Journée internationale des droits des femmes: Free d’hommes, le roman de l’égalité!

Free d’Hommes: et si nous changions le monde??

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http://www.thebookedition.com/free-d-hommes-sabine-aussenac-p-122971.html

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

À l’orée de la Journée  je voudrais induire une petite réflexion sur l’ampleur des inégalités entre les sexes…Mon roman Free d’Hommes, paru en novembre 2013 à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, se  veut vitrine inversée de notre monde si déséquilibré…L’idée de cette écriture en miroir m’est venue il y a deux ans, à peu près au moment où une jeune cinéaste signait un excellent court-métrage que j’ai découvert récemment, « Majorité opprimée », dans lequel, exactement comme dans mon roman, les rôles seraient inversés…

http://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I

Imaginons ce monde où les rôles sociaux seraient intervertis depuis des  millénaires et dans toutes les civilisations, les femmes ayant le rôle dominant,  tous les grands auteurs et acteurs de l’Histoire ayant été des femmes, de même  que tous les personnages historiques importants…Dans tous les continents, depuis toujours, auraient ainsi existé des sociétés matriarcales. Mais ces univers où le Féminin tiendrait le haut du pavé seraient aussi déséquilibrés que nos sociétés patriarcales! Dans ma petite fable, les femmes traitent en effet les hommes comme ces derniers le font actuellement avec nous…C’est à dessein que j’ai parfois forcé le trait, dépeignant les femmes que des « machos », et les hommes comme des êtres souvent soumis et opprimés…

Cependant, ce monde existerait dans NOTRE réalité: on y rencontre en effet l’affaire  DSK, un tsunami, une élection présidentielle, le printemps arabe…(et je suis en train de penser…à une suite!! Avec des chapitres plus précisément consacrés aux violences faites aux femmes, en parlant, toujours de façon inversée, de la « théorie du Genre », de la Manif pour tous…) Et lorsque l’on avance dans la lecture, s’attachant aux personnages, à la trame de l’histoire, on est presque pris de vertige, tant l’on a l’impression que ces inversions donnent le tournis: tout semble si « vrai », si réel, réaliste, grâce aux références à notre réalité, mais en même temps tout est si…décalé!

Car il s’agit à mon sens d’un problème mondial de société, d’une urgence humanitaire, que cette situation de la FEMME à travers le monde: dans nos sociétés occidentales, nous nous heurtons au « plafond de verre », à nos brimades quotidiennes, aux inégalités salariales…N’oublions pas non plus la terrible précarisation des femmes qui ont tant de mal à survivre à leurs divorces, qui luttent pour récupérer des pensions alimentaires impayées, sous les regards et les ricanements obscènes des masculinistes toujours prêts à revendiquer leurs droits alors qu’ils oublient leurs devoirs de pères…

Levons aussi l’omerta, la terrible loi du silence médiatique et sociétale au sujet des prétendus « drames familiaux »: une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, tandis que les familicides se multiplient -des dizaines d’assassinats  chaque année, dont ce collégien de mon propre établissement, tué en février 2014 avec sa maman, alors qu’il était en cours le matin même…http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/11/1815112-mercenac-drame-familial-trois-morts-au-hameau-de-pointis.html

(…Et je vous invite à rechercher les autres articles autour de ce drame-là…C’est tout bonnement incroyable, on y dresse un gentil portrait du meurtrier, sans jamais évoquer les victimes…) Ailleurs? Mais ailleurs, c’est la barbarie, c’est l’enfer, au-delà des grillages et des enfermements des burqas…Il y a les viols de masse et systémiques dans les pays en guerre; il y a les petites filles en Inde, évincées par l’eugénisme galopant d’une médecine devenue folle, mais aussi étouffées dans le sable à la naissance, avant que de mourir lors des terribles viols collectifs…Il y a les millions de fillettes privées d’éducation; et le tourisme sexuel, les violences, les humiliations…

Malala a inscrit son discours sous le signe de l’urgence: l’urgence pour les fillettes du monde entier à accéder librement à l’éducation. Et notre Ministre de l’Éducation Nationale a placé la journée du 8 mars sous le signe de l’égalité des chances. Osons, enfin, nos libertés!

Mon roman  s’inscrit donc dans cette urgence-là: dénoncer ce monde dont la moitié, oui, la moitié des habitants sont opprimés! Parler de cette terre que nous devrions nous partager équitablement, avant même que de songer à en régler les problèmes climatiques et géopolitiques! Il faut inventer un nouvel univers, un univers  différent, où hommes et femmes se partageraient la vie dans une autre  perspective, en dehors de ces processus de violence et de domination.

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/culture/litterature/item/l-autre-monde-de-sabine-free-d-hommes-sabine-aussenac?category_id=17

« Fascinants, pour qui imagine et invente (l’écrivain, du coup), que ces mondes, qui seraient bâtis autrement, fonctionneraient dans d’autres dimensions, seraient – pourquoi pas – cul par dessus-tête. C’est à ce registre que se rattachent les pages du roman ? nouvelle ? que vient de publier notre amie et rédactrice, Sabine Aussenac.

On a connu – pépite fantastique de notre adolescence – le « Demain les chiens » où Médor et les siens tenaient l’ordonnancement du monde, sans parler des singes de la planète ! Là, l’histoire (« il était un monde, une fois, où… ») est tout bonnement renversée : homme/femme, pas comme on connaît ; le contraire. « Comme ailleurs dans le monde, les hommes étaient lésés ; gagnaient moins que les femmes, se comptaient sur les doigts de la main dans les conseils d’administration… les femmes avaient le monopole de l’emploi, de la sécurité financière, des pouvoirs décisonnels… Paul – “le-la” héros – soupira : oui, le chemin serait long ! » (…)

Les femmes « puissantes » – toutes et trop – sont des virago pour qui « le diable s’habille en Prada » : physiquement écrasantes, levant le coude sur le canapé du soir, et séduisant – vite, trop vite – les mâles qui passent autour, du stagiaire au procureur. Caricaturales ! mais on sourit, devant l’avalanche… Un tout petit peu, quand même, de situations répétitives, là aussi. Un texte plus resserré, format grande nouvelle, éclairant mieux, ne disant pas tout, abattant quelques murs, à grands coups de hache monumentale, aurait sans doute été l’instrument de choix d’un sujet jouissif, comme celui-là…

On ne boudera pour autant pas notre plaisir ! L’Histoire – la grande ou la plus quotidienne – tient sa partie dans le récit, avec une présence pertinente qui donne chair : des enfants qu’on enlève à de brillantes études pour les marier au bled (ici, un Medhi, évidemment), aux Révolutions arabes, à la poésie iranienne, au souvenir de 68 (slogan masculiniste : « oui, maman, oui patronne, oui chérie ; non ! Merci ! criaient les jeunes gens de l’époque en brûlant leurs coquilles à testicules entre deux jets de pavés sous la bouille en cœur de Danielle la Rouge »).  On rit, souvent – un des meilleurs passages, attendu, certes, mais réussi, n’est-il pas l’annonce de l’accusation de viol sur homme de chambre buriné, par une Sarah Dayan Klein, directrice du FMI. Plus tard – entre émouvant et hilarant, un « homme !!! est élu aux élections présidentielles ! On y est, frérot, on y est ! ». »

Autre extrait de critique:

« Sabine Aussenac a brossé une fresque saisissante, dans laquelle le « sexe  faible » est incarné par les hommes, depuis la nuit des temps… De nombreux  thèmes de société sont abordés, des discriminations au viol, de la pédophilie au  « plafond de verre », de la précarisation au divorce…

Personnages attachants, humour féroce, profondeur de la réflexion: ce roman,  paru le 25 novembre 2013, à l’occasion de la Journée Internationale contre les  violences faites aux femmes, se veut le symbole d’un nouveau  féminisme.

Sabine Aussenac a rêvé l’égalité, en faisant la démonstration de ce que  serait un monde dominé…par les femmes! »

http://www.sudouest.fr/2013/11/30/free-d-hommes-1244971-2277.php

La page Facebook du roman:

https://www.facebook.com/pages/Free-dhommes-un-roman-de-Sabine-Aussenac/756934377674641?notif_t=page_new_likes

Voilà…Il ne tient plus qu’à vous de vous détendre tout en vous questionnant, de rire et de pleurer, de partager et de donner…Le roman est à commander sur le site de Thebookedition  ou en format ebook sur Amazon, (liens en haut du texte)! Et en attendant, une première lecture vous en est offerte sur le délicieux blog de Sagine:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/211-freedhommes-SAussenac

J’ai fait un rêve: qu’à l’occasion de la Journée de la Femme 2015 nous nous donnions la main dans un même élan de sororité ET de fraternité, nous, femmes de tous les pays, loin des querelles de clochers féministes, ensemble, les « essentialistes » et les autres, oubliant les clivages entre celles qui ont des enfants et celles qui n’en n’ont pas, oubliant les « On ne nait pas femme, on le devient » et, au contraire, les Antoinette Fouque qui prétendaient que la maternité fonde, quelque part, la Femme, non, ne les oubliant pas, les transcendant, plutôt, dans une véritable marche commune vers l’ÉGALITÉ!

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/poesie-et-photos-de-gascogne-sabine-aussenac/portfolios/image_si-nous-poussions-les-murs-du-monde

Et la pierre respire

Toutes les photos ont été prises au musée Lehmbruck de Duisbourg.

Et la pierre respire

En colombes furtives apaisées de réel,

Les poitrines se galbent, élancées en plein ciel.

Tourterelles subtiles, telles oiselles endormies,

Elles frémissent en rêve, quand leur bronze sourit.

 Émouvantes rondeurs de ces seins martelés,

Qui se donnent impudiques en leurs corps dévoilés.

Et la pierre respire, le burin la caresse,

Toute femme est lumière, la statue une messe.

Au musée endormi le visiteur frissonne,

Il découvre égaré les langueurs des Madones

Qui lui offrent ce sein comme au matin du monde,

Et la pierre s’éveille, jeune fille en printemps,

Sa douceur auréole une valse à mille temps.

Les tétins si mutins aux fatwas font la fronde.

Inspiré par le Musée Lehmbruck de Duisburg.

Texte à lire aussi sur:

Album du Musée sur:

Cousin, cousine…

Cousin, cousine…

 J’ai revu G.

