau à qui savait le prendre, néanmoins menaçant tel un forçat mené aux fers. Prisonnier de cette terre, enraciné dans cette glèbe mémorielle. Et pourtant si libre. Si seul.
Ahmed surgit devant elle, tête baissée, comme un prisonnier qui se rendrait à la police. Elle prit ses mains et les embrassa, puis serra le jeune homme contre son cœur. Elle le rassura, lui expliqua, lui raconta ce qu’elle savait de la justice. Ils y arriveraient. Elle ne le laisserait pas tomber.
Il les regarda s’éloigner, la belle et le prisonnier, l’enfer et le paradis. Il savait tout des hommes, et pourtant ces deux-là l’étonnèrent, lorsque quelques saisons plus tard ils vinrent lui présenter leurs jumeaux, nés encore durant la captivité d’Ahmed, malgré le scandale engendré par leur différence d’âge et par leurs dichotomies sociales. Ils riaient, les petits diablotins, en glissant sur ses flancs argentés comme sur un toboggan, et le gros ventre de la jeune femme rebondissait lui aussi lorsqu’elle se cognait doucement contre la pierre moussue et tendre, toute joyeuse devant les rires des petits, attendant en beauté cette nouvelle naissance. Ahmed, ou plutôt monsieur le docteur Houmir, soupirait d’aise en repensant à cette nuit où il s’était juré, blotti dans le sein de la pierre, d’honorer désormais la terre qui le portait.
Lorsque la nuit tomba sur le lac, le souvenir de la petite tribu rappela au rôc tremolant cette toute première nuit où une autre jeune femme, grosse elle aussi, s’était abritée en son sein. Et il soupira d’aise, lui aussi.
Les hommes avaient beau être fols, la terre, oui, tournait toujours autour du soleil, et les femmes enfantaient, et leurs fils et filles riaient.
Et le granit du Sidobre, comme en ces temps immémoriaux où la nature était libre et vierge, veillait sur cette terre comme on veille un enfant, la berçant sous l’Autan comme on danse au printemps.

 

 

#400notjustanumber! Le silence de l’amer…

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Sculpture en haut de l’Escalier Monumental à Auch -32. Jaume Plensa, photo Aussenac.

À l’heure où je reviens sur ce texte, en ce 21 avril 2015, ce ne sont plus 400 mais 900 morts que l’on dénombre dans le dernier naufrage…Avec seulement 27 survivants…

 « Aujourd’hui, C’est l’anniversaire du naufrage du #Titanic.

 En 2014, 3400 migrants sont morts en Méditerranée.

 L’équivalent de 2 #Titanic. »

http://www.euronews.com/2015/04/15/400-people-feared-dead-in-mediterranean-sea-tragedy/

Ce tweet d’Amnesty France est presque l’un des seuls à relayer l’information…Oui, c’est vrai, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic heurtait un iceberg…Et le naufrage du paquebot provoqua la mort d’environ 1.500 personnes.

Mais surtout, cette semaine, 400 migrants seraient morts dans le naufrage de leur embarcation  de fortune, 400, oui, en une seule fois…Plus que lors du naufrage de Lampedusa. Ces morts-là n’ont pas eu droit aux gros titres, ni dans la presse, ni dans les JT. Ce soir, sur France 2, au 20 heures, le flash info à leur sujet a duré moins de 5 minutes…La Twittosphère leur accorde, deux jours après le drame, moins d’une cinquantaine de commentaires, le #migrants faisant bien moins recette que les #JesuisCharlie et autres revendications empathiques…

Si les Kenyans, à juste titre, se sont offusqués du silence du monde autour de la barbarie anti-chrétienne de Garissa, les migrants, eux, n’ont apparemment personne pour pleurer leur disparition, malgré le chiffre abyssal des morts de ce dernier naufrage…La presse et les médias, d’ailleurs, s’intéressaient ce soir davantage aux remous politiques provoqués en Italie par l’afflux massif des réfugiés qu’à ce drame quasi banalisé.

Et pourtant: #400notjustanumber!!!!!

400 personnes, ajoutées aux 3400 disparus de 2014, 400 vies humaines, n’est-ce pas suffisant pour s’indigner, pour créer un « mot-dièse », et surtout pour réfléchir aux causes et aux solutions de ce qui n’est pas un « problème », mais une honte, une barbarie, un scandale, une abomination?!!

Bien sûr, nous sommes loin des 200 000 à 250 000 victimes des années soixante-dix, lorsque les boat people quittaient le Vietnam pour s’entasser dans des camps de fortune, périssant eux-aussi de façon dramatique et systématique…

Pourtant, s’il faut s’indigner en termes mathématiques, 400 personnes, c’est plus que les victimes du pilote kamikaze…C’est autant que les jeunes filles nigérianes enlevées par Boko Haram…C’est plus que les victimes de la barbarie de Garissa…

Mais ces morts-là ont sombré dans le silence de la mer. Je pourrais écrire une belle métaphore, car en notant cette phrase m’est venue l’image sublime du film « The piano », quand la jeune femme sombre, elle aussi, attachée à son piano, avant de réussir à remonter vers la lumière et vers la vie…

https://www.youtube.com/watch?v=MLpzo_nwZpE

Mais ce n’est pas ainsi que ça s’est passé, là-bas, dans les eaux bleues de Mare nostrum…Non, je crois qu’il y a eu des hurlements atroces, des luttes terribles, des coups, des scènes d’une violence inimaginable. Je crois que seuls les plus forts et les plus chanceux ont pu s’en sortir, s’accrocher à leur rafiot, tandis que les autres coulaient, s’étouffaient, se noyaient.

