Lettre ouverte à Madame la Garde des Sceaux

 Lettre ouverte à Madame la Garde des Sceaux

Madame la Garde des Sceaux, je suis très inquiète, et j’en appelle à votre lucidité, à votre clairvoyance, à votre bienveillance.

J’ai la sinistre impression que, dans cette affaire bi nationale, il y a deux poids et deux mesures…

Différend franco-allemand au sujet d’un enfant bi national (droit de visite et d’hébergement et pension alimentaire)

Madame la Ministre,

 

Professeur d’allemand d’origine allemande, fonctionnaire de la République depuis 1984, j’ai aussi passé l’écrit du concours interne de l’ENA en 2010 et de l’ENM de 2012, par conviction, par besoin de reconversion –nous n’avons plus d’élèves- et par passion. Je suis au service de mes élèves, de mon pays, de la République.

Récemment, je suis aussi intervenue plusieurs fois publiquement via mes écrits -écrivain du dimanche, je blogue au Monde et au Huffington Post-,  pour VOUS défendre lors des immondes attaques racistes à votre encontre, et au sujet de l’affaire Dieudonné.

Divorcée depuis 2008 d’un ressortissant allemand dont je suis séparée depuis 2003, j’ai vécu dix longues années d’un calvaire juridique et social, le divorce ayant traîné en longueur, mon ex-mari m’ayant laissé 50 000 euros de dettes (il était pasteur de l’ERF, puis de l’EPUB en Belgique, avait perdu deux fois son emploi avec interdiction de prêche nationale, puis dégradé un presbytère ; procès, dégringolade, 2 ans de chômage, jusqu’à cette séparation.). Je me suis battue, avec deux filles d’un premier lit, les ai amenées au bac et au brevet, ai repris mes études  (DEA sur la poésie de la Shoah, concours…), ai surmonté ces années grâce à mon obstination, ai réussi à obtenir de haute lutte un effacement des dettes, qui, jamais évoquées lors du divorce, étaient montées à 80 000 euros avec les frais de justice. À la juge qui m’avait dit (j’étais en CLD pour dépression) de me mettre en invalidité et de ne pas continuer à pousser mes filles vers les études, j’ai répondu « non ». Je refusais de payer pour un autre, et de faire payer mes enfants.

Je suis encore fichée, mais j’ai repris bien sûr mon travail, ai toujours fait face malgré un lourd accident de trajet l’an passé. À présent, c’est la pension alimentaire qui, depuis 2008, fait défaut. Notre fils adore son papa, je n’ai jamais, au grand jamais, noirci cet homme qui demeure le père de mon enfant, j’ai tenté de protéger celui-ci des noirceurs et manipulations en lui offrant, même au pire de notre situation, un quotidien décent : notre fils, 15 ans et demi, est un brillant élève, un garçon bien dans sa peau, qui va régulièrement voir sa famille allemande, qui a déjà de beaux projets professionnels. J’assure entièrement seule son quotidien ; chez son père, depuis 10 ans, il n’a ni chambre, ni lit, il dort dans le lit de son père qui dort dans la même pièce sur un canapé. Mais ce père lui offre de belles vacances, l’emmène à la mer, à l’étranger –ils sont allés, sans m’en informer, un mois entier en Lituanie…Et somme toute c’est bien ainsi, puisque de mon côté, malgré mes vacances d’enseignante, je n’ai pas emmené mon fils en vacances depuis des années…

Et alors que depuis QUATRE ans je tente de récupérer les 11 000 euros de pension, avec une inertie incroyable du MAE chargé du dossier et de l’Allemagne  qui n’a même pas encore terminé l’exéquatur de notre divorce-donc non reconnu…,- et malgré la condamnation ici au pénal de mon ex-mari pour abandon de famille, hier, mon fils et moi avons été auditionnés plusieurs heures, à la « demande de  la Chancellerie et de Monsieur le Procureur adjoint au TGI de Toulouse » , à la PJ, dans une affaire décrite comme « très urgente et venant d’en haut »…

Le père de mon fils a réussi par le biais du bureau d’entraide à faire bouger toute la machine judiciaire très rapidement, avec sa énième plainte mensongère pour non présentation d’enfant, dans un délire de manipulation incroyable, et on m’a même, tout en me servant du « rappel à la loi » pour deux plaintes qui ne sont que des dénonciations calomnieuses, demandé si « je ne privais pas mon fils de sa culture allemande »…Monsieur le Procureur adjoint, pourtant autrefois magistrat de liaison européen, n’a apparemment pas fait le lien avec les nombreux courriers que j’ai pourtant adressés au magistrat de liaison en poste à Berlin…

Madame la Garde des Sceaux, je suis très inquiète, et j’en appelle à votre lucidité, à votre clairvoyance, à votre bienveillance.

J’ai la sinistre impression que, dans cette affaire bi nationale, il y a deux poids et deux mesures.

En effet, d’un côté, il y a une maman qui est privée partiellement de pension alimentaire depuis 2008, et entièrement depuis décembre 2009. N’ayant pu, au plus fort du surendettement, faire appel à des avocats et à des huissiers allemands pour récupérer les sommes dues par mon ex-mari-employé comme traducteur civil par…l’Armée Française-, j’ai mandaté le Ministère des Affaires Étrangères en ce sens, en …juillet 2010. Trouvez-vous normal que nous en soyons encore au stade de l’exéquatur, alors que le divorce date de 2008 ? De plus, mon ex-mari vient de faire appel contre cette démarche…Je n’en ai été informée que parce que je me « bats » en tous sens, via des lettres ouvertes-Madame la Ministre du Droit des Femmes est au courant de mon dossier, de même que le Défenseur des Droits…-, et c’est l’ambassade de France à Berlin, et pas le MAE, qui m’a donné l’état de la situation, avant que je ne rédige une lettre d’explications au Ministère de la Justice allemand, en réponse au courrier du père de notre fils, courrier truffé de mensonges et d’inexactitudes, où il salit la justice française et prétend dépenser « 1000 euros par mois » pour notre fils tout en se plaignant de « ne jamais le voir ».

Nous en sommes là. Malgré mes lettres et courriers, voilà un dossier de pension alimentaire suite à un divorce français de 2008 non clos, notre divorce n’étant apparemment, avec une procédure en cours depuis juillet 2010, toujours pas homologué outre-Rhin ; donc pas d’exécution, donc pas de mesures conservatoires, donc pas de mise en paiement. J’ai toujours des difficultés de « parent isolé », j’ai aussi jusqu’à récemment aidé, du mieux que j’ai pu, l’une de mes grandes filles, tellement désolée de ne pas pouvoir faire plus. J’ai encore récemment sollicité l’aide sociale du rectorat en vain. Je gagne trop, Madame la Ministre, beaucoup trop, paraît-il.

