En attendant tous ces grands oiseaux blancs

En attendant tous ces grands oiseaux blancs

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Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent,

En vivante étincelle, talisman de merveilles.

Des colliers de bonheur pour conjurer la bile,

Tournesols et lilas aux odorants sommeils.

 

Parce qu’il ne faut pas emprisonner le soleil

Dans ces boîtes-prisons qui font de nous des fous,

Étalons la lumière sur le mur de nos ciels :

Notre terre infinie, d’Éternité la roue…

 

La lumière viendra, océan des possibles,

Réconcilier les hommes et la vie et le temps.

Plus besoin de Torah, de Coran ou de Bible :

 

L’amour aura vaincu, la paix sera enfin.

En attendant tous ces grands oiseaux blancs

Continuons à nous regarder, même de loin.

***

Dédié à Marlon qui se reconnaîtra 🙂

***
Création de Sabine Aussenac, inspirée de ces vers de Salah Al Hamdani…

http://www.confluences.org/Printemps-des-Poetes-Concours
« Parce qu’il ne faut pas enfermer le soleil
Dans une boîte
Étalons la lumière sur le mur
Et continuons à nous regarder même de loin »

Vidéo imaginée pour le Concours Confluences, à l’occasion du Printemps des Poètes!

-crédits:
* Musiques: Einaudi
* Vidéo tournée au collège Mermoz de Blagnac par l’auteur
* photo « Je suis Charlie » à Alep: Zaina Erhaim
* Poésie et photos Sabine Aussenac.
Image de la lumière sur le mur prise au musée du Catharisme de Mazamet.

Ensemble, au cœur des arts, osons l’Insurrection poétique!

Un conte…

 

 

Prémonition? En tous cas, comme une …première scénarisation (très lointaine) du livre de Houellebecq -que je n’ai pas lu…Et comme un terrible écho aux sombres desseins des contempteurs de liberté!

Première parution de ce texte en 2010:

http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=94630&forum=10

A mes soeurs iraniennes et afghannes.

Un conte…Le réveil sonne. Oh non, pas déjà…De toutes façons, je ne dormais plus, l’appel du Muezzin m’avait déjà tirée de mon rêve.
Mais il faut se lever, et, bien sûr, commencer par la prière. Oh, ce n’est pas vraiment obligatoire, mais les enfants nous surveillent de près, et, les rares fois où j’ai essayé de couper à ce moment, Elisabeth, enfin Rachida -je me trompe encore souvent…- est allée aussitôt le raconter à l’Imam, qui m’a ensuite battue froid pendant deux bonnes semaines… Non, pas envie d’avoir de problèmes…C’est trop embêtant ensuite, ça retombe sur les notes des enfants…Il est aussi leur prof de religion à l’école, et leur prof principal…Si mon grand-père savait ça, il se retournerait dans sa tombe, lui qui avait tellement milité, un vrai Peppone, dans notre petit village où il était le plus grand « bouffeur de curés » que la terre ait jamais portée…
J’ouvre ensuite mon armoire, et regarde avec un petit pincement au cœur mes belles tenues bariolées d’avant…D’avant les « événements »…Oh, pas longtemps, juste un instant…Je ne peux pas me résoudre à les jeter, et puis, les donner au Secours catho… -oups, ma langue a encore fourché, au service d’aide sociale de la Mosquée ne changerait rien, personne ne pourrait plus les porter-…Je me souviens de ce petit haut, mon préféré…Oh, comme je me sentais belle est sexy dedans, un peu effrontée, prête à dévorer le monde, tout en étant dévorée du regard par les garçons que je croisais…Les larmes me montent aux yeux. Mais j’attrape ma burqa, et me contente de mettre mon soutien-gorge mauve, mon p’tit secret à moi…
Paul, enfin Ahmed, est déjà prêt à partir pour l’école, mais il ne m’embrasse plus, me demande juste de cet air un peu impérieux qui m’accompagnera aujourd’hui pour aller jusqu’au marché. Depuis que son père est parti au camp d’entraînement de Kaboul faire son rappel de service obligatoire, notre aîné prend sa tâche d’homme de la maison très au sérieux. Je le rassure. J’allume la télé, et tombe justement sur une rétrospective publicitaire des années 2010…Oui, je me souviens, c’est là que tout avait commencé, c’était l’époque de la pub « Zakia Hallal »…L’année du vote sur la burqa aussi, et puis tout était allé très vite, l’interdiction du monokini, l’obligation du burkini dans certaines piscines de banlieue, la généralisation du Hallal dans les cantines, et puis dans les Quick, les Mac Do, et puis ces pubs à la télé, au cinéma…
Je laisse le poste allumé pendant que je fais la vaisselle, de toutes façons, après, il y aura mon feuilleton préféré, celui qui est diffusé depuis Dubaï, j’aime bien, et puis, que faire d’autre de mes journées, maintenant que je ne peux plus ni enseigner, ni lire, puisque toutes mes lectures sont contrôlées par mes propres enfants… ? Et dire qu’à une époque, j’avais failli m’engager dans ce mouvement « Riposte laïque », avant de me dire que c’était excessif, rétrograde, non, j’avais décidé de faire confiance à nos gouvernants, et puis tout le monde avait tellement peur d’une guerre civile, de dérapages…
Somme toute, la révolution était venue de l’intérieur, si simplement, tout doucement…Lorsque le président de la république avait annoncé sa conversion, et la création de l’état religieux, il était trop tard, « ils » avaient tout muselé, tout préparé, la loi était de leur côté, et puis personne ne souhaitait d’effusion de sang. Je me souviens encore de la femme de notre ancien président, Carla, si belle, même âgée, encore si digne malgré sa canne, elle avait tenu à montrer l’exemple et s’était présentée à un meeting toute de noir vêtue, en burqa, main dans la main avec la femme de notre nouveau président.
Tout s’était fait naturellement, par étapes ; pour nous, les femmes, cela avait été extrêmement douloureux, mais nous n’avions aucune marge de manœuvre. Les interdictions s’étaient multipliées à la vitesse de l’éclair. Plus le droit de s’habiller « à l’occidentale» -mais ce terme avait-il encore un sens, puisque les différents pays d’Europe avaient tour à tour basculé vers l’islam ?-, interdiction d’aller seule au cinéma, de fréquenter les salles de sport, les stades, puis, sournoisement, la remise à l’honneur de ces « trois K » que nous pensions dévolus à cette période pétainiste dont nous avaient parlé nos grands-mères…Jusqu’aux hôpitaux, qui, dès la fin des années 90, lorsque circulait déjà ce petit « Guide du patient musulman », avaient peu à peu commencé à traiter les femmes différemment.
Ne parlons pas de l’école, de tout le système scolaire complètement noyauté par une refonte progressive des programmes…Elis, pardon Rachida n’avait jamais entendu parler de Voltaire ou de Rimbaud, d’ailleurs, elle n’avait pas eu le temps d’arriver jusqu’en terminale, la pauvre, quant à son frère, même s’il n’était qu’en primaire, il était déjà plus incollable en Sourates qu’en sciences…
Mais mon feuilleton va commencer…Je me sers un verre de thé à la menthe et quelques cornes de gazelles, tant pis pour mes kilos, et puis demain j’irai au hammam avec Anne et Françoise, enfin, avec Fatima et Aïcha, et on papotera comme au bon vieux temps, quand nous faisions nos soirées pyjamas en surfant sur meetic, avant de sortir danser ou de regarder de vieux épisodes de Desperate Houswifes…Tiens, encore la pub de « Zakia Hallal ». Décidément, les années 2010 ont la côté sur Muslim TV !!!!http://www.dailymotion.com/video/xaajfm_pub-zakia-halal-tv-france-tf1-m6_news

Sabine Aussenac.

Les 17 victimes de la barbarie conspuées à Toulouse

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Ce soir, dans ma Ville Rose, le sieur Dieudonné maintient son spectacle, et les autorités l’ont approuvé, malgré les événements tragiques de ces derniers jours, de ces journées où notre Pays des Lumières a été frappé en son cœur par une indicible barbarie.

Ce soir, au Zénith de Toulouse, les 17 victimes des attentats terroristes vont être assassinées une deuxième fois, par le pseudo spectacle d’un homme qui, depuis des années, conspue et la République et les juifs, qui, depuis des années, se moque des valeurs fondamentales de fraternité et d’égalité, pactise avec des dictateurs, se moque ouvertement des millions de morts de la Shoah, et qui a déjà été condamné plusieurs fois.

Ce soir, j’ai encore plus de tristesse et de gêne, en sachant que 17 personnes sont mortes dans des conditions atroces, épouvantables, ayant été abattues comme des chiens, avec des gestes rappelant ceux des criminels nazis, par des hommes habités par une haine définitive et totale de la République, commandités par des bourreaux sanguinaires, incultes, engagés dans une guerre contre une civilisation qu’ils espèrent éradiquer, comme ils éradiquent déjà toute liberté dans les contrées où ils sévissent, conspuant par là-même l’Islam, les valeurs sacrées du Coran et tous les musulmans.

