Communiqué de presse: Sabine Aussenac n’est PAS « auteur à Riposte Laïque »

Communiqué de presse:

« Sabine Aussenac, professeur et écrivain, auteur de nouvelles et poèmes ayant remporté de nombreux prix littéraires, publiée en revues et en impression à la demande, blogueuse, engagée depuis de nombreuses années dans divers combats en faveur de la laïcité, du rapprochement entre les peuples, des droits des femmes et des opprimés, n’est PAS « auteur à Riposte Laïque », comme le prétend ce média. »

Ayant demandé depuis de nombreuses années à ce site de retirer l’un de mes textes -que je ne renie pas, car il concernait les libertés des femmes et les valeurs de la République et de la laïcité- de son portail internet, car je ne souhaite pas voir mon nom associé à ce ramassis d’insultes islamophobes et de propos haineux et déviants, je n’ai jamais obtenu gain de cause. Le 4 juillet 2015, j’ai à nouveau posé une demande, espérant acter deux mois plus tard la possibilité de déposer plainte auprès de la CNIL et de Google afin que mon nom ne soit plus associé à ce site d’extrême-droite, aux relents pétainistes et nauséabonds. En l’absence de réponse du site, j’ai fait un nouveau mail copié collé sur un réseau social, ne mâchant pas mes mots, très en colère de voir que sur les résultats de recherche en ligne ce site apparaît en première page des recherches me concernant.

Le texte écrit en 2010 est MA propriété, et je n’ai jamais demandé à ce qu’il soit mis en ligne sur ce site; l’eussé-je fait qu’il serait mon droit absolu de demander son retrait, puisque ces mots m’appartiennent et ne sont pas du domaine public. Ce texte figure encore sur l’un de mes blogs, et y a toute sa place.

En attendant l’action de la CNIL et de Google et les poursuites que je vais engager en diffamation pour injure publique, au vu de DEUX textes me concernant parus cette semaine sur le site, dans lesquels je suis publiquement insultée, vilipendée, puis traînée dans la boue dans des commentaires, textes ayant donné lieu à de nombreux mails d’insultes, où je suis, par exemple, nommés « pute socialo » ou « suceuse de muzz », je souhaite rectifier publiquement les choses et me dissocier totalement de ce site réactionnaire, fasciste et diffusant une parole de haine anti-républicaine.

Pour rappel, voici en miscellanées quelques textes écrits au fil des ans en faveur de la solidarité, du rapprochement entre les peuples et les cultures, des engagements anti-racistes et de la lutte contre tous les obscurantismes:

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2015/04/16/400notjustanumber-400-migrants-et-le-silence/

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2015/06/19/le-rossignol-et-la-burqa-et-lacademie-barenboim-said/

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2015/06/21/elle-te-plait-pas-ma-chanson/

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2013/12/03/je-porte-en-moi-souvent-mille-juifs-qui-suffoquent/

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2015/01/20/je-me-souviens-une-fable-de-la-citoyennete/

– http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/myriam_1_b_1371928.html

– http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/front-national-presidentielle_b_1464158.html

– http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/mandela-day-aux-cesars_b_1300910.html

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/02/10/ilan-halimi-8-ans-deja/

– http://www.terredisrael.com/infos/les-osselets-de-la-memoire-par-sabine-aussenac/

– http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/la-shoah-cest-has-been_b_1676229.html

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2013/11/15/javais-des-amis-en-afrique/

– http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2014/07/13/comme-de-longs-echos-qui-de-loin-se-confondentpaix/

– http://www.tribunejuive.info/france/lautre-cote-de-moi

– http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/il-s-appelle-farid

Enfin, en ce qui concerne les attaques commises envers ma plume, mes écrits, ma personne en tant qu’écrivain, je laisse les lecteurs libres d’apprécier mes productions…

De Toulouse à Tafraout

De Toulouse à Tafraout
Il n’y a qu’une seconde
Car depuis quelques jours nous partageons la route
Et grâce à toi j’ai appris à relire le monde.

Les ocres bleus de ton village
Font écho à mes pages :
J’ai trébuché une nuit d’avril sur tes mots envoûtants
Et me voilà enfin, les yeux le cour chantant

Découvrant des ailleurs, des magies, des beautés,
Ensorcelée déjà par ces roches et ces pierres
Me sentant fée des sables et câline sorcière
Et t’offrant de mon âme les fines aspérités.

Du Café St Sernin au Café des Délices
Je t’envoie folies douces et lumières stellaires.
Sans doute un jour boirons nous un pastis,
Moi la Toulousaine et toi, mon Prince des déserts.

Garonne ouvrira ses flancs ondulant d’aise
Quand le long de berges dolentes tu raconteras les braises
D’un soleil dardant ses pointes acérées
Et plongeant ses lumières dans le Drâa asséché.

Une mer nous sépare mais nos cours sont jumeaux,
Je me sens ta gazelle et tu te dis mon loup.
Mes timides violettes tu cueilleras beaucoup
Je serai ta rose des sables toute ouverte à nouveau.

Le palmier des Jacobins se penchera vers tes ruelles
Blanches. Briques rouges et chapeau de Napoléon
Danseront sarabande, ma cité gasconne se fera caravelle :
Sur l’eau verte du canal vers l’Orient nous voguerons.

Ton oasis charnue aux amandiers en fleur
Croisera en pays de cocagne le pastel aux couleurs
De tes roches azuréennes, et Mohammed Khaïr Eddine
Ecoutera le jazz de Claude en sourdine.

Au loin mes Pyrénées se profilent, grandioses et enneigées,
Tandis que ton Atlas domine en majesté
Paysages lunaires, poussières laminées
D’un vent en cousinage à mon Autan voilé.

Les sororités de nos textes en goguette
Se bousculent et se croisent à en perdre la tête.
Mes millions de toits roses se prosternent vers la Mecque,
Nos croyances et respects illuminent la fête

Elle sera belle, limpide, pure et chatoyante
Cette rencontre de deux cours du Prince et de l’Infante
Mon cour vibre de miel et je fonds, indolente,
Vers toi mon bel ami dont je serai l’amante.

Voir Dylan

Voir Dylan

Photo Le Parisien
Photo Le Parisien

Longtemps, j’ai eu seize ans. J’entendais cette voix chanter dans le vent, qui parlait de tempêtes, de tambourins et de révoltes. Même si j’étais née trop tard pour avoir vécu mai 68, il me semblait avoir grandi « on the road », bercée par les vagues californiennes et par cette beat generation qui fit de moi une femme libre.

Bob Dylan est resté près de moi, toujours. À vingt ans, je le croyais, vraiment, qu’un jour « nous serions libres »…Il chantait « I shall be released », et moi je l’espérais ; nous affrontions la police au gré des briques roses, nous marchions vers Garonne, étudiants insouciants, sans savoir encore que bien des rêves seraient brisés…

À trente ans, j’errais déjà « dans le souffle du vent »…J’allais divorcer, malgré nos deux princesses, car je levais les yeux sans jamais apercevoir la lumière, et je mourais chaque jour sous des canons et des larmes…J’écoutais « Blowing in the wind » et savais que je devais garder courage.

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À quarante ans, j’ai frappé à la « porte du ciel », me remariant avec un homme que je pensais de Dieu. Anges noirs et mensonges m’entourèrent, pourtant, mais « j’y croyais encore ». Certes, mon « Knock’in on heaven’s door » était un échec, mais notre fils, ma lumière, sauvait tout le reste…

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Aujourd’hui, j’ai un peu plus de cinquante ans, et me sens toujours comme cette « fille du Nord », essayant enfin d’être « une vraie femme », malgré les ouragans…Je continue à écraser une larme en écoutant « Girl from the north country » et je demeure « just like a woman », pérenne dans mes destinées…

20 ans

Alors quand IL est apparu, au dernier soir de Pause Guitare, petit homme en costume coiffé de son chapeau blanc, que j’ai vu s’avancer depuis les loges non loin desquelles je me trouvais un peu par hasard, puisque j’attendais une interview d’une autre chanteuse tout en enrageant de manquer le début de SON concert, alors que justement Monsieur Dylan avait demandé que soit fait place nette, je peux vous l’assurer : j’ai eu la chair de poule.

Tout en moi s’est figé, de battre mon cœur s’est presque arrêté.

C’était comme si soudain ma vie entière soudain berçait la mesure du temps, comme si cet homme venait réveiller l’enfant aux espérances, la jeune fille aux rêves et la femme aux désirs ; il marchait, à pas lents, vers la lumière de la scène, et vers ce public albigeois qui, même si il était arrivé en masse, lui avait, en terme de statistiques, préféré les Fréro Delavega et Calogero…Je venais de parler avec deux personnes chargées de la sécurité, qui m’avaient dit « ne pas le connaître », et j’en étais restée bouche bée.

J’ai couru. J’ai couru pour être au plus près de la scène, et, oui, tout au long du concert, j’ai eu l’impression d’avoir regardé Dieu en face. Certes, « il » n’a pas vraiment, lui, partagé son spectacle avec le public. Oui, comme l’ont souligné les médias locaux et nationaux, Bob Dylan fait son show sans s’adresser vraiment au spectateur ; il demeure dans sa bulle mythique, entouré de quatre musiciens qui ne sont plus non plus de prime jeunesse, tantôt au piano, tantôt debout, avec son inénarrable harmonica. Certains festivaliers se détourneront même de l’écran géant, où l’on n’apercevait qu’à grand peine notre géant devenu presque photophobique.

Mais sur la pelouse fatiguée du festival, en ce dernier soir d’apothéose, les visages étincellent de bonheur. Je vois ces adolescents aux cheveux de bohême, aux visages angéliques non encore ternis par la vie, qui se tiennent par les mains et sourient ; je vois ces femmes aux cheveux blancs et aux rides émouvantes, qui crient de plaisir après chaque chanson ; je vois ces personnages aux chapeaux de cow boy, qui sans doute sont de chaque spectacle, fans de la première heure mais toujours émerveillés ; et je vois cette adolescente attardée qui frissonne au long des accords rocailleux et des airs mille fois entendus : je repense aux pavés et aux plages, aux combats non aboutis, aux libertés qui chantent et aux destins qui roulent comme ces pierres dont Bob est le symbole. Et je sais qu’elle aussi, cette jeune fille devenue une femme aux cheveux gris, est restée debout.

C’est ce que nous apprend cet homme demeuré fidèle à ses idéaux, qui continue à chanter dans une tournée sans fin, comme si ce tour de chant pouvait contrer les brisures du monde et réparer les humains déchirés ; il est déraisonnable de ne pas continuer à espérer.

Je rentrerai en passant sur le Pont Vieux, regardant couler le Tarn et me disant que ce n’est pas par hasard si Dylan est venu vers moi en mes terres tarnaises, là même où avait grandi cette provinciale qui découvrit la vie et le monde à travers ses albums.

Certains ont vu Joe Cocker à Woodstock ; d’autres Simon et Garfunkel à Central Park ; d’autres encore U2 au Stade de France.

Moi, j’ai vu Bob Dylan à Pause Guitare, à Albi, et j’en suis plus que fière.

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Texte dédié à Hugues Aufray, rencontré lui aussi à Pause Guitare, et qui a si bien traduit notre poète américain…

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LE PAYS DES SANS FEU (nouvelle retravaillée pour un concours du Secours Populaire)

LE PAYS DES SANS FEU

 

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 « Plus de tenailles

Plus d’ombres noires

Plus de craintes

Il n’y en a plus trace

Il n’y a plus à en avoir

Où était peine, est ouate

Où était éparpillement, est soudure

Où était infection, est sang nouveau

Où étaient les verrous est l’océan ouvert

L’océan porteur et la plénitude de toi

Intacte, comme un œuf d’ivoire.

 

J’ai lavé le visage de ton avenir. »

Henri Michaux

 

Les murs, d’abord, s’étaient vidés. Et puis le reste de l’appartement avait suivi.  Elle avait vendu d’abord sur Ebay, et puis, lorsque sa carte bleue avait été bloquée, dans Le Bon Coin.

Somme toute, cette assiette en Bleu de Delft, souvenir de ses années de belgitude, n’était pas indispensable à sa survie. Le vélo d’appartement non plus, puisqu’elle n’avait plus du tout le temps ni l’envie de pédaler ou d’aller courir.