Mais de l’autre côté, quand c’est l’Allemagne qui demande des comptes à la France, tout va beaucoup, beaucoup plus vite…

Voilà un père qui joue les martyrs et les victimes depuis des années, qui dépose plainte à tout bout de champ, par exemple lorsqu’Air France fait grève et que son fils part avec un jour de retard…Ses plaintes, 15, je crois, ont parfois été instruites. Et moi d’être longuement auditionnée, par exemple, en avril 2010, par la PJ de Auch, sommée de revenir sur les 7 ans passés, alors même que nous étions divorcés depuis deux ans. Combien de fois ai-je alerté vos services, TGI, bureau de Procureur…Combien d’audiences dans les tribunaux divers, entre le divorce et le surendettement, combien de temps passé dans les salles des pas perdus, et dans les commissariats ?

Voilà donc l’Allemagne, visiblement, et votre « bureau d’entraide internationale », alors même que le délit de non présentation d’enfant n’existe même pas outre-Rhin, qui exigent des comptes, et voilà que tout s’emballe, que je suis auditionnée en septembre, puis hier à nouveau, plusieurs heures, et, pire, notre fils, aussi, pour la deuxième fois –il avait déjà été entendu à Auch. On me rappelle à l’ordre, on me rappelle la Loi, et, surtout, on me pose d’étranges questions sur le fait que notre fils serait « privé de sa culture allemande ».

Tout cela, Madame la Garde des Sceaux, quand le père de mon fils dépose sciemment plainte alors même que ces plaintes ne sont que des « dénonciations calomnieuses » ! Il prétend « n’avoir vu son fils que deux fois sur cinq » en 2013. Déjà, notre jugement ( un JAF de 2010 dûment traduit et notifié, fait suite au divorce car le père harcelait le directeur du collège, lequel a exigé que je sois la seule responsable scolaire de l’enfant afin que je puisse réinscrire Sylvan après sa sixième…) ne prévoit pas de droit de visite et d’hébergement pour la Toussaint. Ensuite, le jugement prévoit que le père soit seul en charge des billets d’avions : à Pâques, il n’a PAS acheté de billets, exigeant que JE les paye, ce que je n’étais pas en état de faire ; de plus, notre fils a eu l’appendicite le premier avril, le papa savait qu’il aurait été difficile de voyager.

Par contre, il est venu voir notre fils en France, je lui ai même confié les clefs de mon appartement en mon absence, en mai dernier…Nous en sommes donc à trois droits de visite sur quatre ! Car Sylvan a passé la moitié des vacances d’été chez son père-même quelques jours de plus que prévu, sans que j’en sois informée-, et la moitié des vacances de noël.

Par contre, oui, c’est vrai, en février 2013, le droit de visite du père n’a pas été respecté. Mais cela sans aucune intention délibérée de ma part, puisque j’ai même payé le billet de retour ! Tout a déjà été longuement expliqué à vos services, le jour J auprès de la Police de l’aéroport, puis plusieurs fois à la PJ : le père n’avait pas acheté de billet de retour, alors même que le jugement le prévoit. Devant ce fait, et devant les menaces réitérées du père de « garder l’enfant en Allemagne » -des dizaines de courrier en ce sens, une inscription de plusieurs jours au collège de Villingen en 2011…- et devant les nombreux « enlèvements d’enfants » dont vos services ont largement connaissance, j’ai payé moi-même, à l’aéroport, le billet de retour, notre fils a embarqué, mais je l’ai fait débarque, car au téléphone, devant témoins, le père m’a dit qu’il ne respecterait pas la date de retour et garderait l’enfant toutes les vacances.

Non, ce n’était pas une « np ». C’était une fois de plus une terrible manipulation d’en père défaillant, manipulateur et dont les intentions malveillantes sont manifestes, comme pour ce mois de décembre 2010 où, oui, j’ai été condamnée pour non présentation, alors même que le billet d’avion avait été pris pour le samedi à 8 h alors que nous vivions à 80 km, que je n’avais ni de quoi payer une nuit d’hôtel, ni un taxi pour rallier Blagnac à 6h30 du matin. Dont acte. J’accepte le fait de la condamnation, qui d’ailleurs n’a pas été inscrite au casier, à ma demande, Monsieur le Substitut près le TGI d’Auch ayant compris l’enjeu de ma situation, puisque je souhaite encore passer des concours de la Fonction Publique.

Mon ex-époux a lui aussi été condamné, par le même TGI, pour abandon de famille, à de la prison avec sursis, à une amende et à des dommages et intérêts ; il a fait appel, ce sera jugé le 14 mars à Agen.

Madame la Garde des Sceaux, comprenez mon inquiétude. Il   me semble que ces dernières années, les pères sont « montés au créneau », et que leur voix se fait entendre, depuis les hauts des grues, dans les prétoires, dans les médias. Alors même que nous, mamans isolées, nous battons comme des lionnes, pour notre survie et celle de nos enfants, souvent dans l’indifférence. Je remercie infiniment Madame la Ministre des Droits des Femmes pour avoir compris l’ampleur du problème, et je vous demande aussi de nous écouter, de m’écouter. Ce n’est pas le parent qui se pose en victime et en martyr et qui, réclamant ses droits à grands coups de porte-voix, est celui qui respecte ses devoirs. Souvent, hélas, c’est l’inverse.

Je me sens ce jour doublement flouée, doublement inquiète. Inquiète face à une Justice qui, il me semble, prête souvent une oreille complaisante aux pères, comme c’est le cas pour ces dénonciations calomnieuses qui deviennent à mon encontre des plaintes instruites et traitées rapidement, alors même que mes plaintes-trois- pour «appels malveillants » et que ma plainte de 2010 pour « délit de violence psychologique » ont été classées sans suite…

Inquiète face au comportement de la République face au « pays partenaire », ma chère Allemagne, ma deuxième patrie, celle que je défends becs et ongles dans le cadre de mon travail, mais qui, semble-t-il, est en passe de faire en sorte que mon histoire se transforme en fait divers. À quoi rimait cette question sur la culture allemande dont je « flouerais notre fils », sinon à mettre en place ce faisceaux de preuves qu’un Jugendamt aurait tôt fait d’utiliser afin de rapter notre fils et de le rendre à sa germaine patrie ?? Alors même que lors de l’audition –j’ai eu connaissance du PV- notre fils a clairement exprimé son bien-être de jeune lycéen français, son désir de voir les plaintes de son père cesser, et surtout le fait qu’il ne me juge pas responsable de cette situation conflictuelle…

Je vous demande, Madame la Ministre, d’être vigilante, et de protéger la mère et la citoyenne que je suis, au lieu de me laisser en pâture aux investigations, et, surtout, je vous demande de faire en sorte que le droit français et le droit européen soit enfin respectés. Je suis une enfant de cette Europe que mes parents ont construite en osant braver les noirceurs et les rancœurs de l’après-guerre, et je vous demande de ne pas décevoir cette enfant qui, les yeux brillants, voyageait dans la 404 de son papa vers le pays des contes de Grimm de sa maman. Je vous demande, Madame la Ministre, de faire cesser le cauchemar que mon fils et moi-même vivons depuis trop longtemps, en faisant respecter la loi.