Cela faisait une bonne quarantaine d’années que nous ne nous étions plus rencontrées.Ma superbe

Non, ce n’était pas un repas d’anciens élèves. G. est ma cousine. Une cousine « issue de germain », comme le dit merveilleusement notre belle langue. Et elle l’est à tous les sens du terme, puisque c’est la fille d’un des nombreux frères de ma grand-mère…allemande !

Je l’ai vue arriver, toute jolie, derrière la vitre de l’hôtel où j’étais descendue outre-Rhin, pour mon pèlerinage mémoriel, et j’ai reconnu en elle, en une fraction de seconde, cette sororité mâtinée d’altérité, ce « petit quelque chose » qui fait de nous des « parentes », des alliées, des proches.

Nous nous étions déjà parlé au téléphone depuis quelques semaines, nous avions échangé des mails. Ce soir-là, nous avons parlé une bonne partie de la nuit, intarissables, comme si nous nous étions quittées la veille, alors que des pans entiers de nos existences nous étaient encore inconnus quelques jours auparavant.

Un peu comme dans la chanson de Bécaud, nous avons tout mélangé ; pas de Lénine ni de Champs-Élysées pour nous deux, mais nos parcours respectifs, et surtout tous ces récits familiaux croisés : mes filles et celles de son mari, son petit frère mort si jeune, la fratrie de son père et de ma grand-mère, la guerre, l’après-guerre, toutes nos « histoires de famille » se confondant avec l’autre, la Grande Histoire…

« Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique. », disait René Char. Nous avons ri, aussi, comme des collégiennes, toutes excitées par ces retrouvailles, sans même toucher au bon vin italien du petit restaurant où la patronne est venue plusieurs fois écouter nos délires, toute contente pour nous.

Et puis nous nous sommes quittées en nous promettant, cette fois, de ne plus perdre le contact, parce que soudain il nous apparaissait capital de ne pas s’oublier à nouveau, de nous souvenir de cet héritage mémoriel qui revenait à nous comme une surprise inespérée.

Parce qu’un cousin, c’est cette improbable magie qui à la fois nous ancre dans l’enfance et peut, comme un cordage de navire, voguer avec nous contre vents et marées, tout en nous laissant libre comme le vent. Nous ne nous devons rien, dénués de toute contrainte, de toute vassalité parentale ou filiale, mais nous savons aussi que nous pouvons à tout moment faire acte de parentèle, retrouver l’union sacrée de ce terreau familial qui nous fonde et nous porte.

Loin des rivalités fréquentes qu’entraîne le lien fraternel, le cousinage devient ainsi alliance éternelle, comme une amitié dont on sait qu’elle durera toujours, plus solide qu’un amour, pérenne car dénuée d’enjeu, et, surtout, liée au substrat générationnel qui, quelque part, a créé en nous ces invisibles fils d’Ariane qui nous renvoient non seulement vers l’enfance, mais sans doute aussi vers ce que les psychogénéalogistes qualifient d’empreinte mémorielle…

Lorsque j’étais enfant, j’ai amèrement regretté de n’avoir que des cousins germains beaucoup plus petits que moi. Je trouvais injuste d’avoir une dizaine d’années de plus que les fils de mon oncle allemand, deux petits diablotins élevés de façon « anti-autoritaire » (souvenir ému de K. et D. qui faisaient ainsi leurs besoins à même la toile de tente et que leur mère, ma tante, ne grondait même pas !) ou que mes adorables cousines de Lyon, filles de la sœur de ma mère. (Vous ne rêvez pas, elle aussi avait épousé un Français, une vraie manie !)

Il a fallu attendre mes trente ans, mon divorce et de belles journées d’été pour que mes cousines, ayant grandi, m’accompagnent en vacances pour, le jour, baby-sitter mes fillettes et, la nuit, sortent en boîte avec leur grande cousine…Te souviens-tu, I., de cette nuit où nous rentrions du Lydia, ce grand paquebot échoué à Port-Barcarès, transformé en discothèque ? Nous avions dansé comme des folles, nous marchions dans l’eau qui clapotait sous la lune et parlions de ton avenir…J’ai aussi en mémoire la visite de C. à Clermont-Ferrand, son sourire de Madonne…Et puis ces vacances ratées à Biarritz avec la belle E., qui fut cette année-là aussi capricieuse que l’océan…Nous nous voyons rarement, hélas, aujourd’hui, notre cousinage s’abrite derrière un simple « réseau social », et je déplore ce manque de temps et la distance qui grignote notre mémoire familiale…

Quant à mes cousins allemands, eux-aussi avaient fini par grandir. K. a même été l’un des piliers d’un mémorable réveillon dans notre maison nichée dans la campagne tarnaise, son regard bleu azur ne se voilant que pour un mini coma éthylique. Toutes les cousines que nous étions, d’ailleurs, craquions pour sa fossette, et pour son corps d’athlète.

C’est dans cette même maison de famille que je rencontrais, chaque été, mes chères cousines « au deuxième degré » (je précise pour mon fils, qui rame complètement dans ces termes que notre époque propice aux familles monoparentales et réduites à la portion congrue ignore, que ce sont les filles d’un cousin germain de mon père : leurs papas étaient deux frères, issus des « Aussenac du Payssel », une fratrie de …neuf enfants !)

Je guettais l’arrivée de F. et S. en brûlant d’impatience. Elles arrivaient de Bordeaux avec une voiture pleine à craquer et Titus, le chat. Leur famille possédait un cabanon au bord d’une rivière, non loin de notre maison, mais j’ai le souvenir que souvent, nous passions des journées et des nuits ensemble, dans ce paradis aux couleurs des étés. Souvent, quatre garçons dans le vent venaient compléter la joyeuse troupe : JL., B., D. et F. , fils de la sœur du père de mes cousines, débarquaient avec leur accent du midi à couper au couteau, et nous poussaient à faire les 400 coups…

À nous les longues journées emplies de grillons que nous « tuttions » et de mûres dont le jus nous barbouillait le visage, quand les ronces griffaient nos jambes nues lorsque nous partions escalader quelques roches…Nous partions en tongues traverser le ruisseau, nous allions chercher le lait en ces temps bénis où l’on laissait les enfants faire plusieurs kilomètres sur des départementales désertes sans craindre qu’ils ne soient dépecés ; le soir, nos parents veillaient très tard, et sous la nuit très étoilée, à la lumière des lampes à pétrole, ils parlaient de politique et d’amour.

Puis nous nous couchions dans « La cabane », l’annexe de la maison, sur des lits de camps inconfortables, mais qui étaient prétexte à la nouvelle aventure de ces nuits interminables où nous nous chuchotions des secrets. Au matin, M., la maman de mes cousines, déjeunait de pain grillé avant d’aller lire Elle, alors que notre mère à nous écossait des haricots, et je la trouvais terriblement belle dans cette nonchalance estivale.

Les jours de pluie, nous restions à l’intérieur et nous écoutions des disques sur l’électrophone. Il y avait Richard Anthony et son train, Bécaud et sa Nathalie, et puis nos pères faisaient du feu, et il était extrêmement doux de s’ennuyer. S., surnommée « la puce », faisait rire tout le monde de ses pitreries.

J’enviais aussi la complicité de mes cousines, le rapport sain et naturel qu’elles avaient avec leur corps, moi, la « grosse », toujours engoncée dans mon surpoids et mes complexes…Les jours où nous partions à la rivière, elles étaient sympas, elles ne se moquaient pas de mes maladresses, quand nous courions dans les hautes herbes et les joncs, en méduses, pour aller plonger dans l’eau glacée où filaient des anguilles.

Un jour, nous avons grandi. F. et moi étions, je crois, un peu amoureuses de JL., le plus grand des cousins, déjà au lycée…Je revois encore son magnifique sourire quand il nous racontait ses exploits. Mes cousines, hélas, ont peu à peu préféré des horizons nouveaux. L’océan leur a tendu les bras, elles ont passé leurs vacances non loin des Sables, en Vendée, dans une autre demeure de famille, et nos liens, peu à peu, se sont distendus…

Aujourd’hui, nous ne voyons plus…qu’aux enterrements…C’est lors d’une bien triste cérémonie que j’ai repris contact avec JL., il y a maintenant une vingtaine d’années, et nous savons tous les deux que nous pouvons compter l’un sur l’autre. Il est « mon cousin de cœur », presqu’un frère, mais un peu plus, aussi…Un homme que je peux serrer dans mes bras, avec lequel je peux marcher en bord de Garonne, auquel je pourrais chuchoter des secrets, comme quand nous étions enfants. Un de ses frères est déjà parti au paradis, et c’est un morceau de notre enfance qui a disparu, abruptement, injustement…

Avec F., nous nous sommes promis de ne pas attendre le prochain enterrement pour nous revoir ! Elle est superbe, une magnifique quinqua. Elle a gardé ce regard malicieux et cette voix un peu rauque, cet humour décapant et cette sensibilité qui, lorsque nous étions petites, me fascinaient déjà.

Nous aurons toujours dix ans, vingt ans. À chacune de nos rencontres, nous verrons certes la vie qui défile, merveilleuse et impitoyable, mais aussi ces années où nous étions innocentes et gaies, partageant l’espérance de nos lendemains.

Je lui dédie ce texte : bon anniversaire, ma cousine !!!!

My american mum : Bobbi Katz !

My american mum : Bobbi Katz !

 

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https://www.youtube.com/watch?v=Hq2KWbiV6js

 Connaissez-vous Bobbi Katz? Cette délicieuse poétesse et auteur de livres pour enfants nous a rendu visite en septembre, et je voulais, en ce jour de Noël 2014, lui rendre hommage et vous parler de ce petit bout de femme bouillonnante d’énergie positive et de créativité, malgré ses …très nombreux printemps !

http://www.bobbikatz.com/bio.htm

Elle est née en 1933 mais possède encore une grâce et une allure de jeune fille !

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Souriante, elle m’est apparue dans le hall de la gare Matabiau et nous sommes tombées dans les bras l’une de l’autre, puisque nous nous connaissions, par l’intermédiaire de son fils Josh, depuis…1979 ! Nous avions longuement échangé, depuis la disparition tragique de Josh, par lettres, mails, mais ne nous étions jamais vues.

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Nous avons visité Toulouse, Albi, longuement échangé autour des courages de sa vie, puisqu’elle a traversé de nombreuses épreuves tout en gardant cette incroyable optimisme! Bobbi nous a enchantés par son dynamisme et sa joie de vivre.