Ce soir, dans ma Ville Rose, je me souviendrai que Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Michel, Bernard, Elsa, Moustapha sont morts debout, en scène, comme Molière, défendant les idées de notre République quand Dieudonné les roule dans la boue de ses infâmes quolibets. Les idées de la liberté, alors que le pseudo « humour » de ce prétendu comique ne s’en prend qu’à de mêmes cibles. Je me souviendrai de la barbarie de ces armes de guerre faisant exploser notre jeunesse et nos convictions, notre insouciance et nos rires.

Ce soir, dans ma Ville Rose, je me souviendrai que l’innocent Frédéric, qui veillait à la maintenance d’un journal, a été tué par les bouchers dont Dieudonné a souvent fait, dans ses spectacles, l’apologie.

Ce soir, dans ma Ville Rose, je me souviendrai que Ahmed, un musulman achevé, à terre, par un prétendu porteur de la parole d’Allah, tout comme Franck, son collègue policier, tout comme Clarissa, abattue, de dos, policière municipale, sont mort au service de notre République, les armes à la main, morts pour que nous puissions vivre libres, nous tous, citoyens de France. Ils sont morts sous les balles de ceux avec lesquels Dieudonné a pactisé en se rendant dans des pays où cette apologie du crime est ouvertement diffusée, tout comme il diffuse depuis des lustres une parole haineuse, incitant à la guerre civile et aux débordements.

Enfin, je me souviendrai tout particulièrement, dans ma Ville Rose, des quatre victimes dont nous ne connaissons pas encore le prénom, mortes simplement car elles faisaient des courses dans un hypermarché Casher et qui, comme l’écrit la Dépêche, « étaient sans doute juives ». Ne le seraient-elles pas, le problème reste le même : elles sont mortes, assassinées, par un individu ayant délibérément ciblé un symbole de la communauté juive pour y commettre ses crimes, tout comme un certain Mohamed Merha a froidement abattu, dans ma Ville Rose, en mars 2012, quatre enfants juifs et un rabbin, tirant une fillette de 8 ans par les cheveux avant de lui mettre une balle dans la tête. Dieudonné, ce prétendu humoriste que moi, Sabine Aussenac, simple professeur d’allemand et écrivain du dimanche, je considère comme un terroriste, a, depuis des années, fait l’apologie d’un antisémitisme primaire et violent, conspuant la Shoah et l’ensemble de la communauté juive.

 

Oui, ce soir, dans ma Ville Rose, 17 victimes du terrorisme vont mourir une deuxième fois.

Ce soir, je serai Charlie, je serai Ahmed, Franck, Clarissa, et je serai juive, moi qui ne le suis pas.

Dieudonné était déjà venu à Toulouse il y a quelques mois, j’avais écrit ce texte qui a été repris dans la Voix du Midi :

http://www.voixdumidi.fr/dieudonne-a-toulouse-tribune-libre-dune-toulousaine-revoltee-25908.html

 

« Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi de ce 19 août 1944, quand ta Ville Rose a été libérée du joug de l’Occupant nazi. Souviens-toi du ciel bleu et de ta France aux yeux de tourterelle, au sol semé de héros. Car ils s’étaient levés, les Forain-François Verdier, les Alain Savary, pour dire non à l’ogre brun, celui qui dévorait nos enfants juifs déportés vers les Camps.

Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi de ta ville qui, au fil des siècles, ouverte comme une paume aux souffles de la mer, a su, passerelle entre les peuples et les civilisations, se dresser contre le mal et les obscurantismes. Dame Carcasse et toutes les Esclarmonde ont lutté, depuis leurs remparts, contre les contempteurs de cathares, et tu étais là, toi, Toulousain, pour dire ce qui, alors, te semblait juste. Plus tard Jean Calas criera son innocence, et ta brique rose tremble encore de l’injustice et des procès.

 

 » Toulousain, ton histoire mûrit au soleil de la diversité… «    

Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi de ta culture, de l’audace et du chant doublement habitée ! Toi, dont la ville a accueilli la première Académie, l’Académie des Jeux floraux, dans cette terre d’Oc riche de nos troubadours et de l’inaliénable Aliénor. Toi que Garonne a bercé de ses ondulations de femme libre, toi qui sait aller, grâce à Riquet, des effluves océanes jusqu’aux garrigues aux cent cigales, le long du Canal aux eaux vertes que Pagnol a si bien chantées, toi dont l’histoire mûrit au soleil de la diversité, souviens-toi que tu es un homme libre.

Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi que l’on vient de loin saluer dans ta ville tes audaces, tes richesses, tes intelligences, quand les grands avions volent vers l’avenir et que le peuple est habile à ces travaux qui font les jours émerveillés…Toulousain, ta patrie c’est Airbus, c’est ce partage entre les nations, quand l’Europe s’unit pour oublier les armes, c’est cette ville arc-en-ciel, aux couleurs du partage, ce témoin qu’il ne tonnera plus, plus jamais.

 

 » Toulousain, souviens-toi que nous sommes des juifs toulousains depuis ce 19 mars 1962 «    

Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi qu’il y a deux ans un homme a tiré des enfants juifs et leur père comme des palombes s’envolant dans l’Autan, avant de faire éclater la tête d’une fillette aux boucles bondes qui s’appelait Myriam. Souviens-toi du soudain silence des harpes, quand notre Ville Rose devint blême à nouveau, blême de honte, noire de colère, quand nous fûmes des milliers à dire notre indignation et nos tristesses de voir que la paix avait abandonné à nouveau notre nid ! Souviens-toi que nous sommes tous des juifs toulousains depuis ce 19 mars 2012.

Toulousain, souviens-toi ! Souviens-toi de ta ville fière depuis des siècles, de toutes nos églises et de leurs angélus, des ouvriers d’Espagne accueillis en héros, de cette brique rouge qui sonne les révoltes, de Garonne qui gronde comme un peuple debout. Souviens-toi de cela, le 22 février, lorsque tu auras cette envie d’aller voir Dieudonné. »

 

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2015/01/09/je-suis-pays-de-france-et-je-me-tiens-debout/

 

Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Je suis la passerelle

 

entre peuples lointains,

 

un creuset des sourires,

 

un infini destin.

 

Je suis le garde-fou

 

contre l’intolérance,

 

ce grand phare qui brille,

 

un flambeau qui jaillit.

 

Je suis la vie qui danse

 

en immense rivière

 

de nos espoirs dressés.

 

 

 Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Je suis l’enfant qui joue

 

à ses mille marelles,

 

regardant ces ballons

 

aux éclats d’arc-en-ciel.

 

Je suis l’aïeul qui tremble,

 

son regard ne faiblit

 

quand mémoire caresse

 

les fiertés de sa vie.

 

Je suis femme au beau ventre

 

palpitant d’espérance.

 

Tout enfant en son sein

 

sera nommé Français,

 

elle est la Marianne,

 

et elle nous tient la main.

 

 

Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Tu as voulu salir

 

tous nos siècles de lutte,

 

croyant que de tes fers

 

tu ôterais le jour.

 

Tu as en vrai barbare

 

conspué l’innocence,

 

éventrant d’un seul geste

 

une nation de paix.

 

Mais nulle arme ne peut

 

gommer nos insolences,

 

nul canon ne saurait effacer

 

ces couleurs, ces dessins magnifiques,

 

ces libertés qui dansent,

 

et nul boucher ne fera de nos cœurs

 

des agneaux.

 

 

Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Tu es ce porc ignoble qui

 

attend les cent vierges

 

en violant tant de femmes

 

dont tu voiles les corps.

 

Tu es coupeur de têtes,

 

tu es sabre levé, tu es balle qui tue,

 

mais tu ne comprends pas

 

que tout ce sang versé ne devient que lumière.

 

Tu attends paradis

 

mais iras en enfer,

 

car ton Dieu punira toute ta route impie.

 

 

Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Je suis le poing levé,

 

quand de douleur intense

 

d’un pays tout entier le cœur

 

s’est arrêté.

 

Je suis la place immense,

 

un vaisseau de courage,

 

un grand galion qui vole,

 

en espoir rassemblé.

 

Je suis la dignité, le partage et l’audace,

 

je suis mille crayons

 

qui dessinent soleils,

 

je suis cette ironie au devoir d’insolence,

 

je suis million de pages,

 

et le feutre qui offre

 

ces immenses fous-rires,

 

je suis l’impertinence,

 

comme une encre jetée

 

pour amarrer demain.

 

 

Je suis Pays de France,

 

et je me tiens debout.