 

Bien à vous,

 

Sabine Aussenac.

 

L’autre côté de moi

 

 

 

L’autre côté de moi sur la rive rhénane. Mes étés ont aussi des couleurs de houblon.

 

Immensité d’un ciel changeant, exotique rhubarbe. Mon Allemagne, le Brunnen du grand parc, pain noir du bonheur.

 

Plus tard, les charniers.

 

Il me tend « Exodus » et mille étoiles jaunes. L’homme de ma vie fait de moi la diseuse.

 

Lettres du front de l’est de mon grand-père, et l’odeur de gazon coupé.

 

Mon Allemagne, entre chevreuils et cendres.

http://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.fr/2014/01/ich-liebe-dich.html

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/allemagne-audessus-des-lois-najat-vallaud-belkacem_b_3639293.html

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/prix-nobel-union-europeenne_b_1960721.html

 

 

 

 

Le Premier Damoiseau

Le  Premier Damoiseau 

Non, pas terrible, vous en conviendrez, ce titre. Hum, essayons encore… « Le Premier Homme » ? « Le Premier Monsieur » ?

En fait, c’est incroyable : impossible de trouver un terme correspondant à « Première Dame », première dame…au masculin.

Bon, vous connaissez, j’en suis certaine, le masculin de « debout dans la cuisine »…Mais si, souvenez-vous de la blague idiote de « assis devant la télé » ! Mais là, c’est plus compliqué, car, somme toute, cette difficulté syntaxique outrepasse les frontières de la vie privée et du logis…

Ne vous inquiétez pas, je ne vais clooseriser votre lecture, ni revenir sur ces sempiternelles frontières entre la vie privée et la vie publique, voire même sur le fameux « statut de la Première Dame »…Non, simplement, je souhaiterais attirer l’attention sur le côté terriblement désuet de toute la problématique, et, par extension, sur cette situation si désespérément frenchie…

Bon, posons-nous juste la question…dans l’autre sens. Imaginons une seconde l’inverse : notre belle France se serait, par je ne sais quel miracle, dotée d’UNE Présidente de la République…

Et donc, pensez-vous réellement qu’il eut fallu longtemps pérorer sur « le rôle du … » du quoi, déjà ? « Premier Damoiseau » ? « Premier Homme » ? « Premier Monsieur » ? Vous le sentez, là, le ridicule ? Vous en prenez conscience, de l’archaïsme de nos mentalités ?

Parce qu’il faut bien reconnaître que la question ne se serait même pas posée…Tout comme elle ne se pose pas, par exemple, de l’autre côté du Rhin, où le conjoint de l’auguste chancelière ne joue strictement aucun rôle en place publique…Même pas celui d’un Prince Consort, si ce n’est pour accompagner discrètement son Angie à l’opéra…

Ici, ah, ici, c’est une autre paire de manches –j’ai failli écrire autre chose, il s’en est fallu d’un cheveu…C’est qu’elle est couillue, notre belle France, en tous lieux, de tous temps, et jusque dans les ors de l’Élysée…Elle est dirigée de main de maître, oui, et on les entend, depuis ce jour fatidique où not’ Président déguisé en Daft Punk s’est fait livrer depuis la Mie Câline, ces contempteurs de femmes, qui voudraient d’un geste, d’un seul, évincer leur Première Dame, prétextant que de toutes manières elle ne joue qu’un rôle suranné de Bobonne en son Palais…Le Chef de l’État serait libre, et puis la Première Dame ne servirait que l’image, et puis de toutes manières le Président serait bien mieux seul, affichant un célibat, d’ailleurs n’aurons-nous pas un jour un Président homo, n’est-ce-pas, comme les Parisiens ont un maire gay, déjà ?-sic, entendu sur les ondes…

Non mais dites, les garçons, on aurait peut-être aussi notre mot à dire, non ?

Nous, les filles, les potentielles épouses de chef d’État, nous toutes, les Françaises, ouvrières, employées, cadres, artistes, actrices… Déjà, figurez-vous qu’on aimerait bien que le Président respecte les femmes, LA femme, et pas seulement pour la parité. Dire en son temps que Madame Trierweiler, qui a d’ailleurs toute ma sympathie, était « la femme de sa vie », alors même qu’il avait eu de merveilleux enfants avec sa Dame Blanche, c’était très moyen. Alors toute cette histoire, pensez…

Certes, c’est tendance. Il a fallu qu’il fasse son président libéré, qu’il prouve que même sans Mazarine tirée du placard lui aussi pouvait se la jouer Monika Gate. Admettons. La french touch, the gaudriole, le French Lover à l’Élysée. Dont acte.

À priori, libre à lui de vivre sa vie comme il l’entend. Le seul problème, justement, réside à mon sens dans l’IMAGE que toute cette histoire donne de la femme, des femmes, de ses femmes, de sa femme.

Qu’il n’ait jamais voulu se marier, soit. Qu’il ait volé la vedette à son ex-épouse elle-même en son temps candidate aux plus hautes fonctions de l’État, soit –même si déjà, je trouvais cette situation particulièrement inélégante, du niveau d’un téléfilm américain du genre « La vengeance aux deux visages »…Mais qu’il ose à présent ridiculiser sa compagne, et, par extension, faire de notre pays le dindon de la farce médiatique internationale me gêne un peu, au niveau de l’image de la Femme Française.

Nous méritons mieux. Et il me semble que les anciennes épouses de Présidents, les anciennes « Premières Dames », ont fort bien tenu leur rang, sans faillir, de la douce Yvonne à la belle Carla, en passant par Danielle l’engagée à Bernadette l’obstinée….Je ne sais pas si elles étaient là, comme le dit la presse, simplement pour jouer les potiches, mais je ne le pense pas. Elles ont secondé leur « Raymond », fidèles et présentes, dans les bons et les mauvais jours.

Elles étaient là, tout simplement. Comme la rayonnante Michelle Obama, qui a fêté hier ses cinquante ans. En grandes pompes. And so what ?

Vous auriez-voulu quoi ? Qu’elle aille se cacher pour souffler ses bougies ? Qu’elle pleure en cachette ?

Soyons sérieux. Messieurs, nous ne demandons qu’une chose : votre respect. Respectez la « Première Dame », et, bien entendu, cette demande s’adresse aussi au Président de la République. Il a fait venir une femme en son Palais, il aurait pu avoir la décence de la quitter avant que de s’afficher, en public ou en catimini, avec une autre.

Et surtout, messieurs, demandez-vous, sincèrement, quelle eut été votre réaction si UNE Présidente avait osé tromper ce « Premier Damoiseau » aussi ouvertement…J’entends déjà vos sifflets et quolibets, vos insultes, vos blâmes et vos mépris…Quid de la french touch ? Non, nous aurions eu droit à de terribles moqueries, à des bassesses, à des termes que je n’ose reproduire ici…

Et je n’espère que cela, messieurs. Qu’un jour, très, très prochainement, une femme vienne vivre et habiter à la tête du pays, afin de vous prouver que l’on peut gouverner en étant femme, et rester femme en gouvernant.