Je crois que des mères ont vu s’éloigner leurs nouveaux-nés aux yeux révulsés, je crois que des enfants ont agité en vain leurs gambettes pour tenter de rester à la surface de l’eau qui tue, je crois que cette eau a peu à peu envahi leurs yeux exorbités, leurs bouches hurlantes, et qu’elle gonfle à cette heure leurs corps déformés, leurs petits corps dont nul, déjà, ne veut se souvenir.

Je crois qu’il y avait là des jeunes femmes à la beauté sublime, qui quelques jours auparavant peut-être riaient en faisant des tresses à leurs cousines, malgré les famines, les peurs, les guerres. Je crois qu’il y avait aussi des vieillards, fatigués, mais encore en voie d’espérance. Je crois qu’il y avait beaucoup d’enfants seuls, j’en suis certaine, même, puisque les organisations humanitaires ont confirmé ce fait, qui seront morts donc sans même avoir croisé une dernière fois le regard d’amour d’une mère ou d’un père.

Que sommes-nous devenus de ne pas nous indigner davantage, quand nous sommes si empreints encore de ce satané « esprit du 11 janvier » qui ne sert plus qu’à Hollande les soirs de catastrophe, quand nous descendons dans la rue pour défendre nos salaires, le latin, ou le tiers-payant ?

J’espère que cet été, quand vous verrez l’un de vos enfants boire la tasse sous une de nos belles vagues atlantiques, et que vous le récupèrerez, tremblant, crachant, mais vivant, vous aurez une pensée pour tous ces petits africains qui dorment pour l’éternité dans la mer alliée au soleil.

Esther Ada

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=189717&forum=2

 Un seul nom

 demeure sur les tombes

 de Lampedusa. Elle avait dix-huit ans

 et la grâce des gazelles.

 Tant de mains suppliciées

 disparues au charnier azuréen

 des poissons avides. Mare nostrum,

 un cimetière.

 

Je te nomme, seule, Esther Ada,

 rescapée des fosses communes du silence,

 je t’adoube immortelle.

 

Une survivante du Titanic portait ce même nom.

 

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Une sculpture de Jurga http://jurgasculpteur.blogspot.fr/

PS: Voir des dizaines, centaines de #Chloé en ce 16 avril, et rien pour #400notjustanumber, pour les 400 #migrants…Ouvrir les yeux…La bête qui a tué l’ange fait en même temps payer des centaines d’innocents…Double peine pour ces oubliés…

Théâtre …à l’italienne! Les Journées du Théâtre Lycéen au TNT.

 

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Elle était là, l’Italie, le 10 avril, sur la grande scène du TNT. Vibrionnante de soleil, éclatante de rêves, foisonnante comme une rue de Naples, fébrile comme une scène de Fellini, embaumant l’atmosphère « comme un parfum de basilic dans l’assiette du monde »…

La centaine d’élèves issus de neuf lycées de notre académie, ayant pratiqué le théâtre au sein de leur établissement, étaient venus présenter à un public conquis leurs créations autour du thème de L’Oiseau vert de Carlo Gozzi, en écho à la création de Laurent Pelly, dans le cadre du partenariat entre le TNT et l’académie de Toulouse.

Cette magnifique manifestation, qui s’inscrit superbement aux côtés de « Jeunes au cinéma », du Prix d’écriture Claude Nougaro ou des « Projets d’Avenir », était donc la septième édition de ces Journées du Théâtre Lycéen qui transforment la scène du TNT en une pépinière de jeunes talents plus éblouissants les uns que les autres !

Il fallait les voir, nos jeunes, faisant mine d’être décontractés avant le spectacle, dansant nonchalamment au son des accords du groupe Down Jacket dans le hall, comme on danse à seize ans, pleins de grâce et d’innocence…

https://www.facebook.com/pages/Down-Jacket/298938433449965?fref=ts

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!18012&authkey=!AGaTWRqNZbCkq9Q&ithint=video%2cmp4

Mais j’ai pu aussi accompagner les lycéennes de Saint-Sernin cachées derrière la porte avant leur entrée en scène, tremblantes comme des biches aux abois à l’idée de la lumière, toutes inquiètes et pétrifiées de trac… C’est qu’il en fallait, du courage, pour monter sur cette scène qu’ont magnifiée les plus grands…

Le résultat des mois d’intense préparation a été à la hauteur de leurs espérances. Le public ne s’est pas ennuyé une minute, applaudissant à tout rompre. C’est le lycée Gabriel Fauré de Foix qui a ouvert le bal, avec un habile montage de la Divine Comédie et d’autres pièces. Mêlant airs culinaires et saveurs théâtrales, les lycéens ont, dans un déferlement de couleurs et d’audaces, restitué la belle ambiance festive de cette Italie dont ils scandèrent le nom.