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Elle a donné la réplique à son « french Grandson » :

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!10423&authkey=!AL7VrsvJUxUt4kQ&ithint=video%2cmp4

En effet elle chante et danse, fait de chaque instant une comédie musicale à l’américaine, tout en étant capable de discuter de sujets graves avec une belle profondeur : et c’est là que l’on perçoit le mieux cet état de grâce qui permet à un adulte de toucher des cœurs d’enfants…

http://www.encyclopedia.com/doc/1G2-2697000049.html

La liste de ses ouvrages est longue…Poésies, albums, car Bobbi est surtout connue pour ses poèmes, dans lesquels elle met le monde et son âme à la portée de l’enfance :

« My poetry always comes from inside—from my deep need to express a feeling. The child in me writes picture books. My fiction is almost not mine. The characters emerge and seem to tell their own stories. Even when writing within rigid boundaries that editors sometimes set, I find the characters become very real to me. I care what happens to them. »

« I write only for children because I desperately want to return childhood to them, » Katz added. « I hope to join those writers and artists who delight, sensitize, and give hope to children. »

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Elle décrit, mais embellit aussi, et danse avec les mots comme elle danse la vie:

http://www.poetryfoundation.org/poem/241878

October

BY BOBBI KATZ

October is

when night guzzles up

the orange sherbet sunset

and sends the day

to bed

before supper

            and

October is when jack-o’-lanterns

grin in the darkness

            and

            strange company crunches

across the rumple of dry leaves

to ring a doorbell.

October is

when you can be ghost,

            a witch,

                        a creature from outer space…

almost anything!

And the neighbors, fearing tricks,

            give you treats.

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!10424&authkey=!ALYOj4ahHE8DWlQ&ithint=video%2cmp4

Alors si vous avez encore un cadeau de dernière minute à faire, ou des étrennes pour la belle année nouvelle, n’hésitez pas : offrez un  livre de …Bobbi Katz !!!

Merry Xmas, Bobbi!!

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(Et vous trouverez la mémoire de Josh à la fin de mon texte sur Udo Jürgens, dans ce même blog, ou ici:

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/fete-des-morts-toussaint_b_2034157.html )

  

 

 

 

Comme un avion sans elles…

Comme un avion sans elles…

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http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/04/26/2477274_petits-meurtres-en-famille-a-agnes-et-a-ses-qutre-enfants.html

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/tes-enfants-tu-ne-tueras-point_b_1687939.html

La France pleure. La France a mal. La France se recueille.

Comme les Pays-Bas la semaine dernière, à la différence près que nous ne savons pas encore si c’est un orage, un malaise, un missile ou une bombe qui a causé la mort d’une cinquantaine de ressortissants français. Oui, je sais, c’est atroce : il y a là plusieurs membres de mêmes familles, et ces sourires brisés, ces destins anéantis en une fractale de seconde qu’un fatum aveugle, lié aux hommes ou à la nature, a fait exploser en vol. Et j’adresse, très, très sincèrement, mes condoléances aux familles.

MAIS.

N’y a-t-il pas, chaque semaine, chaque mois, sur les routes de France, de terribles « drames de la circulation », causant, eux aussi, un nombre élevé de morts ? N’y a-t-il pas, chaque semaine, un nombre élevé d’enfants, de femmes et d’hommes mourant de maladie ?

Et, SURTOUT, n’y a –t-il pas, chaque mois, depuis des années, mais aussi de plus en plus, un nombre très élevé de femmes mourant sous les coups de leurs compagnons, et, et c’est l’objet de mon texte et de ma colère, un nombre de plus en plus élevé d’enfants mourant sous les coups de leur père ??

Ces femmes égorgées, étranglées, poignardées, brûlées vives, ces enfants de tous âges égorgés (ce mois-ci), poignardés (une fillette de deux ans, au printemps dernier, dans un camping…), défenestrés –un petit garçon à Toulouse, il y a quelques mois…-, brûlés vifs-trois enfants dans une station-service, en 2011…-, brefs, tous ces martyrs, (dont les chiffres donnent le tournis pour les femmes – vous les trouverez dans un récapitulatif partiel en bas de texte, partiel car je ne SUIS PAS JOURNALISTE, simplement blogueuse…- et n’existent même pas, en France, pour les enfants, -mais l’article d’une criminologue anglaise explique bien la terrible augmentation des meurtres par les « exterminateurs familiaux »…

http://actualites.sympatico.ca/curiosite/editorial-curiosite/de-plus-en-plus-de-peres-tuent-leurs-enfants) …pourquoi n’ont-ils pas droit, eux :

–          À l’attention soutenue des médias, des jours, des semaines durant, en boucle, jusqu’à ce que l’on éteigne le poste, tant ces mots de « corps tombés du ciel » ou de « débris calcinés » nous écœurent…. ?

–          À des allocutions solennelles du Chef de l’État, à des déplacements de ministres ?

–          À l’attention de l’opinion publique ?

Suffit-il donc de mourir ensemble, entassés dans une machine volante, suffit-il donc de tomber du ciel pour que les Puissants, les médias et le peuple vous encensent ?Vous plaignent ? Vous fassent des pages d’hommage sur les réseaux sociaux ?

 Un Président de la République s’est-il déplacé, en 2011, lorsqu’un papa a fait griller ses enfants dans une station-service ? Pourtant, là, nous les avions, les « corps calcinés » !

Un Président de la République s’est-il déplacé à chaque meurtre de femme et/ou d’enfant, depuis des années, alors que ce « fait de société » que les médias aveugles s’obstinent à nommer « faits divers » ou « drames familiaux », ignorant à dessein le terme de « familicide », aurait depuis longtemps mérité d’être promu au rang de CAUSE NATIONALE… ?

Tous ces enfants égorgés ou pendus, ou tirés comme des lapins par leurs pères-comme ce collégien de mon établissement, en février, assassiné avec sa maman entre midi et deux, et dont le journal local ne parlera guère, consacrant par contre plusieurs articles au « pauvre père déprimé, un brave chasseur et figure locale »-, n’avaient-ils pas, eux aussi, de beaux sourires, de belles vies prêtes à fleurir ? Certes, non, ils ne sont pas morts tous en même temps dans un avion malaisien ou algérien, mais diable, si l’on additionne les femmes et les enfants morts cette année, je suis persuadée que l’on est au-delà des cinquante victimes !!!

En miscellanées de mémoire :

« Trois enfants d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau (Bas-Rhin). Les pompiers ont été appelés sur place peu après 8 heures par les voisins pour un incendie et ils ont découvert à l’intérieur de la maison, dans les chambres du premier étage, les corps des trois enfants. Les victimes ont été égorgées, selon le substitut du procureur de Strasbourg Olivier Glady. L’hypothèse d’un drame familial est privilégiée. »

« Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal »

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé. »

 Alors, Monsieur Hollande ?

Alors, Monsieur le Président, Madame la Ministre des Droits des femmes, Madame la Ministre de la Santé, Madame la Garde des Sceaux, qu’avez-vous à déclarer ?

J’exige, au nom des centaines de familles endeuillées depuis des années, que, comme pour les accidents d’avion, « toute la lumière soit faite » sur ces affaires : j’exige qu’enfin, comme ont osé le faire quelques héros courageux (des juges, des procureurs, ici et là, travaillant main dans la main avec des associations…), l’ÉTAT se mobilise, pleinement, entièrement, et ce en transversalité, en coordonnant la prévention, le soin, l’éducation, afin que les pères et maris n’EXTERMINENT plus en toute impunité leurs femmes et leurs enfants.

J’exige, au nom des centaines de victimes, de femmes et d’enfants innocents, dont le seul tort a été, apparemment, de NE PAS MOURIR DE MORT VIOLENTE DANS UN AVION, que notre pays enfin prennent conscience d’un phénomène hélas mondial, que des sociologues analysent, que des spécialistes commentent partout, sauf chez nous, afin que les professeurs des écoles soient formés en ce sens (car la prévention commence au berceau) , afin que les jeunes couples allant se pacser ou se marier rencontrent des psychologues évoquant ce fait, afin que les DDAASS et travailleurs sociaux soient plus réactifs, afin que la justice soit plus punitive, afin que …nous évitions, aussi sûrement que nous mettrons tout en œuvre pour éviter d’autres catastrophes aériennes, ce genre de drames qui, hélas, fait…bien plus de victimes qu’un crash, et ce depuis des années.

J’avais, par deux textes, alertés Messieurs Sarkozy et Madame la Ministre du droit des femmes ; on m’a répondu, oui, que des mesures étaient prises. Mais cela ne suffit pas. La preuve en est cette terrifiante montée en puissance du masculinisme et de ces pater familias qui, dès lors qu’une compagne se refuse à eux, s’arrogent droit de vie et de mort sur cette dernière et, surtout, sur les enfants, afin de punir la mère dans ce qu’elle a de plus cher.

Il suffit.

En France, la plupart du temps, chaque mois ou presque, ce n’est ni un orage, ni une bombe, ni un missile qui tue : ce sont simplement des hommes, de bons pères de famille, qui, dans une sorte de djihad masculiniste, ont décidé d’exterminer toute forme de vie.

Monsieur Hollande : je compte sur vous.

Sabine Aussenac.

Extraits de presse récente:

« LeParisien.fr

Crash du vol AH5017 : dix membres d’une famille de Rhône-Alpes à bord
Un jeune Seine-et-Marnais dans le crash de l’avion d’Air Algérie au Mali
Avez-vous peur de prendre l’avion après ces catastrophes en série ?
Vol AH5017 : ce que l’on sait du crash de l’avion d’Air Algérie »

Et si nous lisions un jour:

– Dix femmes d’une même ville-et/ou région- tuées la même année

– Avez-vous peur de vous marier après ces assassinats en série?

*****

RAPPEL (vous m’excuserez, il manque des dizaines de cas, et toute l’année 2012…Vous pouvez, si envie, compléter dans vos commentaires…)

2010 :

Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement …

strasbourg.blogs.liberation.fr/…/2010/…/trois-enfants-meurent-dans-un-i…

2 janv. 2010 – Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement suicidé … d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau

http://strasbourg.blogs.liberation.fr/actu/2010/01/trois-enfants-meurent-dans-un-incendie-%C3%A0-haguenau-le-p%C3%A8re-recherch%C3%A9.html

 

2011

146 femmes sont mortes, victimes de leur (ex) conjoint en …

http://www.tv5.org › Information › Terriennes

26 nov. 2011 – Selon la dernière étude nationale, 146 femmes (et 28 hommes) sont … de mort commis à l’encontre d’un conjoint, concubin, pacsé ou d’un « ex …

 

http://www.faitsdivers.org/6636-Lyon-il-tue-sa-femme-d-une-trentaine-de-coups-de-couteau.html

 

Les faits se sont déroulés vendredi en fin d’après midi, dans un immeuble du 8ème arrondissement de Lyon, dans le Rhône.