Pour aller plus loin :

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

 

 

 

 

Sabine Aussenac.

Ich liebe Dich

Ich liebe Dich

Lu par Volker Carl Jacoby:

http://www.youtube.com/watch?v=1J121H-TSnk&feature=share

Ich sage es in der dünnen Luft des Morgens

Ich sage es vor dem verwaschenen Regenbogen

Ich sage es vor dem verkalkten Glück

Ich sage es in der sternenstillen Nacht

Ich sage es, auch, wenn niemand mir zuhört

Ich sage es dem Fremden, der so einsam am Lebensgitter zittert

Ich sage es meinen Kindern, jeden Morgen beim Sonnengruss

Ich sage es meinen Freunden, den urigen, den neuen, den ewigen

Ich sage es der Sonnenblume und der Tanne, der Turteltaube und den Sorgen

Ich erwarte nicht, dass der Wind es mir als Echo zurückbringt

Ich sage es wie eine Chiffre

Ich sage es wie ein Geschenk

Ich sage es wie eine Gnade

Ich sage es, auch, wenn man mich lächerlich und skurril findet

Ich sage es wie ein Frühling gegen den ewigen Winter der Welt

Ich sage es wie eine Sonne

Ich sage es wie eine Wonne

Ich sage es, weil es für mich ein Alpha und Omega des Überlebens bedeutet:

Ich liebe Dich.

**********

Je le dis dans l’air fragile des aubes

Je le dis à l’arc-en-ciel décoloré

Je le dis devant le bonheur calcifié

Je le dis dans la nuit aux étoiles muettes

Je le dis aux silences

Je le dis à l’inconnu qui tremble au portail rouillé de sa vie

Je le dis à mes enfants chaque matin en faisant ma salutation au soleil

Je le dis à mes amis, les intimes, les nouveaux, les éternels

Je le dis au tournesol et au sapin, à la tourterelle et aux ennuis

Je n’attends pas que le vent m’en rapporte l’écho

Je le dis comme un chiffre

Je le dis comme un cadeau

Je le dis comme une grâce

Je le dis même si l’on me trouve ridicule

Je le dis comme un printemps contre l’éternel hiver des mondes

Je le dis comme un soleil

Je le dis comme une merveille

Je le dis comme l’alpha et l’Omega de ma survie:

Je t’aime.

**********

میگویم: در نازک هوای شفاف صبح گاهی

میگویم: به رنگین کمان شسته شده از رنگ

میگویم: به شادکامی از دست رفته

میگویم: در سکوت ستاره ای شبانگاهی

میگویم: حتا اگر کسی نخواهد گوش کند

میگویم: به غریبی که پشت میله های زندان زندگی میلرزد

میگویم: به فرزندانم، هر بامداد، با سلام روشن خورشید

میگویم: به دوستانم، دوستان دیروزیم، امروزیم، ابدیم

میگویم: به گلهای آفتاب گردان، به درختان صنوبر

میگویم: به قمری های غمگین، به تپشهای مضطرب قلبم

میگویم: بی آنکه از باد انتظار پژواکی داشته باشم

میگویم: همچون کلامی رمزآلود

میگویم: همچون سوغاتی از راه دور

میگویم: همچون رحمتی نابهنگام

میگویم: حتا اگر به من بخندند، مسخره ام کنند

میگویم: همچون بهاری که به مصاف زمستان جاوید زمین میرود

میگویم: همچون خورشیدی که میدرخشد

میگویم: همچون لذتی جان بخش

میگویم: چون این کلام الفبای زندگی من است، دلیل زنده ماندنم:

دوستت دارم.

Traduit par Hossein Mansouri

Sabine Aussenac

 

 

 

Et j’ai honte quand la France perd la tête…

http://medias.lepost.fr/ill/2011/03/28/h-20-2448926-1301339884.jpg

 Un ancien texte, écrit alors que je vivais encore en Gascogne et que des insultes diverses-déjà- pleuvaient sur le net…

-au vu de certaines réactions au sujet de mon texte « Jehanne », m’accusant tantôt d’être au PS, tantôt au PCF, alors qu’ailleurs on me traite de frontiste, je reposte ce petit texte paru il y a quelque temps en voyant une affiche où » Not’Président » était comparé à Adolf…-

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/03/23/2443233_elle-s-appelait-jehanne.html


***

Franchement, je ne sais plus.

A sept ans, j’ai raté 68.
Pire, je n’en garde aucun souvenir, planquée que j’étais dans une douce école de la République du Tarn.

A quinze ans, découvrant Kerouac, Rimbaud et James Dean, j’ai décidé que je serais à gauche-surtout parce que j’en avais marre de coller les affiches et les enveloppes que mon conseiller général RPR de père m’obligeait à assimiler de façon subliminale…


http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=69484&forum=2


A dix-neuf ans, par ennui et par dépit, j’ai épousé un cheminot cégétiste: nous nous crépions le chignon, je défendais déjà la non-violence et Gandhi, me rêvais post beatnik, lui criait  » union-action, avec la CGT! ».
Pêle-mêle, j’ai ensuite milité à la LCR et chez Arlette, allant jusqu’à prendre, un soir de folie, ma carte au PCF, le lendemain du premier gros score de JMLP. J’en avais, du mérite, à l’époque: je peux vous dire que les dirigeants de ces groupuscules étaient moins glamour que nos actuels facteurs…Oui, les réunions étaient poussiéreuses et mortifères…

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=55162&forum=2


J’ai aussi fait partie de la première liste « verte » des Municipales de Toulouse. Face au clan Baudis, à l’époque enfieffé dans la ville rose, nous ne fîmes pas le poids. Je me souviens avoir remboursé la campagne, sous les quolibets de mon ex-mari et de ses camarades cégétistes…

A la fac du Mirail, le monde s’est arrêté en 75. Aujourd’hui encore, ce sont les mêmes barbus un peu crassoux qui m’arrêtent, quand par hasard je tente de repasser une agrégation, et qui me demandent: « Tu connais l’UNEF? »

Et puis la petite étudiante à lunettes devint prof.
Des années d’affiches du SNES plus tard, épuisée par le militantisme de pacotille et les revendications franchouillardes et frileuses de mes collègues, de tous ces enseignants vivotant dans un hors-monde de privilèges et d’inaction, je glissais imperceptiblement à droite.

Un jour, je votai Chirac. Pire, je suis allée l’applaudir, dans une salle des fêtes aux allures de stade de France, au coeur de l’Auvergne-j’avoue que VGE m’avait toujours laissée indifférente-, et les frissons ressentis à l’écoute de la Marseillaise -je concède aussi être allée m’assoir au rang des VIP, avec mon sésame « Sabine Aussenac, fille de conseiller général… »-m’ont convaincue: j’étais à droite.

