Worpswede, un laboratoire de recherche-création #recherchecréation #UT2J #arts #Worpswede #PaulaModersohnBecker #Rilke

Le musée Heinrich Vogeler à Worpswede, Basse-Saxe, photo Sabine Aussenac

Le 13 février, j’ai eu la joie de participer à une journée dédiée à la recherche-création à l’UT2J dans le cadre de ma thèse, proposant une communication autour de mon parcours de recherche dédié à Worpwede et à trois de ses créatrices.

https://creg.univ-tlse2.fr/accueil/agenda/seminaire%C2%A0-recherche-creation

Cette journée de séminaire entend cartographier les multiples formes d’articulation de la recherche et de la création à l’UT2J, en conviant doctorant·es, jeunes docteur·es et enseignant·es-chercheur·es travailant entre arts et sciences ou intéressé·es par ce type de projets. Grâce à des tables rondes de partages d’expériences et de discussions sur les exigences propres de la recherche avec les arts, nous testerons la pertinence d’une définition élargie de la recherche-création comprise selon trois approches :
1. La recherche en art (arts plastiques, design, musique, arts du spectacle, écriture créative, …) et les disciplines accueilant ponctuelement des artistes dont la création informe la recherche (par ex. lettres, philosophie) ;
2. Les colaborations ponctueles ou de long cours entre chercheur·es et artistes sur des terrains / problématiques / enquêtes spécifiques (configurations arts-sciences fréquentes en sciences sociales, par exemple) ;
3. La réinvention des formes de communication et de diffusion de la recherche (part de l’essai dans l’écriture académique et écriture créative de la recherche, performativité des conférences, dispositifs sensibles comme des expositions, spectacles, films, etc.) Il s’agira ainsi de définir depuis les projets et pratiques les multiples articulations de la recherche et de la création à l’UT2J, en prêtant une attention particulière aux besoins et désirs spécifiques qu’eles engendrent en termes de méthodologie, de moyens, d’encadrement et de valorisation scientifique.

Pour entendre la communication, cliquer sur le lien et faire défiler jusqu’à l’onglet des portfolios! Les différentes images du diaporama sont à voir au gré de l’article.

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/communication-lors-d-une-table-ronde-a-l-ut2j

Buste de Clara Westhoff-Rilke par son amie Paula Modersohn-Becker, musée PMB de Brême, photo Sabine Aussenac

Worpswede, un laboratoire de recherche-création

Jean Favard, inspecteur général d’allemand, m’a dit lors de ma titularisation du CAPES, en 1984, qu’un professeur d’allemand se devait de représenter la rigueur et la discipline, ce que je me suis efforcée, durant toute ma carrière, de ne… pas faire ! Ce petit clin d’œil introductif pour rappeler l’abime qui sépare sans doute encore aujourd’hui la germanistique et la recherche-création, puisque notre discipline n’est pas connue pour être des plus rock’n’roll… Mais justement, quelle fierté que de se sentir en quelque sorte pionnière, puisque ma thèse est la deuxième du genre, après les excellents travaux de Georgia Doll à l’AMU[1], et quelle responsabilité, aussi, que d’incarner cette toute récente passerelle entre deux mondes qui, en fait, ne sont pas si éloignés que cela si l’on se souvient que l’Allemagne est certes le pays des penseurs et des philosophes, mais aussi celui de Bach, de Caspar David Friedrich ou de Pina Bausch !

Ma thèse se propose justement entre autres choses de faire découvrir au public francophone une colonie d’artistes allemande née à la fin du XIXe siècle, située dans le village de Worpswede, en Basse-Saxe, à une vingtaine de kilomètres de Brême ; c’est un travail interdisciplinaire qui croise germanistique, histoire de l’art et études de genre, en explorant particulièrement le destin de trois créatrices majeures, Paula Modersohn-Becker, Clara Westhoff-Rilke et Martha Vogeler dans une perspective dialogique et poïétique au gré de diverses créations littéraires bilingues, de collages, de capsules audio et vidéo, et enfin en performant cette recherche avec une pièce de théâtre complétée par une exposition, ceci afin d’en confirmer le tournant praxique.