 

 

Dédié à Cabu, Wolinski, Charb, Frédéric, Ahmed, Franck, Elsa, Michel, Bernard, Honoré, Tignous, Moustapha, Clarissa, et aux victimes dont j’entends parler à l’heure où j’écris ce texte, dans l’épicerie casher…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis Charlie ou l’Invincible été #Charlie #CharlieHebdo #attentats #Paris

Ce texte a été repris par « Opinion Internationale » suite à l’entretien avec Pascal Galinier, médiateur au Monde…

« « Je suis Charlie ou l’invincible été »

Opinion Internationale publie un des commentaires des lectrices(eurs) du Monde : Sabine Aussenac, professeure d’allemand à Toulouse, a posté sur son blog du Monde le 8 janvier 2015 le texte « Je suis Charlie ou l’invincible été », véritable appel à la solidarité et à la fraternité, un appel à la réunion plutôt qu’à la division. »

https://www.opinion-internationale.com/2015/07/15/qui-est-vraiment-charlie-lexigence-de-retisser-le-vivre-ensemble-entretien-avec-pascal-galinier_35968.html

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus, foule et plein air

Il paraît que demain Notre-Dame sonnera le glas pour eux. Et que Pape François lui-même aurait condamné l’attentat…

Le Pape, le glas !! Imaginez la tête de Wolinski et Cabu en voyant ça !! Avec la dernière Une de Charlie-Hebdo montrant l’accouchement très peu glamour de la Vierge…

Pas plus tard qu’avant-hier, fiston et moi avions repéré un attroupement de jeunes des Quartiers devant une colonne Morris. Ils riaient très fort, montraient un dessin, et, intrigués, nous sommes donc allés voir l’objet de leur hilarité : la Une de Charlie ! Visiblement, cette attaque-là ne « les » dérangeait pas…

Comme j’eusse aimé en voir, des amis des Quartiers, au Capitole, ce soir…Si tous les kébabs de Toulouse avaient fermé pour venir témoigner leur solidarité…Si tous les gamins de nos cités étaient « descendus en ville »…

Heureusement nous étions déjà très, très nombreux. Superbe slogan que celui que Charlie vient de publier sur les réseaux sociaux : « 12 morts, 66 millions de blessés. » Oui, le pays tout entier s’est relevé, au lieu de s’agenouiller devant la barbarie. Les gens se sont parlé, spontanément, au-delà même des milliers de relais et de partages sur les réseaux sociaux. Ce petit garçon qui m’a interrogée en déchiffrant ma pancarte « Je suis Charlie » dans le bus, à qui j’ai expliqué que des Méchants avaient tué des Gentils et que j’allais soutenir les Gentils ; ce jeune Manouche qui a attendu une heure devant la caméra de France 3, espérant passer aux infos, tout en m’expliquant les différences entre Roms et Manouches, prétendant être le cousin de Kenji machin et en avouant avoir peur d’une guerre ; des « contacts » Facebook ou Tweeter, que je n’avais jamais rencontrés « in real life », et qui m’ont reconnue…

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Je me demandais, en entendant la foule frapper dans les mains lorsque des journalistes ont accroché une bannière au balcon de la Mairie, en découvrant ensuite, aux infos, les immenses rassemblements dans les autres villes, si les choses auraient été différentes si, après les atrocités innommables commises par Merah en 2012, le pays tout entier avait réagi avec une telle ampleur. Car je n’oublie pas que notre Ville Rose a déjà vu, hélas, des hommes et des enfants tués à bout portant par un barbare, et que nous sommes particulièrement sensibles à cette répétition de l’Histoire…Peut-être a-t-il fait défaut, cet élan de solidarité, après les attentats de Toulouse et Montauban, lorsque certains ont stigmatisé la « Communauté » en faisant de maladroits amalgames entre sionisme et judaïsme, en banalisant ces attaques qui pourtant, déjà, avaient frappé la République au cœur…

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/myriam_1_b_1371928.html

Et ce soir, c’est bien plus qu’une communauté religieuse qui a été visée, c’est l’âme de notre France des Lumières, c’est le fameux « esprit français », c’est l’héritage des gazettes et des caricatures de Daumier alliés au courage des Jaurès, de Gaulle, Jean Moulin… Oui, nous sommes tous des Charlie, des Français attachés à nos libertés, à notre libre-arbitre, à nos droits. Bien sûr, certains plus que d’autres…Traversant le centre commercial, ma pancarte maladroitement serrée contre le manteau, essuyant au passage quelques quolibets de jeunes désœuvrés, (« Et moi je suis Paul », « Moi je suis Ahmed »…), je me suis aussi demandé comment certains ont pu avoir le cœur de faire les soldes…J’ai pensé aux années trente, à mes élèves que je dois demain amener voir « Les Héritiers », et à ces millions d’Allemands qui, eux aussi, peut-être, vaquaient tranquillement à leurs occupations quand des juifs et des communistes prenaient des balles dans la tête au coin de la rue…

L’image contient peut-être : 1 personne, debout

Mais il est clair que toutes les tendances politiques, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, ont compris la gravité de la situation. Une nuit noire est tombée sur les lumières de la démocratie, et nous pleurons notre propre mémoire, celle qui nous rappelle nos fous-rires devant les planches désopilantes de Cabu et Wolinski, quand nous achetions des BD que nous lisions ensemble…C’est mon ex-mari que j’ai appelé dans l’après-midi, après avoir éclaté en sanglots en apprenant le nom des victimes. Malgré des années de divorce, de déchirements, d’insultes, de guerre autour de nos enfants…Parce que c’est bien ensemble que nous lisions ces bulles de bonheur, de légèreté, de dérision, pas toujours politiques, mais tellement anticonformistes, tellement libres…Soudain, j’ai eu 20 ans, et c’est cela que j’ai expliqué à mon fils ce soir, ce lien quasi familial qui nous liait à ces dessinateurs : ils faisaient  partie de nos vies depuis si longtemps, et nous avaient appris le devoir d’insolence…Je lui ai demandé d’imaginer sa réaction si, dans 30 ans, il apprenait que des terroristes avaient abattu un Yann Barthes, un Maxime Musca, ou une des voix des Guignols qu’il aime tant…

Certes, c’est loin d’être le premier attentat meurtrier qui défigure notre liberté. J’ai eu l’honneur de rencontrer Françoise Rudetzki au dernier dîner du CRIF, et parlé aussi à Latifa, la maman d’un des soldats tués à Montauban, si engagée dans le rapprochement entre les communautés. Mais les tueurs, aujourd’hui, ont eu des gestes rappelant réellement ceux des pires dictatures, comme celui de demander le nom des victimes avant de les abattre sciemment, comme ont pu faire les nazis en désignant des juifs, ou des terroristes dans des avions en éliminant des Américains ou des Israéliens…Et cet attentat dont les témoins ont dépeint les véritables « blessures de guerre » fait de chaque Français un soldat.

Un soldat de la liberté. Un soldat de la paix. Un soldat de la République. Nous devons devenir des Veilleurs, des Gardiens du phare de la Démocratie, des porteurs de flambeau. Car comme le proclamait fièrement et crânement Charb, « mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux ». Cependant, n’oublions pas qu’il disait aussi qu’il n’avait pas l’impression « d’égorger quelqu’un avec un feutre »…

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/09/20/je-n-ai-pas-l-impression-d-egorger-quelqu-un-avec-un-feutre_1762748_3236.html

Alors dessinons, nous aussi, le visage de la liberté et de l’humour. Osons rire, parler, nous moquer, faire face. Car le moment est venu, vraiment, de tenir chaudes les braises du courage et de l’honneur, afin de ne pas céder au feu des émotions et de la vengeance. Ne stigmatisons pas les innocents, mais réfléchissons à des solutions qui permettront un vivre-ensemble pacifié. En même temps, ouvrons aussi les yeux sur les dérives si multiples que nous ne les voyons plus, sur les cités devenues des poudrières à islamistes, sur les femmes avilies et soumises aux diktats d’un pseudo Islam prônant le mépris du corps de la Femme, sur les brèches de plus en plus nombreuses qui permettent à des zones de non droit de polluer les règles de la République.

Il convient, avant tout, d’éduquer, d’intégrer, de pacifier. Le ver est dans le fruit, mais chaque dessin de presse, chaque écrit, chaque discussion est comme une fleur de cerisier qui s’envole dans le vent, à la rencontre du soleil.

N’en doutons pas un seul instant : il reviendra, le temps des cerises, des merles moqueurs de Charlie-Hebdo et des gais rossignols qu’étaient ces papys qui faisaient, de la pointe de leur humour, cette incroyable résistance !

J’aurai enfin une dernière et infinie tendresse pour vous tous: pour vous, mes Cabu, Wolinski et Charb adorés, et pour aussi Tignous et Honoré, les dessinateurs de talent,  pour Elsa, la psy chroniqueuse, pour Bernard, le Toulousain à l’économie déjantée, pour Michel, l’Auvergnat qui aimait les voyages, pour Mustafa, le correcteur qui venait de recevoir la nationalité française, pour cet « agent de maintenance », Frédéric, qui est mort en soldat inconnu, et surtout pour Franck et Ahmed, les deux policiers dont je salue le courage.

« Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été ».

Albert Camus.

Mes mauvaises résolutions

Mes mauvaises résolutions

 

 Villa Amalia

En premier lieu, le ménage. Il est temps, puisque j’ai allègrement dépassé le quart de siècle, que mes gènes teutons fassent enfin leur digne coming out : désormais, l’appartement dans son ensemble devra briller comme une suite de palace.