Pas la droite des pourris, pas la droite des compromissions FN, non, la belle droite, celle des intelligences, des réflexions. Bien sûr, toute une partie de moi continuait à chanter l’Internationale et à vouer un culte à Rosa Luxemburg-déjà à la fac, on me nommait « die rote Rosa », mais j’avais grandi. Un proverbe ne dit-il pas qu’on est fou si l’on n’est pas de gauche à vingt ans, mais fou encore si on le reste à trente?

En gros, je crois que je symbolisais le parfait cliché: le coeur à gauche, et la raison à droite.

Bien sûr que j’ai voté Sarko. N’en déplaise à tous mes amis, bien évidemment de gauche. Mon Président, je le trouvais intelligent, brillant et offensif. J’aimais son idée de rassembler les forces vives, de débaucher des éléphants. Ma fracture politique intérieure battait l’amble du rassemblement de la Nation.( Et puis Ségo, la Dame Blanche,excusez-moi, mais je la trouvais tarte.) Enfin, un vrai problème personnel, dont je me relève à peine, n’a pu être réglé que par divers appuis, écoutes, conseils, et je demeure persuadée qu’ ELLE y est pour beaucoup. Parce que je n’ai pas honte de dire que quelqu’un a dit à quelqu’un d’autre de m’écouter…

Bon. Bien sûr, du fin fond de ma belle province, avec mon âge canonique, même si je pensais un jour pouvoir prendre la relève de Guaino et écrire les discours à la place du scribe du Calife, j’ai déchanté. La permanence de l’UMP locale ressemble à un squat, tant elle est vétuste. Mon militantisme UMP s’est contenté d’une galette des rois toulousaine où la moyenne d’âge frisait les soixante-dix ans. Et puis j’ai trouvé que not’ Président faisait pas mal de bêtises. Voire même que j’allais peut-être repasser à gauche.

Parce que somme toute, la déception n’est pas réservée à cette dernière, et, s’il existe des déçus du socialisme, pourquoi ne pourrais-je pas me revendiquer comme une déçue de la droite? Entre les expulsions arbitraires et les suppressions de postes, entre les fermetures de maternités et les dérapages de nos ministres, entre les compromissions et les bavures, flûte, je ne sais plus sur quel bulletin danser.

Et puis je me disais que maintenant que mes soucis de vie sont enfin réglés, je pourrais me lancer enfin en politique, militer en my little town, faire bouger les Gersois en dehors du nomansland culturel et du triangle des Bermudes Rugby-Tariquet-Cirque (ne me demandez pas pourquoi, mais la principale activité de ma ville est axée autour du CIRQUE…) Hélas, je suppose que je suis grillée; monsieur le Maire n’a JAMAIS répondu à mes demandes de rendez-vous, alors que franchement, que ce soit au niveau des investissements culturels ou économiques, voire même architecturaux, j’aurais des idées pour extirper Auch de l’immobilisme-oui, ma Gascogne s’est arrêtée à Henri IV. Mais bon. Monsieur le Maire ne sait pas, par exemple, que j’ai eu un échange de mails persos avec le big boss de super U, Serge Papin, que j’ai contacté un jour de rage, voyant que le centre ville ne comportait plus aucun commerce de proximité. Mais bon.

Il faudrait donc pour prétendre à une place au soleil politique local prendre une carte au PS…

Hors, là, voyez-vous, je ne sais pas si je pourrai-s: car il est HORS DE QUESTION que je me mette à militer dans un parti qui ose, rassuré par nos libertés démocratiques, comparer notre Président à Hitler. Et c’est bien ce qui se passe sur cette récente affiche ayant fait scandale à l’UMP…

Souvent, déjà, j’ai arraché des tracts de nos salles des profs. J’ai osé, entre deux récrés, quand personne ne regardait, enlever des papiers outranciers, des bavures démocratiques, qui encombraient nos tableaux d’expression de toutes sortes d’insultes envers nos gouvernants. Eussé-je été encore « de gauche », j’aurais fait la même chose: je ne supporte pas les outrages à dirigeants. Je trouve que lorsque l’on a la chance de vivre en démocratie, on doit laisser la part belle à l’alternance et au respect. Nos jeunes ne sont pas obligés de courir sous des tirs à balles réelles ou sous des bombardements pour changer de gouvernement, que je sache…

Et puis je suis d’origine allemande, et j’ai travaillé sur la poésie de la Shoah.

Alors j’ose dire publiquement, quitte à me griller définitivement sur la carte politique, que cette affiche des Jeunes Socialistes est une insulte gravissime à l’ordre public, à Monsieur le Président de la République et aux millions de morts et victimes de la barbarie nazie.

La Shoah et le nazisme ne sont pas des non événements.Ce n’est pas la première fois que je lis ou vois de tels amalgames, et, lors des présidentielles de 2007, nombre de mes collègues, justement, osaient de tels parallèles.

J’en ai la nausée. Non, Nicolas Sarkozy n’est PAS Adolf Hitler.

Quelles que soient nos idées politiques, ayons la décence de les exprimer dans la dignité, dans le respect de l’Histoire et de notre nation. J’ai honte pour ces jeunes, qui ont oublié le sens de l’Histoire. J’ai honte pour les publicitaires, qui ont laissé ces vomissures s’afficher.

Et j’ai honte quand la France perd la tête, et ne sait plus ce que signifie le mot RESPECT.

Sabine Aussenac, en recherche de parti.

Last minute :

Texte plus que jamais d’actualité, même si, voir :

 http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/le-jour-ou-jai-vote-pour-_b_1422271.html

…j’avais fini par voter Bayrou !!

Par contre, Dieudonné, lui, me fait, mais alors FURIEUSEMENT, penser aux années trente, aux réunions miteuses d’un parti naissant, aux discours paranoïdes d’un fou, et aux suites…

J’en profite pour louer le civisme et le courage de ceux qui ont appelé au boycott de ce fou, et aux politiques qui, d’ores et déjà, ont agi.

Et pour dire ma conviction, une fois de plus, que c’est ensemble, et non pas séparément, que nous lutterons pour un monde meilleur.

 

My America is like a poemwhisperer

 

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http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/scarlett-for-ever_b_2072059.html

My America is like a poemwhisperer

 My America is like a rising sun

 Twin Towers tempest and Walden woods

 Desert gospels and Harlem as a temple

 Oh give me the time of grace

 Even frozen hearts can touch this marigold summer of love

 

My America is like a bright harvest

 Gone with the dubious wind

 Suzanne is singing sadly

 And Johnny Cash feels hurt

 But sandpipers are waiting for the mermaid of their dreams

 

My America is like a poemwhisperer

 Tender is her night

 Captain oh my Captain can you feel this dusty wonderland

 Vermont greens and Texas spleen

 Over the rainbow she’s a dancing queen

 

My America is like a gentle hurricane

 Slate grey children play lonesome and lost

 Scarlett is crying rivers

 But bluebell hope will never die

 Can you smell the colors of our spicy apple pie

 

My America is like a blowing prayer

 Chestnut drums and sunflowers fields

 Many helpless rivers to cross

 A thing of beauty is a joy forever

 Poets and words swim in strawberry winds

 

My America is like a milky honeymoon

 Cherry blossoms whistles

 Cristal cities flying forests

 Moonwalks in purple rains

 Sound of silence or smiling Babylons

 

My America is like a genesis

 Ocean’s stars crossing hearts

 From the Golden Gate to Big Apple

 Sitting Bull sharing peace pipe with Marilyn

 Windmills in the secret of thousand golden roses.