Paula Modersohn-Becker, photo Sabine Aussenac depuis les clichés exposés sur le mur du musée Barkenhoff
Clara Westhoff-Rilke, photo Sabine Aussenac depuis le musée Barkenhoff

C’est bien à la croisée de multiples chemins que s’articulent donc mes recherches académiques et mes créations, et ce d’autant plus que je me positionne dans une double perspective, dans une sorte de mise en abyme puisque j’explore un corpus tiers artistique avec lequel je dialogue tout en produisant moi-même une écriture créative, suivant mode opératoire multifocal avec une dimension réflexive, autoréflexive et artistique. Sans prétendre prendre part à une révolution épistémologique, j’avoue que j’ai ressenti, en début de thèse, un sentiment de flottement, car il me paraissait périlleux de naviguer un peu à vue dans une interdisciplinarité foisonnante, entre échappées créatives et apports de la recherche théorique, entre enquête et état de l’art et alchimies émotionnelles artistiques.

Martha Vogeler, photo Sabine Aussenac depuis le musée Barkenhoff

Anne-Marie Petitjean explique dans un webinaire de mars 2023 repris dans un carnet Hypothèse, se basant sur les travaux de Dewey, toute l’alchimie paradoxale que constitue cette navigation entre une analyse herméneutique de l’étude des corpus et l’approche phénoménologique propre à une démarche artistique d’immédiateté entre objet et sujet ; c’est autour de ce nœud gordien que se cristallisent les enjeux des doctorats en recherche-création[2].

On demande en effet aux doctorants de développer en permanence une pensée en arborescence qui intrique recherche et construction intime des créations pour produire ce creuset subtil où savoirs et productions artistiques, loin de s’affronter, grandissent en miroir et s’auto-nourrissent en permanence, en une mue polychrome et en une expérience holistique.

C’est ainsi que mes travaux s’inscrivent dans ce que Mireille Losco-Lena, dans l’ouvrage collectif Faire théâtre sous le signe de la recherche, appelle le « troisième usage » du terme recherche, considérant « la recherche[-création] comme une pratique artistique susceptible d’être reconnue à la fois par le monde de l’art et par le monde universitaire, et délibérément inscrite dans ce double processus de reconnaissance[3] ».

La particularité de la recherche-création en germanistique (et sans doute dans les autres études aréales attachées à des domaines géoculturels particuliers) est qu’elle gravite autour d’un pôle majeur : celui de la philologie, puisque ce qui rassemble les domaines civilisationnels, sociologiques, artistiques dans le champ des études de langue – en germanistique comme ailleurs, en sinologie ou dans les études anglophones… – est bien cet axe commun de la langue. Et ce n’est pas un hasard si, dans la première thèse en recherche-création et germanistique, que j’ai déjà citée, l’autrice Georgia Doll a mûri une réflexion stylistique et narratologique sur l’écriture plurilingue d’aujourd’hui en explorant le geste d’écrire « entre les langues ». Cette écriture plurilingue constitue aussi le fil conducteur de l’un des volets créatifs de la thèse, puisque j’écris aussi entre les langues française et allemande, m’autotraduisant, alternant langue source et langue cible, et que lors de mes activités littéraires parallèles, j’écris même en trois langues, puisque je travaille à un opus franco-occitan au sujet du Tarn et de mes racines paternelles paysannes tout en traduisant une poétesse allemande ! Et j’ajouterais que le volet théorique de la thèse est aussi rédigé dans un style délibérément essayistique se voulant paradigmatique de ma double posture de chercheuse et d’artiste. Comme l’énonce Violaine Houdart-Mérot dans l’introduction à l’ouvrage collectif Le tournant créatif de la recherche[4] : « L’imbrication entre création et théorisation amène souvent à aborder différemment l’écriture théorique. »

Cependant, il me semble qu’il serait restrictif de faire de cette particularité philologique la seule singularité de la recherche-création en études aréales. Dans cet axe de recherche qui a su trouver une légitimité grandissante, il me semble que tout est encore à inventer au sens rimbaldien d’une vie qui se réinvente sans cesse, et il serait dommage que l’on restreigne le processus artistique à l’écriture créative et à un axe philologique. C’est pourquoi j’ai opté pour une porosité intra-artistique et que j’ai construit mon objet thèse, charpenté par le volet académique qui se déroule au gré d’une recherche que j’espère pointue et pertinente autour des questions de genre, de l’émancipation par l’art, de l’invisibilisation des créatrices, de la question fondamentale de l’art, mais qui gravite aussi à partir du point de départ des fameuses colonies d’artistes, sur des fondations artistiques multi strates :

certes, l’entremonde linguistique franco-allemand sera largement représenté avec des descriptions poétisées en deux langues de nombreuses vignettes iconographiques – tableaux, sculptures, souvent photographiés par moi-même, ou encore anciennes photographies des artistes, et je mise sur le punctum barthésien pour que ces visuels provoquent une osmose émotionnelle cristallisée par l’écriture[5] : en effet, il me semble que tout l’enjeu d’un doctorat en recherche-création est non seulement de faire avancer la recherche en apportant sa pierre scientifique à l’édifice, mais aussi d’offrir tout un hors-champs plus subjectif d’expression créative.