Aux environs de 18H00, un homme a appelé la police pour leur indiquer qu’il avait tué sa femme, âgée de 39 ans.

Les forces de l’ordre, arrivés sur les lieux, ont découvert le corps sans vie de la victime au sous-sol, juste devant l’ascenseur qui accède au garage.

Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal ».

 

L’auteur présumé des faits a été interpellé et placé en garde à vue.

 

OCTOBRE :

 

Un père tue ses enfants en mettant le feu à sa voiture à Culoz

news.celemondo.com/…/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-v…

4 oct. 2011 – Un père de famille est mort et a tué deux de ses trois enfants hier soir en incendiant sa voiture qui se trouvait dans la station-service d’un . http://news.celemondo.com/2011/10/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-voiture-a-culoz/

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé.

La mère des enfants, âgée de 29 ans, a été retrouvée morte à leur domicile familial de Bourg-en-Bresse, à 90km de Culoz : elle aurait succombé à une asphyxie selon les premiers éléments de l’autopsie. Il pourrait s’agir d’un homicide, suivi du suicide du père de famille. De nombreux pompiers sont intervenus pour sécuriser la station-service dans laquelle se trouve des bombonnes de gaz »

 NOVEMBRE :

 Buzz : Un père tue son enfant de 3 ans dans un lave-linge

http://www.terrafemina.com/…/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un…

28 nov. 2011 – C’est au-delà de tout ce qu’on peut penser dans la haine humaine. Un père vient de tuer son enfant à 10 km de Meaux, en le mettant nu dans le …

http://www.terrafemina.com/societe/buzz/articles/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un-lave-linge.html

2012 :

148 femmes tuées par leur conjoint en 2012 : les auteurs de …

leplus.nouvelobs.com/…/884263-148-femmes-tuees-par-leur-conjoint-en…

11 juin 2013 – LE PLUS. Un total de 174 personnes, dont 148 femmes, sont décédées en 2012, victimes de violences conjugales, a révélé un rapport du …

**

2013

 JANVIER :

une Bordelaise, mère de deux petites filles, est morte sous …

www.sudouest.fr/…/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7

 1 janv. 2013 – … mère de deux petites filles, est morte sous les coups de son conjoint. … Femme mortellement battue en Dordogne : le compagnon finalement …

http://www.sudouest.fr/2013/01/01/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7.php

 Indre-et-Loire : Un père tue ses deux enfants et se suicide

http://www.24matins.fr › Faits Divers › Suicide

6 janv. 2013 – En Indre et Loire, un double infanticide a eu lieu dans la journée de samedi. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père a tué ses deux …

FEVRIER :

Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son …

http://www.lavoixdunord.fr/…/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-do…

20 févr. 2013 – Une femme âgée d’une vingtaine d’années a été retrouvée morte à son … Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son conjoint …

http://www.lavoixdunord.fr/region/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-domicile-son-ia0b0n1045657

 

 

Ezanville : l’hommage à Amina, tuée par son mari

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

 Août :

Albi. Le père de famille incendiaire aurait tenté de tuer ses enfants

Publié le 23/08/2013 à 03:50, Mis à jour le 23/08/2013 à 10:18

Albi (81) – incendie à lapanouse

http://www.ladepeche.fr/article/2013/08/23/1694138-albi-pere-famille-aurait-tente-tuer-enfants.html

 OCTOBRE :

18 oct. 2013 – La jeune femme a été tuée à coups de pied et à coup de poing par son … Le mari a été mis en examen pour meurtre par conjoint et placé en …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/ezanville-l-hommage-a-amina-tuee-par-son-mari-18-10-2013-3238303.php

 NOVEMBRE :

 Domont : La femme battue par son mari est décédée

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

10 nov. 2013 – Isabelle, 45 ans, victime de violences conjugales à Domont le vendredi 1 er novembre, a succombé à ses blessures à l’hôpital Henri-Mondor …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/domont-la-femme-battue-par-son-mari-est-decedee-10-11-2013-3303065.php

 Un père tue ses deux enfants à Livron près de Valence

http://www.ledauphine.com/…/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-v…

16 nov. 2013 – Un homme aurait tué ses deux enfants (3 ans et 18 mois) par pendaison à Livron au sud de Valence. Il aurait ensuite essayé de se donner la …

http://www.ledauphine.com/drome/2013/11/16/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-valence-et-tente-de-se-suicider

 Enfant de 4 ans tué à Toulouse: son père l’a projeté …

http://www.lexpress.fr › Société › Fait Divers

25 nov. 2013 – Des témoins ont vu l’homme d’une quarantaine d’années projeter son fils de quatre ans à plusieurs reprises contre le sol, selon le procureur ..

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html

« Des témoins ont vu cet homme lancer le garçonnet une première fois d’un parking en surplomb attenant à son immeuble de Montaudran, un quartier résidentiel du sud-est de Toulouse. Il a rejoint son enfant en contrebas, s’est emparé du corps qu’il a projeté « à plusieurs reprises contre le sol, puis à plusieurs reprises contre un trottoir », a dit le magistrat lors d’une conférence de presse.

L’enfant serait tombé d’environ quatre mètres de haut sur le macadam donnant accès, en contrebas, à la partie du parking en sous-sol. Son père serait descendu, peut-être par la volée de marches longeant le parking, et aurait à nouveau projeté son fils au sol de sa hauteur.

Plusieurs voisins, alarmés par les cris de l’enfant alors que son père n’était pas encore passé à l’acte, avaient alerté les policiers

 En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html#kVmtsWp55HC5T7Q0. 

Violences conjugales : 121 femmes tuées sous les coups de …

 

http://www.francetvinfo.fr › France

 

7 mai 2014 – Cent vingt et une femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2013, selon une étude parue le 6 mai 2014. Elles étaient 148 en 2012 …

 

2014 :

JANVIER :

 Un père se tue avec son enfant en sautant par la fenêtre …

http://www.francebleu.fr/…/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenet…

4 janv. 2014 – Drame familial dans la Côte d’Or : un jeune père de famille a sauté par la fenêtre avec son fils de trois ans après avoir mis le feu aux vêtements …

http://www.francebleu.fr/faits-divers/incendie/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenetre-avec-son-enfant-1157794

« Ce drame en côte d’Or : un homme est mort après s’être défenestré avec son enfant de trois ans dans les bras, vendredi soir à Chenôve. Un drame de la séparation : le jeune homme âgé de 25 ans a mis le feu aux vêtements de sa compagne, dans son logement situé au 9ème étage d’un immeuble.

Il a ensuite sauté par la fenêtre avec son petit garçon de trois ans dans les bras.  Une chute de 35 mètres de haut. Tous les deux sont morts, le père sur le coup, l’enfant lui a succombé à ses blessures dans la soirée à l’höpital de Dijon. La jeune femme souffre de graves brûlures, elle est hospitalisé à Lyon. »

 FEVRIER :

10 fév: Un père de famille tue sa compagne et son fils, âgé d’une dizaine … dans leur maison de Mercenac, près de Saint-Girons (Ariège).

 14 févr. 2014 – Ce vendredi vers 18h, la gérante d’un bar du 17e arrondissement de Paris a été tuée par son mari. Il est entré armé et a tiré trois fois sur lelle.

http://www.franceinfo.fr/faits-divers/actu/article/paris-un-homme-tue-sa-femme-dans-un-bar-321239

 

Mort de Yanis : le père avoue avoir tué son enfant – Radio …

https://www.radioscoop.com/infos.php?id=88914

20 févr. 2014 – Le père du petit Yanis, 3 ans, a avoué avoir tué son fils dans son pavillon de Longues, sur la commune de Vic-le-Comte.

 MARS :

. Morte d’un coup de couteau à Caen, son conjoint mis en …

http://www.libertebonhomme.fr › Actualité

6 mars 2014 – Une femme de 26 ans est décédée d’un coup de couteau, rue Basse à Caen, lundi. Son conjoint de 33 ans a été mis en examen hier soir et placé en détention .

http://www.libertebonhomme.fr/2014/03/06/morte-dun-coup-de-couteau-a-caen-son-conjoint-mis-en-examen-pour-meurtre/

 Une femme tuée à coups de couteau par son mari qui tente …

http://www.rtl.fr › Actu

17 mars 2014 – Une femme a été tuée par son mari à Bissey-sous-Cruchaud (Saône-et-Loire). Ce dernier aurait ensuite tenté de se suicider. Il est acuellement dans un état …

http://www.rtl.fr/actu/une-femme-tuee-a-coups-de-couteau-par-son-mari-qui-tente-ensuite-de-se-tuer-7770537437

 Publié le Jeudi 27 Mars 2014 à 23h11

Actualité > Faits divers

Drame familial à Nice: un père tue ses deux enfants et tente de se suicider (vidéo)

 Deux enfants de 2 et 5 ans ont été retrouvés morts à leur domicile de Nice, ce jeudi en fin de journée, près de leur père blessé par arme blanche

http://www.sudinfo.be/971632/article/actualite/faits-divers/2014-03-27/drame-familial-a-nice-un-pere-tue-ses-deux-enfants-et-tente-de-se-suicider-vide

 AVRIL :

 Un drame épouvantable s’est produit dans le bungalow d’un camping à Sevrier, sur les bords du lac d’Annecy. Un père y a tué sa fillette de deux ans, par dépit alors qu’il supportait mal la séparation avec son épouse.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 avril ou dans la journée du 17 avril.

http://www.lasavoie.fr/Actualite/Albertville/2014/04/24/article_drame_familial_a_bourg_saint_maurice_un.shtml#.U9LBW_l_sRE

« Après avoir enlevé la vie à sa fillette (des traces de sang ont été retrouvées dans le bungalow, elle aurait été poignardée), il a roulé jusqu’à l’Arbresle, commune à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon, dans le Rhône. Là, il s’est pendu à un arbre à côté de son véhicule.

Le corps de son enfant a été retrouvé à côté de lui, vendredi 18 avril (sa disparition, ainsi que celle de l’enfant, avaient été signalées la veille aux autorités). Le père de famille a également laissé une lettre, dans la voiture, expliquant les raisons de son geste.