Ce sera le Grand Jeu ou rien ; soupçons de poussières traqués in utero, petits savons dits d’invités dans des coupelles art déco, et même la gamelle du chat sera nettoyée régulièrement (avec une éponge réservée à cet effet, natürlich !)

A propos du chat, ces vacances d’hiver, propices à la méditation et aux illuminations existentielles, m’ont apporté la clef, le chaînon manquant à notre cohabitation : bon sang mais c’est bien sûr…Un bac se nettoie tous les jours-un peu comme on tire la chasse, in fact. Bon, soyons explicites : un bac, ce n’est rien plus que les fameuses toilettes sèches chères à nos écolos.

L’appartement, ainsi, ressemblera définitivement à ces endroits cosy qui semblent gérés exclusivement par les sept nains, ou, à défaut, par trois générations de portugaises maniaques -une pensée émue pour Dina, la seule femme de ménage que j’ai employée dans ma longue vie de labeur et qui, mélancoliquement, dans notre exil commun dans les plaines de Belgique, me murmurait:

–     Ah, Madame Chabine, la jabel, moi, ché braiment moun parfoum préféréch…

En fait, l’idée de base, c’est de rentrer après le trabail -oups, pardon, je reprends mon accent- le travail, donc, et d’avoir l’impression de revenir dans la délicieuse chambre d’hôte si chaleureusement conseillée par les guides…Oui, si vous suivez mon raisonnement, c’est tout bénef :

– Premièrement, vous économisez la femme de ménage ET la salle de gym -les escaliers du duplex patinés à la cire d’abeille, je vous jure, ça vaut deux heures de step- et vous vous refaites une sangle tout en gardant les chèques emploi service pour, je ne sais pas, un petit jardinier polonais ?

– Deuxièmement, vous économisez le dit week-end en Relais et Châteaux, puisque l’hôte, c’est vous…

Ensuite, le sport, justement. Cette année, je serai ferme. Je n’irai PAS à la Fête du sport de my little town, pour arpenter, hagarde, sous le soleil de plomb de l’été indien, une prairie desséchée où de gros gaillards s’agiteront dans tous les sens pour tenter de nous persuader, mon fiston et moi, de venir nous adonner à quelque sport à l’année…

Bon, je vous l’accorde, une telle demi-journée permet une transition visuelle agréable entre la plage et le bureau ; c’est vrai, ça et là, entre deux corps déformés par l’abus d’Armagnac et de foie gras, il reste la possibilité d’apercevoir quelque Adonis local.

Mais sinon, à quoi bon aller regarder les quinquas bedonnants du Club des Joyeux Randonneurs de Gascogne, ou les mini Pina Bausch en herbe frétillant dans leurs tutus ? Il est clair que j’ai passé l’âge heureux depuis longtemps et pas encore atteint celui de Compostelle….

Bon, ce n’est pas une raison pour racheter immédiatement du Nutella ! Je dois garder en mémoire ces lointaines heures estivales où je bravais courageusement la canicule pour arpenter les bords du Gers, en me persuadant qu’ils ressemblaient aux allées de Central Park… En plus, même en sachant que je croiserai tout au plus deux ou trois retraités gersois, je m’habillais über trendy pour mon footing, et je jure, je jure comme Scarlett devant Tara en flammes que je n’aurai plus jamais de ventre.

Mais à mon rythme.

Le régime et la gym, c’est si je veux, quand je veux. Cette année, donc, j’irai au marché. Parfaitement, et je n’en ai pas honte. Je préfère me priver d’acheter mon Cosmo ou mon Marie-Claire pour offrir à fiston de vrais repas colorés. Enfin, disons que ce serait une sorte de protocole, voilà. C’est comme pour l’appart, je veux avoir l’impression de déjeuner dans le restaurant quatre étoiles de la luxueuse clinique suisse. -chut, ne dites rien ; mais moi, je me fais mes auto injections de Nutella, ça remplace complètement le Botox.

Quant aux protocoles, tout le monde sait qu’ils sont modifiables… Alors, si un soir je renonce à la petite salade de crabe au pamplemousse et que je nous commande la super Quatro d’en bas -un plaisir des yeux rien qu’en la cherchant, tant le sourire du pizzaiolo est craquant…- j’aurais juste une délicieuse impression de vacances, là aussi… Vous me suivez ?

L’idée, c’est à la fois ce lâcher prise permanent ET cette ligne de conduite pérenne. Oui, il est là, le secret des bonnes résolutions. Un petit équilibre entre notre force et nos faiblesses ; le corps est le temple de l’âme, disait mon Saint préféré, Paul. Et l’âme doit se sentir libre, elle aussi…

Enfin, les liens sociaux. Hyper importants, les liens sociaux. Ben moi, fastoche : ma rentrée sociale, j’me la fais sur Facebook. Et puis tiens, je vais enfin adhérer à un parti, puisque je veux devenir euro députée. Chouette, c’est le double effet Kiss Cool, ce petit geste civique va m’éviter de perdre une journée de salaire dès la première grève, puisque on ne peut pas être sur tous les fronts, n’est-ce-pas ? Et puis franchement, perdre ma crédibilité d’enseignante en séchant mes cours dès la rentrée, non, c’est mission impossible.

Mais je promets aussi que je vais retourner dans la vraie vie. Finies, les nuits passées à parler de René Char avec de jeunes poètes, aussi talentueux soient-ils ; terminées, les journées où je scrutais mon écran toutes les dix minutes pour intervenir dans ce petit groupe d’intellos parisiens décalés. Je serai sage ; je vais me contenter du réel, m’intégrer dans le paysage local pour revenir à de vraies valeurs. Continuer donc à apprendre les prénoms de mes collègues comme chaque année, même si je sais déjà que je changerai de crèmerie l’an prochain…

Ce que je ne ferai plus, en vrac :

Utiliser 10 mugs dans la même journée pour mes thés et tisanes.

 Corriger mes copies devant Grey’s Anatomie, c’est trop dur, je suis trop tentée de saquer quand ça rame entre Derek et Meredith ; idem pour Medium, je suis tellement guimauve quand je vois vivre la VRAIE famille D’Alison Dubois que je mets des 20 à tout le monde…

Tricher dans le train et dire « Oh, j’ai oublié mon abonnement travail». A 54 ans, je dois absolument me convaincre de cesser ce petit frisson de l’interdit.

Shooter dans le chat, même très légèrement, quand il miaule plus d’une demi-heure après avoir déjà eu sa ration de croquettes bio.

Boire plus de 25 tasses de café par jour. Investir plutôt enfin dans une vraie machine que quand tu te fais un kawa c’est Dgeorges que tu vois dans le marc virtuel, comme ces images au fond des verres de saké…

Mettre les Gipsy King à fond; il n’est pas certain que mes voisins les aiment et ils ne savent pas forcément que cela m’aide à me concentrer lorsque je vide le bac du chat.

Écouter France Info plus de 15 minutes, voire plus, jusqu’à être capable de réciter les flashs aussi bien qu’une poésie de Maurice Carême. Basculer plutôt sur « Lahaie, l’amour, la vie » en faisant la vaisselle du midi, ça m’évitera de mourir coincée et me permettra de briller dans les soirées en donnant des adresses coquines du fin fond de ma campagne.

Ne PAS m’épiler les jambes sous prétexte que je suis « hors ligne ». Oui, on ne sait jamais. Toujours être habillée comme si Karl Lagerfeld annonçait un passage en revue de ma garde-robe. M’appeler moi-même « Ma Chééérie » comme l’autre cruche et admettre enfin ma ressemblance frappante avec Sharon Stone.

Ce que je vais tenter de faire, en vrac aussi :

Mieux trier mes ordures.

Vraiment. Pas seulement de temps à autre, en visant la bonne poubelle. Ne pas mentir à mon fils en lui disant que j’ai rapporté les piles…

Lire vraiment mes classiques au lieu de me dire que je le ferai à la retraite, parce que là, comme c’est parti, quand on arrivera à la retraite, on aura du mal à distinguer Julien Sorel de Raskolnikov, avec ou sans nos progressifs.

Je relis donc Proust, Hugo, et en même temps je me mets aux « loisirs créatifs » et j’apprends enfin à tricoter : je fais des chaussettes pour les petits prématurés du Brésil.

Lire le Monde, aussi. Non, je n’ai pas dit « acheter », ça, ça m’arrive chaque jour, puisque je suis abonnée…J’ai bien écrit « Lire ».

Ne pas passer tous mes WE enfermée, sous prétexte que je n’ai pas un sou en poche, ni le permis.

Aller à Paris. Le dire, le faire, et recommencer. Parce que la vie, la vraie, se passe statistiquement aux endroits peuplés, nantis de théâtres, de librairies, de quartiers, de rencontres.

Aller à la mer.