Mais je proposerai aussi des collages de copies de lettres originales, endossant donc aussi le rôle d’artiste-chercheuse, outrepassant ma qualité d’autrice et de philologue pour oser moi-même manipuler la matière, de même que je crée des photographies, des vidéos-poèmes ou des capsules digitales et sonores qui s’inscrivent elles-aussi dans une pratique intermédiale d’écriture visuelle, comme le propose Ben Spatz, fondateurice du Journal of Embodied Research, première revue scientifique publiant des vidéos-essais en guise d’articles scientifiques[6]. Comment d’ailleurs ne pas devenir soi-même artiste en travaillant sur Worpswede, où la plupart des créateurices ont souvent théorisé leurs œuvres, que se soit Paula Modersohn-Becker dans son Journal ou dans ses échanges avec Rainer Maria Rilke, ou Heinrich Vogeler, auteur d’une intense réflexion sur le processus créateur. Oui, la pépinière, le lab, dirions-nous aujourd’hui, de cette colonie d’artistes incarna vraiment l’idée même de recherche-création, avec ces ondoiements permanents entre la théorie et la pratique.

Ruhende Mutter mit Kind, 1906, PMB, musée de Brême, photo Sabine Aussenac

Enfin, le climax de ma recherche-création sera la pièce Becoming Paula, dans laquelle les trois créatrices dialogueront avec les voix des artistes et responsables muséaux d’aujourd’hui que j’ai interviewés, pièce qui sera présentée le jour de ma soutenance et plus tard aussi traduite en allemand, car on m’a déjà demandé de la faire représenter à… Worpswede !

Ainsi, j’espère devenir vraiment une passeuse de savoirs et une artiste reconnue de part et d’autre du Rhin, puisque la genèse de ma thèse reposait sur ce désir de faire connaître Worpswede et ses artistes en France. Mais, en tant qu’artiste, j’espère aussi porter une autre voix et incarner une autre forme d’écriture (pas seulement couchée noir sur blanc sur le papier, mais bien intermédiale) et participer à prendre ce « tournant créatif de la recherche » !

Paula Mosersohn-Becker affirmait que la vie devait être une fête ; faisons en sorte que la recherche-création en soit une aussi !

Selbstbildnis am 6. Hochzeitstag, 1906, PMB, musée de Brême, photo Sabine Aussenac

Mona Lisa à Worpswede

Tu te regardes,

femme et mère

éternelle,

tes mains protégeant

ton ventre-monde.

Tu te peins,

artiste et muse,

nue, offerte, et

enceinte:

alors que tu ne l‘es pas.

Tu te racontes,

un collier d‘ambre en

unique parure,

telle une femme

d‘une tribu

primitive.

Tu nous souris,

Mona Lisa à

Worpswede.

Ta beauté en allégresse

irradie ta toile.

**

Mona Lisa in Worpswede

Du siehst Dich an,

ewige Frau und

Mutter,

Deine Hände beschützen

Deine Bauch-Welt.

Du malst Dich,

Künstlerin und Muse,

nackt, hingegeben, und

schwanger:

Dabei trägst Du kein Kind.

Du erzählst von Dir,

eine Bernsteinkette als

einziger Schmuck,

als seist Du

eine Frau eines

Urstamms.

Du lächelst uns an,

Mona Lisa in

Worpswede.

Deine jubelnde Schönheit bestrahlt

Dein Gemälde.

Carl Vinnen, Moorlandschaft mit Birken und Mond, 1900, Große Kunstschau, Worpswede

 Carl Vinnen, Moorlandschaft mit Birken und Mond

Sechs Birken und Nacht

Zwei Monde strahlen im Moor

Worpswedewunder

**

Six bouleaux la nuit

deux lunes brillent au marais

Worpswede en magie


[1] http://georgia-doll.com/recherche-artistique/

[2] Françoise Chambefort (1 avril 2023). La recherche création littéraire : un nouveau regard sur les lettres. Recherche Création. Consulté le 9 février 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/ta3q

[3] Losco-Lena, M., « Introduction. La recherche au regard des pratiques théâtrales », in Faire théâtre sous le signe de la recherche, p. 14.