Peu à peu, les menus objets, souvenirs d’une vie, avaient disparu. Ce tapis, un Kilim hérité de sa grand-tante, et puis le samovar rapporté de Russie. Les jouets des enfants se perdaient dans les vide-greniers, les livres, ses livres chéris, partaient, semaine après semaine, dans la revente de cette librairie étudiante…

Au fur et à mesure que l’espace s’agrandissait autour d’elle, il lui semblait pourtant que son univers rapetissait.

Et puis ce silence…Cet assourdissant silence. C’était comme si le monde se taisait. Peu à peu, elle en oubliait les clameurs et les chants. Cela avait commencé au sein même de son foyer, lorsqu’elle avait vendu successivement le lave-vaisselle, puis  la machine à laver, et enfin la stéréo. Les ronronnements apaisants de ce quotidien normé avaient fait place à la peur du frigo vide.

Bien sûr, il lui restait cette étagère de CD, et elle rêvait, parfois, devant U2 ou La Traviata. Bien sûr, elle chantonnait, encore, sous la douche ou en rangeant. Mais plus question de hurler à tue-tête Se bastasse une bella canzone en s’imaginant à la Nouvelle Star. Une Susan Boyle aphone, voilà ce qu’elle était devenue.

Elle avait aussi cessé de fréquenter les grandes surfaces. Terminées, les annonces vantant les rudesses d’un fromage de pays ou les douceurs gouleyantes d’un vin ; ne demeurait que le cliquetis saccadé de la caisse du discount. Voire même, de plus en plus souvent, cette torpeur fatiguée de la salle d’attente emplie de tristesse et de surpoids, lorsqu’elle se mêlait, ombre timide et rougissante, aux nécessiteux faisant la queue au Secours Populaire. Elle avait appris à les aimer, ces sourires édentés, et se laissait bercer par la tendresse silencieuse des modestes mamies et des femmes voilées discrètes, murmurant des remerciements.

Lui manquaient, en fait, les bruits de la vie, les clameurs du monde, tous ces flonflons de la normalité.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas pris un café en ville ? Elle ne savait plus. Mais elle se souvenait de tout. Le bruit de la porte que l’on pousse, cet imperceptible glissement d’un brouhaha citadin vers un kaléidoscope de voix croisées et de tintements de verres ; ce n’était pas l’œuf de Prévert, mais ça y ressemblait…

Et les brasseries…Comme elle les avait aimées, les brasseries parisiennes, avec leurs chaleurs et leurs excès. Les cliquetis affairés des couverts gourmands, les « chaud devant ! » souriants, les pressions et les machines à expresso. Elle se souvenait des tablées de collègues, et puis des repas de famille, bruissants de gaieté et de partages.

Elle passait devant les vitrines et regardait manger les gens, et elle se sentait comme au spectacle, souriant parfois comme une enfant en se souvenant des Profiteroles ou du Sauternes, cent madeleines en bouche, en mémoire de goût.

L’été, elle allait dans les parcs. Cela au moins, on ne le lui prendrait pas. Oui, il lui restait cette liberté-là, d’arpenter encore et encore les jardins de sa ville, et elle regrettait d’avoir quitté la ville rose pour cette petite cité gasconne. Car en dehors des bords de rivière et d’un square étroit, la ville embourgeoisée manquait cruellement d’allées et de marronniers.

Elle regardait courir les petits Hollandais en vacances, et se souvenait des plages languedociennes et des déferlantes de Biarritz. Elle n’avait qu’à fermer les yeux pour s’étourdir de cigales ; au parfum de l’ambre solaire de l’enfance se mêlaient les cris des mouettes, au souvenir brûlant du sable que l’on foulait au midi s’ajoutait le mugissement du vapeur partant vers les îles.

Orpheline. Elle était orpheline du monde. Elle avait peu à peu glissé vers une surdité sociale, lorsque les ennuis familiaux, potentialisés par des soucis financiers majeurs, lui avaient retiré ses marqueurs environnementaux. Comme un détenu privé de ses droits civiques, elle avait fait le deuil de toutes ces petites habitudes sociales qui cimentent le quotidien et vous amarrent à la normalité. Elle avait changé de lieu, de territoire, passant sur l’autre rive, celle des sans feu.

Elle n’était pas pauvre, loin de là. Elle travaillait, même. Mieux : elle était fonctionnaire.

Mais comment expliquer à des collègues déjà tellement enferrés dans leur ronronnement qu’elle mangeait grâce à des colis alimentaires ? Alors elle se taisait, observant de loin les rituels banalisés de leurs soucis ridicules – allait-on avoir un lecteur de DVD dans la salle 14 ?-, quand elle ne savait pas si les huissiers lui laisseraient sa télévision…

Le mardi après-midi était devenu son rituel : quand d’autres avaient rendez-vous chez le coiffeur ou l’esthéticienne, elle, elle retrouvait Josette et son énergie inépuisable, et toutes les autres bénévoles qui remplissaient son caddy de boîtes et de gâteries, entre le café devenu denrée rare et les chocolats pour les enfants…Germaine, elle, du haut de ses quatre-vingt printemps, œuvrait à la distribution de vêtements, à l’étage du dessus, dans cette grande pièce sombre où défilait la misère nue.

Parfois, agacée, honteuse, mais déterminée, elle volait, d’ailleurs. Le papier toilette dans le train qu’elle ne payait pas ; des barquettes à la fraise dans le placard de la salle des profs ; un magazine dans une salle d’attente. Elle ne parlait plus de sa situation, même au dentiste, étonné par l’état de sa bouche. Non, elle n’avait pas les moyens de se payer des couronnes. Non, elle n’avait pas droit à la CMU. Oui, il lui manquait à présent cinq dents en haut.

Car elle l’avait déjà tellement racontée, son histoire. Dans les cabinets des avocats et dans les prétoires, aux assistantes sociales et aux juges, au rectorat et à ses amis, à des inconnus dans des squares, en riant, en plaisantant, en accusant, en s’énervant, en s’obstinant. Elle leur expliquait cette situation bancale des classes moyennes surendettées, en évoquant toutes ces femmes perdues entre le tout et le rien, encombrées par des vies qui s’effilochent, piétinant en vain dans un nomansland angoissant, n’ayant pas droit aux aides réservées aux plus démunis, devant se contenter de colis alimentaires, mais ne pouvant prétendre à plus…

Elle était même passée à la radio, faisant de sa propre vie un cheval de bataille, ne voulant pas écouter cette juge qui lui conseillait de se mettre en invalidité pour pouvoir payer peu à peu, sa vie durant, les dettes laissées par un autre, cet ex-mari ayant fui à l’autre bout de l’Europe…Mais c’était inimaginable de renoncer à aider ses enfants, de dire adieu à la vie, aux projets, de devenir une ombre parmi les ombres…

Et puis elle s’était tue.

Personne ne la croyait, de toutes façons. Son horizon se rétrécissait de mois en mois, le responsable de ses maux coulait donc des jours heureux à l’étranger, on allait sans doute finir par l’obliger à payer pour cet autre jusqu’à la fin de ses jours. Son chant du cygne avait été de passer LE concours, mais elle n’était pas arrivée au « grand oral ». Silencieuse, elle feuilletait les brochures des collectivités territoriales comme on parcourt des catalogues de voyages.

Ce qui lui manquait le plus, c’était la joie. Rien qui vaille la joie, lui avait répété Sophocle dans son adolescence. Le calme carcéral de son quotidien ricochait sur les souvenirs des jours heureux ; et ce silence dont l’opacité redoublait au fil du temps projetait en sa mémoire les ombres chinoises des bonheurs d’autrefois.

C’était ce rire absolu des grandes cousinades, quand au soir on jetait les nappes sur les tables au jardin, quand s’allumaient les lampions et les yeux des jeunes gens, et que les mains disaient que l’été était bon. Et puis tous les pétards et les accordéons, et tous les festivals et encore les flonflons, et les feux d’artifice et les bals de quartier, quand on court vers Garonne, mais pas pour s’y jeter.

Comme ces aveugles qui gardent en mémoire les couleurs, elle se souvenait. De la liesse joyeuse des tablées familiales, de l’hystérie des concerts de ses groupes préférés, du chuchotis qui précède les trois coups au théâtre, du bruit des réacteurs avant l’atterrissage ; et certains bruits, en synesthésie de vie, l’accompagnaient plus que d’autres.

Il y avait l’appel aux marrons chauds qui précédait la brûlure douce et l’éclat mordoré des châtaignes en bouche. Quand elle passait des après-midi entières à gâter ses princesses dans les grands magasins, et qu’elles s’arrêtaient pour partager ce trésor, les bras chargés de colifichets de chez Claire’s, les sacs pleins d’échantillons Yves Rocher, avant de renter faire de joyeux essayages en écoutant ensemble le dernier CD de Céline Dion.

Elle en avait lu, depuis, des pages rassurantes de magazines de vulgarisation psy, où de savants thérapeutes expliquaient que l’amour passe simplement par l’écoute et la joie, mais on ne lui ôterait pas de l’idée que sa décroissance involontaire, l’empêchant d’assurer la poursuite des études de ses amours et de jouer pleinement son rôle de maman, était aussi partiellement responsable du silence qui s’était instauré entre elles…

Ce qui lui manquait aussi terriblement, c’était ce crépitement des bûches accompagnant le chant régulier du balancier de la vieille comtoise, dans la maison de famille. Car il était le marqueur affectif de tant d’autres joies tribales, des rires sous la cascade, des voitures d’amis lointains klaxonnant à la montée du chemin, des longues discussions jusqu’aux étoiles, lorsqu’on refait le monde à grands coups de rosé. C’est qu’elle l’avait fatiguée, sa famille, avec ses histoires et ses ennuis, tant et tant que la cellule rassurante avait fini par faire place à des sourires de courtoisie, inutiles et glacés.

Et puis les surprises, elle aimait tant les surprises…Son téléphone ne sonnait plus pour annoncer un bouquet de fleurs. Ses nuits ne bruissaient plus de caresses impromptues. Au contraire, elle en était venue à redouter certains bruits, comme celui de la sonnette, quand s’invitaient les huissiers. Elle avait accroché de petites pancartes partout :

  • Ce tableau appartient à ma mère
  • Ce service en porcelaine est la propriété de ma fille

Calfeutrée dans ses souvenirs, elle glissait ainsi peu à peu vers une surdité affective, comme si un mal mystérieux, à l’instar de quelque inexorable atteinte virale, l’avait irrémédiablement coupée des sons et du sens de la vie.

C’est plus par habitude que par enthousiasme pédagogique qu’elle proposa aux élèves d’écouter Beethoven, par un doux matin de janvier. Il fallait préparer la semaine franco-allemande,  et certains réciteraient quelques lignes du texte de Schiller, pour ponctuer le traditionnel happening culturel qu’elle organisait dans son collège. Elle n’allait pas en plus tenter de didactiser quelque chanson de Tokio Hotel, elle n’avait pas vraiment la tête à ça.

Comme toujours, dans son établissement de banlieue, elle s’apprêtait à jouer les Super Nanny, avant de réussir à faire établir le calme dans sa petite classe bigarrée et agitée. Mais le silence se fit, comme par miracle. Dès les premières notes de l’Hymne à la joie, les réponds des cordes et des cuivres semblèrent faire miracle sur le brouhaha habituel ; Farid la regarda et sourit, posant le cutter qu’il avait déjà sorti de sa trousse. Bien sûr, la classe avait déjà travaillé le sujet, ils avaient regardé ensemble des vidéos, où fanfares présidentielles et classe de primaire se disputaient l’âme européenne. Mais aujourd’hui, c’était leur tour. Ils allaient chanter.

Et au fil de l’heure, le silence se fit, au rythme de la musique. Elle emportait tout, elle dissolvait les rancœurs des quartiers, elle éteignait les feux de voitures, elle soulevait les voiles et les niqabs. A ce moment-là, en regardant Abdelaziz sourire à David, en voyant la petite larme couler sur la joue de son grand baraqué d’Omar, la jeune femme eut soudain l’impression d’entendre à nouveau le chant du monde.