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Le lycée Maréchal Soult de Mazamet, lui, avait choisi de présenter de façon plus classique les Cancans, de Goldoni, nous offrant dans une mise en scène colorée le portrait des rumeurs qui nous semblèrent étrangement actuelles… Les ragots des lavandières s’entrechoquaient aux rires des marchands de Venise dont le bel accent tarnais emporta le public…

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Vint ensuite, avec le lycée Clémence Royer de Fonsorbes,  un amusant mélimélo de deux pièces enchevêtrées, l’Oiseau vert parodié et Six personnages en quête d’auteur se disputant le premier rôle dans un fracas de gags et dans un joyeux désordre très applaudi.

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Le lycée du Caousou, de Toulouse, avait choisi de revisiter le Baron perché d’Italo Calvino, évoquant les soubresauts de révolte de l’adolescence face à l’immuable marche du monde. Il était beau, Côme, épris de liberté du haut de son arbre, ne cédant jamais au conformisme de ses aînés…

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!17996&authkey=!AC8Lv_robhaNWZ0&ithint=video%2cmp4

Le lycée agricole d’Auzeville avait travaillé dix séquences de la Fête, de Spiro Simone, nous emportant dans les gestes répétés d’un quotidien entrecoupé par la fête, virevoltant dans cette ronde inachevée et burlesque.

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Au lycée Saint-Exupéry de Blagnac, on s’était approprié l’âme de Fellini, mêlant les scènes les plus époustouflantes de la Dolce Vita et d’autres chefs d’œuvres qui soudain transformèrent le TNT en grand écran… Nous aurions presque cru apercevoir le visage de Marcello et de Monica…

Le lycée Pierre d’Aragon de Muret, lui, nous offrit Dario Fo et son Apocalypse différée, facétie experte d’un imaginaire bien proche du réel, nos jeunes mimant les illusions perdues d’un monde à la dérive.

La grande surprise nous vint du lycée Saint-Sernin de Toulouse, quand soudain quatre groupes de jeunes se postèrent à différents angles de la salle, dans une scène éclatée, obligeant le public à de savantes contorsions pour entendre leur balade du jeune Jean Baptiste, librement adaptée de Bruits d’eaux de Marco Martelli, en écho bouleversant des centaines de migrants s’échouant et périssant dans les eaux de mare nostrum et de l’Adriatique… Même leurs chuchotements, si audibles malgré le seul murmure, figèrent la salle dans une émotion quasi cathartique…

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https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!17988&authkey=!APVEVZUi2-7y6oU&ithint=video%2cmp4

Enfin, en véritable apothéose de cette soirée inoubliable, le lycée du Castella de Pamiers nous offrit une composition chorale et fantaisiste de la vie de Silvio B., régalant les spectateurs de divers délires colorés et décalés.

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N’oublions pas non plus les intermèdes, assurés par des jeunes de différents lycées dans une joyeuse créativité annonçant les divers tableaux.

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!17984&authkey=!ABaWOmvsFqzNmmQ&ithint=video%2cmp4

La salle applaudit longuement les acteurs en herbe, vedettes d’un soir et héros d’une vie, portant en eux les germes d’un talent certain et les promesses de tous ces avenirs bariolés que nous leur souhaitons tant…

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!17973&authkey=!AIUDrYwiJsjtGBQ&ithint=video%2cmp4

Et comme l’avaient souligné en introduction Laurent Pelly, accompagné de Madame la Rectrice et de la représentante de la Région, chacun a eu conscience du rôle capital que le théâtre et, par là-même, les arts, peuvent jouer dans la construction de toutes ces identités lycéennes et citoyennes…

C’est bien ces promesses de l’aube, d’ailleurs, dont nous regrettons tant la mort annoncée, avec ces réformes successives qui peu à peu érodent les richesses de notre système scolaire, quand la réforme si contestée du collège supprime les dotations dédiées aux clubs, aux chorales, aux activités diverses, quand les heures de latin ou d’allemand sont menacées de disparition, comme ont été mises à mort tant d’options au lycée… Oui, la blogueuse du Monde est aussi (et avant tout !) prof d’allemand, et je sais bien que jamais mes futurs élèves n’auront l’occasion de jouer une quelconque scène de Schiller ou de Brecht, quand presqu’aucune école primaire de l’académie ne propose de l’allemand en initiation, quand deux heures suffiront à peine pour apprendre les rudiments de la langue de Goethe…

C’est bien l’inverse qu’il conviendrait de mettre en place : l’art au service de l’école, le théâtre dès la maternelle, et pourquoi pas, un jour, les Journées de la Poésie Lycéenne au TNT… Car nos jeunes ont aussi besoin de s’exprimer, d’apprendre autrement que dans les livres, ces livres qu’ils ne lisent plus, et surtout de réinvestir la réalité, pour échapper à la dictature des écrans… Et cette réalité, ne la trouveraient-ils pas avant tout dans le rêve qu’offrent l’art, la culture et la création ?

« On enseigne tout aux gens, sauf à vivre. » Marcelle Auclair.

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Et le 28 mai , les lycéens du Caousou ont à nouveau joué…dans le Cloître du lycée!