Le parquet d’Annecy évoque, par la voix du procureur Eric Maillaud un « drame familial ». La justice attend désormais les résultats de l’autopsie du corps de la fillette. »

MAI :

Pas-de-Calais : un père tue ses enfants et se suicide – 17/05 …

http://www.leparisien.fr › Nord-Pas-de-Calais

17 mai 2014 – Un père et ses deux enfants ont été retrouvés morts samedi dans une maison de Béthune (Pas-de-Calais), dans ce qui semble s’apparenter à …

http://www.leparisien.fr/nord-pas-de-calais/pas-de-calais-un-pere-tue-ses-enfants-et-se-suicide-17-05-2014-3849179.php

JUIN :

Un père aurait tué son enfant avant de s’immoler par le feu …

http://www.europe1.fr › Infos › Faits divers

7 juin 2014 – Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans les Landes.

http://www.europe1.fr/Faits-divers/Un-pere-aurait-tue-son-enfant-avant-de-s-immoler-par-le-feu-2145441/

« Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans un village des Landes.

 Il dit ses « adieux » dans une lettre. C’est la mère, à son retour du travail, qui aurait découvert un mot laissé par le père. Ce dernier disait simplement « Adieu » et indiquait que leur petit garçon était mort à l’étage, a précisé le quotidien Sud Ouest qui a révélé l’information. Selon le parquet, des traces de strangulation ont été relevées sur l’enfant ainsi que des coups de couteau sous formes de « piques ». »

Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse …

http://www.liberation.fr › Société

26 juin 2014 – Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse son fils … Camus, une riveraine rencontrée en compagnie de ses enfants.

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/26/drame-familial-presume-dans-l-eure-trois-morts-deux-blesses-graves_1051142

« Dans la salle à manger, ils découvrent d’abord la mère, âgée de 36 ans, sans profession, tuée par une arme blanche non encore identifiée. Puis, dans la chambre parentale, ils tombent sur le père couché sur deux petites filles, âgées de 5 et 11 ans, également sans vie. Le meurtrier présumé, qui les enserre, est vivant et ne souffre que de blessures ne mettant pas sa vie en danger.

 

Dans la salle de bain, ultime scène d’horreur. Le fils adolescent gît dans son sang, souffrant d’une grave blessure à l’abdomen. »

http://www.leparisien.fr/picardie/aisne-il-tue-sa-femme-a-coups-de-marteau-apres-une-dispute-28-06-2014-3960985.php

 Aisne : il tue sa femme à coups de marteau après une dispute

http://www.leparisien.fr › Picardie

28 juin 2014 – Une femme est morte étranglée et battue à coups de marteau dans la … mais où..? les faits divers où le mari retrouve sa femme et la tue .. on ..

Drame de la séparation à Metz : le mari tue sa femme et se …

http://www.estrepublicain.fr › Actualité › A la Une

29 juin 2014 – Dimanche matin, il a été rendre visite à sa femme, qui était en train de s’installer dans un nouvel appartement avec leurs deux enfants de 12 et .

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/06/29/drame-de-la-separation-a-metz-le-mari-tue-sa-femme-et-se-suicide

 

JUILLET :

 

7 juillet 2014 à 13:24

Drôme: sa femme retrouvée morte dans son lit, le mari déféré au parquet

Une enseignante de 49 ans a été retrouvée morte à la suite de coups samedi matin, à son domicile près de Romans (Drôme), et son mari, placé en garde à vue, devait être déféré lundi au parquet.

http://grenoble.ville.orange.fr/actu/region/drome-sa-femme-retrouvee-morte-dans-son-lit-le-mari-defere-au-parquet-85717.html

 

 info : Val-de-Marne: le mari suspecté d’avoir tué sa femme et …(EGORGÉ…)

rmc.bfmtv.com/…/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfant…

Il y a 4 jours – Le mari de la femme enceinte tuée avec ses deux enfants vendredi soir au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), principal suspect dans cette ..

http://rmc.bfmtv.com/info/634781/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfants-sest-rendu/

 

Le « récap » d’Orange : en oublie beaucoup…

http://actu.orange.fr/une/les-principaux-drames-familiaux-ces-dernieres-annees-afp_CNT0000003b1oH.html

 

Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm.

Three women seen from behind, collage de Lud Van Vorstenbosh
« It started off when I saw the beauty of the colour and structure of those rusty, crushed drink cans that you find littering the streets. So I picked up a few to do something with them one day, as a change from my usual work as a sculptress. Besides cans I now pick up many other sorts of ‘old iron’. Almost anything can turn out useful. Especially bicycles lose lots of interesting parts in the street. The metal trays I use as a background or basis for my collages are bought in jumble sales and flea markets. I prefer making figures and heads and in this I feel akin to Giuseppe Archimboldo, a 16th century Italian painter whose heads are composed of fruit, vegetables, flowers and fish. »

Nos voisins, ces inconnus : la famille Klemm.

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À quelques encablures de la France, superbement ignorés par un certain obscurantisme franco-français et même par les lumières d’expositions récentes, notre voisine outre-rhénane recèle de véritables trésors artistiques…

Qui connaît, par exemple, la remarquable famille Klemm ?

En premier, je demande le père : Fritz Klemm, né le 14 août 1902 à Mannheim, mort le 17 mai 1990 à Karlsruhe, était un peintre reconnu, maintes fois primé, non seulement par la Croix du Mérite, mais dans d’innombrables expositions :

http://de.wikipedia.org/wiki/Fritz_Klemm#Preise_und_Ehrungen

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Professeur à l’académie des Beaux-Arts de Karlsruhe, il s’est notamment distingué par une technique très maîtrisée de la peinture « Caparol », permettant une plasticité remarquable de la texture et une « patte » très assurée. L’exposition de la galerie Baumgarten, en 1996, avait ainsi repris dans son catalogue les œuvres premières de l’artiste, mais aussi ses derniers « murs », représentant les établis du peintre, dont les monochromies ne sont pas sans rappeler les « noirs » de Soulage…

Fritz Klemm, Die Wand, um 1972, Mischtechnik/Papier 65 x 50 cm
Fritz Klemm, Die Wand, um 1972, Mischtechnik/Papier 65 x 50 cm

http://www.bildkunst.uni-freiburg.de/bildkunst/AUSSTELL/GALERIEN/BAUMGART/aktbild.htm

« Je suis le matériau de base sur lequel je travaille », affirmait l’artiste, qui a aussi résumé son œuvre dans une interview conduite par Gert Reising en 1989 :

« Mon réalisme non seulement me fonde,  mais je le considère comme ma vision du monde. Là, je suis plutôt proche de Menzel ou de Pissaro. Cependant, l’essentiel n’est pas d’avoir un style. Mon réalisme se rapproche de la pensée de Schopenhauer: ancré dans la clarté, sec dans la réalisation, lapidaire dans la formule : vous savez comme il est pour moi difficile de faire ceci avec une légèreté enfantine. »

(« Aber mein Realismus bildet nicht nur ab, ich meine ihn als Weltsicht. Da bin ich eher Menzel oder Pissaro nahe. Mir geht es aber nicht um einen Stil. Mein Realismus ist Schopenhauers Denken nahe: fest in der Anschaulichkeit, trocken in der Durchführung, lapidar in der Aussage: Sie wissen, wie schwer es mir fällt, dies spielerisch leicht zu machen.»)

Une césure très nette se fera sentir lors de l’abandon de la chaire professionnelle de l’artiste, qui travaillera non plus dans les locaux de l’académie de peinture, mais dans un modeste atelier donnant sur un paysage urbain. Il peindra dès lors une sorte de monochromie thématique autour du « mur », exprimant l’environnement bétonné qui l’entoure sous une incroyable richesse de traits et de lignes géométriques.

https://www.zeitkunstverlag.de/wp-content/uploads/wpsc/downloadables/kuenstler-2007-03-077-klemm-fritz.pdf

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L’artiste croqué par sa fille, la photographe Barbara Klemm

En deuxième, je demande une des filles parmi les six enfants du peintre et de son épouse, la comtesse Antonia de Westphalie, une artiste, elle aussi, dont les délicates esquisses se sont perdues au fil des maternités, disparue  un an avant son époux. Barbara Klemm, la deuxième fille du couple, s’est distinguée par une brillante carrière de photographe de presse.

http://de.wikipedia.org/wiki/Barbara_Klemm

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http://www.vivreaberlin.com/4435,barbara-klemm-ou-le-gout-du-detail-intime-parmi-la-foule.html

La journaliste de talent a travaillé au grand quotidien FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, des années soixante-dix jusqu’en 2005, se distinguant par un style bien particulier de portraits et de paysages dont certains font partie intégrante de la mémoire de la République Fédérale…Elle a croqué plus d’une fois Willy Brandt, Helmut Schmidt ou Leonid Brejnev, et ses images ont remporté de nombreux prix lors de multiples expositions, comme le prix Erich-Solomon ou le prestigieux prix Max Beckmann, qui couronne des réussites exceptionnelles dans les domaines des arts.

http://www.art-magazin.de/blog/2009/12/23/kam-sah-siegte-barbara-klemm/

Au Louvre, Barbara Klemm
Au Louvre, photo Barbara Klemm

Enfin, last but not least, venons-en à une autre fille du couple, Ludvine van Vorstenbosch, dite Lud, qui se trouve être l’une des artistes plasticiennes les plus remarquables de sa génération, et, accessoirement, ma marraine ! Car la meilleure amie de ma maman, au lieu de suivre un français vers un sud ensoleillé, a, dans les années soixante, épousé un néerlandais et a donc installé son atelier à Utrecht, aux Pays-Bas.

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Bronze

C’est là qu’elle s’adonne à ses collages et bronzes, alliant l’infime et le monumental, puisant dans son souffle artistique ses idées transversales pour mouler les forces ou assembler les tendresses.

http://www.ludvanvorstenbosch.nl/estartlvv.html

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Ludvine a exposé aux Pays-Bas, en Allemagne et en France  et est membre de l’Académie des Beaux-Arts de Utrecht. Elle a aussi été mon modèle : celui d’une femme alliant maternité et création, très tôt investie dans l’écologie et les médecines alternatives. Elle a un merveilleux sourire et une énergie à toute épreuve.

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C’est aujourd’hui son anniversaire : alles Gute zum Geburtstag, Marraine !

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Comme de longs échos qui de loin se confondent…PAIX!!!