Et lorsque les voix aux accents bariolés entonnèrent les paroles de l’hymne, lorsque la porte s’ouvrit doucement et que les élèves des  classes voisines vinrent, bouche bée, écouter Zohra et Abdelkader chanter la paix, devant les grandes affiches de Berlin tentant de cacher la misère des murs de leur petit collège de ZEP, elle eut soudain l’impression que la surdité de Beethoven avait été la sienne, mais que la joie était revenue. Enfin.

Le silence était rompu.

Elle se souvint du compositeur, à moitié fou, vagabondant devant ses pianos sans pieds, chassant ses amis pour mieux sentir les soubresauts de sa propre création ; elle vit tomber le Mur de Berlin, elle regarda cet étudiant arrêter les chars à Tienanmen, elle entendit se construire l’Europe, au son même des cordes et des hautbois faisant écho aux merveilleuses paroles de Friedrich Schiller ; et elle se rappela que c’est en surdité quasi-totale que le Maître avait dirigé la première représentation de sa symphonie, continuant à battre la mesure alors même qu’un tonnerre d’applaudissements s’élevait à sa gloire.

Dès les jours suivants, ils revinrent. Tous les petits sons qu’elle avait oubliés. Un à un, comme si une fée les reposait nuit après nuit dans son berceau, ils reprirent possession de sa vie. Lentement, elle recouvra la mémoire du quotidien et des bonheurs. L’amnésie auditive dont elle avait été si longtemps frappée fit peu à peu place à la légèreté retrouvée. Elle osa répondre au marchand qui la hélait et acheter un cornet de marrons chauds au coin de la place du Capitole. Elle promit à ses filles qu’elle irait les voir, on se débrouillerait. Elle appela une nouvelle avocate. Elle réserva une location à Arcachon, d’ici l’été, on verrait ; il lui sembla entendre déjà le bruit des vagues et voir miroiter l’océan du haut de la dune du Pyla. Elle irait faire des ménages après ses cours, et peu à peu l’escarcelle se remplirait de sable et de beignets ; ses vacances, elle les prendrait.

Cela avait commencé par le crissement de la plume sur le papier, soir après soir. Et par le bruit régulier des touches de son ordinateur. Elle avait réussi à le garder, négociant cette survie avec l’âpreté d’un détenu quémandant la dernière cigarette. Il ronronnait à présent toutes les nuits, tel un chaudron magique concoctant potion.

Et puis les feuilles rejetées une à une par le ventre de son imprimante qui cliquetait frénétiquement, et la voix de la postière, demandant si elle désirait un recommandé. Elle fit tous les concours de nouvelles et de poésie. En quelques mois, elle écrivit deux romans. Devint blogueuse.

Le bruit. Le bruit était là, dans sa tête. Tous ces mots qui s’entrechoquaient, comme des galets au fil d’un ressac. Ils se bousculaient, joyeux, insouciants, heureux. Elle les entendait rire et s’interpeller, et il lui suffisait de s’asseoir à son bureau pour qu’ils lui arrivent. Les mots. Les mots étaient de retour.

Car elle savait désormais qu’elle devait dire le monde pour en entendre à nouveau les sons. Et chaque poème qui naissait dans son âme était comme un écho aux joies de l’antan, chaque nouvelle qu’elle couchait sur le papier comme une pastorale nouvelle. Elle savait aussi que désormais elle dirait le monde, ses misères et ses horreurs, mais aussi ses bonheurs et ses éclaircies ; elle serait la diseuse des vents, des gens et des tempêtes, elle parlerait à la place de tous les taiseux, elle hurlerait les silences. Pour toujours. Elle se fichait bien d’être éditée. Elle n’avait cure des brasseries parisiennes et des simagrées du Goncourt. À ceux qui s’étonnaient de sa boulimie d’écriture et du fait qu’elle soit poète et blogueuse, elle expliquait que les migrants et les alexandrins avaient, chacun à leur façon, voix au chapitre.

Elle serait la bénévole des mots.

Là où auparavant elle était couchée, elle marchait, debout, vers l’inconnu. Là où était la nuit, se tenait cette lumière, qu’elle croyait avoir perdue. Le chant du monde était revenu : et elle en deviendrait la soliste. Sa pauvreté se ferait hymne à la joie, et du silence, de l’assourdissant silence des tristesses, elle composerait une symphonie. Elle deviendrait écrivain.

Du pays des sans feu, elle ramènerait la lumière.

 

„Freude, schöner Götterfunken

Tochter aus Elysium,

Wir betreten feuertrunken,

Himmlische, dein Heiligtum!

Deine Zauber binden wieder

Was die Mode streng geteilt;

Alle Menschen werden Brüder,

Wo dein sanfter Flügel weilt.“

 

« Joie ! Joie ! Belle étincelle divine,

Fille de l’Elysée,

Nous entrons l’âme enivrée

Dans ton temple glorieux.

Ton magique attrait resserre

Ce que la mode en vain détruit ;

Tous les hommes deviennent frères

Où ton aile nous conduit. »

 http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2009/11/08/1780578_le-jour-ou-j-ai-vendu-rimbaud.html

http://www.franceinfo.fr/emission/noeud-emission-temporaire-pour-le-nid-source-713871/2012-2013/classes-moyennes-surendettees-pour-nous-c-est-ingerable

 

 

 

 

 

Comme un air de rumba, petite nouvelle écrite pour un concours…

Comme un air de rumba

 

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Elle sentait bon, ma tante. Un parfum de sable doux et de vanille, comme un air de rumba. Lorsqu’elle arriva dans notre cuisine, elle me sourit, avec cet air de conspiratrice qui lui était familier. Nous en étions encore au café, engoncés dans nos habitudes des sixties, nous, les enfants, le dos bien droit, toute incartade étant prétexte au martinet, nous taisant, étouffant dans cette atmosphère à la Chabrol, grappillant les dernières miettes de tarte aux pommes dans nos assiettes immaculées.

Ma tante m’enleva à la tablée embourgeoisée pour notre sortie mensuelle, promettant à ma mère que nous serions rentrées avant la tombée de la nuit. Nous partîmes main dans la main, gloussant comme deux collégiennes dans l’escalier, et nous précipitâmes dans la rue gorgée du soleil de midi. Colette me toisa soudain d’un regard empreint de tendresse, ses grands yeux noisette malicieusement plissés, et m’annonça sur un ton officiel qui fleurait bon la remise des prix :

  • Ma chérie, l’heure est venue pour toi de devenir une femme. En ce 24 juin, pour fêter la Saint-Jean et les grandes vacances, je t’emmène aux Galeries !

Je rougis. C’est qu’elle commençait à peser lourd, ma poitrine de jeune fille en fleur… Je faisais tout pour la contenir sous mes chemisiers de percale rose, et me tenais, la plupart du temps, un peu voûtée, effaçant ainsi toute velléité de féminité de mon apparence, imitant en cela notre mère, souris grise et grenouille de bénitier, toujours vêtue de robes sombres, son chignon tiré à quatre épingles, le sourire pincé. Colette, elle, irradiait de légèreté, papillonnant dans l’existence, toujours entre deux galants, femme libre et femme de livres, sa carrière d’écrivain lui valant autant d’honneurs que d’amants.

Nous nous entendions bien, ma jeune tante et moi. Je lui confiais mes émois amoureux et mes élans littéraires, et elle me parlait de Simone et des suffragettes, de la Résistance et du jazz, et, virevoltante et gaie, me montrait que la vie d’une femme pouvait être autre chose que cette parodie de bonheur, perdue entre cuisine, ménage et pouponnière. La vendeuse des Galeries nous accueillit en nous montrant ses derniers modèles, mais Colette, très sûre d’elle, se dirigea vers un stand discret, où de jolies cotonnades blanches voisinaient avec quelques parures de dentelle.

Elle s’empara de plusieurs modèles et me guida vers la cabine d’essayage, en me racontant comment sa propre grand-mère portait, elle, des corsets, et comment, un beau jour de 1917, son époux n’étant pas revenu du front, elle avait définitivement renoncé à cette torture, coupant aussi sa longue tresse et arborant une coupe à la garçonne, affirmant ainsi une nouvelle indépendance. Puis Colette évoqua brièvement sa maman qui, elle, était morte dans les camps nazis, nue, sans soutien-gorge, ravalée au rang d’animal par des barbares. Ma tante, me regardant me dévêtir pudiquement,  m’expliqua encore que mon corps était mien, et que jamais je ne devrai le donner à un homme sans mon absolu consentement. Cet achat, celui de mon premier soutien-gorge, symbolisait ma nouvelle liberté : désormais, je serai la maîtresse de ce corps, de mes désirs, de mes envies. Car nous étions des femmes libres. Je ne devais jamais l’oublier.

Je me retournai vers le miroir, un peu tremblante, comme une biche surprise au détour d’une clairière. La ligne claire de mes épaules était à présent tranchée par deux fines bretelles de dentelle, et les oiselles palpitantes de ma jeune poitrine galbées par les jolies coques ajourées et nacrées.

Peu à peu, j’osai me redresser. Je me cambrai, sans savoir encore que bien des fois je me dresserai ainsi en regardant un homme, et soudain je la vis, cette femme, cette inconnue qui, ce matin, écrivait des vers à l’encre de l’enfance et qui, bientôt, embrasserait la vie.

Je tournai sur moi-même, soudain libérée du poids des conventions qui bridaient mes envies, et je me sentis belle, me sentis forte. Je ne savais pas encore ce que mon avenir me réservait, je ne connaissais pas les mains qui, souvent, dégraferaient impatiemment mes soutiens-gorge, je ne savais presque rien du désir et des plaisirs, mais en cette danse nubile je vis défiler des regards de braise et des chuchotements, et puis aussi, comme en rêve, de petites mains et des petites bouches qui approchaient de mes seins blancs et lourds. Mes enfants…

Colette écrasa une larme. Elle me serra contre elle en me murmurant qu’elle était fière de moi, de ma beauté, de mon intelligence. Puis elle paya, et nous sortîmes sur la place, complices et sororales.

Bien des années plus tard, je brûlerai, en sa compagnie, avec d’autres femmes ardentes, libres et extasiées, un autre soutien-gorge. Comme pour témoigner de notre volonté de changer la vie. Mais j’ai gardé précieusement la nacre de cette naissance.

 

Conte de fées

Conte de fées

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Une fois, une seule fois peut-être, dirait Desnos dans son « Conte de fées », j’ai vu, sur ma ligne de TER Auch-Toulouse, empruntée quasi quotidiennement durant sept ans, un contrôleur noir.

J’imagine qu’en région parisienne, c’est différent, mais ici, dans le Sud-Ouest, mes propres statistiques sont formelles : cela ne m’est arrivé qu’une fois, j’en avais d’ailleurs parlé avec l’intéressé.

Jamais, en trente et un  ans de carrière, je n’ai eu eu de chef d’établissement noir ou arabe. Je dis « arabe » parce que « d’origine maghrébine », c’est plus long. Et puis les gens qui ont voté FN et qui me liront comprendront plus vite…

Donc jamais de principal ou de proviseur noir ou arabe pour me donner ma note administrative, me rappeler à l’ordre à cause de mes nombreuses absences ou pour me féliciter de mon dynamisme.

Je pourrais presque dire de même en ce qui concerne les collègues…J’en ai eus, des collègues, des centaines, avec mon statut de prof itinérante…Croyez-le ou pas : les profs noirs ou arabes croisés depuis l’obtention de mon CAPES, en 1984, se comptent…sur le doigt de la main ! Je ne peux même pas compter Fabrice, un ancien « pion » de Blaise-Pascal devenu, je crois, prof d’allemand ; il était antillais…Sérieusement, hormis quelques contractuels de math ou de techno, une collègue d’anglais, elle, certifiée –Samira, je t’embrasse !- et un collègue d’allemand très compétent –Rachid, Kuss !-, rien, nada, le désert des tartares…Les salles des profs sont d’une blancheur quasi immaculée…

Jamais mes enfants n’ont eu de pédiatre noir ou arabe. Jamais je n’ai consulté d’ORL, d’ophtalmo, de dermato, de gynéco…noir ou arabe. Jamais je n’ai eu de médecin traitant noir ou arabe. Une fois, mon fils a vu spécialiste iranien dans une clinique, et, une autre fois, j’ai moi-même consulté, à Auch, un rhumato d’origine libanaise. Mais jamais un toubib black ou rebeu n’a croisé ma route.