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!20475&authkey=!AI_jlB-UJ7l7Ku8&ithint=video%2cmp4

 

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=69555&forum=2

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2009/12/08/1829601_souviens-toi-du-vase-de-soissons.html

 

 

 

 

 

Ubi et orbi à Garissa…

Ubi et orbi à Garissa…

Faith
Faith

 

Maria
Maria

 

Elisabeth
Elisabeth

 

Dadly
Dadly

 

alex
Alex

Doreen
Doreen

 

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priscilla
Priscilla

Jacintha
Jacintha

Isaac
Isaac

Veronica
Veronica

 

Pour un peu, on guetterait les hirondelles…Un ciel bleu d’azur, le lilas presque sorti du bois, et toutes ces jonquilles embrassant les timides violettes, en chaque recoin des jardins de notre Ville Rose…

Oui, ce sont de belles Pâques, les enfants iront gaiment quêter les œufs après mille agapes dominicales, et parfois même on ira à la messe pascale, ou, simplement, on allumera le poste pour regarder urbi et orbi, et le grand monsieur calotté nous parlera de Dieu, de ses ouailles et de ses Saints- et de son fiston, aussi, fraîchement revenu parmi les siens.

Étrangement, pourtant, je n’ai pas le cœur à la fête. N’allez pas me demander pourquoi je me sens plus meurtrie qu’il y a quelques mois, quand, pourtant, les chaînes d’info nous faisaient entrevoir en boucle les grands yeux noirs des enfants yazidis et des chrétiens persécutés à travers un Moyen Orient à feu et à sang… Plus encore que lors de la précédente attaque contre une école, où, pourtant, là aussi, une centaine d’étudiants avaient été massacrés par des talibans, à Peshawar…Devant les images de l’horreur souillant l’enfance, je m’étais sentie anéantie, tout comme  après la boucherie perpétrée par le barbare de Norvège…

http://www.leparisien.fr/international/pakistan-59-rebelles-tues-apres-le-massacre-de-l-ecole-de-peshawar-19-12-2014-4387063.php

Cependant, sans doute parce que la tuerie de Garissa me revoie à la fois à ma condition de chrétienne et d’enseignante, aujourd’hui, je pleure en pleine conscience ces 149 victimes de Garissa…Car en tant que professeur, je suis toujours effondrée quand des barbares s’en prennent sciemment à la jeunesse. Et en tant que chrétienne, en pleine conscience de ce qui est en train de se produire à travers le monde, je partage les mots du Saint-Père lorsqu’il harangue le peuple du monde en pointant du doigt l’Innommable : les chrétiens meurent par milliers, dans l’indifférence générale, assassinés simplement au nom de leur Foi.

Il faut lire les épouvantables récits des survivants. J’en veux énormément aux médias pour avoir, même localement, occulté dans un premier temps le paramètre ontologique du massacre, parlant simplement de la tuerie « dans une université », sans en expliquer les causes et les détails…

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150402081934/

Il faut lire et relire les témoignages de ces jeunes qui ont été soumis à des barbaries d’un autre âge, les femmes parfois obligées de se baigner dans le sang de leurs camarades, ou épargnées dans un premier temps, par leurs meurtriers lisant le Coran et psalmodiant qu’ils épargneraient les femmes, avant de les achever malgré tout, exactement comme lors de la tuerie de Charlie-Hebdo.

http://www.nbcnews.com/news/world/teen-survivor-garissa-kenya-college-massacre-found-alive-n335606

Il faut lire et relire les récits de  tris sélectifs auxquels ont été soumis les étudiants, dans cette file assassine ramenant l’humanité à la lie des méthodes nazies, quand sur de sombres quais de gare ont séparait, devant des bouleaux muets et blancs, les enfants de leurs mères.

http://www.france24.com/fr/20150403-attaque-universite-kenya-assaillants-methode-sarcasme-garissa-shebab-somalie/

Il faut oser regarder les images de cette salle de classe ensanglantée, où deux jeunes filles s’étreignent dans le baiser de la mort, quand nous, Européens, nous sommes affectivement identifiés des semaines durant  aux cris des victimes de l’Airbus dont les journalistes-vautours abreuvaient nos soirées ; pas question ici de sombrer dans l’immonde comparaison des souffrances, mais force est de reconnaître que là où le monde entier a, en 48 heures, pris des mesures pour éviter un nouveau carnage aérien, en changeant le fonctionnement des portes de cockpit, ce même monde est en train en ce dimanche de festoyer tranquillement, qui pour Pâques, qui pour Pessah, ignorant superbement les corps mutilés et les âmes broyées de Garissa.

À l’heure où j’écris ce texte, le Souverain Pontife prononce sa bénédiction d’urbi et orbi. « Ce n’est pas de la faiblesse, mais la force véritable. Celui qui porte en soi la force de Dieu n’a pas besoin de la violence, mais il parle et il agit avec la force de la beauté, de la vérité et de l’amour ».

J’aimerais qu’il ait raison, j’aimerais tant qu’il ait raison. De parler de pardon, de parler des souffrances à accepter, mais je doute. Oh combien je doute, de cette paix qui tarde tant à venir, et de l’intelligence des hommes. Je doute et je vous demande, vous qui me lirez, de réfléchir, chacun à votre mesure, à ce que nous pourrions faire pour que cessent les barbaries. Commençons par nous sourire, à nous comprendre, à nous respecter, ici, en Pays de France où hier encore de jeunes étudiants voulaient violenter une mosquée. Commençons par cesser de vilipender les « kébabs », à cesser de vouloir mettre au pouvoir une blonde dont les mots doucereux sont aussi dangereux que les dérapages de son connard de révisionniste de père.