Comme de longs échos qui de loin se confondent…

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Elle s’arrêta un instant pour observer le ciel, ce ciel d’automne aux couleurs mordorées. Elle ne put s’empêcher de le photographier avec le vieil appareil que Malik lui avait offert pour ses 17 ans. L’horizon était immense, et lui rappelait les cieux de son Sahara, lorsque les sables et les vents tourbillonnaient au rythme de la vie. Mais surtout, il évoquait en elle ces vers que son professeur de lettres lui avait demandé d’apprendre pour le premier exposé de son année d’hypokhâgne :

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,

Qui chantent les transports de l’esprit et des sens…

Aïcha adorait Baudelaire, la délicatesse de ses mots alliée à la puissance de son esprit. L’infini, voilà ce qui lui manquait tellement, à la cité, lorsqu’elle se heurtait en permanence à l’hostilité d’un quotidien étriqué par la précarité. Et l’étroitesse d’esprit qui régnait dans cette population qu’Aïcha, pourtant, portait dans son cœur, lui rongeait les sangs. Elle détestait les regards obliques et prédateurs des garçons lorsqu’elle se rendait en cours vêtue « à l’occidentale », toujours très sagement, afin de ne pas attiser les provocations ; elle attendait toujours d’avoir atteint la place Saint-Sernin, essoufflée par sa course matinale entre ses deux correspondances, pour ourler ses yeux de khôl et pour peindre sa bouche aux couleurs de son humeur. Au lycée, elle était libre. Elle existait entièrement.

Soudain, l’annonce automatisée de la SNCF la tira de sa rêverie. Elle regretta aussitôt d’avoir pris cette photo, et se mit à courir pour descendre vers le souterrain et tenter d’attraper la dernière navette vers Colomiers. Mais en remontant vers la voie, hors d’haleine, elle vit les portes de fermer et la machine s’éloigner. Elle sourit, dépitée, et remonta lentement vers la salle des pas perdus de la petite station de banlieue, fouillant déjà dans son sac pour en extirper le gros trieur de philo. Tant pis, elle s’avancerait dans la dissertation sur le bonheur.

C’est alors qu’elle l’aperçut. Il était assis sur l’un des bancs de la placette, lisant, malgré l’obscurité qui envahissait la gare, un gros livre qu’Aïcha reconnut immédiatement. Cette édition ressemblait en tous points à celle qu’elle avait presque toujours dans son sac, écornée, un peu jaunie, les pages presque vivantes d’avoir été relues mille fois. Elle pouvait presqu’en sentir le parfum, cette odeur caractéristique des livres de poche, qui lui faisait parfois tourner la tête de joie. Ce parfum-là, pour Aïcha, avait l’odeur de l’indépendance et du secret ; il symbolisait sa révolte sourde contre sa condition, contre la fatalité qui aurait voulu qu’elle arrête ses études à la fin du collège, ou qu’elle prenne une des voies professionnelles où tant de jeunes filles des « Quartiers » étaient enfermées, comme dans une nouvelle prison faisant écho à la ghettoïsation de leur cité.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

-Et d’autres, corrompus, riches et triomphants…

Le jeune homme leva la tête et lui sourit, refermant Les Fleurs du mal, et se leva très vite.

–          Vous voulez vous assoir ? Je vous en prie, ma correspondance va arriver, je n’ai même pas le temps de lire la fin de mon poème !

Aïcha éclata de rire, toute à l’allégresse de cette rencontre inattendue.

–          Lequel lisiez-vous ? Je les connais tous par cœur, je vais vous en réciter la fin ! Mais d’où sortez-vous ? J’ai l’impression de faire une rencontre du troisième type…Ce n’est vraiment pas courant de croiser sur ce quai des garçons qui lisent de la poésie, vous savez…Même les slameurs ne se risquent pas chez nous, nous sommes la frange dure de la ville rose !

–          J’arrive tout droit de Tel Aviv, je viens faire une conférence au centre culturel juif, sur la poésie israélienne, justement, répondit le jeune homme en souriant. Je suis doctorant et j’ai obtenu une bourse d’études pour Paris, mais je voulais faire cette étape à Toulouse, entre autres aussi pour rencontrer la famille de la petite Myriam…Et vous, vous êtes étudiante aussi ?

Aïcha avait pudiquement détourné le regard à l’annonce du prénom de la fillette assassinée quelques mois auparavant à l’école juive de Toulouse. Elle soupira et croisa à nouveau les magnifiques yeux verts de l’inconnu qui pourtant, étrangement, lui paraissait si proche.

–          Je suis seulement en hypokhâgne, cela correspond à la première année d’études, et je voudrais faire un master de littérature, puis enseigner à l’étranger, ou travailler dans l’alphabétisation. Et je ne devrais même pas vous parler, vous savez…Mes frères seraient fous s’ils me voyaient discuter avec un…feuj, ajouta-t-elle en souriant d’un air de défi.

–          Je m’appelle Dov, et je suis surtout un amoureux de la culture française et de ses lumières, répondit le jeune homme en cherchant un stylo dans son cartable. Vite, donnez-moi votre nom et votre mail, je me suis fait voler mon portable à Marseille, mais je vais noter vos coordonnées et je vous rappellerai ou vous écrirai, promis ! On se fiche bien de ce que pensent les autres, non ? Je vous trouve merveilleusement belle…et je ne laisserai pas une inconnue qui récite Baudelaire par cœur s’évaporer dans la nature, termina-t-il en regardant Aïcha droit dans les yeux, la faisant craquer avec son imperceptible accent.

Puis il partit en courant, serrant le petit papier dans sa main, non sans avoir délicatement embrassé la jeune fille sur les deux joues, comme on embrasse une enfant sage, en lui murmurant un vers qui parlait de « parfums frais comme des chairs d’enfants… »

 

Aïcha rentra dans sa cité sur un petit nuage, et s’enferma très vite dans la chambre qu’elle partageait avec ses deux petites sœurs, prétextant du travail, mais allant longuement sur google pour faire des recherches au sujet de  Dov.

Le jeune étudiant occupait déjà de nombreuses pages sur le net, et Aïcha passa une partie de la nuit à lire des articles sur divers auteurs qu’elle ne connaissait pas, ou très peu. Dov avait consacré un mémoire de littérature comparée à une grande poétesse iranienne, Forough Farrokzhad, et à une poétesse juive de la Shoah, Rose Ausländer, et la jeune étudiante eut les larmes aux yeux en voyant les incroyables correspondances entre leurs mots croisés, au-delà des conflits qui agitaient les peuples…

گامی ست پیش از گامی دیگر C’est le pas, puis le pas suivant,

که جاده را بیدار می کند. Qui fait s’éveiller le chemin

تداومی ست که زمان مرا می سازد Notre temps se tisse d’un fil continu

لحظه هائی ست که عمر مرا سرشار میکند. Ce sont les instants qui saturent nos existences.

Car ces vers de la « Ballade des saluts et des adieux » de la poétesse iranienne correspondaient si bien au « cheminement séculaire du mot au mot » de la poétesse de la Bucovine et à son :

pas de rêve que

nous rêvions ensemble

à hauteur d’ombre,

qu’Aïcha se prit à rêver, elle aussi, en découvrant « Ou alors », ce poème de Rose Ausländer. À rêver d’un monde où les jeunes filles « rebeu » auraient le droit de lier amitié avec des jeunes « feujs », à rêver que la poésie sauverait le monde…Il lui semblait que les vers des deux écrivaines étaient « comme de longs échos qui de loin se confondent »…C’est à ce moment-là que sa mère se mit à hurler dans la pièce voisine.

Aïcha se précipita dans le salon et prit le téléphone tombé par terre, tandis que Malik tentait de calmer leur mère, effondrée. Elle entendit d’autres hurlements dans le combiné, et des pleurs, et finit par reconnaître la voix de sa cousine. Une roquette venait de tomber sur la maison de sa tante maternelle, Fatima, une infirmière qui avait épousé un médecin palestinien. Ils vivaient et travaillaient à Gaza. Fatima était morte, ainsi que Rachid et Zohra, les jumeaux de cinq ans. L’oncle Ahmed prit ensuite le relai, en pleurs, lui aussi, expliquant que ce mois de novembre 2012 était terrible, et que leur famille était gravement touchée. Il demanda à Aïcha d’essayer d’organiser l’évacuation de sa cousine et du petit Khaled, le bébé de six mois, blessé à la tête. Puis la communication fut interrompue, et un silence assourdissant régna dans l’appartement.

Tremblante, Aïcha repartit dans sa chambre. Elle déchira rageusement le papier donné par Dov, brûlant d’envie de jeter son ordinateur, celui que le Conseil Régional avait financé en partie, par la fenêtre de leur quinzième étage. Elle hurlait intérieurement, prise d’une colère irrépressible envers le peuple juif qui bombardait les siens, et désespérée à l’idée de son impuissance. Que n’avait-elle pas commencé médecine, elle aurait pu partir comme volontaire internationale, être utile…A quoi bon tous ces mots, ces rêves, ces poèmes ? Le monde devenait fou, les peuples, encore et toujours, se déchiraient dans un massacre des innocents toujours renouvelé…

Son portable vibra. C’était un texto, un numéro inconnu. Pensant qu’il s’agissait peut-être d’un de ses cousins installés en banlieue parisienne, elle ouvrit le message.

–          Aïcha, c Dov. Roket tombé immeuble parents Tel Aviv. Ma sœur et ma mère très touchées. Je rentr 2min. Ne tombons pas ds ce piège, ds haine. Leilatov, bn nuit.

Sa colère retomba, aussi soudainement qu’elle l’avait envahie. Bien sûr. La souffrance n’était pas l’apanage d’un seul peuple. Un instant, la haine l’avait aveuglée, et la soif de vengeance avait effacé en quelques secondes la paix et l’espérance qu’elle venait pourtant de ressentir en découvrant les correspondances émotionnelles de ces poétesses…Elle devait se ressaisir, elle le devait à la mémoire de sa tante, une femme courageuse et engagée, et elle le devait à la mémoire de tous ces autres morts, des morts de la Shoah, que son propre peuple conspuait si souvent, malgré les atrocités du passé.

Elle sourit, à nouveau, en relisant le SMS où des phrases entières se mêlaient maladroitement au langage « texto ». Une idée folle lui vint. Mais oui, bien entendu, cette rencontre n’était pas anodine. Dov allait peut-être pouvoir l’aider à faire évacuer ses cousins de la bande de Gaza.