Sans rien. Aller à la plage en maillots et en tongues, même sans serviette, et si possible sans enfants, panier, goûter, crème solaire, ballon, livre, portable, monnaie pour les beignets, maillot de rechange, parasol, couche de rechange-bon, ok, je n’ai plus de nourrisson, c’est dans l’absolu-, bouteille d’eau, petits jus.

Juste aller à la plage, regarder, nager, se coucher à même le sable, sentir.

Aller à la montagne.

Sans rien. Aller à la montagne avec une bonne paire de chaussures, une carte et un chapeau-un bonnet selon la saison. Et surtout sans enfants, sacs, deux mille barres de survie, bâtons que je porte, guide des GR, pique-nique débordant…

Optimiser ce site de Couch Surfing sur lequel je me suis récemment inscrite, aussitôt harcelée par dix célibataires de villes de mon propre département voulant venir visiter la Gascogne ; aller voir les fiches des Finlandais, plutôt. Ou des Ibères, c’est plus près (et puis je ramènerai du Moscatel et du Touron-très bien, aussi, pour les injections, le Touron)

Travailler cette idée du lancement d’un MAXI SEXY CENTER dans mon ancien département d’adoption.

Car le foie gras, c’est has been, non?

Faire faire des cartes de visites ciblées, les garder dans des petites pochettes et les distribuer.

Sur la carte pro, bien mettre un titre ronflant et une super photo, et la donner le plus souvent possible, ne pas oublier les liens internet, et ne pas hésiter à aller au-devant des possibles. Bien sûr que ça existe, des profs qui quittent l’Education Nationale…

L’autre carte, celle où il est écrit « I’m free, what else? », je la donne comme ça, au feeling, je la tends à cet inconnu croisé au parc et qui a un si beau regard, je la dépose sur le siège de mon voisin de train qui est plongé dans la lecture de Baudelaire-si si, ça existe, aussi!!!-, et je m’épargne ainsi les 39,90 euros de l’abonnement Meetic.

Tiens, à propos Meetic, je blackliste illico toute personne faisant plus de 5 fautes d’orthographe par ligne et je me mets à faire des recherches par mots-clefs.

La quête de l’Homme doit se pratiquer avec la rigueur d’une recherche universitaire.

Je regarde les émissions intelligentes.

Je ne zappe pas quand je vois Arlette Chabot ou Yves Calvi.

Ils sont aussi respectables que Cauet et ont DROIT à leur part d’Audimat.

D’ailleurs j’arrête de regarder » Miss Swann », de toutes manières je n’aurai JAMAIS le courage de m’attaquer chirurgicalement à ma ptose abdominale, et il est HORS DE QUESTION que je me transforme en Barbie.

Et surtout :

J’admets que ma PREMIERE OPERATION esthétique a été une erreur, et j’assume enfin la joie de ma transformation:

Avant, j’étais blonde à forte poitrine, aux yeux bleus, 95/60/95, je mesurais plus d’un mètre 75 et je chaloupais des hanches et du regard.

Aujourd’hui, je porte de grosses lunettes, je mesure un mètre 60 pour 60 kilos, mais je dois être heureuse avec ce nouveau corps et cesser cette nostalgie ridicule. J’ai droit à ma différence.

En fait, cette année 2015 et mes bonnes résolutions, je voudrais les vivre comme un discours de notre ex-Ségolène, droite dans ma robe de bure blanche, lumineuse et habitée par la grâce :

Ensemble, nous serons ! Ensemble, nous agirons !

Oui, ensemble, c’est tout.

 

2014, à la Georges Perec.

 

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Je me souviens de la liesse teutonne et de ce « Nous sommes le peuple », et j’ai aimé cela. L’Allemagne championne du monde, pacifiquement.

Je me souviens du sourire d’Hervé Gourdel. Et je refuse de me souvenir de celui de ses bourreaux.

Je me souviens de la tête baissée d’Oscar Pistorius.

Je me souviens du concert des lycéens de mon fils et des filles qui scandaient son prénom.

Je me souviens de mes hurlements de rire devant « Qu’est-ce-qu’on a fait au Bon Dieu ? »

Je me souviens des hurlements des proches des passagers de l’avion disparu de la Malaysian Airlines et de l’avion abattu en Ukraine.

Je me souviens du ridicule de ce scooter et de l’odeur rance de ces croissants. Et de « ce moment ».

Je me souviens de Oh Capitaine, mon Capitaine, et de mon émotion.

Je me souviens de Udo Jürgens, fringuant et attachant au soir de ses 80 ans, avant de disparaître quelques semaines plus tard.

Je me souviens du mot Zadiste et de ma colère devant la récupération des idéaux de certains, jusqu’à la mort de Rémy.

Je me souviens des dizaines de femmes mortes cette année sous les coups de leur compagnon, et de tous ces enfants tués aussi. Je me souviens de cet élève de mon collège, abattu d’une balle de gros calibre par son père, durant la pause déjeuner.

Je me souviens des yeux brillants de Malala qui recevait son Prix.

Je me souviens de ce premier paiement de la pension alimentaire attendue depuis 4 ans.

Je me souviens de Dieudonné, de ma colère et de sa connerie.

Je me souviens de mon premier prix à ce concours de nouvelles.

Je me souviens des sourires de mes petits sixièmes et de leur première chanson en allemand.

Je me souviens de notre inquiétude pour Schumi.

Je me souviens de ma propre chute fin août, et des apprentis plombiers qui m’ont secourue avec une échelle par la fenêtre. Cette fois j’avais mis les mains, je ne m’étais pas cassé le nez.

Je me souviens du dîner du CRIF et de ma rencontre avec Latifa, Manuel, Arié.

Je me souviens du tweet de Bernard Pivot et du coup de fil de Pierre Santini.

Je me souviens des épisodes de Fais pas ci fais pas ça, Profilages, Alice Nevers

Je me souviens que je suis montée à Lutèce et que j’ai marché sur les traces d’Alice Nevers. Je me comprends. Et je me souviens de mon sourire il y a quelques jours, en apprenant que…

Je me souviens de ma découverte des polars scandinaves.

Je me souviens de cette promenade dans Cordes sur Ciel presque déserte, et du Musée du Catharisme.

Je me souviens du Violon d’Ingres à Montauban, et des enfants courant nus dans le miroir d’eau du Capitole.

Je me souviens de mon oncle octogénaire expliquant la Résistance à mon fils, et je me souviens de la commémoration de Toulouse, la Résistante.

Je me souviens des ricanements de certains élèves regardant le Journal d’Anne Frank.

Je me souviens des cohortes de réfugiés syriens et des centaines de migrants morts en Mare Nostrum.

Je me souviens de mon invitation au Printemps des Poètes en Guadeloupe.

Je me souviens des mains de David Lively au festival de Piano aux Jacobins.

Je me souviens de 2014 et je vous souhaite un an neuf lumineux et tendre, impétueux et engagé, apaisé et serein.

https://www.youtube.com/watch?v=55HcPt_pcGc

 http://ateldec.chez.com/00002000/

Merci, Chéri(e)…Udo, Joe, et les autres…

Merci, Chéri(e)…

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 « Ich will alles sein, nur niemals brav und bieder, bis ans Ende meiner Lieder »: Je veux être tout, mais jamais sage ni bourgeoisement ennuyeux, jusqu’au bout de mes chants »

Bien sûr, ce soir, nous avons appris le départ de Joe Cocker. Et il y en aurait tant, des rivières à traverser, et des amis à aider, et des chanteurs à pleurer…

Mais je viens vous parler d’un autre « vieux chanteur », en ces périodes un peu étranges où certains font de tonitruants come back en montant sur scène ou en sortant des albums comme si les années n’avaient pas de prise sur leurs voix éternelles – comme notre icône Johnny, comme nos chers Stones, comme ce bon vieux Leonard qui languit toujours sa Suzanne…- quand d’autres bataillent pour survivre, comme mon si cher Michel Delpech, qui a arpenté les plateaux télé avec sa voix éraillée et son cancer en bandoulière, qui dispute à sa foi nouvelle ce retour discret et si bouleversant…

https://www.youtube.com/watch?v=k53cRAkDuII

Hier, c’est Udo qui est parti, Udo Jürgens. Oui, je sais, ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, amis lecteurs, qui de la variété allemande connaissez tout au plus Camillo et son « Sag warum » – si vous êtes de la génération Camping des Flots Bleus-bettitte hallemande draguée dans les Tunes de zable…- ou Nena et ses « 99 Luftballons » – si vous êtes de la génération 80, la dernière ayant connu des classes d’allemand normales, avec plus d’élèves que de professeurs…

Mais si, souvenez-vous…Il en avait, de l’endurance, notre Udo, qui s’y est pris à trois fois pour remporter, en représentant l’Autriche, le concours de l’Eurovision, avant de tirer le gros lot avec l’inénarrable Merci, chérie, en 1966…

https://www.youtube.com/watch?v=DQZZJIIt9tA

L’orchestre, toujours. Udo était symphonique. Il a su, au long de son immense carrière, attirer jusqu’à 220 000 spectateurs pour son concert de Vienne, en 1992, toujours lui-même au piano, éternel crooner nordique, son charisme à la Julio s’alliant à son internationalisme, puisque comme notre Grand Charles il a chanté avec les plus grands, en toutes les langues.

https://www.youtube.com/watch?v=QATTrK4h5Nc

Mais surtout en allemand. Et c’est important de savoir que la « variété » occupe aussi une place importante outre-Rhin, avec de grands chanteurs à la carrière aussi internationale et puissante que nos Henri Salvador ou Charles Aznavour.