Mais en même temps osons partager ouvertement et fortement le deuil de ces milliers de chrétiens persécutés à travers le monde, au lieu de simplement nous gaver d’agneau pascal et de lapins en chocolat, héritiers d’une tradition qui nous semble immuable mais qui, si nous réfléchissions un peu plus loin que le bout de notre nez déjà rougi par l’apéro pascal, est réellement menacée par les barbaries de l’EI, de Boko Haram et des immondes Shebab.

Pour les jeunes étudiants de Garissa, pour les jeunes garçons et les jeunes filles fauchés en plein bonheur, moi qui ne sais plus prier, j’écris. Je crie.

Pensez à eux.

Soyons Kenya.

https://www.facebook.com/DZ.Wall/posts/650646598370587

« À quoi pensaient-elles ??

L’image a beaucoup défilé sur nos fils d’actualité, un nouveau massacre, un nouvel acte barbare perpétré par des monstres sanguinaires, un nouveau crime contre l’humanité . Cette fois ci au Kenya.

Un détail a cependant attiré mon attention et j’ai zoomé sur les corps du fond, deux jeunes étudiantes qui s’enlacent durant leur dernier moment.

Du coup ces deux victimes ne sont plus des anonymes, des inconnues, des chiffres sans visages, des statistiques sans noms. Ce sont deux jeunes filles avec une histoire, une vie, une famille, des amis, des rêves et des envies .

Des sœurs ou des copines, les meilleures amies au monde ou de parfaites étrangères réunies l’instant où la fatalité a frappé.

À quoi pensaient-elles ??

À la vie qui se termine avant d’avoir commencé ??

À un père qui a vendu bœufs et charrue pour que sa fille étudie ??

À une mère qui ne mange peut être pas à sa faim pour que ses enfants aient un meilleur destin ??

À un jeune homme qui fait battre le cœur et d’un sourire charmeur oublier les malheurs ??

Aux rêves simples, aux grandes ambitions, aux plans du futur, aux désillusions ??

À la famille, aux amis, à leur dévastation à l’annonce de leur exécution ??

Au monde qui va probablement les ignorer, trop pauvres, trop foncées, et certainement pas des « Charlie » ??

À leurs bourreaux et leurs gourous, les monstres à folle foi et horribles lois ??

À leur humiliation, rampant dans le sang, obligées à appeler leurs parents avant l’exécution ??

Aux vacances, aux retrouvailles, à l’espoir d’un miracle qui puisse les sauver ??

Nul ne sait à quoi elles pensaient, mais ce qui est certain c’est que dans ce moment de malheur, d’horreur et d’extrême douleur elles se sont enlacées dans un dernier souffle de tendresse, dans un dernier geste de compassion, dans un dernier effort de réconfort, dans un dernier élan de solidarité. Martyres de la folie des fous d’Allah, elles sont parties dans la beauté des préceptes de leur religion, aimer et aider son prochain, avec l’image de la vierge Marie qui leur tend les bras et leur sourit, ignorant complètement la laideur des rires sadiques des obscurantistes qui criaient « joyeuses pâques » sur un ton sarcastique.

T.A »

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Il y a un an…

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/04/19/devenons-les-passeurs-de-lumiere/

Et en pensées encore vers cet autre génocide…:

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/05/07/les-mains-de-baptistin-une-nouvelle-en-memoire-aux-victimes-du-Rwanda/

 

 

 

 

 

Nos chers départements

 

Nos chers départements

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Nous guettions les voitures du haut du muret de pierres sèches, lorsqu’elles foulaient le thym et les herbes folles du sentier, serpentant jusqu’à notre toit du monde tarnais. Lorsqu’elles tournaient, au coin de la source, ce sont les plaques que nous regardions en premier, tout en écoutant les joyeux coups de klaxon. Le 33 annonçait les cousins de Bordeaux, le chat Titus et des semaines de rires et chatouilles, de confidences et de promenades ; le 31, c’était une plaque rare, celle des cousins de Vacquiers, les quatre frères farceurs qui nous tiraient les tresses et nous poursuivaient jusqu’au ruisseau ; un été, j’en vins à guetter le 08, car nous avions repris contact avec ces amis des Ardennes, où mon père était un temps allé civiliser le Nordiste, et j’avoue que les beaux yeux de Franck me semblaient couleur de Meuse : je savais que nous évoquerions la Place Ducale, nos enfances et Rimbaud…

Nos départements. Nos chers départements. Ceux dont nous apprenions, les doigts pleins d’encre violette, la liste interminable que nous n’utilisions qu’assis, sans ceinture, dans la 404 qui nous menait vers les plages, l’été, ou vers l’autre côté de moi, là-haut, en terre rhénane…Je les revois, les jeux de nos enfances sans game boy, ni IPod, ni smartphone, quand seuls les paysages et les voitures croisées ou dépassées égayaient nos trajets : il y avait le 11, qui nous faisait passer la Montagne Noire et nous offrait, à peine dépassée Labastide-Rouairoux, le concert des cigales et cette belle odeur de garrigue…Et puis le 34, tellement festif, tellement estival, l’apercevoir au dos d’une DS nous amenait d’un coup d’un seul à sentir la brûlure du sable sous nos pieds nus, il nous guidait vers Sète, vers sa digue et son cimetière marin…En « montant » vers l’outre-Rhin, on en croisait, des 75, et l’immanquable « Parisien, tête de chien » résonnait dans la Peugeot, tandis que notre père nous reparlait de ses années à l’ENSET de Saint-Cloud et que notre mère nous racontait l’année où elle avait été fille au pair chez Piem.