[4] https://www.puv-editions.fr/ouvrage/le-tournant-creatif-de-la-recherche/

[5] « Ce second élément qui vient déranger le studium, je l’appellerai donc punctum ; car punctum, c’est aussi : piqûre, petit trou, petite tache, petite coupure – et aussi coup de dés. Le punctum d’une photo, c’est ce hasard qui, en elle, me point (mais aussi me meurtrit, me poigne.) » Barthes R., La chambre claire. Note sur la photographie, Paris, Éditions de L’Étoile-Gallimard, Le Seuil, 1980, p. 48-49.

[6] https://jer.openlibhums.org/

Pour télécharger la communication avec les notes de références, cliquer sur le lien!

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/communication-lors-d-une-table-ronde-a-l-ut2j-le-texte

Belle année neuve à… #Worpswede! #bonneannée2026 #PaulaModersohnBecker #Rilke #musées #art

(https://sabine-aussenac-dichtung.blogspot.com/2026/01/frohes-neues-jahr-in-worpswede.html… Si envie de lire le même article en allemand!)

Que votre an neuf étincèle comme un musée de Worpswede !

Je vous souhaite déambulations en salles somptueuses, éblouissements devant œuvres majestueuses, je vous prédis des coups de cœur, des ravissements ! Que l’an nouveau soit débordant de beautés et de découvertes, de rencontres et d’étonnements ! Gardez les yeux ouverts, enivrez-vous de Beau et de grandiose, faites provision d’infinis… Imaginez chaque journée comme une ronde au gré d’une salle de la Kunsthalle, soyez vertige en vous grisant des tableaux, soyez rêve en songeant aux artistes, soyez joie en admirant tant de talents !

Photo prise à la en juillet 2025 lors de l’exposition consacrée aux créatrices de Worpswede
https://www.worpswede-museen.de/aktuelle-ausstellungen-de
Le site de la Kunsthalle: https://www.worpswede-museen.de/worpsweder-kunsthalle-de

Que votre an neuf explose comme une toile de Paula Modersohn-Becker !

Je vous souhaite des rouges sublimant la nature, des enfants aux joues pleines, cette force vitale pour affronter les peurs, cet accomplissement créatif qui fait les gens heureux ! Sortez, voyagez, explorez le monde comme Paula quand elle partit à Paris, et savourez chaque instant comme autant de miracles. Que vos corps aussi exultent et s’adonnent aux sports, aux lumières et au grand air, comme le faisait Paula en faisant sa gymnastique, nue, malgré les regards obliques ! Ouvrez vos vies !

Différentes toiles de Paula Modersohn-Becker
J’ai été invitée par l’association des musées de Worpswede dans le cadre d’un séjour Erasmus (autour de ma thèse consacrée à cette colonie d’artistes et à ses créatrices) et ai eu la joie à cette occasion d’interviewer Henrike Hans, curatrice du musée Paula Modersohn-Becker à Brême.

Que votre an neuf murmure comme un poème de Rainer Maria Rilke…

Photographie de Rainer Maria Rilke sur l’une des façades du musée du Barkenhoff, Worpswede
Le site du musée Heinrich Vogeler: https://www.worpswede-museen.de/barkenhoff-de

Je vous souhaite des nuits bruissantes d’anges et de vers, des correspondances infinies avec femmes passionnantes et avec hommes engagés, des journées brillantes comme les reflets du soleil sur les blancheurs du Barkenhoff, des encorbellements d’amitié et d’amour, des rencontres et des solitudes.  Soyez évanescents ou en pleine conscience, soyez puits sans fond vers vos richesses intérieures ou échelle vers l’éternité de vos avenirs, osez souffrir et grandir, osez les étoiles, le ciel, l’immense !

La monographie de Rilke consacrée à Worpswede, édition originale photographiée à la Fondation Paula Modersohn-Becker de Brême – https://www.pmb-stiftung.de/F_stiftung.html

Dans cette interview enregistrée après son spectacle autour du « Requiem pour une amie » à Worpswede, Oliver Peuker (https://oliver-peuker.de/de/vita/) répond aux questions au sujet du poète (au rythme du même protocole précis réalisé dans le cadre de ma thèse.)

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/oliver-peuker-parle-de-rainer-maria-rilke

Que votre an neuf vous grise comme les paysages de Worpswede !

Regardons le monde à travers un prisme de lumière, à l’instar de celle qui irise cette boule de verre dans l’un des tableaux de Paula Modersohn-Becker et que j’ai eu la chance de croiser un soir de juillet 2025 au gré d’un jardin de Worpswede!