 

Sabine Aussenac

Et découvrez la superbe musique de mon ami Silvanus Slaughter, talentueux jazzman:

http://www.youtube.com/watch?v=yqBbxdn1sTA

***

http://www.best-poems.net/editors/1293

Born from a german mother and from a french father between Rhine and Garonne, Sabine Aussenac is a child of Europe. She grew up between mediterranean lights and dark pine forests, Verlaine and Heine, Hugo and Celan.
German teacher, she was a graduate of the poetry of the Holocaust and has also written many poems, essays and short stories. Her first novel, British Kiss, is currently in peer review. Mom of three kids, she lives in Gasconny.

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il me faudrait mille ans…Nos bonnes résolutions!!

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 Il me faudrait mille ans 

 

Il me faudrait mille ans.

 

Pour rester une enfant et devenir adulte, pour vivre intensément et être catapulte, pour savoir la douceur d’un couchant apaisé, découvrir la Toscane ou avoir mes bébés.

Comment faire le tour de cette vie immense, comment trouver le temps des danses et décadences, être mère et amante, lire Dante, prendre tous ces trains et les avions qui chantent ? Frissonner  au matin lorsque le jour poudroie, marcher en toute neige et ne pas avoir froid, savoir faire du feu et les tartes aux groseilles, comprendre le chinois et le vol des abeilles ; jouer du clavecin, et puis du violon en un bal en Irlande, découvrir les sonates et rester la rockeuse de diamants, hésiter entre arpèges et soirées de défonce. Comment apprivoiser cet infini qui gronde, ce tsunami du temps, cette mort par seconde ?

Il me faudrait mille ans.

Pour lire tous les livres, parler les langues anciennes, me faire ballerine et me mettre en cuisine, pour aller au Pérou ou aux confins des mondes, pour aimer tous ces hommes au regard d’amadou, ou bien un seul amour que je rendrais si fou. Je ne veux renoncer à l’appétit intense, je suis celle qui dit et qui vibre et qui danse, je me veux courtisane et amie et infante, je ne veux pas choisir.

Quand je ferme les yeux parfois je revois ces rayons de lumière où dansaient si graciles les infinies poussières. Je me sens particule élémentaire, de ma propre existence à peine locataire. « Si Dieu me prête vie » me disait ma grand-mère…Si Dieu me prête vie je n’aurais pas assez de ce temps dévolu pour aimer assez bien tous mes frères ici-bas, et l’indienne en sari et le clochard d’en bas, pour adopter chinoise jetée aux détritus, pour élever mes enfants au regard ingénu, pour aider mes amis en chaque coin de rue. Comment trouver la route ? Eviter nos déroutes ? Est-ce que j’aime Brahms ? Pourquoi dois-je choisir entre Bach et Johnny, pourquoi ne puis-je être Janis et Dame de Fer, mettre un jour un tailleur le lendemain pattes d’eph ? Pourquoi choisir la route et grandes découvertes plutôt que coin du feu et cultiver ma vigne ? Quand aurai-je le choix ? Je me voudrais sereine et vraiment accomplie, je ne suis que vilaine aux sabots d’infinis, jamais en paix des braves, toujours dans la bravade et l’éternel regret…

Il me faudrait mille ans.

Pour donner naissance et allaiter bébés, pour écrire mes livres et ne pas renoncer. Découvrir Mexico et tous les Béguinages, adorer les Buddhas et prier en couvent, et puis manifester et taguer le réel, m’engager me mouiller me retrousser les manches, aider les sans papiers scier les vieilles branches, goûter tous mes fantasmes, oser en rire enfin, et revoir tous les films et relire tout Proust. Parcourir la Bretagne aller à Compostelle, construire ce chalet et restaurer la grange, planter les ipomées élaguer ce vieux chêne apprendre à faire la sauce et rester mince toujours. Pour aller en Floride et aussi à Big Sur, écouter l’opéra mais danser sur les Stones, pour ne pas oublier la jeune fille en fleur qui jamais ne voulait perdre sa vie à la gagner, pour l’enfant que j’étais si tendre et si fragile, pour la femme accomplie qui choisit ses amants, pour l’aïeule à venir qui fera confitures, ou plutôt comme Maude saura parfum de neige…

La liberté d’une île. Le désert des tartares. Les grandes pyramides. Les lagons les Grands Lacs le Mont Blanc et les chutes, ma vie me bouscule comme en Niagara, et je roule aveuglée par mes rêves en défaite ne pouvant renoncer à ce sens de la fête. Mon rêve familier me hante en comète explosive, c’est celui d’une pièce inconnue découverte en mes murs, et je crie et je chante en découvrant heureuse comme une constellation, nouvelle Belletégueuse, et je parcours la pièce en m’y rêvant joyeuse…Au matin de ce rêve récurrent et magique, je me vis en futur et me sais à venir.

Il me faudra mille ans.

Pour enfin parcourir les couleurs de la terre, connaître les musées et les peintres et leurs cieux. Pour oser m’envoler sans parcours ni repère, pour faire les bons choix en agaçant les Dieux, pour ne plus regretter, pour enfin m’apaiser, pour te surprendre un jour quand tu auras grandi et aller à nos noces en robe d’organdi, pour en rire avec toi en nos folies ultimes, pour aller tout de go aux confins des ultimes, pour devenir sérieuse et ne plus m’affoler, pour me faire hirondelle comme on construit l’été. J’apprendrai la patience. J’aurai mille impudences mais serai respectée, on lira mes intenses et je serai aimée. J’aurai droit à la plage sans me sentir coupable, et tous les murs brisés de forteresse ancienne auront capitulé devant un amour vrai. Ce sera mon noël et mon temps des cerises, ma cité de la joie bruissera de cigales, tu m’attendras debout en aimant mes silences et ne m’accuseras pas de te faire une offense.

Il y aura les voyages et le retour au port, et l’odeur des vendanges en éternel retour, et les mots ribambelles et les cœurs paradis : séculaire et légère, elle sera l’heure exquise.

Jusqu’à la dormition des vagues

Jusqu’à la dormition des vagues

Ce poème a d’abord été écrit en allemand. Je vous en livre la lecture par mon ami poète et chansonnier Volker Carl Jacoby:

https://www.youtube.com/watch?v=YKw2Tv7xS7g

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise

le chemin sera long.

Jusqu’à la dormition des vagues,

jusqu’au sommeil du vent,

jusqu’à ce que les polychromies du

ciel colorent ma

vie nouvelle,

où l’on danse, béni.

 

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise

les forêts seront sombres.

Cent loups voudront me

mordre, je serai la

trébuchante, perdue et

aveugle, et puis soudain la clairière,

si douce,

un cadeau.