 

Les semaines suivantes passèrent très vite. Entre son travail acharné en prépa et les nuits sans sommeil où elle échangeait de longs mails avec Dov, Aïcha grandit, sortit soudain de l’enfance et des rêves. Elle se battait comme une lionne, sur tous les fronts, voulant prouver à ses professeurs qu’elle méritait de réussir, au même titre que ses camarades issus des beaux quartiers, et fomentant ce projet d’évacuation du petit Khaled et de sa grande sœur. Elle projetait de partir elle-même les chercher, en janvier, lorsqu’elle serait majeure. Elle avait déjà organisé une collecte au lycée pour financer son voyage, et elle regardait avec inquiétude les flashs d’informations sur les chaînes françaises et arabes, se demandant si l’escalade du conflit judéo-palestinien plongerait le monde dans l’obscurité, et si elle pourrait aller au bout de son projet.

Et elle était tombée très, très amoureuse de Dov. La rencontre sur un vers de Baudelaire avait débouché sur le réel, et ces chiasmes multiples confortaient la jeune femme dans son idée que la littérature, malgré tout, et l’art en général, la culture, leurs lumières, pouvaient rapprocher les hommes…Car Dov et Aïcha ne pouvaient plus se quitter. Le jeune doctorant, lui aussi, était fou de celle qu’il nommait sa « gazelle ». Leurs journées tournaient autour de leurs multiples correspondances, ils échangeaient des dizaines de mails, de SMS, de lettres, même, que la jeune étudiante se faisait envoyer au lycée, afin que sa famille ne découvre rien de ces liens interdits…Leurs peuples étaient ennemis, mais leurs esprits étaient jumeaux, et leurs cœurs ne formaient plus qu’un.

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Le trois janvier 2013, jour de son anniversaire, Aïcha rentra à la maison avec son passeport, son visa, et son billet pour Israël. C’est en mangeant le délicieux gâteau d’anniversaire à la semoule et eu miel préparé par sa maman, encore très affectée par le décès de sa sœur, mais pleine d’affection pour sa fille aînée, qu’Aïcha annonça à sa famille qu’elle s’envolerait en fin de semaine vers Tel Aviv, et que l’évacuation de ses deux cousins avait été préparée avec son oncle et « un ami israélien ».

–          Mais ma fille, tu es folle, majnouna ! Qu’est-ce-que c’est que cette histoire ? Et tes cours ? Et avec quel argent as-tu préparé toute cette aventure ?

–          Et il n’est pas question que tu partes seule, gronda Malik d’une voix menaçante.

–          Oh si, frérot, je pars. Et puis là-bas, je ne serai pas seule. Je serai logée dans la famille de mon ami, ses parents sont professeurs de français, enfin son père, parce que sa mère est morte le mois dernier, après un tir de roquette…Malgré ce deuil, ils ont accepté de nous aider, et oncle Ahmed a déjà tout préparé : je récupèrerai nos cousins au point de passage de Gaza, je serai escortée, tout est arrangé au niveau des autorités, et mon professeur de philo, dont la femme travaille dans le service de neurologie enfantine de Purpan, a organisé l’hospitalisation du petit. Faites-moi confiance. Je vous en prie. Et pour mes cours, tout est arrangé ; mes camarades et mes profs m’aideront à rattraper cette semaine perdue.

La mère d’Aïcha se leva et serra sa fille dans ses bras, en larmes, tandis que ses frères se regardaient, abasourdis. Et muets. Que dire devant tant de détermination ? Puis soudain, la petite sœur de dix ans arriva de sa chambre avec un immense dessin représentant un soleil et un cœur. Tout le monde se mit à parler en même temps, à féliciter Aïcha pour son courage, et Malik mit la chanson « Aïcha » à fond sur son mp3 en faisant tournoyer sa sœur, tandis que leur mère téléphonait à toute la famille pour annoncer la bonne nouvelle.

 

Le six janvier, vers midi, une belle jeune femme posa le pied en terre d’Israël. Très émue, Aïcha souriait en découvrant la lumière de ce pays que des frères se disputaient et partageaient depuis la nuit des temps. Comme à son habitude, elle s’arrêta pour prendre des photos, pour s’imprégner de ces parfums nouveaux, et sortit de l’aéroport juste pour voir le bus s’éloigner…Et voilà ! Elle avait encore raté sa correspondance ! Elle maugréa intérieurement, se demandant comment elle arrivait à organiser une évacuation internationale tout en étant aussi étourdie dès qu’il s’agissait de prendre un transport en commun…Elle s’apprêtait à appeler Dov, qui était spécialement déjà au lieu de rendez-vous afin d’organiser les formalités administratives, quand un mouvement de panique fit refluer les voyageurs vers l’aéroport. Une hôtesse lui expliqua en anglais qu’une bombe venait de déchiqueter un bus venant de l’aéroport. Aïcha blêmit. À quelques secondes près, elle venait de frôler la mort.

La nouvelle de l’attentat s’était répandue comme une traînée de poudre. Dov, en grandes parlementations avec les autorités, reçut un texto de son père, lui demandant de se rendre au plus vite sur la route venant de l’aéroport. Au vu de l’horaire d’arrivée d’Aïcha, il craignait que la jeune fille ne se soit trouvée dans ce bus. Dov poussa un long hurlement de bête blessée et expliqua au soldat de la patrouille de frontière qu’il reviendrait plus tard. Il se mit à courir, de toutes ses forces, tout en essayant d’appeler sa bien-aimée. Mais les lignes étaient saturées.

Quelques minutes plus tard, le jeune homme descendit de sa voiture. Il profita de son laisser-passer pour fendre la foule, et arriva sur la scène de l’attentat. C’était atroce. Les corps déchiquetés jonchaient la chaussée éventrée, des hommes en costumes religieux côtoyaient les secouristes, papillotes et kipas se mêlaient aux blouses blanches déjà maculées de rouge. Le silence, voilà ce qui était le plus impressionnant, le silence de la mort, tranchant avec les hurlements des sirènes. Seul un enfant, miraculeusement épargné par le carnage, pleurait en appelant sa mère.

Un médecin expliqua à Dov que c’était le seul survivant du massacre. La déflagration avait été telle qu’un immeuble voisin avait été presque soufflé. Les trente occupants du bus étaient tous morts, ainsi que la jeune kamikaze palestinienne.

Le jeune homme s’éloigna en titubant en direction de l’aéroport. Il allait essayer de contacter les autorités consulaires. Des larmes coulaient sur son visage, tandis qu’il marchait, hébété devant ce nouveau deuil qui le frappait, si peu de temps après la perte de sa mère, si peu de temps avant ce qu’il avait pensé être le bonheur. Aïcha, sa gazelle, si forte, si courageuse, si proche de son but et de leur amour…

–          Dov ! Dov, ne pleure pas ! Dov !

Il leva les yeux. Non loin de lui, sur le trottoir d’en face, dans la lumière merveilleuse du midi, se tenait une belle jeune femme, une valise à la main. Elle souriait et pleurait à la fois, et elle lui cria qu’elle avait raté sa correspondance, qu’elle était tellement désolée de ce nouvel attentat, et de la peur qu’il avait eue.

Et elle lui cria qu’elle l’aimait, qu’elle ne voulait plus jamais le quitter.

–          Dov, habibi, promets-le moi. Promets-moi que nous serons heureux…

Quel étrange couple ils formaient, les amoureux de l’aéroport, soudain indifférents au regard des passants, au bruit et la fureur de ce jour de guerre, figés en un seul corps de tendresse, vivants piliers se murmurant des mots d’amour, vivants symboles d’une réconciliation possible…

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers…

 

Quelques mois plus tard, toute la famille d’Aïcha était réunie pour la sortie de l’hôpital du petit Khaled, à présent entièrement rétabli, et pour l’annonce des résultats de fin d’année de la jeune fille. Ils étaient tous là, même les cousins de Paris étaient descendus, et ils attendaient Aïcha, attablés au café Saint-Sernin. Le parfum des tilleuls embaumait l’air de mai, les premières hirondelles tournoyaient follement dans le ciel toulousain. Malik était en grande conversation avec le père de Dov, mais aucune animosité n’agitait la tablée. Les cousins couraient autour de la basilique, et la maman d’Aïcha parlait des fiançailles des deux amoureux avec Esther, la sœur de Dov, entièrement rétablie, elle aussi.

–          Maman, ça y est ! Je suis reçue à Henri IV, je peux partir à Paris pour faire ma khâgne !

Rayonnante, tenant Dov par la main, Aïcha marchait fièrement vers sa mère, plus belle que jamais. Le jeune homme souriait, lui aussi, et l’embrassa à pleine bouche sous les youyous de la famille. Puis il sortit un livre de son veston, et debout, face au clocher de la plus grande basilique romane d’Europe et des millions de toits roses, il commença à lire le poème qui symbolisait l’improbable amour de leur rencontre interdite…

Aïcha en était à présent persuadée : la beauté sauverait le monde.

Correspondances

 

La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

 

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,

Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

 

Charles Baudelaire

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 http://pelerinageendecalage.com/

http://www.west-eastern-divan.org/

https://www.youtube.com/watch?v=81A53xtOWXA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne ferai pas les soldes…

Je ne ferai pas les soldes…

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La nausée, hier, en arrivant au centre-ville pour y retrouver fiston.
Pas une personne sans son petit sac cartonné à la main, et ces grappes humaines sans âme se pressant dans chaque boutique, chaque ruelle…Nul ne semble y échapper, on découvre toute une humanité bigarrée, qui d’ordinaire ne se croise jamais, ou si rarement : les grandes bourgeoises des beaux quartiers, leur emplettes griffées au bras, les jeunes des cités, traficotant déjà leur nouvel I Phone, de vieilles mamies qui, aujourd’hui, préfèrent, au cœur du Capitole, les Nouvelles Galeries à la castagne…

La nausée, sans trop savoir si je ressentais les premiers signes d’une agoraphobie, un sursaut identitaire altermondialiste et alternatif, ou simplement, et ce serait plus grave, une jalousie, une envie…

Et me souvenir de ce petit texte, somme toute indémodable, lui…

***

Résister.

Ne pas sortir.

Ne pas regarder, faire le singe aveugle.

Ouvrir nos placards.

On l’a déjà, le petit top noir brillant.

Ouvrir les armoires.

Ressortir les draps en lin blanc brodés, avec les initiales de nos arrières grands-parents, de mamie Marie-Louise.

Ils sont tout aussi jolis que la paire de draps tout juste sortie d’un atelier de Pékin qui nous tend ses beautés factices en mille rayons bigarrés.