Je vous souhaite des promenades infinies au gré de ce village-monde, que vos lieux de vie s’en imprègnent ! Soyez bois et clairières, tourbières et canaux, soyez arbre, soyez ciel, soyez le vent qui agite les épis, soyez la neige qui caresse les toits de chaume ! Profitez des saisons qui chantent nos années, voyez ces jonquilles qui transforment le bois derrière la Käseglocke en bain de lumière, inondez vous de ces verts émeraude du parc du Musée Vogeler au zénith des étés, plongez en ces roux infinis de l’automne veillant sur la Haus im Schluh, dégustez les lignes parfaites de la Große Kunstschau en harmonie avec les neiges des beaux hivers glacés…

Façade de la Große Kunstschau avec l’inscription « Femme, vie, liberté »
https://www.worpswede-museen.de/grosse-kunstschau-de
Différentes vues du parc et des bois entourant le musée Vogeler, été 2025

Que votre an neuf s’élance comme une sculpture de Clara Westhoff-Rilke !

« Porträt Elisabeth von Hellingrath », buste exposé au musée du Barkenhoff
Différentes sculptures de Clara Rilke exposées à l’été 2025 au musée Vogeler, dont le buste de Rilke, en bas à droite. En haut à droite, le buste de l’écrivaine Ricarda Huch, © 2025 Sabine Aussenac

Je vous souhaite la douceur de la pierre polie pour caresser vos nuits, la puissance du burin pour faire naître des jours de feu et d’allégresse ! Que vos vies soient argiles modelées par vos mains, malgré les plâtres à essuyer et les difficultés : cent fois sur le métier nous remettrons nos ouvrages… Je vous souhaite l’obstination de Clara qui partit voir l’Égypte dont avait tant rêvé son amie Paula, la fidélité de Clara qui continua à porter le nom de son époux malgré les distances, le talent de Clara qui attend encore nos reconnaissances !

Une des affiches de l’exposition quadripartite que j’ai pu voir l’été dernier dans les quatre musées principaux de Worpswede: « Paula Modersohn-Becker et ses compagnes de route. »

La curatrice du musée Heinrich Vogeler, Dr. Kathrin Kleibl, nous parle magnifiquement de la sculptrice:

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/dr-kathrin-kleibl-parle-de-clara-westhoff-rilke

Que votre an neuf s’étire comme l’histoire de la colonie d’artistes de Worpswede !

Je vous souhaite des émotions nouvelles en découvrant un lieu qui vous appellera de toute son âme, des rencontres fondatrices comme celle de nos découvreurs. Osez l’inconnu, comme l’ont fait Fritz Mackensen, Otto Modersohn, Heinrich Vogeler et Fritz Overbeck en s’installant à la croisée des bois et de la lande, escaladez votre propre Weyerberg pour vous confronter au « contempleur de nuages », ébouriffez les conventions comme l’a fait la commune libre du Barkenhoff !

© 2025 Sabine Aussenac

Soyez le chantre de votre propre histoire, tissez votre vie comme Martha Vogeler a tissé ses étoffes sublimes tout en conservant l’âme vive de la colonie d’artistes, colorisez vos quotidiens !

Photos prises dans le musée Haus im Schluh à l’été 2025, © 2025 Sabine Aussenac
https://www.vogeler-worpswede.de/pages/museum/historie.php

La descendante de Martha Vogeler, Berit Müller, qui dirige le musée Haus im Schluh, a aussi répondu à mes questions au sujet de l’artiste:

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/une-itw-de-berit-muller-au-sujet-de-martha-vogeler

Que votre an neuf vous enchante comme le tableau de Mélusine au musée Heinrich Vogeler !

Détail du tableau de Mélusine, musée du Barkenhoff, Worpswede

Je vous souhaite des émotions anciennes comme celles que le visiteur ressent en admirant les illustrations des Contes de Grimm imaginées par Heinrich Vogeler, je vous souhaite des assises parfaites dans des meubles Jugendstil et des audaces folles, à l’image des idéaux et des aventures vécues par cet artiste aux multiples talents ! Que vos nuits d’été s’étoilent en jardins embaumés comme dans le tableau du « Soir d’été à Worpswede », que vos printemps s’éblouissent en ardeurs amoureuses à l’instar des « Nostalgies » de Vogeler, que vos automnes s’aventurent entre les palettes en rouge et or des bois rivalisant avec les toiles et qu’un beau matin d’hiver vous découvriez les délices des petits-déjeuners de l’hôtel voisin du Buchenhof! Que vos saisons fassent des cabrioles afin d’en briser les routines!