 

Jusqu’à ce que la tempête s’apaise,

tapies, la peur, la soif,

dans l’étroitesse des recoins étouffants ;

mes nuits au cachot. Et

au matin : suffoquer. Mais vois :

il danse, le lilas, elles fleurissent, les vagues,

le pantin enfin ne gesticule plus.

Je brille, comme au matin du monde.

 ***

Bis der Sturm sich legt

 

Bis der Sturm sich legt

ist ein langer Weg.

Bis die Wellen ruhen,

bis der Wind sanft schläft,

bis der Himmel bunt

mir die Farben gibt

für ein neues Leben,

wo man tanzt im Segen.

 

Bis der Sturm sich legt

gibt es dunkle Wälder.

Da sind hundert Wölfe,

die mich beißen wild,

da muss ich nur stolpern,

bin verwirrt und blind,

und dann kommt die Lichtung,

ein Geschenk so mild.

 

Bis der Sturm sich legt

lauern Angst und Durst,

n den engen Ecken ohne Luft;

die Kerker meiner Nächte. Und

am Morgen: das Ersticken. Aber sieh:

Flieder tanzt und Wellen blühen,

endlich ruht der Hampelmann.

Ich strahle wie am Weltanfang.

Sabine Aussenac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque l’enfant paraît…

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Lorsque l’enfant paraît

Il fait si froid. La jeune femme se blottit contre la botte de paille en grelottant. Soudain, un souffle chaud semble apaiser la morsure de cette nuit glaciale. L’âne et le bœuf, jusqu’à présent immobiles au coin de leurs mangeoires vides, se sont rapprochés, et respirent lourdement au-dessus du flanc bombé de la femme en gésine. Elle ne crie pas, les yeux rivés vers cette étoile si brillante, qui transperce de son éclat les poutres fragiles de l’étable. Lorsque l’enfant paraît, trois hommes imposants et majestueux se penchent par-dessus l’épaule du charpentier ému. Bethléem, soudain, défie le monde, l’univers, l’éternité.

Ils sont une dizaine, recroquevillés autour de la bougie vacillante. La soldatesque romaine les poursuit depuis des mois, mais l’apôtre a demandé de n’en avoir cure cette nuit-là. Il faut se souvenir, a-t-il dit. Il faudra toujours de souvenir, mille ans, deux mille ans durant, de l’étoile du Berger, de la Crèche et de la Vierge à l’Enfant. Quand les glaives s’abattent sur la petite assemblée en prières, un chant s’élève, et les martyrs meurent en allégresse.

La petite église romane frissonne, mais elle embaume, aussi. La Vierge Noire a été vêtue de ses mousselines d’azur, elle n’en est que plus belle, entourée des cierges et des branchages. Un à un, les paroissiens pénètrent dans la nef glaciale, accueillis par le sourire de leur curé. On entend les pas des villageois crisser dans la neige des Monts d’Auvergne, et les joues rosies des enfants ressemblent à des pommes d’api. La messe de minuit sera, comme toujours, en latin, et devant l’âtre rougeoyant, on se pressera autour des braises avant d’avaler un maigre souper de châtaignes. Mais les cœurs emplis de joie seront bénis par la Naissance.

Ils sont peu nombreux dans la chapelle de bois, mais les femmes ont tendu les murs de leurs patchworks multicolores, et les tartes aux pommes parfument déjà la pièce communautaire où s’ébattent les enfants. Trois familles sont mortes le mois précédant cette nuit spéciale, emportées par les fièvres et par les tomahawks de la tribu indienne des plaines voisines. Ils ont enterré les corps du bébé scalpé, de la mère épuisée, et de ce jeune couple qui arrivait tout juste des Pays Bas. Le pasteur monte en chaire, il va dire l’histoire de la Nativité, mais auparavant des chants s’élèveront dans la nuit claire du Wyoming, comme pour défier l’hostilité du Nouveau Monde.

On chante aussi dans ce baraquement pouilleux. Ou plutôt on murmure, mais ensemble. Une prisonnière a déroulé le petit papier sur lequel, en lettres plus que minuscules, est recopié le psaume  de Noël. Une autre a gardé depuis des semaines des morceaux de pain, qu’elle distribue de sa main décharnée, tandis que la seule fillette présente a reçu une poupée de morceaux de bois, habillée de bouts de tissus trouvés dans les bois de hêtres…Les femmes toussent, titubent, mais les yeux brillent, malgré les aboiements qui déchirent le camp, malgré la certitude de la mort qui glace les espérances. Les étoiles du ciel ne disparaîtront pas, non, et les chants murmurés éclatent comme autant de fragments de mémoires.

Les boubous multicolores ont envahi la nuit. Fièrement, les femmes ont décoré la petite chapelle de brousse, tandis que les hommes tentaient de garder l’entrée de leurs armes dérisoires. Les enfants chantent et jouent comme tous les enfants du monde, c’est Noël, après tout, même si les morts se comptent par centaines au sein des communautés chrétiennes du monde en cette nuit de décembre de l’an de grâce 2013. Tant d’églises brûlées, tant de prêtres et de religieuses assassinés et enlevés, tant de fidèles persécutés, oui, car les chiffres ne mentent pas, c’est bien la communauté chrétienne qui, au sein des religions mondiales, est la plus persécutée, la plus décimée.

On parle beaucoup de l’islamophobie, mais les Chrétiens sont bien, de par le monde, de l’Afrique à l’Asie, en passant par tous les autres continents, les nouvelles victimes des exactions religieuses.

Les Chrétiens sont les nouveaux juifs.

On les chasse, les torture, les enlève, les viole, les brûle.

Mais en cette nuit de Noël, pourtant, dans le monde entier, ils se réuniront, le cœur limpide, l’âme apaisée, la mémoire glorieuse, certains de commémorer un moment unique dans l’histoire de l’humanité.

Je voulais leur rendre hommage.

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, de toutes les confessions, de toutes les terres.

 

Sabine Aussenac.

Cher Dieudonné

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Cher Dieudonné,

 

Vous écrire ouvertement n’est peut-être pas une très bonne idée, car cela reviendra à nouveau à faire parler de vous…Mais votre présence, de toutes manières, envahit les scènes médiatiques comme des effluves pestilentielles qui s’échapperaient d’un charnier…

Car c’est bien de charniers qu’il est question, de tous ces charniers dont l’Histoire regorge, et qu’il vous plaît de nier et de conspuer. Alors voilà : nous sommes aujourd’hui des dizaines de milliers à vous demander de cesser vos délires.

Que vous soyez assez lâche pour ne pas payer les amendes infligées depuis des années par les tribunaux, soit.

Que votre répertoire s’appauvrisse au point de revenir en boucle sur les mêmes sempiternels sujets, soit.

Mais de grâce, cessez de vous prendre pour Dieu et d’insulter publiquement la mémoire de millions de disparus.