Redécouvrir la simplicité du bois, des lignes d’épure. Admirer chaque objet de notre home, sweet home. S’arrêter un instant devant le vase chinois, la tapisserie de la licorne, le buddha. Les toucher, les yeux fermés.

Allumer la radio. Écouter la musique, beaucoup, souvent. Une heure de Virgin radio valent quatre séances de thérapie. On a 18 ans, on danse, on est heureux.

Demander à nos enfants comment ça marche, le téléchargement illégal-c’est quand même plus excitant, on ne va pas tout s’interdire non plus !!!

Sélectionner nos envies non plus selon les pochettes-nous qui regrettons encore les grands pochettes des vinyles (mais souvenez-vous comme c’était lourd, quand on déménageait !!!), mais en fonction des titres disponibles sur Deezer.

Aller à la bibliothèque.

D’accord, ce n’est pas là que nous rencontrerons l’homme-la femme de notre vie-moyenne d’âge, en deux tranches, 4/8 ans et 75/98 ans, selon les départements… (Quoique chez moi, la bibli ait eu la chouette idée des Book-Dating , mais je n’ai pas encore osé tester, au vu de la moyenne d’âge du café philo…)

Renoncer à flâner des heures dans les librairies. Ça, c’est sans doute le plus difficile. L’odeur du livre neuf, ce petit coup de cœur à la Delerm pour l’encre fraîche, ce plissé que nous déflorerions, les illustrations qui rivalisent de beauté ou d’audace…

Il faudra préférer le toucher usé et quelque peu collant des livres de prêt, cette couverture aussi impersonnelle que des verres de cantine, et cette idée que nous ne foulons pas une terra incognita.

Regarder dans notre bibliothèque. Se rendre compte qu’au fil des scolarités de nos enfants nous avons au moins quatre exemplaires de Phèdre et du Grand Meaulnes ! Les ouvrir. Ressentir cette pointe d’émotion lorsqu’Yvonne de Galais apparaît à Augustin, ou Hippolyte à Phèdre:

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue :

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue.

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler :

Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

S’asseoir dans le salon, si possible à même le sol. S’y sentir aussi bien que dans les rayons surchauffés de la Fnac. Prendre un petit quart d’heure et se persuader que, oui, tout a déjà été dit, écrit, pensé sur l’âme humaine, mais avoir néanmoins envie de continuer à jouer les défricheurs de terres et de mots.

Ouvrir le frigo. Se demander si il est vraiment nécessaire de ressortir pour aller dans une grande surface ou au discount. En imaginant d’heureux mariages gustatifs, il y a bien encore une semaine d’avance…Expliquer aux enfants comment mettre une barre de chocolat noir dans un quart de baguette, l’envelopper d’alu et le glisser dans le cartable, leur dire que ce sera aussi bon qu’une barre chocolatée.

Faire une citronnade. Chaude, brûlante, avec du miel, ou la servir frappée, avec des glaçons, et en humer chaque gorgée divinement acidulée.

Sortir, malgré tout. Se glisser dans une rue traversière. Atteindre la rivière, sans voir tous ces visages excités par les achats. Regarder le ciel. Y observer chaque nuage. Se pencher contre le tronc de ce saule noueux et le toucher, se faire pont entre l’eau, la terre et le ciel. Se mettre à courir. Peut-être va-t-il se mettre à pleuvoir, ce n’en sera que plus doux. Mais le soleil sera le bienvenu.

Vivre, tout simplement.

***

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Garder les yeux ouverts

 

 

Garder les yeux ouverts

Ne jamais toucher terre

Ne jamais renoncer

Toujours folies garder

Tu t’en souviendras bien

De ne pas t’immoler

Sur l’autel des médiocres

Et des compromissions

Je te veux révolté jusqu’à ton dernier souffle

Je te veux passionné et toujours des plus beaux

Tu ne t’occiras point en vile pacotille

Tu ne resteras pas au carrefour des gris

Toujours tu hanteras le cœur de mille filles

Je te veux fier et fort et toujours dans ma vie

Garder tes yeux ouverts

Voir le beau et la terre

Aimer l’art la passion

Les amours les maisons

Et reconstruire encore

Même après les tempêtes

Pour savoir redresser et ton âme et la tête

Hauts les cœurs mon amour

Je serai là toujours

Garder les yeux ouverts

Ne pas baisser les bras

Savoir que la lumière luit tout au fond des bois

Te faire feu follet

Et luciole aiguisée

Hanter les nuits toujours mais savoir éveiller

Des aubes aux crépuscules tous nos sens à aimer

Tu resteras celui qui veille et qui attise

Les feux dans l’âtre tendre malgré tourments et bises

Garder nos yeux ouverts

Nous comprendre sans voix

Etre là à l’instant traverser les immenses

Ne jamais se quitter se haïr se fêler

Nous serons immortels comme neige au sommet

Nos tendresses infinies nous vaudront mille transes

Garder les yeux ouverts

Etre celui qui lutte

Ne pas se contenter de palais ou de hutte

Faire ce long chemin

Avancer

Découvrir

Ne jamais vivre au coin d’un feu inachevé

Battre tant de campagnes

Que l’esprit devient fou

Nos châteaux en Espagne

N’appartiendront qu’à nous

Nous garder des malheurs

Toujours aimer la peur

Savoir que l’étincelle

Est ce qui nous distille

Je serai l’ambroisie de tes soirs enivrés

Et tu te feras miel au coin de bouche tendre

Je le dis je le hurle

A ceux qui veulent entendre

Aimons-nous

Soyons fous

Regardons-nous

Voyons-nous

Ne faiblis non jamais

Ne deviens pas médiocre

Ne te compromets pas

Reste le loup des steppes

Et garde au loin la horde

Des faibles et des gueux

Qui sèment les discordes

Que l’amour soit ton guide

Que la vie te soit force

Gardons les yeux ouverts

Aimons-nous en lumière

Que ça brûle en plein jour

Que l’infinie tendresse

Nous soit incandescence

Regardons nos soleils

Brûlons nos ailes immenses

Je nous veux en Icare

Toujours recommencés

Soyons ceux qui éveillent

Soyons monts et merveilles.

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Devenons les passeurs de lumière

Devenons les passeurs de lumière

 

Pourquoi ne pas croire aux miracles ? Osons, osons, avec les chrétiens du monde entier, nous réjouir de cette fête où un prophète et se disant fils de Dieu ressuscita d’entre les morts. Croyants et impies, athées et religieux, toute foi confondue, réjouissons-nous de ce moment qui peut devenir inspirant.

La nature nous donne l’exemple. En ce printemps, tout n’est qu’explosion de vie et d’allégresse…Les journées qui rallongent après les grisailles de l’hiver, les lilas et les roses, les nuées de pétales dont le duvet volète d’arbre en arbre quand les merles s’époumonent…Des sous-bois aux jardins, notre terre palpite, tout n’est qu’éclosion et renouveau.

Osons, nous aussi, cette espérance pascale. Ne baissons pas les bras dans la nuit qui gronde, malgré nos douleurs, nos peines, nos angoisses. Oui, le monde est fou, entre les dictateurs et les diktats, entre les massacres des Innocents syriens et les naufrages de centaines de lycéens coréens, entre les incendies qui dévorent Valparaiso et les avions fantômes, entre les injustices, les maladies, les scandales. Et puis nous la tuons, notre planète, notre trésor, nous en vilipendons les moindres recoins de paradis pour en faire vil usage, aveugles devant le précipice qui, béant, guette une humanité toute entière.

Mais nos rites religieux peuvent nous aider, malgré nos différences, à regarder la vie différemment et à tenter d’autres expériences…Les juifs viennent de fêter Pessah, leurs offrandes commémorant une autre espérance, « L’an prochain à Jérusalem » et la rédemption de l’Exode. Les chrétiens, eux, se réjouiront dimanche en se saluant du traditionnel « Il est ressuscité ». Même si nous ne partageons pas ces idées et ces traditions, nous pouvons, dans le monde entier, nous associer à ces partages, et à ces ancrages dans la renaissance et l’avenir.

Le bébé luttant pour son premier souffle de vie, le « pneuma », nous donne l’exemple : jusqu’au sourire rayonnant des « Seigneurs », ces aïeuls emplis de grâce malgré leurs vies de tourmentes, comme les Germaine Tillon qui sont revenues d’entre les morts de la Shoah, ou emplis de sagesse et d’intelligence, comme les Michel Serres, les Jean d’Ormesson, l’Homme lutte pour rester debout et pour croire à cette vie qui le porte…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Germaine_Tillion

Sachons, en cette veille de Pâques, reconnaître, nous aussi, le miracle de la vie. Il est là, partout, chez les puissants et les humbles, dans la larme de joie de la mère retrouvant son enfant sain et sauf après un naufrage en Corée, dans le tressautement de la paupière de « Schumi », dans l’annonce de la libération des journalistes en Syrie…

https://fr.news.yahoo.com/lib%C3%A9ration-des-quatre-journalistes-fran%C3%A7ais-otages-en-syrie-091602735.html

Jésus, disent les chrétiens, est sorti de son tombeau. Nos vies, si souvent, sont déjà de lugubres caveaux, lorsque nous étouffons sous la terre de nos soucis, lorsque le morne quotidien nous enterre vivants, lorsque peu à peu le silence se fait dans nos existences sans joie. Osons pousser les pierres, nous aussi, osons respirer enfin la vie qui est là, à nos côtés, cette vie que nous ne voyons plus, ne sentons plus, tant nous sommes engluées dans nos tristesses ou nos horreurs. Soyons la main tendue, le sourire offert, devenons les passeurs de lumière.

Il suffirait de peu pour que les femmes ne soient plus emmurées derrière les grilles de l’absurde, ni violées, éventrées, lapidées. Il suffirait de peu pour que la misère ne pousse plus des enfants innocents à se noyer en Méditerranées, pour que les frères ennemis du Moyen-Orient enterrent les siècles de guerre. Il suffirait de peu pour que nous arrêtions de souiller cette planète qui accueille nos passages et que nous transformons en poudrière et en enfer.

Nous ne pouvons rien contre le fatum, contre le destin qui fait chavirer les navires et trébucher les sportifs de haut niveau, aussi aguerris soient-ils. Mais nous, tous ensemble, nous, les frères et sœurs humains, nous devrions écouter l’espérance et commencer à nous relever, à sortir de nos tombeaux, et à partager nos espaces.

« Il est miraculeux qu’il reste la lumière. » Claude Vigée