Udo avait soufflé tout récemment ses 80 bougies, en grandes pompes, sur la chaîne ZDF. Hélène Fischer avait repris le célèbre tube qui l’avait propulsé sur la scène internationale :

https://www.youtube.com/watch?v=VOEAANdAN8g

Il présentait beau, notre Udo, grand seigneur encore, plein de projets et de prestance…

https://www.youtube.com/watch?v=Sv_thtzoebg

« I can, I will », tout à l’inverse du dernier opus si sombre d’un Johnny Cash portant sur sa vie un regard tout en désespérance dans « Hurt »…

https://www.youtube.com/watch?v=3aF9AJm0RFc

Je m’étais souvenue, en regardant l’émission, des disques écoutés sur le canapé de mes grands-parents allemands, et du sourire de mon grand-père en reprenant « Griechischer Wein », ce tube louant les métissages d’une Allemagne ayant enfin dépassé les années de plomb…( La chanson  parle d’une belle soirée dans un restaurant grec…Et elle est d’une telle portée symbolique en ces heures noires où « PEGIDA », le mouvement populiste, proche du FN, est en train d’envahir l’outre-Rhin en écho à la terrible peste brune…)

https://www.youtube.com/watch?v=55HcPt_pcGc

Udo Jürgens est mort hier, et Joe Cocker le lion est mort ce soir.

Nous pleurons deux étoiles.

https://www.youtube.com/watch?v=EyTzBnk3ilg

« Many rivers to cross

 

 

Hypokhâgne, janvier 1978.

Un bar enfumé, quelque part dans le vieux Toulouse.

Nous sommes en mai…

« Encore un printemps de passé, je me souviens de ce qu’il y eut de tendre »…

Véronique et moi sommes assises en face l’une de l’autre, un peu jeunes encore, agnelles presque effarouchées devant tous ces loups de la nuit toulousaine, perdues au milieu du bruit et de la fumée…Téléphone hurle dans l’hygiaphone, nous découvrons les « tapas » et faisons semblant d’aimer ce drink obligé qu’est la vodka orange. Nos amis de la clique des « bagnérais » en sont à leur troisième tournée, les blagues se font lourdes…

Je suis atrocement triste. D’un côté de la table, Pierre. Je viens de le rencontrer, je ne sais pas encore qu’il va devenir mon premier mari et le père de mes deux princesses. J’ai à peine dix-huit ans. Nous sommes sur le point de « sortir ensemble »…Nous sommes tombés doucement amoureux, au hasard d’une colocation, j’aime ses cheveux d’ange et ses grands yeux mordorés, et il craque sur mon look d’étudiante rebelle- longues robes indiennes, patchouli, et même Birkenstocks, bien avant Madonna !-

De l’autre côté de la table, Joshua, Josh, mon bel amant américain…Enfin, amant est un grand mot ! A l’époque, mes amoureux avaient droit à quelques furtives étreintes, à un petting genre banquette arrière de Chevrolet, et dormaient sur le tapis, au pied de mon lit de virginale hypokhâgneuse.

Josh venait de Dartmouth, je l’avais abordé en pleine rue. Juif bouddhiste, il jouait divinement du saxo, pratiquait la méditation transcendantale et citait Rimbaud et Heine dans le texte. Vers Noël, nous avions métissé nos désirs et j’avais goûté à ses charmes Californiens, me rêvant à Big Sur et me sentant prête à partir pour Ellis Island…Josh était incroyablement tendre et respectueux, je peux encore sentir la douceur de sa main se posant, telle une plume, sur la mienne…

Il était parti outre-Rhin, et, Pénélope volage, je n’avais pas su l’attendre…En fait, j’avais si peur de son « autre » départ, de son retour aux USA, que je m’étais réfugiée dans la banale certitude d’un amour intra muros, aux couleurs de brique rose…

Ai-je senti, ce soir-là, que mon destin basculait ? Que j’étais en train de choisir entre le Pacifique et Mare Nostrum, entre les communautés bohèmes de Greenwich Village et un lotissement en banlieue Toulousaine, entre les Rocheuses et la douceur du Lauragais ? Ai-je aussi pressenti que, sous le vent, quel que soit mon choix, ma vie ne serait qu’ouragans et naufrages ? Car je divorcerais, après 12 ans d’une union difficile, et Josh s’est ôté la vie quelques années plus tard, seul et épouvanté…

Toujours est-il que, soudain, quand Jimmy Cliff s’est mis à chanter de sa belle voix rocailleuse ses « many rivers to cross », ce sont des torrents de larmes qui ont jailli de mes yeux, à brûle pourpoint et sans raison apparente…J’avais dix-huit ans et je descendais soudain des fleuves impassibles, je plongeais dans l’eau froide des chalands et je voyais, comme Ophélie, l’infini terrible effarer mon innocence et casser mes espoirs…

Je me souviens de mes larmes, de Véro qui pleurait aussi, de nos sourires tout embrumés. Je me souviens de Véro qui m’a pris la main et l’a caressée doucement, sous les rires glauques et vulgaires des bagnérais. Je me souviens du regard lointain de Pierre, qui ne comprenait pas grand- chose, et, surtout, du regard intensément bleu de Josh, qui ne me quittait plus, de son sourire, de notre souffrance et de sa dignité, car il avait compris qu’il repartirait seul outre-Atlantique.

Grandir, c’est apprendre à choisir. Ce soir-là, j’ai préféré l’autoroute balisée au sentier de traverse, j’ai choisi la banalité alors que l’infini me tendait les bras…Ce soir-là, j’ai traversé seule la rivière, refusant la main de Josh, qui pourtant me tendait la vie, la vraie.

Je le regrette encore aujourd’hui. »

 

 

 

 

 

 

Le Noël des personnels et autres crèches…

 

 

 

Le Noël des personnels et autres crèches…

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http://www.bernis.fr/fr/actualite/42965/noel-personnel-communal

Lorsque j’étais enfant, papa m’emmenait toujours au « Noël des personnels » de son lycée. Je possède encore cette photo où, inquiète, je lève les yeux vers un Père Noël qui visiblement m’impressionnait énormément. Mais je me souviens aussi des cadeaux au pied de l’immense sapin installé dans le hall, tout comme j’ai en mémoire les classes décorées d’étoiles de notre école primaire, et les beaux bricolages de mes enfants lorsqu’ils étaient en maternelle.

Et les crèches…Ma grand-mère française me prenant par la main pour me montrer les joues roses de l’enfançon couché devant l’église, et mon père, il y a quelques années encore,  emmenant mes enfants en voiture faire le tour des crèches illuminant la petite ville paisiblement blottie dans les senteurs de Noël…D’aussi loin que je me souvienne, un immense sapin a aussi toujours dominé les places des nombreuses villes dans lesquelles j’ai habité : La Place Ducale de Charleville, le Vigan, à Albi, la Place du Capitole dans ma Ville Rose, la place de Jaude à  Clermont-Ferrand…Orné d’une étoile guidant les enfants vers leurs rêves, il veillait sur cette atmosphère souvent, c’est incontestable, trop commerciale, rappelant aux petits et aux grands l’origine sacrée de cette fête millénaire…

Ça, c’était avant.

Avant que des femmes ne viennent voiler nos libertés occidentales de leurs niquabs grillageant le soleil, avant que des petites filles de sixième ne refusent d’aller à la piscine sous prétexte que les garçons de leur classe iraient aussi, avant que la religion ne devienne un enjeu sociétal et n’obsède nos gouvernants, et, je le conçois, à juste titre, car je suis la première à m’inquiéter des multiples dérives qu’implique l’islamisation à outrance de nos sociétés, entre les cantines hallal et le petit guide du patient musulman, entre l’exportation du conflit judéo-palestinien et les souffrances extrêmes des jeunes filles issues de l’immigration, soumises à des mariages forcées, à l’interdiction de la jupe, etc, etc. Mais mon propos en ce deuxième Avent n’est PAS de hurler avec les loups du FN, non, je voudrais simplement mettre en garde le Législateur.