Nous avons eu la chance de pouvoir aussi interviewer la directrice du musée du Barkenhoff, Beate Arnold, au sujet de Heinrich Vogeler:

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/beate-arnold-parle-de-heinrich-vogeler

Meuble dessiné par Heinrich Vogeler, musée du Barkenhoff, Worpswede

Que votre an neuf s’ancre dans les passés et vogue vers l’avenir, à l’image du dynamisme artistique de Worpswede!

Je vous souhaite des sagesses ancestrales à l’image du puits de sciences que représente Wilfried Cohrs-Zyrus, une des figures emblématiques de Worpswede avec la galerie qu’il tient avec son épouse. Vous l’entendrez dans cette nouvelle interview, toujours enregistrée en juillet 2025, évoquer les talents et le travail de l’artiste Waldemar Otto.

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/une-itw-a-la-galerie-cohrs-de-worpswede

Que vos jours neufs s’envolent aussi vers des avenirs radieux, comme l’art à Worpswede, plus vivant que jamais, dans les musées et les galeries, et se renouvelle sans cesse, comme le montrent les œuvres plus modernes d’artistes contemporains: toutes les voix se croisent avec bonheur, comme celles de deux musiciens talentueux!

https://www.instagram.com/eloi_s_dias/

https://www.instagram.com/moorsax/

En haut à gauche le peintre Danny Janke; https://schluh.art/pages/d-nny, instagram D@nny. En haut à droite l’artiste tricoteuse Karin Beger, photographiée (©Sabine Aussenac) à la Gallery &ArtClub de Markus Lippeck, qui gère aussi la galerie Schluh https://schluh.art/
Les deux tableaux sont de l’artiste Eva Hoppach, exposée en juillet à l’hôtel Village.

On saluera aussi l’initiative d’un nouveau magazine artistique:

https://schluh.art/blogs/arthub/arthub-erste-ausgabe-mai-bis-august-2025-als-epap

Que votre an neuf virevolte comme un tableau de Ottilie Reylaender !

Je vous souhaite des idées fières et des envies ardentes, des ivresses neuves comme celle de l’artiste se confrontant au Mexique, des palettes colorées et festives !

Une discussion avec la responsable curatoriale de la Kunsthalle, Cornelia Hagenah

Que votre vie enfin s’apaise aussi comme un tableau de Otto Modersohn… Il y aurait des canaux, un moulin assoupi, des rangées de bouleaux en robes claires respirant la candeur ! Que vos nuits crépitent sous les lunes de Carl Vinnen, et que vos jours s’envolent au gré des merveilleux nuages de Fritz Overbeck! Que les ors scintillants de Hermine Overbeck illuminent vos pensées ! Et qu’une voile de Hans am Ende vous emmène voguer doucement vers les rivages de 2026 !

Toile de Otto Modersohn (Musée Modersohn à Fischerhude https://www.otto-modersohn-museum.de/); Frtiz Overbeck, posant lui-même devant l’un de ses propres tableaux! Toile de Ottilie Reylaender, Kunststiftung de Lilienthalhttps://www.kunststiftung-lilienthal.de/ ; toile de Hermine Overbeck, musée Overbeck de Vegesack https://overbeck-museum.de/en/. Les trois musées cités ici valent aussi le détour!
Torfkahn auf der Hamme, Hans am Ende

Une discussion intéressante autour de l’artiste Hans am Ende : Jochen Semken répond à des questions au sujet de ce peintre qui vécut autrefois dans son Buchenhof…

https://www.sabineaussenac.com/cv/portfolios/jochen-semken-parle-de-hans-am-ende-un-artiste-de-worpswede

Carl Vinnen, Moorlandschaft mit Birken und Mond, um 1900 (Große Kunstschau, Worpswede)

Six bouleaux la nuit

deux lunes brillent au marais

Worpswede en magie

Les artistes de Worpswede et moi-même vous souhaitons un merveilleux an neuf, ainsi qu’à vos aimés !

Différentes maisons typiques du village d’artistes et une des nombreuses sculptures (sur le grand pré de la « Marcusheide » https://www.stiftung-worpswede.de/projekte/marcusheide/) émaillant le paysage: https://www.instagram.com/rolanddarjes/

https://www.worpswede-touristik.de/

D’autres créations digitales autour de Worpswede sont à retrouver sur ma chaîne You Tube, de nouvelles vidéos seront encore mises en ligne…