J’ai eu hélas affaire à de nombreux avocats et juges… Entre les huit longues années de mon divorce et le cauchemar de mon surendettement, sans oublier la longue procédure internationale pour récupérer quatre ans de pension alimentaire, j’en ai croisés, des hommes en robe, des jeunes, des vieux, des beaux, des moches, des sympas, des cons finis, des compétents, des imbéciles… Mais jamais, je vous l’assure, j’ai croisé d’avocat ou de juge arabe. Par contre, un avocat black, oui. – Il y a toujours des exceptions à une règle, n’est-ce pas ? (coucou, Hervé, si tu me lis… )

Je me creuse la tête pour me souvenir si j’ai déjà croisé la route d’un directeur de banque noir ou arabe…Non, j’en suis certaine. Pourtant, j’en ai éclusées, des agences, avec mes multiples déménagements…Ni à la BP, ni au Crédit Agricole, ni à la Banque Postale, ni à la BNP, je n’ai eu de directeur d’agence issu de l’immigration…

J’ai rarement eu l’occasion de fréquenter de grands hôtels, des thalassos, des restaurants très étoilés, mais, là aussi, je ne peux me rappeler d’un seul visage de couleur qui en aurait tenu les rênes…

Même les « petits Casino », que j’ai souvent arpentés à la recherche d’une bricole manquante, ou les néo « Casino Shop », relookés et moins chers, ne m’ont jamais, jamais présenté de « couple de gérants » blacks ou arabes…

Par contre, me revient en mémoire la cohorte fatiguée d’innombrables visages inconnus croisés dans des gares, des métros, des bâtiments publics…Souvent, ils poussaient des chariots ou tenaient des balais de leurs mains gantées non pas de chevreau, mais de latex rose, ilotes sans visages de notre société de pseudo mixité sociale.

Je me souviens aussi des rires et des sourires de mes copines caissières à Casino ou Atac, à Carrefour ou Vival, de nos complicités et papotages.

Dans les hôpitaux ou cliniques où j’ai pu trembler, seule ou avec mes enfants, j’ai souvent été réconfortée par le sourire simple et sincère d’un personnel venu refaire le lit, ou par une aide-soignante, qui, là, oui, étaient bien souvent noirs ou arabes…

Alors sans même évoquer la situation scandaleuse des médias, où Rachid Arhab et Harry Roselmack font mine de représenter leurs communautés, vous voyez, il me semble évident que, dans notre pays si fier de sa « mixité sociale », nul n’est besoin de « statistiques ethniques » pour être en colère quand un gouvernement prétendument socialiste enterre le CV anonyme comme il enterre le latin, l’allemand et les cathédrales.

http://www.liberation.fr/societe/2015/05/19/sans-emploi-le-cv-anonyme-abroge_1312633

Il est tard, je suis épuisée à cause d’une grève des bus dont aucun média national ne parle et qui pourtant paralyse depuis deux mois une ville de 500 000 habitants, je suis désespérée par le décret venant d’officialiser la réforme du collège, mais je voulais malgré tout pousser ma chansonnette pour dénoncer les scandaleuses inégalités qui règnent dans cette France que d’aucuns voudraient encore blanchir, et qui pourtant n’offre que peu de place à l’ascenseur social quand on est noir, ou arabe.

Et je ne vais même pas parler des femmes, pour une fois. Tiens, j’ai une idée : vous irez plutôt lire Free d’hommes …

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

http://www.sudouest.fr/2013/11/30/free-d-hommes-1244971-2277.php

 

 

 

 

 

 

 

Émilie de Villeneuve et les ailes du futur

Émilie de Villeneuve et les ailes du futur

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Ma mamie aurait été ravie. Je suis certaine, d’ailleurs, qu’elle aurait pris place dans le bus qui a véhiculé soixante-dix Castrais vers la Place Saint-Pierre, à l’occasion de la canonisation, en ce 17 mai 2015, d’Émilie de Villeneuve ; certes, mamie fréquentait plutôt les sœurs du couvent du Saint-Sacrement, dont elle fut, après la mort de son époux, la voisine. C’est aussi auprès d’une certaine Sœur Agnès, de cette même congrégation, au dynamisme contagieux et au joli visage rond, que j’avais fait ma communion « privée », avec un retard de quelques années, à treize ans, tandis que mes parents se décidaient enfin à faire baptiser mon dernier petit frère, déjà âgé de trois ans…

Mais c’est bien à Notre-Dame de la Platé, au cœur de Castres, et auprès de sœurs de « L’Immaculée Conception », les « sœurs bleues », que ma grand-mère allait souvent prier…Elle m’amenait avec elle, déjà, lorsque j’étais enfant et en vacances au Pesquier, chaque dimanche. Nous laissions papi dans sa 4L blanche et retrouvions les parfums et gestes immuables, et mamie me donnait de belles images de Saints et de Saintes au liseré doré, que je devais ranger dans mon « Missel ». Le soir, c’est à genou sur le plancher de la petite chambre que je devais « dire mes prières », les mains jointes.

Tous ces rituels catholiques agaçaient profondément ma mère, qui, protestante luthérienne, avait d’autres habitudes : elle nous lisait une Bible pour enfants et nous apprenait qu’en Allemagne, au temple, on priait en croisant les doigts sur le dessus des mains. Tout ce tumulte au sujet des « prétendus » Saints l’horripilait, tout comme le culte marial auquel mamie était si attachée. Mon père, lui, ayant été lycéen au « Petit Séminaire », à Barral, nous expliquait avoir mis le religion « en conserve » et ne plus en avoir besoin…

Alors aujourd’hui, c’est à la foi du charbonnier de ma grand-mère que j’ai beaucoup pensé, à la foi de nos aïeux paysans, à leur vie presque rythmée encore par Vêpres et Mâtines, à ces éducations simples et bienveillantes chapeautées, certes, par l’œil impitoyable de la morale et de la religion, mais somme toutes éclairées, aussi, par la fabuleuse lumière des évangiles. Oh, elle n’était pas partout, cette religion catholique, elle n’était pas hors les murs sous forme de vêtements ostentatoires ou de prières de rue, mais en même temps elle régissait les cœurs et les âmes, en ces temps où, de l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir, les journées s’écoulaient dans une France sur laquelle veillaient encore clochers et cathédrales…

C’est d’une de ces petites villes de province que Jeanne-Émilie de Villeneuve décida de créer une nouvelle congrégation, et c’est aussi à Castres qu’elle mourra du choléra, après une vie dédiée aux plus démunis et à l’évangélisation.

http://www.lasemainedecastres.fr/emilie-de-villeneuve-le-charisme-dune-sainte-sociale/

Quelle fierté pour notre ville que de pouvoir présenter cette nouvelle Sainte en terre vaticane, et quel bonheur d’être associée en cette journée à la canonisation de deux religieuses palestiniennes, les premières de l’époque moderne ! Le pape François a d’ailleurs fait remarquer que l’une d’elles, Mariam Bawardi, avait été «instrument de rencontre et de communion avec le monde musulman». Elle avait fondé à Bethléem le premier couvent carmélite de Palestine ;  quant à Marie-Alphonsine Ghattas, elle est à l’origine de la congrégation du Très Saint Rosaire de Jérusalem. Au risque de froisser mes amis juifs, dont certains refusent la reconnaissance de l’état palestinien, je me réjouis infiniment de cette journée qui aura vu le Saint-Père qualifier Mahmoud Abbas d’ «ange de paix » en insistant sur la nécessité du dialogue interreligieux…

Quelle différence avec l’ambiance de désolation qui régnait à Castres il y a quelques semaines, lors de la profanation de centaines de croix du cimetière, et avec le choc ressenti aujourd’hui par les habitants de Portet en découvrant leur église vandalisée…

http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/17/2106149-indignation-apres-le-saccage-de-l-eglise.html

En cette journée où les folies de prétendus musulmans s’apprêtent à détruire l’antique cité de Palmyre et ses colonnades qui avaient pourtant résisté à tant d’invasions, au nom d’un Dieu dont ils scandent le nom en oubliant ses véritables préceptes, il m’a semblé une fois de plus que la seule réponse aux inepties de ces contempteurs d’idoles, nouveaux iconoclastes, était la force de la bienveillance. Une douce jeune fille tarnaise l’a démontré avec l’infinie volonté de sa foi, n’en déplaise à ceux qui ne croient pas au ciel, comme dit le poète, et je ne doute pas qu’elle faisait partie des lumières accueillant les jeunes filles chrétiennes assassinées à Garissa il y a quelques semaines…

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/actualite/politique/monde/item/ubi-et-orbi-a-garissa?category_id=10

La barbarie est à nos portes, chassant des milliers d’innocents sur des radeaux de la Méduse, décapitant, violant, brûlant, égorgeant, mais aujourd’hui comme il y a deux siècles des jeunes filles osent tenir tête à la maladie, à la mort et aux insanités des hommes, venant en aide aux malheureux, ne renonçant pas à leur foi, et cette lumière de la bonne intelligence fait de chaque être qui sait aimer « son prochain » un « Saint » du quotidien, un appelant à la béatification. Chaque enfant sauvé des flots de Mare nostrum devient miracle, chaque femme aidée après un viol se fait tabernacle, chaque accolade entre juifs, chrétiens, musulmans et athées a valeur d’éternité.

Aimons-nous les uns les autres, oui. Et laissons aussi à notre France son histoire, faite d’humbles vitraux de petites églises romanes et de splendides flèches de cathédrales ; laissons à notre pays son histoire, faite de gueux et de Grands, d’inquisitions et de Jacqueries, afin que les soubresauts médiévaux continuent à appeler les Lumières, et qu’en chaque commune de France on sache qu’autrefois, les registres de l’état civil étaient tenus par les curés.

N’en déplaise aux impies, il est toujours bon de savoir d’où l’on vient : cela éclaire le présent et assoie l’avenir, en racine fondatrice des ailes du futur.

 http://www.cicressources.net/la-fondatrice/

 

Je dédie ce petit texte à Annie et Antonin qui croyaient au ciel, et à mon amie Corinne, dont Paul, le papa, vient de nous quitter.

***

 

Celui qui croyait au ciel

 

Laurent-Nicolas a une peau de bébé.

 

C’est ce qui frappe, chez lui, de prime abord. Il y a aussi ce sourire, un sourire d’ange, doux et rêveur. C’est simple, croiser cet homme vous évite une visite à la cathédrale de Reims, puisqu’on se retrouve face à l’Ange au Sourire.

 

Et puis le regard, l’un de ces regards aux couleurs de vitrail. Il semblerait que toute la lumière du ciel passe par le prisme de cette bienveillance. Oui, le regard de Laurent-Nicolas est un regard d’amour absolu.

 

Frère Laurent-Nicolas est prieur dans l’une de ces communautés hyper tendance dont on parle même dans les médias…On est loin, certes, de la petite rediffusion de la messe à Saint-Antonin-les-oie-folles, et de ces presbytères où même les bonnes du curé se font rares, parfois seulement habités, un dimanche sur quatre, par quelque séminariste venu tout droit du Togo. (« Oh mon Dieu Madame Machin, vous avez vu le nouveau curé ? »)

 

Dans l’église über trendy de Frère Laurent-Nicolas, on est en ligne directe avec le siècle, presque à l’américaine, pas loin de l’eucharistie en ligne et de la CB qui absoudrait nos péchés…

 

Mais notre prieur, lui, ne semble pas entendre ces bruissements médiatiques ; il demeure un modèle de simplicité, un moine de l’ombre, un tâcheron des âmes. Il ressemble à ces anciens curés de village, simples et vaillants, honnêtes et protecteurs. Chez lui, on se plait à imaginer une église sans scandales pédophiles ni commerces d’indulgences, une église à mille lieues des fastes cardinaux et des perversions modernes…Lumineux comme un vitrail de Chartres, solide comme l’une de ces petites églises romanes d’Auvergne, bon et goûteux comme un miel d’abbaye, Frère Laurent-Nicolas joue les pères du désert tout en décryptant nos désirs.