Car lorsque j’entends toutes ces polémiques autour des crèches qui n’auraient plus leur place dans l’espace public, je m’inquiète. Tout comme je ris sous cape en voyant fleurir, aux quatre coins de l’Hexagone, des manifestations autour de la Nativité qui, elles, ne semblent pourtant déranger personne…

http://www.letelegramme.fr/morbihan/lanester/marche-de-noel-le-personnel-municipal-en-fete-samedi-13-06-12-2014-10452162.php

Et il suffit de regarder en arrière pour se souvenir de l’harmonie et de la quiétude dans lesquelles nous vivions, en bonne entente avec les autres communautés religieuses. Force est de constater que la communauté juive, par exemple, n’a jamais interféré d’une quelconque façon sur le « Noël » français. Il existait même une connivence autour de nos sacralités communes, Noël et Hanoukka étant célébrés à quelques semaines d’intervalle. Les bouddhistes, attendant joyeusement leur Nouvel An chinois, n’ont jamais non plus omis de réserves au sujet de la fête de la Nativité. Quant aux athées, je ne pense pas qu’ils soient nombreux à « boycotter » Noël…Il est évident, même, que la plupart des citoyens français considèrent cette fête comme une simple « tradition » et empiètent le pas à ces réflexes commerciaux et familiaux, ayant bien souvent oublié le fameux « esprit de Noël » au profit des orgies gustatives et dépensières qui, entre chapon farci et IPhone 6, ont depuis longtemps relégué l’histoire de la naissance de Jésus dans cette modeste paille au rang de vague légende presque effacée des mémoires…

Longtemps, en témoignent les joutes joyeusement relayées par la littérature et le cinéma, les Pepone et  les Don Camillo se sont livrés à de petites querelles de clocher bon enfant, la figure tutélaire du Curé et celle de l’Instituteur à la Pagnol organisant théâtralement une France aux deux visages, dans laquelle les « Laïcards » bouffaient du curé tandis que ce dernier veillait sur des fidèles de plus en plus clairsemés, de l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir ; le Français en avait pris son parti , jonglant lui aussi avec la tradition, Janus d’un jour lorsqu’il s’agissait de faire bonne  figure catholique en traînant ses sabots devenus  Louboutins à la Messe de Minuit avant de plonger dans le foie gras et les huitres…Aucune polémique ne venait entacher l’espace public, hormis celle des contempteurs de fêtes qui en appelaient à l’ascèse et critiquaient les dérives commerciales, mais qui ne pesaient pas lourd face aux yeux brillants des enfants du monde entier !

Car Noël, n’en déplaise à ses détracteurs, est bien célébré aux quatre coins de la planète, et ce depuis plus de 2000 ans. Des bikinis australiens relevés par un joli bonnet de Père Noël aux chants sacrés du Noël orthodoxe, des gospels des petites églises baptistes aux cadeaux offerts par les familles musulmanes françaises à leurs enfants « pour qu’ils puissent eux aussi profiter de la tradition », -du vécu, je vous le promets-, la fête explose, illuminant les cœurs des hommes. Et en France, avant cette fameuse –et indispensable- loi sur la Laïcité, nous fêtions Noël, laissant nos amis juifs construire leurs cabanes pour Souccot, et nos amis musulmans égorger leur mouton pour l’Aïd, et les rayons des grands magasins se gorgeaient de cornes de gazelles à ce moment-là, et, l’un dans l’autre, tout le monde y trouvait son compte.

Je souhaiterais que la loi sur la Laïcité reste à sa place.

C’est bon, nous avons compris son message essentiel : pas de voile sur les photos de passeport, pas de crucifix dans les salles de cours, pas de buddha géant sur les places- euh…il y en a eu, un jour ?- c’est simple, direct et efficace.

Toute dérive supplémentaire devrait être honnie.

Les maires FN s’appuyant éhontément sur ce texte pour exclure des enfants musulmans des cantines devraient être voués aux gémonies électorales. Mais les maires Front de gauche ou prétendument dans l’air du temps en exigeant de bouter les crèches hors du Royaume de Navarre en arguant qu’elles n’y ont plus leur place exercent un abus de pouvoir ; ils confondent tradition et religion, et, si on écoute leur discours sectaire, dans quelques années, ils demanderont aussi l’abolition des « illuminations » de Noël, voire la suppression des jours fériés, voire même l’abandon des traditions culinaires.

Sus à la bêtise liberticide de quelques élus confondant tradition séculaire et rites religieux, élus qui sont les premiers à se taire lorsque une jeune femme juive est violée et rançonnée parce qu’appartenant à la communauté israélite ou à demander que les associations juives ne puissent pas manifester à Toulouse-du vécu- aux côtés des associations antiracistes…Élus qui sont les premiers à exiger des droits pour les étrangers issus de l’immigration, élus qui depuis 30 ans martèlent « touche pas à mon pote ! » tout en sapant les traditions culturelles françaises, élus qui accueillent à bras ouvert la « diversité » mais ne luttent pas contre l’antisémitisme et se taisent devant les massacres de chrétiens.

Cette année, les deux établissements scolaires dans lesquels j’exerce, l’un en tant que « personnel rattaché », l’autre en tant que professeur, organisent un « Noël des personnels ». Sont-ils hors-la-loi ? Comme les millions de Français qui emmèneront leurs bambins aux joues rosies par l’excitation au « Noël des impôts », ou au « Noël de la Mairie » ? Ouvrez les yeux, Monsieur le Législateur, et laissez-nous chanter les cantiques de nos enfances, et pas seulement dans le silence feutré des églises ! Laissez les sapins se dresser, pleins d’étoiles, laissez les gens se prendre dans les bras, laissez les marchés de Noël scintiller de gourmandises, et laissez les santons avancer vers la Sainte-Nuit de Noël ! Hier, à Toulouse, devant mon majestueux Capitole, une chorale baptiste était là, en accord avec la Municipalité, au cœur du vin chaud et des badauds ravis, applaudissant les gospels : était-ce un crime ?

Non. Car si vous interdisez les crèches, il faudrait AUSSI interdire :

  • Les Marchés de Noël envahissant l’espace public
  • Les « Arbres de Noël » des personnels
  • Les décorations des villes

http://www.luchonmag.com/VIDEO-Debut-des-Pastorales-de-Nadau–ce-week-end_a480.html

 Etc, etc…

Et, à ce compte-là, il faudrait aussi interdire les prédicateurs qui arpentent les places en brandissant des versets du Coran et demandent de l’argent pour des Mosquées-tous les dimanches, aux Puces de Saint-Sernin et, j’imagine, partout en France…

Nul n’a le droit de nous priver de Noël.

Cette fête est une fête du PATRIMOINE CULTUREL français. Et je demande dès aujourd’hui son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Suis-je bête : Noël est…déjà classé au patrimoine mondial !!

http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=fr&pg=00011&RL=00865

PS: ce vieux texte, écrit dans « Le Post »…

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/12/23/2666816_bon-anniversaire-p

Le ventre tendu de la femme faisait encore ressortir sa maigreur. Son visage émacié, défiguré par la peur, ressemblait à quelque masque antique. Les soldats entouraient le petit groupe de réfugiés, parlaient fort, hurlaient en faisant des mouvements brusques avec leur kalachnikovs. Deux fillettes avaient déjà disparu depuis la veille. Tout le monde savait ce qu’il était advenu d’elles, jetées en pâtures aux mercenaires assoiffés de vengeance…

Elle recula à petits pas. Son compagnon, qui avait réussi à échapper à la vigilance des soldats, embusqué derrière un buisson desséché, lui faisait de petits signes. Elle parvint à le rejoindre, et ils quittèrent le camp, passant de tente en tente.

Le lendemain, l’homme réussit à trouver un abri. Une case abandonnée, dans un village fantôme. Il avait même récolté quelques feuilles de bananier, qu’il déposa délicatement sur une couche de terre. La famine et la guerre avaient décimé toute vie. Mais lorsque la jeune femme revint, après s’être longuement accroupie sous l’unique arbre du village, seule, sans un mot, serrant l’enfant dans ses bras minces comme des fétus, l’homme sourit.

Il coucha le nouveau-né sur les feuilles, et vit soudain arriver trois enfants, les mains chargées de présents : une bouteille d’eau pour sa compagne épuisée ; un linge pour recouvrir le bébé ; une galette de mil pour lui.

Au ciel d’ébène si pur du Soudan dévasté, une étoile soudain se mit à scintiller. Aminata commença à chanter une douce mélopée. Sur le chemin qui menait vers la brousse, des dizaines de villageois étaient déjà rassemblés, sans peur et sans haine. La vie était revenue.***

La ville hurlait et bruissait et criait et grondait. On avait l’impression de vivre dans quelque cauchemar. Ou plutôt d’y mourir.

Mary gémit. Elle errait depuis des jours et des jours, de foyer en foyer. Jo, son ami, à bout de forces, lui aussi, toussait à perdre haleine. Ils avaient épuisé toutes leurs réserves, et la jeune femme sentait que sa délivrance était proche.

Soudain, elle eut une idée, et enjamba simplement une balustrade. Voilà. C’était là. Elle accoucherait dans Central Park. Elle eut le temps de demander de l’aide à une passante bienveillante, puis s’enfonça dans la nuit, suivie de son compagnon et de leurs chiens.