Plus tard, j’ai grandi. Sans passer jamais mon permis, mais je sillonnais notre belle région en vélo, et rêvais, là aussi, en voyant passer les 12 qui fleuraient bon le Roquefort, les 46 aussi éblouissants que le Quercy Blanc, les 09 aux allures de névés et de torrents…Parce que les départements, et leurs fameux numéros, pour moi qui détestait les maths, c’était le repère de cette France que j’aimais tant, joli découpage aussi précieux que les dentelles de l’Histoire, aussi logique et attachant que les spécialités qui faisaient et font toujours leurs renommée…Pensez-donc, à Toulouse, ma chère ville rose, impossible de trouver un « poumpet » (prononcer « poummpètt » ), ce délicieux étouffe-chrétiens au parfum inimitable, pourtant fabriqué à quelques encablures du Capitole…

http://lesfeesmaisons.canalblog.com/archives/2012/09/21/25151273.html

Vous ne pourrez pas non plus acheter de « Melsat », ce boudin blanc tarnais, pourtant si apprécié passé Revel ou Lavaur…

http://www.keldelice.com/produits-du-terroir/vente/melsat

C’est que si nos régions ont du talent, comme dit la Réclame, nos départements en ont encore plus, chaque commune recelant en ses recoins la véritable couleur de la France…Et c’est aussi de cela qu’il sera question dimanche, lorsque vous irez, bien sûr, voter !

Je ne vais pas dans ce petit texte vous parler des compétences dévolues à nos élus, puisque de toutes façons, elles sont encore un peu floues…Mais je peux vous dire, en tant que fille d’un Conseiller Général honoraire, le dévouement sans faille dont mon père a fait preuve durant les longues années où il a été taillable et corvéable à merci, s’impliquant jour et nuit dans la vie de son canton, œuvrant à l’amélioration du quotidien de centaines de familles, répondant au téléphone, parfois même en patois, parfois même pour un souci de bestiaux égarés, et, toujours, avec sincérité. Même si je n’ai pas toujours partagé ses opinions politiques, je peux vous assurer que les élus locaux font battre le cœur de la Nation et en sont le maillon fort, car ils occupent le terrain, car ils sont, loin des ors de la République, au plus près de ses joies et de ses peines.

Alors dimanche, votez ! Souvenez-vous de l’institutrice qui frappait vos mains tremblantes de sa règle de bois lorsque vous hésitiez à placer la Marne ou la Haute-Loire…Et, si possible, ne votez pas FN…Ne laissez pas un parti aux relents de fascisme salir nos belles provinces, ne laissez pas le Bleu Marine envahir les Lumières de la République de ses outrances populistes et de ses déviances identitaires, quand tant d’autres élus se proposent, ensemble, enfin en binômes de femmes et d’hommes égaux en droits et en devoirs, de colorier avec vous l’image de cette France que nous aimons tant !

Nous, les petits, les humbles, les sans-voix, donnons de la voix, justement, pour que les ombres du 3° Reich, du Franquisme et de l’Italie Mussolinienne ne planent pas sur nos départements. Bien sûr, des problèmes, nous en rencontrons, et je ne nierai ni l’insécurité, ni les déviances crapuleuses, ni la menace terroriste. Mais je sais aussi qu’un vote identitaire n’est JAMAIS la bonne réponse, et que seuls des élus réellement républicains, qu’ils soient du PS, de l’UMP, du Front de Gauche, du Centre, ou Verts, pourront être à la hauteur de nos attentes.

Alors dimanche, votez, votez pour la République, votez pour la belle France que nous aimons, votez pour les petits «  Pays », qui, de l’Artois jusqu’au Pays Basque, au long des fleuves qui serpentent et des Nationales qui nous mènent jusqu’à la mer, font de nos départements le plus beau pays du monde !

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/journees-patrimoine-2012_b_1867589.html

http://www.arnoldlagemi.com/?p=836

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/front-national-presidentielle_b_1464158.html

http://www.oasisdesartistes.org/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=152741&forum=2

Lettre à un jeune voyageur

Quitter Paris, me demandes-tu ?
Tu me dis la vitesse, et les gens, et le stress.
Tu m’écris que tu ne peux plus vivre « ici ».

Je ne sais que te dire, mon tendre et jeune ami. Si ce n’est d’écouter et ton cœur et ta vie. Parcourir ses voyages, oser prendre des trains, c’est aussi quelque part le pari d’un demain.

Il faudra découvrir, et oser, et plonger. Dans des villes inconnues, aux senteurs différentes, en des terres où les femmes seront moins insolentes.

Tu verrais à Bordeaux une ville océane, des embruns, des secrets, des voiliers immobiles. Et puis non loin de là ces vignobles aux tons roux, où l’automne vendange les soleils les plus fous.