En fait, j’ai l’impression que pour vous, la Shoah, c’est un jeu. Qui ressemblerait aujourd’hui au « Pas vu pas pris » – « Si personne ne porte plainte contre moi, je peux continuer, même à insulter le Service Public… », ou à « Colin-Maillard » – « On dirait qu’on ferait comme si les chambres à gaz n’avaient jamais existé… », ou au Monopoly : « Allez, j’achète Auschwitz pour une bouchée de pain ! »…

Car votre antisémitisme est si primaire qu’il ferait passer les fours crématoires pour un jeu de dînette des nazis ; et les pogroms, qui sévissent depuis des siècles, pour de vagues jeux du foulard dans quelque école désaffectée.

Le problème, cher Dieudonné, c’est que des gens comme vous font le jeu des extrémistes en tous genres. On commence par faire rire les foules assez connes pour payer pour aller voir un prétendu humoriste – que vous prétendiez tel doit faire vomir les Fernand Reynaud et autres Le Luron…-, et on finit par cautionner un Mohamed Merah.

Or, voyez-vous, très cher, je vis dans la ville rose. Et j’ai vu grandir les petits Mohamed Merah, ceux que je j’ai eus l’occasion d’avoir comme élèves. Ceux à qui j’ai demandé d’écrire sur leurs carnets de correspondance :

  • « Je ne prononcerai plus le nom du Führer en cours sans y avoir été invité. »

Car ces élèves-là vouent, très cher Dieudonné, un véritable culte à Adolf Hitler, et voyaient dans mes cours d’allemand un terrain de jeu illimité à leurs fantasmes d’antisémitisme.

C’est bien dans ma bonne ville de Toulouse qu’il y a bientôt deux ans, un homme est entré dans une école juive pour y loger une balle dans la tête d’une enfant, à bout portant.

Alors voyez-vous, cher Dieudonné, moi je vous dis « merde ». Et j’espère que très bientôt, la justice de mon pays que je continue à dire « des Lumières », même si des prétendus républicains comme vous osent se revendiquer de notre démocratie, saura museler vos négationnismes et vos haines.

Je ne suis pas juive. Je ne suis pas visée par vos diffamations qui se croient drôles et subversives. Mais je suis issue d’un peuple qui a gazé des millions de juifs, qui a porté en lui les germes de cet antisémitisme larvé, ou même pas, que tant des nôtres continuent à apprécier, à propager, et qui a conduit à la Solution Finale.

Je porte en moi les voix de mille juifs qui suffoquent.

Et j’ai très, très, très envie de vous faire taire.

Sabine Aussenac.

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/myriam_1_b_1371928.html

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=171705&forum=2

Je porte en moi souvent mille Juifs qui suffoquent

Je porte en moi souvent mille Juifs qui suffoquent,
Et tant de matins blancs que déchirent leurs cris.
Tous ces appels glacés, ces visages enfuis,
C’est comme un souvenir dont tant de gens se moquent.

Ceux qui me disent allons, la Shoah, c’est fini !
Regarde un peu l’Afrique, et tous les naufragés,
Et puis tous ces enfants qui sont morts en Syrie,
Sans parler de Gaza et de ses sacrifiés…

Mais très obstinément, comme un grand vent de plaine,
Je les entends mugir, vociférer leurs haines,
Et je les sens souvent, les barbares affamés,

Roder autour de nous qu’ils voient en proies faciles,
Car oui le Juif c’est nous, c’est toi, c’est le Fragile :
Celui que le Nazi pour toujours veut traquer.

 

Le Père et le désert

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Le Père et le désert

Dédié au Père Vandenbeusch et à tous les otages

 

 

Il se demanda si la neige recouvrait déjà le toit de son église.

Là-bas, si loin.

Soudain, lui revinrent en mémoire les pas qui crissent devant le lourd vantail, les chuchotements dans la nef encore glaciale. Et puis le poli de la statue de Sainte-Bernadette, qu’il aimait à effleurer en rentrant dans la sacristie.

Dehors, un bruit sourd. Il se leva et se tint prêt. Sans doute faudrait-il encore marcher, fuir dans ce paysage lunaire, essuyer son front sous la sueur âpre de la peur.

Rester un homme, lui qui jamais n’avait autant douté de cette condition. Ne pas céder à la panique, à ces angoisses atroces qui l’étreignaient le soir, quand, enchainé sous cet arbre au feuillage épuisé, il tentait de ne pas sombrer.

Mais l’homme enturbanné entra doucement, presque religieusement, et lui sourit. Ses yeux de braise soudain fraternels, presque bienveillants.

Il l’invita à le suivre, et le prisonnier, étonné, avança sous les étoiles blêmes de ce ciel africain aux morsures si éreintantes, quand on est loin des siens.

Titubant un peu, le prisonnier se remémora les étoiles de l’enfance, quand dans cette nuit-là les yeux des petits brillent autant que mille voies lactées. Qu’ils étaient loin, les sapins et les rouges, et puis tous ces bonheurs des parents rassemblés…

Il avait faim, il avait soif, il avait peur. Mais ses geôliers le laissaient aussi souvent s’agenouiller dans le silence, respectant ses coutumes, admirant l’invisible présence qui, quelque part, s’accordait à leurs ablutions et tapis. Les poussières du désert, étrangement, accordaient les âmes, quand elles divisaient les peuples et les tribus.

Il entendit, étonné, comme un chant dans la brousse. Mais ce n’était ni l’appel du muezzin, ni les psalmodies habituelles. Il lui sembla un peu se diriger vers sa maison.

Vers son église.

Le Père se redressa, ému. Il n’osait y croire.

Et pourtant, en ce 24 décembre 2013, sous une tente alourdie par les sables, un poste de radio, minuscule et immense, diffusait une messe de Noël retransmise par RFI.

Les gardiens, debout devant la tente, offrirent au Père une galette de mil et un bol de ce vin capiteux des collines de Johannesburg. L’Afrique entière venait communier en silence, et ces offrandes, eucharistie inattendue, firent de ces tortionnaires des Rois Mages, comme transfigurés en cette unique nuit.

Il tomba à genoux, en larmes, alors que l’Oratorio s’élevait depuis la basilique de Lourdes, alors que sur la terre entière des millions de fidèles célébraient la naissance du fils de son Dieu.

Et lorsque les hommes se retirèrent pour fumer et palabrer derrière les buissons décharnés, il sembla au Père que sa foi vacillante grandissait, dansante comme une fête des moissons, bruyante comme un marché à Bamako, joyeuse comme une messe dans ces petites églises colorées et fragiles.

Il sourit. Jésus ne l’avait pas abandonné. Et il retrouverait les siens.

Il se signa, se redressa, et s’apprêta, seul, mais entouré d’amour, à dire sa messe de minuit.

 

Sabine Aussenac.

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens – Chapitre 13

01 J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

 

02 J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

 

03 J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. 

 

04 L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

 

05 il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ;

 

06 il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

 

07 il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

 

08 L’amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.

 

09 En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.

 

10 Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.

 

11 Quand j’étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.

 

12 Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m’a connu.

 

13 Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.