 

Le cloître résonne de nos pas, et nous arpentons les allées en respirant le parfum des simples remis au goût du jour par quelque jardinier en robe de bure. Nous parlons un peu, de nos vies si différentes, de sa thèse, de mes enfants, de ses neveux. Je lui dis en souriant être sans aucun doute damnée, deux fois divorcée, et d’un pasteur, qui plus est. Il me regarde droit dans les yeux, prend ma main, et me murmure, sans affectation aucune, qu’il y aura toujours une place pour moi, dans la clairière de Notre-Seigneur…

 

Pourquoi, comment est-il si serein ? Il est censé porter tout le poids du monde sur ses épaules de semi-contemplatif, alors comment arrive-t-il à garder cette espérance, cette foi modestement triomphante et magistralement discrète, malgré toutes les barbaries du siècle ? Et ce, en toute quiétude, en portant non pas le drapeau tâché des compromissions inquisitrices et des luttes fratricides, mais simplement, habitées par la grâce des certitudes et par sa foi de charbonnier…

 

Il me propose de dire un Notre Père avec lui, et je repartirai, confiante, apaisée, ne sachant toujours pas où tourner de la tête entre la petite vierge de Lourdes toujours cachée dans mon sac, mon yoga devant un Buddha, mes convictions républicaines et mon désir de conversion au judaïsme, mais certaine que les confitures de l’abbaye et les chants grégoriens transformeraient n’importe quelle Marie-Madeleine en petite sœur du Christ.

 

Laurent-Nicolas n’est pas le Père Ralph, je ne suis pas Maggy, mais j’ai l’intime conviction, en refermant le lourd vantail au son de l’angélus, que ce nid-là m’accueillera toujours, malgré mes ailes mazoutées, que je vienne m’y cacher pour mourir, ou simplement m’y désaltérer.

 

« Ici, du monde vaste, nous retiendrons le nom de Paix. » Philippe Delaveau.

 

Retrouvez d’autres textes au sujet de la religion :

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2013/12/19/le-pere-et-le-desert/

http://sabineaussenac.blog.lemonde.fr/2013/12/24/lorsque-lenfant-parait/

Journée internationale des droits des femmes: Free d’hommes, le roman de l’égalité!

Free d’Hommes: et si nous changions le monde??

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http://www.thebookedition.com/free-d-hommes-sabine-aussenac-p-122971.html

http://www.amazon.fr/Free-dhommes-Sabine-Aussenac-ebook/dp/B00JZWH5RK

À l’orée de la Journée  je voudrais induire une petite réflexion sur l’ampleur des inégalités entre les sexes…Mon roman Free d’Hommes, paru en novembre 2013 à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, se  veut vitrine inversée de notre monde si déséquilibré…L’idée de cette écriture en miroir m’est venue il y a deux ans, à peu près au moment où une jeune cinéaste signait un excellent court-métrage que j’ai découvert récemment, « Majorité opprimée », dans lequel, exactement comme dans mon roman, les rôles seraient inversés…

http://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I

Imaginons ce monde où les rôles sociaux seraient intervertis depuis des  millénaires et dans toutes les civilisations, les femmes ayant le rôle dominant,  tous les grands auteurs et acteurs de l’Histoire ayant été des femmes, de même  que tous les personnages historiques importants…Dans tous les continents, depuis toujours, auraient ainsi existé des sociétés matriarcales. Mais ces univers où le Féminin tiendrait le haut du pavé seraient aussi déséquilibrés que nos sociétés patriarcales! Dans ma petite fable, les femmes traitent en effet les hommes comme ces derniers le font actuellement avec nous…C’est à dessein que j’ai parfois forcé le trait, dépeignant les femmes que des « machos », et les hommes comme des êtres souvent soumis et opprimés…

Cependant, ce monde existerait dans NOTRE réalité: on y rencontre en effet l’affaire  DSK, un tsunami, une élection présidentielle, le printemps arabe…(et je suis en train de penser…à une suite!! Avec des chapitres plus précisément consacrés aux violences faites aux femmes, en parlant, toujours de façon inversée, de la « théorie du Genre », de la Manif pour tous…) Et lorsque l’on avance dans la lecture, s’attachant aux personnages, à la trame de l’histoire, on est presque pris de vertige, tant l’on a l’impression que ces inversions donnent le tournis: tout semble si « vrai », si réel, réaliste, grâce aux références à notre réalité, mais en même temps tout est si…décalé!

Car il s’agit à mon sens d’un problème mondial de société, d’une urgence humanitaire, que cette situation de la FEMME à travers le monde: dans nos sociétés occidentales, nous nous heurtons au « plafond de verre », à nos brimades quotidiennes, aux inégalités salariales…N’oublions pas non plus la terrible précarisation des femmes qui ont tant de mal à survivre à leurs divorces, qui luttent pour récupérer des pensions alimentaires impayées, sous les regards et les ricanements obscènes des masculinistes toujours prêts à revendiquer leurs droits alors qu’ils oublient leurs devoirs de pères…

Levons aussi l’omerta, la terrible loi du silence médiatique et sociétale au sujet des prétendus « drames familiaux »: une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, tandis que les familicides se multiplient -des dizaines d’assassinats  chaque année, dont ce collégien de mon propre établissement, tué en février 2014 avec sa maman, alors qu’il était en cours le matin même…http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/11/1815112-mercenac-drame-familial-trois-morts-au-hameau-de-pointis.html

(…Et je vous invite à rechercher les autres articles autour de ce drame-là…C’est tout bonnement incroyable, on y dresse un gentil portrait du meurtrier, sans jamais évoquer les victimes…) Ailleurs? Mais ailleurs, c’est la barbarie, c’est l’enfer, au-delà des grillages et des enfermements des burqas…Il y a les viols de masse et systémiques dans les pays en guerre; il y a les petites filles en Inde, évincées par l’eugénisme galopant d’une médecine devenue folle, mais aussi étouffées dans le sable à la naissance, avant que de mourir lors des terribles viols collectifs…Il y a les millions de fillettes privées d’éducation; et le tourisme sexuel, les violences, les humiliations…

Malala a inscrit son discours sous le signe de l’urgence: l’urgence pour les fillettes du monde entier à accéder librement à l’éducation. Et notre Ministre de l’Éducation Nationale a placé la journée du 8 mars sous le signe de l’égalité des chances. Osons, enfin, nos libertés!

Mon roman  s’inscrit donc dans cette urgence-là: dénoncer ce monde dont la moitié, oui, la moitié des habitants sont opprimés! Parler de cette terre que nous devrions nous partager équitablement, avant même que de songer à en régler les problèmes climatiques et géopolitiques! Il faut inventer un nouvel univers, un univers  différent, où hommes et femmes se partageraient la vie dans une autre  perspective, en dehors de ces processus de violence et de domination.

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/culture/litterature/item/l-autre-monde-de-sabine-free-d-hommes-sabine-aussenac?category_id=17

« Fascinants, pour qui imagine et invente (l’écrivain, du coup), que ces mondes, qui seraient bâtis autrement, fonctionneraient dans d’autres dimensions, seraient – pourquoi pas – cul par dessus-tête. C’est à ce registre que se rattachent les pages du roman ? nouvelle ? que vient de publier notre amie et rédactrice, Sabine Aussenac.

On a connu – pépite fantastique de notre adolescence – le « Demain les chiens » où Médor et les siens tenaient l’ordonnancement du monde, sans parler des singes de la planète ! Là, l’histoire (« il était un monde, une fois, où… ») est tout bonnement renversée : homme/femme, pas comme on connaît ; le contraire. « Comme ailleurs dans le monde, les hommes étaient lésés ; gagnaient moins que les femmes, se comptaient sur les doigts de la main dans les conseils d’administration… les femmes avaient le monopole de l’emploi, de la sécurité financière, des pouvoirs décisonnels… Paul – “le-la” héros – soupira : oui, le chemin serait long ! » (…)

Les femmes « puissantes » – toutes et trop – sont des virago pour qui « le diable s’habille en Prada » : physiquement écrasantes, levant le coude sur le canapé du soir, et séduisant – vite, trop vite – les mâles qui passent autour, du stagiaire au procureur. Caricaturales ! mais on sourit, devant l’avalanche… Un tout petit peu, quand même, de situations répétitives, là aussi. Un texte plus resserré, format grande nouvelle, éclairant mieux, ne disant pas tout, abattant quelques murs, à grands coups de hache monumentale, aurait sans doute été l’instrument de choix d’un sujet jouissif, comme celui-là…

On ne boudera pour autant pas notre plaisir ! L’Histoire – la grande ou la plus quotidienne – tient sa partie dans le récit, avec une présence pertinente qui donne chair : des enfants qu’on enlève à de brillantes études pour les marier au bled (ici, un Medhi, évidemment), aux Révolutions arabes, à la poésie iranienne, au souvenir de 68 (slogan masculiniste : « oui, maman, oui patronne, oui chérie ; non ! Merci ! criaient les jeunes gens de l’époque en brûlant leurs coquilles à testicules entre deux jets de pavés sous la bouille en cœur de Danielle la Rouge »).  On rit, souvent – un des meilleurs passages, attendu, certes, mais réussi, n’est-il pas l’annonce de l’accusation de viol sur homme de chambre buriné, par une Sarah Dayan Klein, directrice du FMI. Plus tard – entre émouvant et hilarant, un « homme !!! est élu aux élections présidentielles ! On y est, frérot, on y est ! ». »

Autre extrait de critique:

« Sabine Aussenac a brossé une fresque saisissante, dans laquelle le « sexe  faible » est incarné par les hommes, depuis la nuit des temps… De nombreux  thèmes de société sont abordés, des discriminations au viol, de la pédophilie au  « plafond de verre », de la précarisation au divorce…

Personnages attachants, humour féroce, profondeur de la réflexion: ce roman,  paru le 25 novembre 2013, à l’occasion de la Journée Internationale contre les  violences faites aux femmes, se veut le symbole d’un nouveau  féminisme.

Sabine Aussenac a rêvé l’égalité, en faisant la démonstration de ce que  serait un monde dominé…par les femmes! »

http://www.sudouest.fr/2013/11/30/free-d-hommes-1244971-2277.php

La page Facebook du roman:

https://www.facebook.com/pages/Free-dhommes-un-roman-de-Sabine-Aussenac/756934377674641?notif_t=page_new_likes

Voilà…Il ne tient plus qu’à vous de vous détendre tout en vous questionnant, de rire et de pleurer, de partager et de donner…Le roman est à commander sur le site de Thebookedition  ou en format ebook sur Amazon, (liens en haut du texte)! Et en attendant, une première lecture vous en est offerte sur le délicieux blog de Sagine:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/211-freedhommes-SAussenac

J’ai fait un rêve: qu’à l’occasion de la Journée de la Femme 2015 nous nous donnions la main dans un même élan de sororité ET de fraternité, nous, femmes de tous les pays, loin des querelles de clochers féministes, ensemble, les « essentialistes » et les autres, oubliant les clivages entre celles qui ont des enfants et celles qui n’en n’ont pas, oubliant les « On ne nait pas femme, on le devient » et, au contraire, les Antoinette Fouque qui prétendaient que la maternité fonde, quelque part, la Femme, non, ne les oubliant pas, les transcendant, plutôt, dans une véritable marche commune vers l’ÉGALITÉ!

http://www.poesie-sabine-aussenac.com/poesie-et-photos-de-gascogne-sabine-aussenac/portfolios/image_si-nous-poussions-les-murs-du-monde

Cousin, cousine…

Cousin, cousine…

 J’ai revu G.

Cela faisait une bonne quarantaine d’années que nous ne nous étions plus rencontrées.Ma superbe

Non, ce n’était pas un repas d’anciens élèves. G. est ma cousine. Une cousine « issue de germain », comme le dit merveilleusement notre belle langue. Et elle l’est à tous les sens du terme, puisque c’est la fille d’un des nombreux frères de ma grand-mère…allemande !

Je l’ai vue arriver, toute jolie, derrière la vitre de l’hôtel où j’étais descendue outre-Rhin, pour mon pèlerinage mémoriel, et j’ai reconnu en elle, en une fraction de seconde, cette sororité mâtinée d’altérité, ce « petit quelque chose » qui fait de nous des « parentes », des alliées, des proches.