Jo réussit à crocheter la serrure de la vieille cabane de l’abri aux oiseaux. Il était temps. Mary s’effondra à même le sol, prise de douleurs. Leurs deux chiens se postèrent près d’elle, et il sembla à Jo que leurs corps efflanqués faisaient comme un rempart de dignité à son épouse.

Lorsqu’il tint le nouveau-né dans ses bras, au-dessus du braséro de fortune, alors que Mary se reposait un peu, il vit soudain comme un arc-en-ciel se dessiner dans la nuit new-yorkaise. Et cette lumière se confondit avec celle des phares de l’ambulance des services sociaux.

La neige avait déjà recouvert leurs traces, mais l’infirmier noir lui sourit en le félicitant. Il raconta en riant qu’une foule étrange s’était rassemblée devant les grilles, agenouillée et recueillie. « Hey, men, it’s amazing ! Is this boy the Lord ? My goodness, hey, I’m a muslim ! Shit ! »***

La mer, la mer allait revenir. C’était ce que sa grand-mère criait toutes les nuits, dans ses cauchemars. Mais Mako savait bien que ce n’arriverait plus. Elles étaient parties bien loin de la côté dévastée et de la Centrale…

Jôgo n’allait pas tarder. Mais Mako savait que les nouvelles seraient mauvaises ; elle avait entendu le poste. La radioactivité ne laissait pas de répit à leur avenir.

Et pourtant son ventre était rond comme un bol de thé retourné. Et elle sentait que le bébé allait naître, aussi sûrement que reviennent les fleurs de cerisier au printemps…

Jôgo et sa jeune compagne avaient perdu tous les leurs. Ils étaient seuls, et veillaient sur leur ancêtre. Cette nuit là, alors que la lune rouge éclairait le paravent, Mako poussa de toutes ses forces, comme le vent avait poussé la mer. Mais cette fois, c’est la vie qui revenait.

Des voisines arrivèrent au matin, en soques de bois et kimonos traditionnels, offrant à la jeune mère du riz parfumé, une branche de cerisier et un cerf-volant.

Elles racontèrent que des villageois s’étaient rassemblés durant la nuit, guidés par une étrange étoile. Il se murmurait que l’Empereur du Ciel était de retour. Au somment du mont Fuji, une neige immaculée berçait l’aube de ses tendresses.

Et de pays en pays, de ville en ville, de solitude en désert, de détresse en souffrance, la vie va et vient, en dépit des guerres et des hostilités ; et depuis plus de deux mille ans, des souffles chauds et des présents sont échangés au-dessus des couches de misère, et depuis plus de deux-mille ans, des étoiles guident les hommes vers des espoirs de paix.

Celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas restent frères. De Fukushima au pays d’Obama, au Sodan, en Corée ou à New York,  et ce depuis la nuit des temps…Les femmes font des enfants, au plus profond des camps et des barbaries, et les hommes élèvent et protègent ces petits êtres, et tant que des bébés naîtront, envers et contre tout, au plus noir d’une nuit de décembre, au cœur des haines et des persécutions, alors des étoiles nouvelles apparaîtront dans le ciel de nos terres.

Il est né, le Divin Enfant.

Happy Birthday, Djéseuss !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24 poèmes pour l’Avent!

Venez partager le calendrier de l’Avent poétique!

Dix décembre:

 

A4 Je me souviens du Petit Chose

 

Neuf décembre:

A4 Elle sera

 

Huit décembre (en retard, fiston malade!)

mu5hlILzF0sYiCygw1NbAxtjQvnP9B43OqM2prZUVG_kfDEK8R

Sept décembre, deuxième Avent!

 

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Six décembre, Saint-Nicolas!

A4 la peau douce A4

Cinq décembre!

L’enlèvement au sérail A4

Quatre décembre:

 

4A Je suis ta petite Françoise Sagan

Trois décembre:

A4 prends soin mon amour de la beauté du monde

Deux décembre:

A4 Cent roses blesséesmini

sainte lucie A4

Retrouvez-moi chaque jour, à partir du premier décembre, pour partager le calendrier de l’Avent poétique! Je posterai un texte et serai ravie d’y lire les vôtres! Je lirai tous les jours les commentaires et afficherai vos textes!!

Donnez aussi les liens vers vos œuvres, puisque Noël approche à grands pas! Ainsi, nous aurons une belle vitrine poétique comme autant de flocons de mots…

N’hésitez pas à diffuser cette farandole, et retrouvez-nous aussi sur la page Facebook de l’événement:

https://www.facebook.com/events/341852362684164/?fref=ts

Premier Avent!

Il est venu le doux temps de l’Avent

Humez frissons oyez clochettes

Joues cramoisies des petits enfants

Soleil timide tapi en sa cachette

Il est venu le doux temps du sapin

Piqué au vif par mille boules mises

Au gré des rires de tant de beaux lutins

Tout juste descendus de leur blanche banquise

Il est venu le doux temps des bougies

Lumignons vacillants à fenêtre embuée

Que la lumière soit en nos cœurs assagis

Et que nos mains tendues soient fête partagée

Il est venu le doux temps des parfums

Vin chaud cannelle sombre cardamone et gingembre

Mon marché de Noël ma maison aux embruns

Le pain d’épice aura sa belle couleur d’ambre

Il est venu le doux temps des vœux

Cartes anglaises dentelées étoiles scintillantes

Ressortons nos stylos faisons pause un peu

Amis perdus ou très chers retrouvons les ententes

Il est venu le doux temps des cantiques

Chérubins carillons angelots glorifiés

Lançons alléluias dans toutes les boutiques

Ecouter Sinatra c’est le jazz sanctifié

Il est venu le doux temps des Rois Mages

Et puis le Père Noël et le Saint-Nicolas

Rudolf le petit renne sage comme une image

C’est l’anniversaire du p’tit Jésus et ils seront tous là

Il est venu le doux temps de Noël

Ors profonds flocons fous et guirlandes

Emmitouflés dans douce ribambelle

Aimons-nous sans faiblir faisons fleurir Sahel.

 

 

 

Noël en cours d’allemand:) Un avant-goût depuis la Ville Rose…

Frohe Weihnachten! Bientôt Noël, la plus grande fête allemande!


Dimanche, ce sera le premier dimanche de l’Avent: en effet, en Allemagne et dans les pays de langue allemande, on est déjà dans l’atmosphère de Noël, la fête la plus importante de l’année, dès ce jour-là. On fabrique une couronne en sapin, ornée de quatre bougies qui seront allumées une à une, chaque dimanche, jusqu’à Noël:
Le 6 décembre, on fêtera aussi la célèbre « Saint-Nicolas »! Les enfants mettront leurs chaussures devant la porte de leur chambre, et, s’ils ont été sages, ils recevront des sucreries et des cadeaux. Attention, ce n’est pas comme en Belgique, où l’on célèbre Noël par anticipation ce 6 décembre; mais c’est une tradition importante, et parfois, même, les enfants recevront une petite surprise tous les matins…http://gfvimoutiers.pagesperso-orange.fr/Coutumes/noel.de/nikolaus.html
Mais…ce n’est pas tout! Les enfants allemands adorent aussi ouvrir les petites fenêtres de leur Calendrier de l’Avent: der Adventskalender. Ainsi, chaque matin, on ouvre une petite fenêtre derrière laquelle se cache un chocolat!
Nous partagerons bien sûr cette ambiance festive au collège! Je vous ai déjà acheté quatre calendriers, un par classe, et, dès lundi, nous terminerons chaque cours (si vous avez « été sages »!!) par un quizz; et les chocolats seront distribués…Attention, si la classe a un comportement dérangeant… le chocolat du jour sera offert…à un professeur wink!smiley
Les thèmes des quizz:
– En troisième: savoir donner des noms de pays en allemand
– En quatrième: trouver des villes allemandes
– en cinquième: trouver des noms d’animaux, d’arbres, de fleurs
– en sixième, puisque vous l’avez appris avec notre assistante, les aliments!
Nous préparerons aussi une petite fête de fin d’année -une par classe!- mais attention, seulement si VOUS apportez des pâtisseries de Noël faites maison, les fameux « Plätzchen »!
Je vous donnerai bientôt de délicieuses recettes! Comme:
Bien sûr, nous apprendrons aussi un chant de Noël, comme:
Enfin, pourquoi ne décorerions-nous pas notre belle salle , déjà enrichie par vos exposés, de quelques touches de couleurs, avec des guirlandes, ou même une couronne d’Avent?
Pour terminer, je vous signale que vous trouvez, de nos jours, des sucreries de Noël allemandes dans de nombreux magasins, comme le « Marzipan » -pâte d’amandes entourée de chocolat-ou le « Stollen », (le gâteau de Noël), ou comme des pains d’épices. Vous en trouverez à très bon prix dans la chaîne de magasins LIDL-d’origine allemande- mais aussi d’excellente qualité dans la boutique « Heimat », à Toulouse, qui offre, dans un très joli cadre familial, de superbes choix de gâteries de Noël, en plus de toutes les denrées en provenance d’outre-Rhin!
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