A Toulouse les cambrures d’une Espagne affolée, tant de nuits où Garonne prend des airs d’Alhambra ; tu lirais notre histoire en mon beau Capitole, tu saurais qu’en l’Autan mes écrits caracolent…

Si tu vas à Marseille, ton passé sourira. Arme-toi de sourires plutôt que de courage, et sache qu’au-delà des rumeurs malveillantes, la blancheur algéroise est parfois bienveillante.

Lyon saurait t’accueillir en secrètes traboules, tu verrais des soieries, et quand tu serais ivre d’avoir bu tant de foules, tu irais vers les Alpes respirer en névés.

Mais peut-être veux-tu parcourir les silences, quitter ports et fracas, découvrir les absences ? La campagne saurait te donner abondance, quand les vents sont les seuls à parler au marcheur, quand les blés et les bois te seront un seul toit…

Rimbaud lui est parti, il allait vers l’Afrique, mais sa muse est restée, toute seule, en sa Meuse.

Garde, toi, tous tes mots, ils seront ton armure, ta potion, ton calice, quand des plaines du Nord aux soleils de Galice tu iras vers ta vie comme on aime une étoile.

Je t’attendrai toujours, pour te dire parfois, quand les nuits seront belles, les secrets des abeilles et des textes-soleils.

Journée internationale des droits des femmes: Free d’hommes, le roman de l’égalité!

Free d’Hommes: et si nous changions le monde??

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http://www.thebookedition.com/free-d-hommes-sabine-aussenac-p-122971.html

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

À l’orée de la Journée  je voudrais induire une petite réflexion sur l’ampleur des inégalités entre les sexes…Mon roman Free d’Hommes, paru en novembre 2013 à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, se  veut vitrine inversée de notre monde si déséquilibré…L’idée de cette écriture en miroir m’est venue il y a deux ans, à peu près au moment où une jeune cinéaste signait un excellent court-métrage que j’ai découvert récemment, « Majorité opprimée », dans lequel, exactement comme dans mon roman, les rôles seraient inversés…

http://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I

Imaginons ce monde où les rôles sociaux seraient intervertis depuis des  millénaires et dans toutes les civilisations, les femmes ayant le rôle dominant,  tous les grands auteurs et acteurs de l’Histoire ayant été des femmes, de même  que tous les personnages historiques importants…Dans tous les continents, depuis toujours, auraient ainsi existé des sociétés matriarcales. Mais ces univers où le Féminin tiendrait le haut du pavé seraient aussi déséquilibrés que nos sociétés patriarcales! Dans ma petite fable, les femmes traitent en effet les hommes comme ces derniers le font actuellement avec nous…C’est à dessein que j’ai parfois forcé le trait, dépeignant les femmes que des « machos », et les hommes comme des êtres souvent soumis et opprimés…

Cependant, ce monde existerait dans NOTRE réalité: on y rencontre en effet l’affaire  DSK, un tsunami, une élection présidentielle, le printemps arabe…(et je suis en train de penser…à une suite!! Avec des chapitres plus précisément consacrés aux violences faites aux femmes, en parlant, toujours de façon inversée, de la « théorie du Genre », de la Manif pour tous…) Et lorsque l’on avance dans la lecture, s’attachant aux personnages, à la trame de l’histoire, on est presque pris de vertige, tant l’on a l’impression que ces inversions donnent le tournis: tout semble si « vrai », si réel, réaliste, grâce aux références à notre réalité, mais en même temps tout est si…décalé!

Car il s’agit à mon sens d’un problème mondial de société, d’une urgence humanitaire, que cette situation de la FEMME à travers le monde: dans nos sociétés occidentales, nous nous heurtons au « plafond de verre », à nos brimades quotidiennes, aux inégalités salariales…N’oublions pas non plus la terrible précarisation des femmes qui ont tant de mal à survivre à leurs divorces, qui luttent pour récupérer des pensions alimentaires impayées, sous les regards et les ricanements obscènes des masculinistes toujours prêts à revendiquer leurs droits alors qu’ils oublient leurs devoirs de pères…

Levons aussi l’omerta, la terrible loi du silence médiatique et sociétale au sujet des prétendus « drames familiaux »: une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, tandis que les familicides se multiplient -des dizaines d’assassinats  chaque année, dont ce collégien de mon propre établissement, tué en février 2014 avec sa maman, alors qu’il était en cours le matin même…http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/11/1815112-mercenac-drame-familial-trois-morts-au-hameau-de-pointis.html

(…Et je vous invite à rechercher les autres articles autour de ce drame-là…C’est tout bonnement incroyable, on y dresse un gentil portrait du meurtrier, sans jamais évoquer les victimes…) Ailleurs? Mais ailleurs, c’est la barbarie, c’est l’enfer, au-delà des grillages et des enfermements des burqas…Il y a les viols de masse et systémiques dans les pays en guerre; il y a les petites filles en Inde, évincées par l’eugénisme galopant d’une médecine devenue folle, mais aussi étouffées dans le sable à la naissance, avant que de mourir lors des terribles viols collectifs…Il y a les millions de fillettes privées d’éducation; et le tourisme sexuel, les violences, les humiliations…

Malala a inscrit son discours sous le signe de l’urgence: l’urgence pour les fillettes du monde entier à accéder librement à l’éducation. Et notre Ministre de l’Éducation Nationale a placé la journée du 8 mars sous le signe de l’égalité des chances. Osons, enfin, nos libertés!