Nous nous étions déjà parlé au téléphone depuis quelques semaines, nous avions échangé des mails. Ce soir-là, nous avons parlé une bonne partie de la nuit, intarissables, comme si nous nous étions quittées la veille, alors que des pans entiers de nos existences nous étaient encore inconnus quelques jours auparavant.

Un peu comme dans la chanson de Bécaud, nous avons tout mélangé ; pas de Lénine ni de Champs-Élysées pour nous deux, mais nos parcours respectifs, et surtout tous ces récits familiaux croisés : mes filles et celles de son mari, son petit frère mort si jeune, la fratrie de son père et de ma grand-mère, la guerre, l’après-guerre, toutes nos « histoires de famille » se confondant avec l’autre, la Grande Histoire…

« Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique. », disait René Char. Nous avons ri, aussi, comme des collégiennes, toutes excitées par ces retrouvailles, sans même toucher au bon vin italien du petit restaurant où la patronne est venue plusieurs fois écouter nos délires, toute contente pour nous.

Et puis nous nous sommes quittées en nous promettant, cette fois, de ne plus perdre le contact, parce que soudain il nous apparaissait capital de ne pas s’oublier à nouveau, de nous souvenir de cet héritage mémoriel qui revenait à nous comme une surprise inespérée.

Parce qu’un cousin, c’est cette improbable magie qui à la fois nous ancre dans l’enfance et peut, comme un cordage de navire, voguer avec nous contre vents et marées, tout en nous laissant libre comme le vent. Nous ne nous devons rien, dénués de toute contrainte, de toute vassalité parentale ou filiale, mais nous savons aussi que nous pouvons à tout moment faire acte de parentèle, retrouver l’union sacrée de ce terreau familial qui nous fonde et nous porte.

Loin des rivalités fréquentes qu’entraîne le lien fraternel, le cousinage devient ainsi alliance éternelle, comme une amitié dont on sait qu’elle durera toujours, plus solide qu’un amour, pérenne car dénuée d’enjeu, et, surtout, liée au substrat générationnel qui, quelque part, a créé en nous ces invisibles fils d’Ariane qui nous renvoient non seulement vers l’enfance, mais sans doute aussi vers ce que les psychogénéalogistes qualifient d’empreinte mémorielle…

Lorsque j’étais enfant, j’ai amèrement regretté de n’avoir que des cousins germains beaucoup plus petits que moi. Je trouvais injuste d’avoir une dizaine d’années de plus que les fils de mon oncle allemand, deux petits diablotins élevés de façon « anti-autoritaire » (souvenir ému de K. et D. qui faisaient ainsi leurs besoins à même la toile de tente et que leur mère, ma tante, ne grondait même pas !) ou que mes adorables cousines de Lyon, filles de la sœur de ma mère. (Vous ne rêvez pas, elle aussi avait épousé un Français, une vraie manie !)

Il a fallu attendre mes trente ans, mon divorce et de belles journées d’été pour que mes cousines, ayant grandi, m’accompagnent en vacances pour, le jour, baby-sitter mes fillettes et, la nuit, sortent en boîte avec leur grande cousine…Te souviens-tu, I., de cette nuit où nous rentrions du Lydia, ce grand paquebot échoué à Port-Barcarès, transformé en discothèque ? Nous avions dansé comme des folles, nous marchions dans l’eau qui clapotait sous la lune et parlions de ton avenir…J’ai aussi en mémoire la visite de C. à Clermont-Ferrand, son sourire de Madonne…Et puis ces vacances ratées à Biarritz avec la belle E., qui fut cette année-là aussi capricieuse que l’océan…Nous nous voyons rarement, hélas, aujourd’hui, notre cousinage s’abrite derrière un simple « réseau social », et je déplore ce manque de temps et la distance qui grignote notre mémoire familiale…

Quant à mes cousins allemands, eux-aussi avaient fini par grandir. K. a même été l’un des piliers d’un mémorable réveillon dans notre maison nichée dans la campagne tarnaise, son regard bleu azur ne se voilant que pour un mini coma éthylique. Toutes les cousines que nous étions, d’ailleurs, craquions pour sa fossette, et pour son corps d’athlète.

C’est dans cette même maison de famille que je rencontrais, chaque été, mes chères cousines « au deuxième degré » (je précise pour mon fils, qui rame complètement dans ces termes que notre époque propice aux familles monoparentales et réduites à la portion congrue ignore, que ce sont les filles d’un cousin germain de mon père : leurs papas étaient deux frères, issus des « Aussenac du Payssel », une fratrie de …neuf enfants !)

Je guettais l’arrivée de F. et S. en brûlant d’impatience. Elles arrivaient de Bordeaux avec une voiture pleine à craquer et Titus, le chat. Leur famille possédait un cabanon au bord d’une rivière, non loin de notre maison, mais j’ai le souvenir que souvent, nous passions des journées et des nuits ensemble, dans ce paradis aux couleurs des étés. Souvent, quatre garçons dans le vent venaient compléter la joyeuse troupe : JL., B., D. et F. , fils de la sœur du père de mes cousines, débarquaient avec leur accent du midi à couper au couteau, et nous poussaient à faire les 400 coups…

À nous les longues journées emplies de grillons que nous « tuttions » et de mûres dont le jus nous barbouillait le visage, quand les ronces griffaient nos jambes nues lorsque nous partions escalader quelques roches…Nous partions en tongues traverser le ruisseau, nous allions chercher le lait en ces temps bénis où l’on laissait les enfants faire plusieurs kilomètres sur des départementales désertes sans craindre qu’ils ne soient dépecés ; le soir, nos parents veillaient très tard, et sous la nuit très étoilée, à la lumière des lampes à pétrole, ils parlaient de politique et d’amour.

Puis nous nous couchions dans « La cabane », l’annexe de la maison, sur des lits de camps inconfortables, mais qui étaient prétexte à la nouvelle aventure de ces nuits interminables où nous nous chuchotions des secrets. Au matin, M., la maman de mes cousines, déjeunait de pain grillé avant d’aller lire Elle, alors que notre mère à nous écossait des haricots, et je la trouvais terriblement belle dans cette nonchalance estivale.

Les jours de pluie, nous restions à l’intérieur et nous écoutions des disques sur l’électrophone. Il y avait Richard Anthony et son train, Bécaud et sa Nathalie, et puis nos pères faisaient du feu, et il était extrêmement doux de s’ennuyer. S., surnommée « la puce », faisait rire tout le monde de ses pitreries.

J’enviais aussi la complicité de mes cousines, le rapport sain et naturel qu’elles avaient avec leur corps, moi, la « grosse », toujours engoncée dans mon surpoids et mes complexes…Les jours où nous partions à la rivière, elles étaient sympas, elles ne se moquaient pas de mes maladresses, quand nous courions dans les hautes herbes et les joncs, en méduses, pour aller plonger dans l’eau glacée où filaient des anguilles.

Un jour, nous avons grandi. F. et moi étions, je crois, un peu amoureuses de JL., le plus grand des cousins, déjà au lycée…Je revois encore son magnifique sourire quand il nous racontait ses exploits. Mes cousines, hélas, ont peu à peu préféré des horizons nouveaux. L’océan leur a tendu les bras, elles ont passé leurs vacances non loin des Sables, en Vendée, dans une autre demeure de famille, et nos liens, peu à peu, se sont distendus…

Aujourd’hui, nous ne voyons plus…qu’aux enterrements…C’est lors d’une bien triste cérémonie que j’ai repris contact avec JL., il y a maintenant une vingtaine d’années, et nous savons tous les deux que nous pouvons compter l’un sur l’autre. Il est « mon cousin de cœur », presqu’un frère, mais un peu plus, aussi…Un homme que je peux serrer dans mes bras, avec lequel je peux marcher en bord de Garonne, auquel je pourrais chuchoter des secrets, comme quand nous étions enfants. Un de ses frères est déjà parti au paradis, et c’est un morceau de notre enfance qui a disparu, abruptement, injustement…

Avec F., nous nous sommes promis de ne pas attendre le prochain enterrement pour nous revoir ! Elle est superbe, une magnifique quinqua. Elle a gardé ce regard malicieux et cette voix un peu rauque, cet humour décapant et cette sensibilité qui, lorsque nous étions petites, me fascinaient déjà.

Nous aurons toujours dix ans, vingt ans. À chacune de nos rencontres, nous verrons certes la vie qui défile, merveilleuse et impitoyable, mais aussi ces années où nous étions innocentes et gaies, partageant l’espérance de nos lendemains.

Je lui dédie ce texte : bon anniversaire, ma cousine !!!!

My american mum : Bobbi Katz !

My american mum : Bobbi Katz !

 

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https://www.youtube.com/watch?v=Hq2KWbiV6js

 Connaissez-vous Bobbi Katz? Cette délicieuse poétesse et auteur de livres pour enfants nous a rendu visite en septembre, et je voulais, en ce jour de Noël 2014, lui rendre hommage et vous parler de ce petit bout de femme bouillonnante d’énergie positive et de créativité, malgré ses …très nombreux printemps !

http://www.bobbikatz.com/bio.htm

Elle est née en 1933 mais possède encore une grâce et une allure de jeune fille !

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Souriante, elle m’est apparue dans le hall de la gare Matabiau et nous sommes tombées dans les bras l’une de l’autre, puisque nous nous connaissions, par l’intermédiaire de son fils Josh, depuis…1979 ! Nous avions longuement échangé, depuis la disparition tragique de Josh, par lettres, mails, mais ne nous étions jamais vues.

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Nous avons visité Toulouse, Albi, longuement échangé autour des courages de sa vie, puisqu’elle a traversé de nombreuses épreuves tout en gardant cette incroyable optimisme! Bobbi nous a enchantés par son dynamisme et sa joie de vivre.

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Elle a donné la réplique à son « french Grandson » :

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!10423&authkey=!AL7VrsvJUxUt4kQ&ithint=video%2cmp4

En effet elle chante et danse, fait de chaque instant une comédie musicale à l’américaine, tout en étant capable de discuter de sujets graves avec une belle profondeur : et c’est là que l’on perçoit le mieux cet état de grâce qui permet à un adulte de toucher des cœurs d’enfants…

http://www.encyclopedia.com/doc/1G2-2697000049.html

La liste de ses ouvrages est longue…Poésies, albums, car Bobbi est surtout connue pour ses poèmes, dans lesquels elle met le monde et son âme à la portée de l’enfance :

« My poetry always comes from inside—from my deep need to express a feeling. The child in me writes picture books. My fiction is almost not mine. The characters emerge and seem to tell their own stories. Even when writing within rigid boundaries that editors sometimes set, I find the characters become very real to me. I care what happens to them. »

« I write only for children because I desperately want to return childhood to them, » Katz added. « I hope to join those writers and artists who delight, sensitize, and give hope to children. »

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Elle décrit, mais embellit aussi, et danse avec les mots comme elle danse la vie:

http://www.poetryfoundation.org/poem/241878

October

BY BOBBI KATZ

October is

when night guzzles up

the orange sherbet sunset

and sends the day

to bed

before supper

            and

October is when jack-o’-lanterns

grin in the darkness

            and

            strange company crunches

across the rumple of dry leaves

to ring a doorbell.

October is

when you can be ghost,

            a witch,

                        a creature from outer space…

almost anything!

And the neighbors, fearing tricks,

            give you treats.

https://onedrive.live.com/redir?resid=8DAAE5B306BE4C6!10424&authkey=!ALYOj4ahHE8DWlQ&ithint=video%2cmp4

Alors si vous avez encore un cadeau de dernière minute à faire, ou des étrennes pour la belle année nouvelle, n’hésitez pas : offrez un  livre de …Bobbi Katz !!!

Merry Xmas, Bobbi!!

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(Et vous trouverez la mémoire de Josh à la fin de mon texte sur Udo Jürgens, dans ce même blog, ou ici:

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/fete-des-morts-toussaint_b_2034157.html )

  

 

 

 

Comme un avion sans elles…

Comme un avion sans elles…

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http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/04/26/2477274_petits-meurtres-en-famille-a-agnes-et-a-ses-qutre-enfants.html

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/tes-enfants-tu-ne-tueras-point_b_1687939.html

La France pleure. La France a mal. La France se recueille.

Comme les Pays-Bas la semaine dernière, à la différence près que nous ne savons pas encore si c’est un orage, un malaise, un missile ou une bombe qui a causé la mort d’une cinquantaine de ressortissants français. Oui, je sais, c’est atroce : il y a là plusieurs membres de mêmes familles, et ces sourires brisés, ces destins anéantis en une fractale de seconde qu’un fatum aveugle, lié aux hommes ou à la nature, a fait exploser en vol. Et j’adresse, très, très sincèrement, mes condoléances aux familles.

MAIS.

N’y a-t-il pas, chaque semaine, chaque mois, sur les routes de France, de terribles « drames de la circulation », causant, eux aussi, un nombre élevé de morts ? N’y a-t-il pas, chaque semaine, un nombre élevé d’enfants, de femmes et d’hommes mourant de maladie ?

Et, SURTOUT, n’y a –t-il pas, chaque mois, depuis des années, mais aussi de plus en plus, un nombre très élevé de femmes mourant sous les coups de leurs compagnons, et, et c’est l’objet de mon texte et de ma colère, un nombre de plus en plus élevé d’enfants mourant sous les coups de leur père ??

Ces femmes égorgées, étranglées, poignardées, brûlées vives, ces enfants de tous âges égorgés (ce mois-ci), poignardés (une fillette de deux ans, au printemps dernier, dans un camping…), défenestrés –un petit garçon à Toulouse, il y a quelques mois…-, brûlés vifs-trois enfants dans une station-service, en 2011…-, brefs, tous ces martyrs, (dont les chiffres donnent le tournis pour les femmes – vous les trouverez dans un récapitulatif partiel en bas de texte, partiel car je ne SUIS PAS JOURNALISTE, simplement blogueuse…- et n’existent même pas, en France, pour les enfants, -mais l’article d’une criminologue anglaise explique bien la terrible augmentation des meurtres par les « exterminateurs familiaux »…

http://actualites.sympatico.ca/curiosite/editorial-curiosite/de-plus-en-plus-de-peres-tuent-leurs-enfants) …pourquoi n’ont-ils pas droit, eux :

–          À l’attention soutenue des médias, des jours, des semaines durant, en boucle, jusqu’à ce que l’on éteigne le poste, tant ces mots de « corps tombés du ciel » ou de « débris calcinés » nous écœurent…. ?

–          À des allocutions solennelles du Chef de l’État, à des déplacements de ministres ?

–          À l’attention de l’opinion publique ?

Suffit-il donc de mourir ensemble, entassés dans une machine volante, suffit-il donc de tomber du ciel pour que les Puissants, les médias et le peuple vous encensent ?Vous plaignent ? Vous fassent des pages d’hommage sur les réseaux sociaux ?

 Un Président de la République s’est-il déplacé, en 2011, lorsqu’un papa a fait griller ses enfants dans une station-service ? Pourtant, là, nous les avions, les « corps calcinés » !

Un Président de la République s’est-il déplacé à chaque meurtre de femme et/ou d’enfant, depuis des années, alors que ce « fait de société » que les médias aveugles s’obstinent à nommer « faits divers » ou « drames familiaux », ignorant à dessein le terme de « familicide », aurait depuis longtemps mérité d’être promu au rang de CAUSE NATIONALE… ?

Tous ces enfants égorgés ou pendus, ou tirés comme des lapins par leurs pères-comme ce collégien de mon établissement, en février, assassiné avec sa maman entre midi et deux, et dont le journal local ne parlera guère, consacrant par contre plusieurs articles au « pauvre père déprimé, un brave chasseur et figure locale »-, n’avaient-ils pas, eux aussi, de beaux sourires, de belles vies prêtes à fleurir ? Certes, non, ils ne sont pas morts tous en même temps dans un avion malaisien ou algérien, mais diable, si l’on additionne les femmes et les enfants morts cette année, je suis persuadée que l’on est au-delà des cinquante victimes !!!

En miscellanées de mémoire :

« Trois enfants d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau (Bas-Rhin). Les pompiers ont été appelés sur place peu après 8 heures par les voisins pour un incendie et ils ont découvert à l’intérieur de la maison, dans les chambres du premier étage, les corps des trois enfants. Les victimes ont été égorgées, selon le substitut du procureur de Strasbourg Olivier Glady. L’hypothèse d’un drame familial est privilégiée. »

« Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal »

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé. »

 Alors, Monsieur Hollande ?

Alors, Monsieur le Président, Madame la Ministre des Droits des femmes, Madame la Ministre de la Santé, Madame la Garde des Sceaux, qu’avez-vous à déclarer ?

J’exige, au nom des centaines de familles endeuillées depuis des années, que, comme pour les accidents d’avion, « toute la lumière soit faite » sur ces affaires : j’exige qu’enfin, comme ont osé le faire quelques héros courageux (des juges, des procureurs, ici et là, travaillant main dans la main avec des associations…), l’ÉTAT se mobilise, pleinement, entièrement, et ce en transversalité, en coordonnant la prévention, le soin, l’éducation, afin que les pères et maris n’EXTERMINENT plus en toute impunité leurs femmes et leurs enfants.

J’exige, au nom des centaines de victimes, de femmes et d’enfants innocents, dont le seul tort a été, apparemment, de NE PAS MOURIR DE MORT VIOLENTE DANS UN AVION, que notre pays enfin prennent conscience d’un phénomène hélas mondial, que des sociologues analysent, que des spécialistes commentent partout, sauf chez nous, afin que les professeurs des écoles soient formés en ce sens (car la prévention commence au berceau) , afin que les jeunes couples allant se pacser ou se marier rencontrent des psychologues évoquant ce fait, afin que les DDAASS et travailleurs sociaux soient plus réactifs, afin que la justice soit plus punitive, afin que …nous évitions, aussi sûrement que nous mettrons tout en œuvre pour éviter d’autres catastrophes aériennes, ce genre de drames qui, hélas, fait…bien plus de victimes qu’un crash, et ce depuis des années.

J’avais, par deux textes, alertés Messieurs Sarkozy et Madame la Ministre du droit des femmes ; on m’a répondu, oui, que des mesures étaient prises. Mais cela ne suffit pas. La preuve en est cette terrifiante montée en puissance du masculinisme et de ces pater familias qui, dès lors qu’une compagne se refuse à eux, s’arrogent droit de vie et de mort sur cette dernière et, surtout, sur les enfants, afin de punir la mère dans ce qu’elle a de plus cher.

Il suffit.

En France, la plupart du temps, chaque mois ou presque, ce n’est ni un orage, ni une bombe, ni un missile qui tue : ce sont simplement des hommes, de bons pères de famille, qui, dans une sorte de djihad masculiniste, ont décidé d’exterminer toute forme de vie.

Monsieur Hollande : je compte sur vous.

Sabine Aussenac.

Extraits de presse récente:

« LeParisien.fr

Crash du vol AH5017 : dix membres d’une famille de Rhône-Alpes à bord
Un jeune Seine-et-Marnais dans le crash de l’avion d’Air Algérie au Mali
Avez-vous peur de prendre l’avion après ces catastrophes en série ?
Vol AH5017 : ce que l’on sait du crash de l’avion d’Air Algérie »

Et si nous lisions un jour:

– Dix femmes d’une même ville-et/ou région- tuées la même année

– Avez-vous peur de vous marier après ces assassinats en série?

*****

RAPPEL (vous m’excuserez, il manque des dizaines de cas, et toute l’année 2012…Vous pouvez, si envie, compléter dans vos commentaires…)

2010 :

Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement …

strasbourg.blogs.liberation.fr/…/2010/…/trois-enfants-meurent-dans-un-i…

2 janv. 2010 – Trois enfants égorgés à Haguenau, leur père probablement suicidé … d’une même famille, des filles âgées de 13, 11 et 5 ans, ont été tués samedi matin à Haguenau

http://strasbourg.blogs.liberation.fr/actu/2010/01/trois-enfants-meurent-dans-un-incendie-%C3%A0-haguenau-le-p%C3%A8re-recherch%C3%A9.html

 

2011

146 femmes sont mortes, victimes de leur (ex) conjoint en …

http://www.tv5.org › Information › Terriennes

26 nov. 2011 – Selon la dernière étude nationale, 146 femmes (et 28 hommes) sont … de mort commis à l’encontre d’un conjoint, concubin, pacsé ou d’un « ex …

 

http://www.faitsdivers.org/6636-Lyon-il-tue-sa-femme-d-une-trentaine-de-coups-de-couteau.html

 

Les faits se sont déroulés vendredi en fin d’après midi, dans un immeuble du 8ème arrondissement de Lyon, dans le Rhône.

Aux environs de 18H00, un homme a appelé la police pour leur indiquer qu’il avait tué sa femme, âgée de 39 ans.

Les forces de l’ordre, arrivés sur les lieux, ont découvert le corps sans vie de la victime au sous-sol, juste devant l’ascenseur qui accède au garage.

Son mari, âgé de 38 ans, l’a lardé d’une trentaine de coups de couteau. Les enfants du couple, âgés de 8 à 16 ans, présents sur les lieux, ne semblent pas avoir été témoins de la scène.

Pourtant rien ne laissait présager un tel drame. Ce couple, qui avait emménagé dans l’immeuble depuis un an, était considéré par certain de ses voisins comme « un couple idéal ».

 

L’auteur présumé des faits a été interpellé et placé en garde à vue.

 

OCTOBRE :

 

Un père tue ses enfants en mettant le feu à sa voiture à Culoz

news.celemondo.com/…/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-v…

4 oct. 2011 – Un père de famille est mort et a tué deux de ses trois enfants hier soir en incendiant sa voiture qui se trouvait dans la station-service d’un . http://news.celemondo.com/2011/10/un-pere-tue-ses-enfants-en-mettant-le-feu-a-sa-voiture-a-culoz/

« C ’est un vrai drame, vraisemblablement suite à un différend familial, qui a eu lieu à Culoz lundi vers 20h30 : dans la station-service du Carrefour Market de la ville, un homme de 33 ans a arrosé sa voiture d’essence et y a mis le feu. Il se trouvait à l’intérieur, ainsi que ses trois enfants de 4, 5 et 11 ans. Seul le plus grand a réussi à s’extirper du véhicule en feu, mais il et gravement blessé.

La mère des enfants, âgée de 29 ans, a été retrouvée morte à leur domicile familial de Bourg-en-Bresse, à 90km de Culoz : elle aurait succombé à une asphyxie selon les premiers éléments de l’autopsie. Il pourrait s’agir d’un homicide, suivi du suicide du père de famille. De nombreux pompiers sont intervenus pour sécuriser la station-service dans laquelle se trouve des bombonnes de gaz »

 NOVEMBRE :

 Buzz : Un père tue son enfant de 3 ans dans un lave-linge

http://www.terrafemina.com/…/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un…

28 nov. 2011 – C’est au-delà de tout ce qu’on peut penser dans la haine humaine. Un père vient de tuer son enfant à 10 km de Meaux, en le mettant nu dans le …

http://www.terrafemina.com/societe/buzz/articles/9068-un-pere-tue-son-enfant-de-3-ans-dans-un-lave-linge.html

2012 :

148 femmes tuées par leur conjoint en 2012 : les auteurs de …

leplus.nouvelobs.com/…/884263-148-femmes-tuees-par-leur-conjoint-en…

11 juin 2013 – LE PLUS. Un total de 174 personnes, dont 148 femmes, sont décédées en 2012, victimes de violences conjugales, a révélé un rapport du …

**

2013

 JANVIER :

une Bordelaise, mère de deux petites filles, est morte sous …

www.sudouest.fr/…/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7…

 1 janv. 2013 – … mère de deux petites filles, est morte sous les coups de son conjoint. … Femme mortellement battue en Dordogne : le compagnon finalement …

http://www.sudouest.fr/2013/01/01/elle-meurt-sous-les-coups-de-son-conjoint-922745-7.php

 Indre-et-Loire : Un père tue ses deux enfants et se suicide

http://www.24matins.fr › Faits Divers › Suicide

6 janv. 2013 – En Indre et Loire, un double infanticide a eu lieu dans la journée de samedi. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père a tué ses deux …

FEVRIER :

Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son …

http://www.lavoixdunord.fr/…/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-do…