Mon roman  s’inscrit donc dans cette urgence-là: dénoncer ce monde dont la moitié, oui, la moitié des habitants sont opprimés! Parler de cette terre que nous devrions nous partager équitablement, avant même que de songer à en régler les problèmes climatiques et géopolitiques! Il faut inventer un nouvel univers, un univers  différent, où hommes et femmes se partageraient la vie dans une autre  perspective, en dehors de ces processus de violence et de domination.

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/culture/litterature/item/l-autre-monde-de-sabine-free-d-hommes-sabine-aussenac?category_id=17

« Fascinants, pour qui imagine et invente (l’écrivain, du coup), que ces mondes, qui seraient bâtis autrement, fonctionneraient dans d’autres dimensions, seraient – pourquoi pas – cul par dessus-tête. C’est à ce registre que se rattachent les pages du roman ? nouvelle ? que vient de publier notre amie et rédactrice, Sabine Aussenac.

On a connu – pépite fantastique de notre adolescence – le « Demain les chiens » où Médor et les siens tenaient l’ordonnancement du monde, sans parler des singes de la planète ! Là, l’histoire (« il était un monde, une fois, où… ») est tout bonnement renversée : homme/femme, pas comme on connaît ; le contraire. « Comme ailleurs dans le monde, les hommes étaient lésés ; gagnaient moins que les femmes, se comptaient sur les doigts de la main dans les conseils d’administration… les femmes avaient le monopole de l’emploi, de la sécurité financière, des pouvoirs décisonnels… Paul – “le-la” héros – soupira : oui, le chemin serait long ! » (…)

Les femmes « puissantes » – toutes et trop – sont des virago pour qui « le diable s’habille en Prada » : physiquement écrasantes, levant le coude sur le canapé du soir, et séduisant – vite, trop vite – les mâles qui passent autour, du stagiaire au procureur. Caricaturales ! mais on sourit, devant l’avalanche… Un tout petit peu, quand même, de situations répétitives, là aussi. Un texte plus resserré, format grande nouvelle, éclairant mieux, ne disant pas tout, abattant quelques murs, à grands coups de hache monumentale, aurait sans doute été l’instrument de choix d’un sujet jouissif, comme celui-là…

On ne boudera pour autant pas notre plaisir ! L’Histoire – la grande ou la plus quotidienne – tient sa partie dans le récit, avec une présence pertinente qui donne chair : des enfants qu’on enlève à de brillantes études pour les marier au bled (ici, un Medhi, évidemment), aux Révolutions arabes, à la poésie iranienne, au souvenir de 68 (slogan masculiniste : « oui, maman, oui patronne, oui chérie ; non ! Merci ! criaient les jeunes gens de l’époque en brûlant leurs coquilles à testicules entre deux jets de pavés sous la bouille en cœur de Danielle la Rouge »).  On rit, souvent – un des meilleurs passages, attendu, certes, mais réussi, n’est-il pas l’annonce de l’accusation de viol sur homme de chambre buriné, par une Sarah Dayan Klein, directrice du FMI. Plus tard – entre émouvant et hilarant, un « homme !!! est élu aux élections présidentielles ! On y est, frérot, on y est ! ». »

Autre extrait de critique:

« Sabine Aussenac a brossé une fresque saisissante, dans laquelle le « sexe  faible » est incarné par les hommes, depuis la nuit des temps… De nombreux  thèmes de société sont abordés, des discriminations au viol, de la pédophilie au  « plafond de verre », de la précarisation au divorce…

Personnages attachants, humour féroce, profondeur de la réflexion: ce roman,  paru le 25 novembre 2013, à l’occasion de la Journée Internationale contre les  violences faites aux femmes, se veut le symbole d’un nouveau  féminisme.

Sabine Aussenac a rêvé l’égalité, en faisant la démonstration de ce que  serait un monde dominé…par les femmes! »

http://www.sudouest.fr/2013/11/30/free-d-hommes-1244971-2277.php

La page Facebook du roman:

https://www.facebook.com/pages/Free-dhommes-un-roman-de-Sabine-Aussenac/756934377674641?notif_t=page_new_likes

Voilà…Il ne tient plus qu’à vous de vous détendre tout en vous questionnant, de rire et de pleurer, de partager et de donner…Le roman est à commander sur le site de Thebookedition  ou en format ebook sur Amazon, (liens en haut du texte)! Et en attendant, une première lecture vous en est offerte sur le délicieux blog de Sagine:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/211-freedhommes-SAussenac

J’ai fait un rêve: qu’à l’occasion de la Journée de la Femme 2015 nous nous donnions la main dans un même élan de sororité ET de fraternité, nous, femmes de tous les pays, loin des querelles de clochers féministes, ensemble, les « essentialistes » et les autres, oubliant les clivages entre celles qui ont des enfants et celles qui n’en n’ont pas, oubliant les « On ne nait pas femme, on le devient » et, au contraire, les Antoinette Fouque qui prétendaient que la maternité fonde, quelque part, la Femme, non, ne les oubliant pas, les transcendant, plutôt, dans une véritable marche commune vers l’ÉGALITÉ!

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/poesie-et-photos-de-gascogne-sabine-aussenac/portfolios/image_si-nous-poussions-les-murs-du-monde