20 févr. 2013 – Une femme âgée d’une vingtaine d’années a été retrouvée morte à son … Cambrai : une femme retrouvée morte à son domicile, son conjoint …

http://www.lavoixdunord.fr/region/cambrai-une-femme-retrouvee-morte-a-son-domicile-son-ia0b0n1045657

 

 

Ezanville : l’hommage à Amina, tuée par son mari

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

 Août :

Albi. Le père de famille incendiaire aurait tenté de tuer ses enfants

Publié le 23/08/2013 à 03:50, Mis à jour le 23/08/2013 à 10:18

Albi (81) – incendie à lapanouse

http://www.ladepeche.fr/article/2013/08/23/1694138-albi-pere-famille-aurait-tente-tuer-enfants.html

 OCTOBRE :

18 oct. 2013 – La jeune femme a été tuée à coups de pied et à coup de poing par son … Le mari a été mis en examen pour meurtre par conjoint et placé en …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/ezanville-l-hommage-a-amina-tuee-par-son-mari-18-10-2013-3238303.php

 NOVEMBRE :

 Domont : La femme battue par son mari est décédée

http://www.leparisien.fr › Val d’Oise

10 nov. 2013 – Isabelle, 45 ans, victime de violences conjugales à Domont le vendredi 1 er novembre, a succombé à ses blessures à l’hôpital Henri-Mondor …

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/domont-la-femme-battue-par-son-mari-est-decedee-10-11-2013-3303065.php

 Un père tue ses deux enfants à Livron près de Valence

http://www.ledauphine.com/…/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-v…

16 nov. 2013 – Un homme aurait tué ses deux enfants (3 ans et 18 mois) par pendaison à Livron au sud de Valence. Il aurait ensuite essayé de se donner la …

http://www.ledauphine.com/drome/2013/11/16/un-pere-tu-ses-deux-enfants-a-livron-pres-de-valence-et-tente-de-se-suicider

 Enfant de 4 ans tué à Toulouse: son père l’a projeté …

http://www.lexpress.fr › Société › Fait Divers

25 nov. 2013 – Des témoins ont vu l’homme d’une quarantaine d’années projeter son fils de quatre ans à plusieurs reprises contre le sol, selon le procureur ..

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html

« Des témoins ont vu cet homme lancer le garçonnet une première fois d’un parking en surplomb attenant à son immeuble de Montaudran, un quartier résidentiel du sud-est de Toulouse. Il a rejoint son enfant en contrebas, s’est emparé du corps qu’il a projeté « à plusieurs reprises contre le sol, puis à plusieurs reprises contre un trottoir », a dit le magistrat lors d’une conférence de presse.

L’enfant serait tombé d’environ quatre mètres de haut sur le macadam donnant accès, en contrebas, à la partie du parking en sous-sol. Son père serait descendu, peut-être par la volée de marches longeant le parking, et aurait à nouveau projeté son fils au sol de sa hauteur.

Plusieurs voisins, alarmés par les cris de l’enfant alors que son père n’était pas encore passé à l’acte, avaient alerté les policiers

 En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/enfant-de-4-ans-tue-a-toulouse-son-pere-l-a-projete-plusieurs-fois-au-sol_1302638.html#kVmtsWp55HC5T7Q0. 

Violences conjugales : 121 femmes tuées sous les coups de …

 

http://www.francetvinfo.fr › France

 

7 mai 2014 – Cent vingt et une femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2013, selon une étude parue le 6 mai 2014. Elles étaient 148 en 2012 …

 

2014 :

JANVIER :

 Un père se tue avec son enfant en sautant par la fenêtre …

http://www.francebleu.fr/…/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenet…

4 janv. 2014 – Drame familial dans la Côte d’Or : un jeune père de famille a sauté par la fenêtre avec son fils de trois ans après avoir mis le feu aux vêtements …

http://www.francebleu.fr/faits-divers/incendie/il-met-le-feu-son-appartement-et-saute-par-la-fenetre-avec-son-enfant-1157794

« Ce drame en côte d’Or : un homme est mort après s’être défenestré avec son enfant de trois ans dans les bras, vendredi soir à Chenôve. Un drame de la séparation : le jeune homme âgé de 25 ans a mis le feu aux vêtements de sa compagne, dans son logement situé au 9ème étage d’un immeuble.

Il a ensuite sauté par la fenêtre avec son petit garçon de trois ans dans les bras.  Une chute de 35 mètres de haut. Tous les deux sont morts, le père sur le coup, l’enfant lui a succombé à ses blessures dans la soirée à l’höpital de Dijon. La jeune femme souffre de graves brûlures, elle est hospitalisé à Lyon. »

 FEVRIER :

10 fév: Un père de famille tue sa compagne et son fils, âgé d’une dizaine … dans leur maison de Mercenac, près de Saint-Girons (Ariège).

 14 févr. 2014 – Ce vendredi vers 18h, la gérante d’un bar du 17e arrondissement de Paris a été tuée par son mari. Il est entré armé et a tiré trois fois sur lelle.

http://www.franceinfo.fr/faits-divers/actu/article/paris-un-homme-tue-sa-femme-dans-un-bar-321239

 

Mort de Yanis : le père avoue avoir tué son enfant – Radio …

https://www.radioscoop.com/infos.php?id=88914

20 févr. 2014 – Le père du petit Yanis, 3 ans, a avoué avoir tué son fils dans son pavillon de Longues, sur la commune de Vic-le-Comte.

 MARS :

. Morte d’un coup de couteau à Caen, son conjoint mis en …

http://www.libertebonhomme.fr › Actualité

6 mars 2014 – Une femme de 26 ans est décédée d’un coup de couteau, rue Basse à Caen, lundi. Son conjoint de 33 ans a été mis en examen hier soir et placé en détention .

http://www.libertebonhomme.fr/2014/03/06/morte-dun-coup-de-couteau-a-caen-son-conjoint-mis-en-examen-pour-meurtre/

 Une femme tuée à coups de couteau par son mari qui tente …

http://www.rtl.fr › Actu

17 mars 2014 – Une femme a été tuée par son mari à Bissey-sous-Cruchaud (Saône-et-Loire). Ce dernier aurait ensuite tenté de se suicider. Il est acuellement dans un état …

http://www.rtl.fr/actu/une-femme-tuee-a-coups-de-couteau-par-son-mari-qui-tente-ensuite-de-se-tuer-7770537437

 Publié le Jeudi 27 Mars 2014 à 23h11

Actualité > Faits divers

Drame familial à Nice: un père tue ses deux enfants et tente de se suicider (vidéo)

 Deux enfants de 2 et 5 ans ont été retrouvés morts à leur domicile de Nice, ce jeudi en fin de journée, près de leur père blessé par arme blanche

http://www.sudinfo.be/971632/article/actualite/faits-divers/2014-03-27/drame-familial-a-nice-un-pere-tue-ses-deux-enfants-et-tente-de-se-suicider-vide

 AVRIL :

 Un drame épouvantable s’est produit dans le bungalow d’un camping à Sevrier, sur les bords du lac d’Annecy. Un père y a tué sa fillette de deux ans, par dépit alors qu’il supportait mal la séparation avec son épouse.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 avril ou dans la journée du 17 avril.

http://www.lasavoie.fr/Actualite/Albertville/2014/04/24/article_drame_familial_a_bourg_saint_maurice_un.shtml#.U9LBW_l_sRE

« Après avoir enlevé la vie à sa fillette (des traces de sang ont été retrouvées dans le bungalow, elle aurait été poignardée), il a roulé jusqu’à l’Arbresle, commune à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon, dans le Rhône. Là, il s’est pendu à un arbre à côté de son véhicule.

Le corps de son enfant a été retrouvé à côté de lui, vendredi 18 avril (sa disparition, ainsi que celle de l’enfant, avaient été signalées la veille aux autorités). Le père de famille a également laissé une lettre, dans la voiture, expliquant les raisons de son geste.

Le parquet d’Annecy évoque, par la voix du procureur Eric Maillaud un « drame familial ». La justice attend désormais les résultats de l’autopsie du corps de la fillette. »

MAI :

Pas-de-Calais : un père tue ses enfants et se suicide – 17/05 …

http://www.leparisien.fr › Nord-Pas-de-Calais

17 mai 2014 – Un père et ses deux enfants ont été retrouvés morts samedi dans une maison de Béthune (Pas-de-Calais), dans ce qui semble s’apparenter à …

http://www.leparisien.fr/nord-pas-de-calais/pas-de-calais-un-pere-tue-ses-enfants-et-se-suicide-17-05-2014-3849179.php

JUIN :

Un père aurait tué son enfant avant de s’immoler par le feu …

http://www.europe1.fr › Infos › Faits divers

7 juin 2014 – Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans les Landes.

http://www.europe1.fr/Faits-divers/Un-pere-aurait-tue-son-enfant-avant-de-s-immoler-par-le-feu-2145441/

« Un père est soupçonné d’avoir tué son fils de trois ans, avant de se donner la mort en s’immolant par le feu, vendredi, dans un village des Landes.

 Il dit ses « adieux » dans une lettre. C’est la mère, à son retour du travail, qui aurait découvert un mot laissé par le père. Ce dernier disait simplement « Adieu » et indiquait que leur petit garçon était mort à l’étage, a précisé le quotidien Sud Ouest qui a révélé l’information. Selon le parquet, des traces de strangulation ont été relevées sur l’enfant ainsi que des coups de couteau sous formes de « piques ». »

Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse …

http://www.liberation.fr › Société

26 juin 2014 – Drame familial: un père tue son épouse, ses filles et blesse son fils … Camus, une riveraine rencontrée en compagnie de ses enfants.

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/26/drame-familial-presume-dans-l-eure-trois-morts-deux-blesses-graves_1051142

« Dans la salle à manger, ils découvrent d’abord la mère, âgée de 36 ans, sans profession, tuée par une arme blanche non encore identifiée. Puis, dans la chambre parentale, ils tombent sur le père couché sur deux petites filles, âgées de 5 et 11 ans, également sans vie. Le meurtrier présumé, qui les enserre, est vivant et ne souffre que de blessures ne mettant pas sa vie en danger.

 

Dans la salle de bain, ultime scène d’horreur. Le fils adolescent gît dans son sang, souffrant d’une grave blessure à l’abdomen. »

http://www.leparisien.fr/picardie/aisne-il-tue-sa-femme-a-coups-de-marteau-apres-une-dispute-28-06-2014-3960985.php

 Aisne : il tue sa femme à coups de marteau après une dispute

http://www.leparisien.fr › Picardie

28 juin 2014 – Une femme est morte étranglée et battue à coups de marteau dans la … mais où..? les faits divers où le mari retrouve sa femme et la tue .. on ..

Drame de la séparation à Metz : le mari tue sa femme et se …

http://www.estrepublicain.fr › Actualité › A la Une

29 juin 2014 – Dimanche matin, il a été rendre visite à sa femme, qui était en train de s’installer dans un nouvel appartement avec leurs deux enfants de 12 et .

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/06/29/drame-de-la-separation-a-metz-le-mari-tue-sa-femme-et-se-suicide

 

JUILLET :

 

7 juillet 2014 à 13:24

Drôme: sa femme retrouvée morte dans son lit, le mari déféré au parquet

Une enseignante de 49 ans a été retrouvée morte à la suite de coups samedi matin, à son domicile près de Romans (Drôme), et son mari, placé en garde à vue, devait être déféré lundi au parquet.

http://grenoble.ville.orange.fr/actu/region/drome-sa-femme-retrouvee-morte-dans-son-lit-le-mari-defere-au-parquet-85717.html

 

 info : Val-de-Marne: le mari suspecté d’avoir tué sa femme et …(EGORGÉ…)

rmc.bfmtv.com/…/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfant…

Il y a 4 jours – Le mari de la femme enceinte tuée avec ses deux enfants vendredi soir au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), principal suspect dans cette ..

http://rmc.bfmtv.com/info/634781/val-de-marne-mari-suspecte-davoir-tue-femme-enfants-sest-rendu/

 

Le « récap » d’Orange : en oublie beaucoup…

http://actu.orange.fr/une/les-principaux-drames-familiaux-ces-dernieres-annees-afp_CNT0000003b1oH.html